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Publié par la pindade rose rainbow


Mis en ligne le 28/07/14 I Rédaction par Valérie Ganne


C'est la Shiva du cinéma français : beaucoup de bras et de cordes à son arc. Agnès Varda est plus présente que jamais alors qu'elle n'a pas réalisé de long métrage de fiction depuis 20 ans. La critique cinéma du mardi de Valerie Ganne.

Ça fait plaisir : Agnès Varda a 86 ans et elle est partout. Ses films ressortent en version restaurée, comme neufs de facture, le fond n'ayant jamais vieilli : Cléo de 5 à 7 (1962) au printemps dernier, Sans toit ni loi (1985) en juillet, suivis maintenant de cinq films des années 70, période où elle vivait à Los Angeles. Et mi-août, le Festival du film de Locarno lui rendra hommage : elle sera la deuxième femme à recevoir cette récompense en 67 ans...

On l'appelle parfois la grand-mère de la Nouvelle Vague, mais elle déteste ça. Il est vrai qu'après avoir photographié le théâtre de Jean Vilar, elle devint cinéaste avec peu de moyens, une caméra légère et les pêcheurs de Sète, pays de son enfance. La Pointe courte l'a intronisée première et seule femme de cette Nouvelle Vague, mais elle est bien davantage. En couple avec le cinéaste Jacques Demy, avant de devenir veuve gardienne de son œuvre à sa mort en 1990, Agnès Varda est aussi documentariste (souvenez vous des Glaneurs et de la glaneuse), artiste visuelle et chef de sa petite entreprise Ciné Tamaris, où elle travaille en famille, gérant ses films et ceux de Demy en toute indépendance et d'une main de fer.

Sa période américaine (elle avait suivi Jacques Demy venu tourner Model Shop), dont les 5 films ressortent en salles en version restaurée ce 30 juillet, couvre les années 70 et les mouvements libertaires qui secouent alors les États-Unis : les Black Panthers et la politisation du mouvement noir - Lions Love (…and Lies) portrait de trois hippies chevelus ; Mur, Murs, sur les dessins de la ville de Los Angeles qui annoncent les tags ; et enfin Documenteur, son film préféré, docu-fiction sur une femme seule avec son fils, joué par Mathieu Demy, 8 ans à l'époque.

Elle inspire les trentenaires, y compris outre-Atlantique : Lena Dunham, créatrice de la série Girls, cite 4 films de Varda dans son top 10 et est venue la rencontrer, fin 2013, à l'exposition qui lui était dédiée à Los Angeles (la photo postée par Dunham sur son compte Instagram a fait le tour des réseaux sociaux). Thomas Cailley, dont l'épatant premier film Les Combattants (on en parlait ici) sortira au cinéma fin août, a utilisé une scène de Sandrine Bonnaire dans Sans Toit ni Loi pour le casting de son héroïne.

Devenue grand-mère, Agnès Varda a teint ses cheveux blancs, mais seulement en partie, inventant le carré bicolore. Et a commencé une carrière d'artiste visuelle, utilisant film, photographie, objets. Au lieu de peler les pommes de terre, elle les laisse germer et les filme avec une préférence pour celles en forme de cœur et en fait une œuvre. Et maintenant ? On aimerait voir la ressortie de son film de 1971, féministe et drôle, L'une chante, l'autre pas. Certains sujets, comme certaines personnes, ne vieillissent jamais !


 Uncle Yanco (1967), Black Panthers (1968), Lions Love... and Lies (1969), Mur Murs (1980) et Documenteur (1981), d'Agnès Varda, en salles en version restaurée le 30 juillet 2014

 Photo Lena Dunham et Agnès Varda à Los Angeles, novembre 2013. Compte Instagram de Lena Dunham.

 

                                                  PS . La pintade rose

Sympa ! Non...

Sympa ! Non...

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