Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par la pindade rose rainbow

Peut-on être féministe sans le savoir ?

Prenant à rebours l’histoire du féminisme, ce Palmarès fait la part belle à des hommes et des femmes qui se sont inscrits dans ce courant mais qui n’ont jamais été considérés comme des féministes.

Méconnus, oubliés, incompris ou méprisés, voici une séance de rattrapage pour ces féministes qui sont passés à la trappe…

la pintade rose

~~~~~~~~~

De Buffy à Nicki Minaj : "Les 30 féministes que personne n'a vus venir" 

Par Le 19 mars 2015 à 10h26 

A contresens de l’histoire du féminisme, ce Palmarès rend hommage à des hommes et des femmes qui se sont inscrits dans le courant féministe sans jamais avoir été considérés comme tels. Gros coup de coeur !

De Buffy à Nicki Minaj : "Les 30 féministes que personne n'a vus venir"
 

"Un livre sur le féminisme sans Olympe de Gouges, Simone de Beauvoir, Gisèle Halimi, Caroline Fourest ou même Beyoncé ?" Oui, voici ce que nous propose le superbe livre de la journaliste Johanna Luyssen, illustré par Édora Denis, Les 30 féministes que personne n'a vus venir. Et c'est pour ça qu'on l'aime tellement. 

Des portraits étonnants et passionnants

Ici, on nous parle des d'hommes et de femmes qui se sont battus à leur façon pour les femmes. De noms qu'on connaît (l'auteure Jane Austen, la réalisatrice porno Erika Lust, Kurt Cobain, le vibromasseur (?)) d'autres moins voire pas du tout (la banquière à succès Marthe Hanau, les nonnes de la LCWR, les plissés d'Issy Miyake).

Le point commun de ces personnes et personnages ? Être des "féministes méconnus, oubliés, incompris, méprisés". Nicki Minaj qui nous lance un "mon cul m'appartient" en remuant son booty devant la caméra, 2PAC qui célèbre les femmes noires des quartiers pauvres dans ses chansons, la joueuse de tennis Billie Jean King qui met une bonne déculottée au champion Bobby Riggs, Xavière Gauthier qui fonde la revue Sorcières pour parler "des femmes qui luttent en tant que femmes, qui cherchent et disent leur spécificité et force de femme",...

Le féminisme, une Histoire d'attitude

"Ils sont la preuve que le féminisme est avant tout une attitude, une façon de penser et un mode de vie", peut-on lire sur la couverture. Eh oui, car c'est à travers ce qui peut nous sembler anecdotique, les "petites histoires", qu'on fait avancer la grande Histoire.

Des textes qui se dévorent et se retiennent, le tout superbement illustré et qui se lit avec une super playlist Girl power offerte à la fin du bouquin : ce livre passionne, se lit d'une traite et on aime repicorer dedans régulièrement. Un bouquin qu'on aime garder près de soi, sur sa table de chevet, en évidence sur un bureau ou dans son sac à main. 

> Johanna Luyssen(auteur) et Édora Denis(illustrations), Les 30 féministes que personne n'a vus venir, C●NTREP●INT, 2015
> Site : www.editions-lecontrepoint.com

Les 30 féministes que personne n'a vus venir

Misère du féminisme de souche

Consanguin, narcissique, inefficace: il est indigne de son combat

Marc Molk
Peintre et écrivain 

Publié le 08 mars 2017 / Société 

Mots-clés : 

Dans sa forme actuelle, le féminisme officiel est, à grandes lignes, un ressassement désuet de tout ce qui a déjà été dit il y a quarante ans. Il dispose d’une presse amicale et nourrit la doxa ambiante de revendications attendues. Porté par des associations ayant pignon sur rue, ce féminisme autorisé emprunte les mêmes postures qu’à la grande époque, prend les mêmes intonations, mais sans plus le moindre allant. Il est routinier et n’enregistre plus aucun résultat depuis de très nombreuses années.

Un féminisme consanguin

L’homogénéité sociologique du milieu associatif dans lequel ses militantes évoluent, et qui détermine et organise ce qu’elles croient être les priorités du combat féministe contemporain, n’est jamais interrogée. Nous avons affaire à une très grande majorité de femmes blanches, cheveux courts, plutôt non maquillées, mangeant bio, dont le compagnon fait la vaisselle un jour sur deux. Elles sont bien éduquées, toujours bien intentionnées et, pour l’essentiel, bien insérées professionnellement. Une toute petite catégorie de femmes, dans les faits, est en charge du féminisme français depuis plus de vingt ans.

Ainsi, peu ou prou, leur mât de cocagne se résume à une bataille pour la suppression de la mention « Mademoiselle » des formulaires administratifs, le droit d’habiller sa petite fille en bleu et la parité dans les conseils d’administration des entreprises du CAC 40. Voilà. C’est à peu près tout. On parle souvent d’égalité salariale mais on ne fait qu’en parler. Pas le début d’une idée pour l’imposer. Cette revendication a d’ailleurs pris l’allure inoffensive d’une litanie. Une certaine mollesse, bien mystérieuse, qui joue la résignation sur cette question, devrait faire débat. La dénonciation du harcèlement de rue se fait enfin plutôt prudemment, sur un mode pudique. C’est qu’elle pourrait verser rapidement dans le politiquement incorrect, pour peu que l’on cerne explicitement le profil des harceleurs.

Ce féminisme, très préoccupé de questions symboliques, ignore, et depuis longtemps, le sort des femmes pauvres ou isolées. Ce n’est même pas une question pour lui. Il se préoccupe très peu du maillage des crèches hors des grandes villes, à la campagne par exemple, et se couvre les yeux quand on lui parle des milliers de femmes voilées. Il est pétri de relativisme culturel, obsédé par le signe, les dominations invisibles, la théorie du genre et les parités institutionnelles. C’est un féminisme de croisière, de classes moyennes bien-pensantes. Un féminisme qui voudrait certes bien faire, mais qui ne voit midi qu’à sa porte, la porte d’un immeuble du centre-ville. C’est un féminisme intramuros. Abstrait, théorisant, se voulant l’héritier du féminisme d’antan, il est usé à force d’être trop bien rodé. À bien des égards, pour un peu tout le monde, il en est même devenu folklorique.

Un féminisme intramuros

Ignoré de ce féminisme, à la périphérie de la société tout entière, un autre féminisme, presque clandestin médiatiquement, et passablement désorganisé, existe tant bien que mal depuis plusieurs années, et affronte des problèmes bien plus rudes. Il est porté par des femmes qui vivent loin, dans des tours et qui sont d’origine quelque chose. Ce féminisme-là, ce féminisme de banlieue, est tout bonnement ignoré par le féminisme de souche. Il ne s’agit pas seulement d’une indifférence polie mais d’un abandon en rase campagne.

Presque systématiquement, le féminisme de souche prend officiellement le contre-pied des revendications du féminisme de banlieue. Ainsi quand les féministes de banlieue supplient pour que la laïcité soit davantage respectée et imposée dans les quartiers, le féminisme de souche croit de son devoir de défendre dans sa presse et sur ses ondes la liberté des femmes de se voiler. Quand les féministes de banlieue remettent en cause l’éducation des fils d’immigrés et le mépris de la femme qui leur est inculqué dans les familles, les féministes de souche balaient cette question et le problème du harcèlement de rue reste à leurs yeux un vice de la population masculine dans son ensemble. Tout viendrait du trop grand nombre de figurines de Batman offertes à Noël aux petits Paul, Vincent et Sébastien. Seules face au rouleau compresseur intégriste, les féministes de banlieue sont sacrifiées sur l’autel d’une hypocrisie froussarde.

Un féminisme du dimanche

La notion de courage politique est au cœur de cette dissonance. Le féminisme de souche a de petits bras. Aucun courage n’est en effet nécessaire pour aller manifester sous les fenêtres du siège social de Saint-Gobain ou pour lancer des pétitions internet sur la féminisation des mots. Disposant de temps libre, le féminisme de souche frissonne à peu de frais, en s’affublant de barbes postiches pour débouler dans les couloirs du Théâtre de l’Odéon. Régulièrement, il se fend d’un manifeste signé par moultes actrices et personnalités, publié bien sûr dans Libération, qui retrace dans le ciel des idées, au même endroit exactement, le cercle de la vertu. Drôle de guerre, distrayante, menée par des militantes du dimanche.

Passé le périphérique, le courage extrême en revanche est de mise. Le courage de celles qui se coltinent les barbus, les vrais, face à face, ou dénoncent, sur place, la mise sous coupe réglée de quartiers entiers par le salafisme. Quartiers dans lesquels les femmes ne peuvent plus s’asseoir dans les cafés ou porter une jupe. Quartiers dans lesquels les filles sont convaincues explicitement par leur entourage de l’infériorité de leur statut métaphysique, avec force arguments religieux, et mandales dans la gueule quand ça ne suffit pas. La véritable offensive d’une phallocratie conquérante a lieu sur ce front aujourd’hui. Mais – pour dire les choses comme elles sont – il existe pour nos féministes de souche deux mondes de femmes, distincts, deux populations de femmes en France, qui ne peuvent – on se demande pourquoi – prétendre aux mêmes libertés.

La jonction ne s’est jamais faite entre les filles et les petites-filles des premières féministes françaises et les militantes féministes de banlieues, fraîchement révoltées et issues de l’immigration. Les premières ne fréquentent pas les secondes. Elle ne les connaissent pas, les ignorent, et tiennent absolument à continuer de les ignorer. Plus que tout, elle méprisent leur réalité. Les unes s’attaquent aux symboles de l’oppression patriarcale de l’homme blanc, encore et toujours. Les autres subissent l’oppression patriarcale en acte des Frères musulmans… mais c’est leur affaire après tout ! Les unes engueulent leur Jules parce qu’il laisse traîner ses chaussettes dans l’appartement. Les autres sont mariées de force au bled à seize ans. Rien à voir.

L’exception Femen

Hormis le mouvement Femen, qui est le seul à faire preuve de bravoure, avec le désordre et la violence de toute bravoure, mais qui sauve, techniquement, depuis plusieurs années, l’honneur du féminisme français, l’immense majorité des associations féministes en France ne pratique qu’un simulacre de combat féministe, à destination d’une société du spectacle et de la bonne conscience qui se nourrit seulement de leur rhétorique. C’est un théâtre, une scène où l’on vient chercher un brevet de femme libérée pour pas cher, un dada culturel d’occidentale conscientisée, souvent à l’abri de tout, et en tout cas du pire. C’est une mascarade à l’usage d’une société blanche nostalgique de l’effervescence des années 70.

Un féminisme de classe

L’abandon à leur sort, par les féministes de souche, des féministes issues de l’immigration, n’est pas uniquement la conséquence d’un éloignement géographique, sociologique ou culturel. Il est une des variantes d’une lutte des classes classique, livrée ici au sein de la population des femmes françaises. Une lutte que se mènent les femmes entre elles.

Que l’immense majorité des militantes féministes de souche renvoie depuis des décennies maintenant les féministes de banlieue à leur isolement constitue à lui seul un cas d’école dans l’histoire du combat que tous les privilégiés mène contre tous les déshérités. Une relégation est ici à l’oeuvre. Comme l’ouvrière il y a quarante ans, le sort de la pauvresse de banlieue fait plus qu’indifférer la féministe déjà émancipée, la féministe embourgeoisée. Il la conforte secrètement dans le miroir qu’elle se tend à elle-même de femme libérée.

Au début du siècle, les femmes de banquiers conduisaient de grosses cylindrées, à tambour battant, sur les routes ensoleillées de la Riviera. Ceci cinquante ans avant que les autres femmes aient simplement l’opportunité de passer le permis. Au plaisir de sentir le vent tiède de la côte d’Azur les décoiffer et faire s’envoler leur carré Hermès devait s’ajouter une satisfaction mesquine : celle d’avoir été plus maline que leurs semblables, d’avoir su tirer leur épingle du jeu. La féministe de souche n’épouse pas les luttes de la féministe de banlieue parce qu’elle méprise, au fond, toutes ces oies encore soumises, toutes ces idiotes qui n’ont pas l’énergie de se libérer ou le bon goût de l’être déjà. Chez la féministe de souche, l’orgueil est dédaigneux. C’est qu’elle s’imagine avoir plus de mérite que l’habitante infortunée des cités.

Un féminisme post-colonial

Mais le féminisme de souche, blanc et sclérosé, soutenu par une large classe moyenne bien-pensante, n’est pas seulement un corpus idéologique embourgeoisé. C’est aussi le prolongement d’une arrogance coloniale, pourtant si souvent dénoncée dans ses rangs. L’égalité homme-femme pour la blanche de souche, mais la soumission, tolérable, compréhensible, si exotique, si pittoresque, pour l’indigène récemment débarquée des colonies.

Une indigène avec laquelle aucune communauté de destin n’est envisagée, aucune solidarité théorique ou actée, ni hier, ni maintenant, ni jamais. Là encore, l’entre-soi impose sa loi, un entre-soi ethnique grimé en multiculturalisme tolérant. Chacune chez soi et les vaches seront bien gardées. Le relent colonial, ce fameux relent qui emplit la bouche de tant de gens irréprochables, il me saute aux yeux chez celles qui encouragent l’assignation des femmes de banlieue à leurs moeurs d’origine, comme on parle de langues et cultures d’origine. Beaucoup de celles qui justifient des rapports de domination dont elles n’ont pas à souffrir, mais qui pèsent sans ménagement sur des femmes sans défense, portent un faux nez, le faux nez de la tolérance.

Le féminisme de souche est multiculturaliste parce qu’il est, en profondeur, ségrégationniste. Il faudrait que les féministes de souches reconnaissent les femmes de banlieue comme leur égales, leurs soeurs, leurs amies à la rigueur, pour qu’elles envisagent de les défendre. Or ce n’est pas le cas. Les représentations post-coloniales sapent chez la féministe de souche le moindre élan, même timide, de solidarité avec la fatma en tchador et l’africaine à doudous. L’indigène est un bon sauvage, et sa femelle est à coup sûr heureuse de le servir docilement. Ne nous en mêlons pas. Ces femmes à l’évidence ne sont pas comme nous. Elles appartiennent à une autre race de femmes. Laissons-les régler leurs affaires entre eux.

Un féminisme indigne de son combat

Si l’on considère que l’égalité homme-femme n’est pas un principe universel, mais une spécificité, une création propre aux sociétés occidentales, au même titre que le hula hoop ou le camembert au lait cru, alors il est logique que les acquis des luttes féministes soient réservés aux femmes occidentales. Voici le raisonnement actuel du féminisme de souche. Il a renoncé, sans le dire à personne, à la portée universelle de l’impératif d’égalité homme-femme.

Si en revanche l’égalité hommes-femmes est un principe universel, alors ce principe est supérieur, par définition, à l’argument des coutumes ou des traditions, ainsi qu’à celui des religions. Tout relativisme culturel est impossible en regard d’un principe universel. Entre féminisme et multiculturalisme, il faut choisir.

Je crois pour ma part que l’égalité hommes-femmes est un principe universel, qu’il s’agit de défendre à l’échelle de l’humanité tout entière. Ce n’est pas un simple luxe d’occidentales. Tant que le féminisme de souche réservera à la défense des droits des blanches sa vindicte, parce qu’il ne se définit lui-même comme légitime que dans sa sphère culturel d’origine, il restera indigne de son combat. Et il laissera sur le côté bien des Françaises qui auraient besoin de son appui. S’il se décide enfin à se (re)penser comme un principe universel, et vient au secours de toutes les femmes opprimées parce que femmes, il pourra sortir de l’éther pathétique dans lequel il barbotte depuis des décennies. Il pourra alors se faire à nouveau le fer de lance puissant de l’idéal d’égalité entre les sexes.

Les féministes de souche inquiètes des dysfonctionnements patents de leur lutte devraient décrocher leur téléphone et appeler les féministes de banlieue, afin de faire leur connaissance, tout bêtement. Il faut briser ce mur géographique, sociologique et culturel immense, haut, ancien, qui isole les femmes des quartiers de leurs concitoyennes des centre-villes. Il faut défragmenter la sociologie du militantisme féministe, organiser un front unique, commun, pour que la lutte produise à nouveau des résultats utiles, réels, tangibles. Le sort des femmes de notre pays dépend de cet effort. Seules les militantes actives des centre-villes peuvent agir ici, opérer une révolution, pour peu qu’elles remettent en cause la portée, le périmètre de leur lutte et qu’elles s’interrogent sur l’étendue de leur solidarité.

Enfin, si un grand travail de rescousse en direction de toutes les féministes de banlieue est à entreprendre, il faut tendre aussi la main aux féministes du Maghreb, d’Afrique noire, à toutes les féministes en somme, sans distinction d’origine, de race ou de religion. Seul un féminisme qui assume son universalité et organise la diversité de ses troupes pourra à nouveau agir efficacement.

Addendum

Je prie les militantes féministes spécialisées dans les inquisitions de ne pas perdre trop de temps à m’agonir. Qu’elles me fassent grâce des anathèmes automatiques qui leur viennent sans réfléchir dès que le titulaire d’un pénis se mêle de leurs affaires. Je veux leur dire ici que si j’ai effectivement un pénis, il ne m’empêche pas de penser, il ne fait pas de moi un être mal intentionné, un demeuré ou un dominant sournois. En fait il m’a permis d’avoir une fille, que j’aime et qui m’aime, et que j’aimerais voir grandir dans une société harmonieuse et égalitaire. Aucune autre raison ne m’a poussé à écrire ce texte.

les 30 féministes, que personne n'a vu venir !

Margaux Pastor, jeune photographe de 27 ans, qui a réalisé la photo de couverture du numéro de septembre de Jeanne Magazine, démarre aujourd’hui son Eurofeminist Tour. Son objectif : traverser 10 pays pour y rencontrer, filmer, interviewer et photographier des féministes qui agissent dans la sphère politique, associative, artistique ou dans la société civile «pour mettre fin aux clichés et comprendre les enjeux des droits des femmes dans des pays qui ne sont pas très éloignés du nôtre.» Elle explique tout en détails à Jeanne Magazine. Extrait de l’interview publiée dans le numéro de septembre de Jeanne Magazine.

A quand remonte votre militantisme féministe. Quel a été le déclic ? J’ai toujours été sensible aux combats sociaux mais je ne me considérais pas comme féministe, je pensais comme beaucoup, que les féministes étaient un peu « extrêmes ». Un soir, il y a 4 ans, j’ai eu une discussion sur l’avortement avec deux mecs qui n’étaient pas vraiment favorables au fait que la femme ait le dernier mot sur cette question, je me suis mise hors de moi. Ce soir-là on m’a « traitée » de féministe, je me suis dit que j’allais assumer ce titre avec panache.

Pouvez-vous en quelques mots nous en expliquer le concept et nous parler des objectifs attendus suite à ce projet ? Le concept de l’EuroFeminist Tour est de partir dans 10 pays européens pour rencontrer, filmer, interviewer et photographier des féministes qui agissent dans la sphère politique, associative, artistique ou dans la société civile pour mettre fin aux clichés et comprendre les enjeux des droits des femmes dans des pays qui ne sont pas très éloignés du nôtre.  Il s’agit aussi de créer une communauté féministe européenne qui pourrait se rencontrer pour des événements ou des partenariats par la suite avec l’association. Mettre en relations des artistes, des associations, des politiques ou des personnes issus du monde économique pour élaborer ensemble des projets avec l’objectif de faire progresser la visibilité, les droits et le pouvoir des femmes ensemble.  Enfin il y a un objectif artistique : celui de réaliser des portraits des personnes rencontrées dans les différents pays pour montrer en images les différents visages des féministes et organiser une exposition en rentrant du voyage. 

Comment avez-vous choisi les pays que vous allez traverser ? Pour le moment j’espère me rendre en Espagne, Allemagne, République Tchèque, Hongrie, Pologne, Grèce, Turquie, Royaume-Uni, Autriche et Islande. J’ai essayé de les choisir dans des zones de l’Europe différentes, en fonction de leur histoire et de leur politique sur le plan de l’égalité femme-homme, et aussi (un peu) de mes envies personnelles. Par exemple, j’ai choisi l’Islande et la Turquie car ce sont deux pays qui bordent l’Europe et qui ont des politiques radicalement différentes sur la question du genre. L’Islande, sans être forcément un paradis parfait, est le pays le plus avancé sur la question de l’égalité et de la liberté sexuelle, au contraire la Turquie est en train de repartir en arrière et replonge dans les barrières religieuses et traditionalistes. J’ai choisi la Pologne car elle est paralysée elle aussi par ses religieux catholiques, l’Espagne pour ses manifestations pro-choix qui ont fait plié le gouvernement etc

Photographe et diplômée en sciences politiques et droit européen, Margaux Pastor se lance dans un projet un peu fou. Un projet qui ne peut qu’être soutenu par Poulet Rotique : un tour d’Europe féministe.

Où en sont les droits des femmes en Europe ? Malgré les acquis du féminisme, ils sont sans cesse remis en question, comme on a pu le voir très récemment à nos frontières avec la menace pesant sur l’IVG en Espagne. Le premier objectif de cet « Euro Feminist Tour » n’est donc pas de brûler un soutif dans chaque capitale européenne, ni même de semer la terreur auprès des mâles locaux (non non), mais de faire un bilan des combats qu’il reste à mener en Europe et de mettre en lumière les femmes et les hommes qui s’y engagent. Aidée de son acolyte graphiste Agathe Sayegh, Margaux Pastor retranscrira ses rencontres dans une démarche aussi militante qu’artistique, au travers de photos qui brosseront un portrait du féminisme européen. « Il s’agit aussi de créer une communauté féministe européenne qui pourrait se rencontrer pour des événements ou des partenariats par la suite« , explique-t-elle. « Mettre en relations des artistes, des associations, des politiques ou des personnes issues du monde économique pour faire des projets ensemble avec l’objectif de faire progresser la visibilité, les droits et le pouvoir des femmes ensemble. »

Première étape : Strasbourg en pleine période parlementaire, où Margaux donnera la parole aux députés européens sur les droits des femmes dans l’Union. Direction ensuite l’Islande, le Royaume-Uni, le Danemark, l’Espagne, la Pologne, la Hongrie, la Grèce, la Turquie, l’Allemagne et l’Autriche. Pour documenter son voyage, Margaux prévoit la mise en ligne régulière d’articles, de photos, et l’organisation à son retour à Paris d’une exposition rétrospective. Mais pour ce faire, vous vous en doutez, il faut un peu de sous. C’est pourquoi une opération de crowdfunding a été lancée sur Kiss Kiss Bank Bank. Si ce projet vous enthousiasme, faites-y un tour. Je sais que le Hellfest vous a laissé sans radis, mais il reste 20 jours tout pile à Margaux pour espérer faire ses valises et prendre la route à la rencontre de ceux qui font bouger l’Europe dans le sens de l’égalité.

(à suivre)

la pintade rose 

Commenter cet article