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Publié par la pindade rose rainbow

                                 La pintade rose          "  Qu' en pensez-vous ? "

                                                  

Pourquoi Milton Friedman avait raison sur ce que les hommes de Bruxelles feraient de l’euro

Mort en 2006, le prix Nobel d'économie Milton Friedman, opposé à la mise en place d'une monnaie unique sur le continent européen, avait prévenu des crises que pourrait engendrer la création de l'euro zone.

Pour comprendre les points de vue de Friedman sur l'euro, il faut retourner au début des années 1950. A cette époque, l'Allemagne faisait face à d'importants déficits des comptes courants. A ce sujet, Friedman écrivait une circulaire publiée en 1953 sous le titre de "The Case for Flexible Exchange Rates". (le cas d’un taux de change flexible)

Friedman affirmait alors que des taux de change flottants sont généralement préférables à des taux de change fixes.

 

 

 

La raison étant qu'en cas de crise économique,  les prix et les salaires s'ajusteraient de manière autonome. Mais tous les prix ne sont pas aussi flexibles, et les salaires sont particulièrement rigides. Ainsi, des taux de change flottants permettent une meilleure flexibilité économique pour s'adapter en temps de crise.

 

Ce constat était également une des bases de l'opposition de Friedman à l'euro. Il a ainsi prévenu que l'économie européenne, très inflexible, ne devait pas avoir de monnaie unique, car les prix et les salaires en Europe ne sont pas assez flexibles pour s'adapter.

Friedman a également souligné que l'euro risquerait de conduire à des divisions politiques. En 1997, il écrivait ce texte prophétique: " La mise en place de l'euro découle de motivations politiques et non économiques. Le but a été de rapprocher la France et l'Allemagne autant que faire se peut afin d'éviter une nouvelle guerre en Europe et se positionner vis-à-vis des Etats-Unis. Je pense que l'euro aura l'effet contraire, il va venir exacerber les tensions politiques en transformant des crises économiques que l'on pourrait facilement absorbées en divisions politiques."

Les grotesques négociations à propos de la dette grecque ont montré que Friedman avait raison. Cette crise est désormais utilisée par certains leaders européens pour réclamer plus d'intégration politique à l'Europe. Le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble, par exemple, a récemment soulevé la nécessité de taxes communes européennes.

Mais il ne faut pas confondre politique centralisée et cohésion populaire en Europe. Le risque est, en pratique, de voir les Allemands et les Français décider (et payer) pour tout dans cette "Europe Unifiée". Quand les Allemands doivent payer pour les problèmes grecs, ce sont aussi les allemands qui  devront s'occuper de la politique économique grecque.

En 1965, Friedman a écrit sur la crise de balance de paiement britannique dans le cadre des accords de taux de change fixes de Bretton Woods :"Ceci a été illustré juste après que le gouvernement travailliste (Labour) arrive au pouvoir. Je désapprouve totalement la politique travailliste. Mais cela ne change pas le fait que la politique britannique a été sous l'influence de responsables gouvernementaux (étrangers) qui n'ont aucune légitimité auprès de l'électorat britannique, et le fait que ces changements ne sont le résultat d'aucun processus électoral. Dans ce contexte, je me sens totalement solidaire des soutiens du parti travailliste (Labour) qui considèrent intolérable que des banquiers suisses puissent avoir leur mot à dire sur la souveraineté de la politique économique britannique."

Il n’est pas difficile de transposer cela à une situation plus actuelle. Syriza est le nouveau parti travailliste,  et même s’il est toujours difficile d'en dire quelque chose de positif, nous devons avoir une certaine empathie pour les Grecs qui ont aujourd'hui l'habitude que des banquiers de Berlin et de Bruxelles aient le contrôle de la politique économiques grecque.

Malheureusement, Friedman a raison, l'euro a conduit à des conflits et des divisions plutôt qu'à la paix et la cohésion.


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Bruxelles, brûle-t-il ?

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