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Publié par La pintade rose

Ce n'est pas grave, n'est-ce-pas ! Me direz-vous !

Que « C'est la sardine qui a bouché le port de Marseille » est une expression populaire française datant du xviiie siècle. Elle signifie, en parlant d'une histoire, qu'elle est estimée comme une galéjade, une exagération, une histoire à dormir debout. En fait, l'expression est basée sur une histoire vraie, mais dont une coquille typographique en a fait une farce.

En 1779, le vicomte de Barras, officier commandant le régiment français d'infanterie de Marine de Pondichéry qui avait été capturé par les Britanniques en 1778, était libéré en vertu d'un accord d'échanges de prisonniers, et rapatrié sur un cartel, navire (probablement un marchand de l'Île de France, actuelle Île Maurice) affrété spécialement pour l'échange de prisonniers et bénéficiant d'un statut protégé selon les lois de la guerre de l'époque.

Portrait d'Antoine de Sartine par Joseph Boze, 1787.
Musée LambinetVersailles

Le bateau sur lequel il embarqua avait pour nom le Sartine, avec un « t » et non un « d ». Le navire portait le nom d'Antoine de Sartine (1729-1801), qui était à ce moment-là le ministre de la Marine de Louis XVI. Après dix mois de navigation, le navire put ainsi arriver au large du Cap Saint-Vincent, la pointe sud-ouest du Portugal se dirigeant dans l'embouchure conduisant au détroit de Gibraltar et à la méditerranée.

Le , le vaisseau de ligne britannique HMS Romney intercepta le Sartine et, à cause d'un malentendu, ouvrit le feu sur lui, tuant son capitaine et deux hommes d'équipage. La situation clarifiée après que le Romney eût envoyé un canot à bord du Sartine pour en vérifier le statut, ce dernier poursuivit sa route vers Marseille. A l'entrée du port, une erreur de navigation l'envoya sur des rochers et il finit par couler dans le chenal de l'entrée du Vieux-port de Marseillece qui en empêcha pendant un certain temps l'accès et la sortie à tout autre navire. D'après les mémoires de Barras, c'est Georges-René Pléville Le Pelley, commandant du port et de la marine de Marseille, qui dégage le port en treuillant à quai la frégate[Note 1].

L’histoire commence en 1779, lorsque des prisonniers français capturés dans la province de Pondichery en Inde, alors à la merci des Anglais, sont libérés en échange d’accords passés avec des soldats anglais. Les prisonniers embarquent d’Inde, direction l’Europe et plus exactement la Méditerranée sur une frégate nommée : la Sartine avec un « t » et non un « d », en référence au ministre de la Marine sous Louis XVI, Antoine de Sartine.

Après dix mois de navigation, le navire arrive enfin au niveau du détroit de Gibraltar, direction la mer Méditerranée et Marseille. A cette époque, les Anglais sont les maitres en Méditerranée, ils torpillent tous les bateaux ennemis. C’est pourquoi le Sartine était équipé d’un drapeau anglais, qui lui permettait de naviguer tranquillement.

Malheureusement, tout ne s’est pas passé comme prévu pour les prisonniers français. En mai 1780, un navire britannique intercepte le Sartine à cause d’un malentendu, avant d’ouvrir le feu sur lui, tuant son capitaine et deux hommes d’équipage. Après plusieurs tentatives d’explication, le navire britannique laisse finalement repartir le Sartine en direction de Marseille, mais sans capitaine à bord…

Et, c’est à cause de ce détail de l’histoire que le Sartine, une fois arrivé à l’entrée du port de Marseille, fit une erreur de navigation qui l’envoya sur les rochers avant de couler dans le chenal qui marquait l’entrée du Vieux-Port.

panorama-marseille-vieux-port-pharo-mucem
L’entrée du Vieux-Port. Cliquez pour agrandir

Par malchance, le Sartine était tellement grand et ses mâts tellement hauts, qu’il paralysa un long moment l’accès au port. Les bateaux marseillais ne pouvaient ni entrer ni sortir.

L’histoire bien entendu a fait à l’époque un grand bruit dans toute la ville et a été déformée et amplifiée au fil des discussions… Au final, certains marseillais ont gardé le côté humoristique de l’aventure afin de la rendre plus attrayante, notamment en changeant le nom de la frégate de Sartine en Sardine.

Et la légende était née…

                                            la pintade rose 

Hé ... vous avez dit "sardine"  Erreur, c'est La Sartine ... ���⛓⚓️�
Hé ... vous avez dit "sardine"  Erreur, c'est La Sartine ... ���⛓⚓️�
Hé ... vous avez dit "sardine"  Erreur, c'est La Sartine ... ���⛓⚓️�

les artsModifier

En 1973, le chanteur, musicien et poète Léo Ferré fait directement référence à cette expression dans le morceau Il n'y a plus rien, paru sur l'album du même nom.

Quelle merveilleuse chanson !

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