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Publié par La pintade rose

Mais peut-on vraiment déterminer les origines géographiques et ethniques d'une personne avec un simple test ADN?

Oui, mais avec une marge d'erreur bien plus importante qu'un simple point de pourcentage et en faisant très attention à ne pas surinterpréter les résultats.

De nombreuses entreprises américaines proposent, pour des prix ayant fortement chuté au cours des dernières années grâce à la concurrence (de 100 à 300 dollars), d'analyser l'ADN de toute personne désirant découvrir ses origines ethniques. A noter qu'en France, seule une prescription juridique ou médicale permet d'effectuer légalement un test ADN, ce qui pousse certains Français à se tourner vers des sites étrangers pour faire leur propre enquête généalogique et autres tests de paternité.

Aux Etats-Unis, ces services sont particulièrement prisés des Afro-Américains descendants d'esclaves, qui veulent en savoir plus sur le parcours et les origines africaines de leurs ancêtres. Leur principe est simple: certaines portions d'ADN peuvent être liées, avec plus ou moins de fiabilité, à des zones géographiques particulières. Par exemple, l'haplogroupe maternel H est très commun en Europe (40% environ des Européens le portent), et se retrouve également de manière moins fréquente en Asie et en Afrique, mais il est quasiment absent en Australie ou en Amérique.

Ce marqueur offre une indication, mais ne peut pas à lui seul permettre de déterminer d'où viennent les ancêtres d'une personne, d'autant plus que peu d'êtres humains ont tous leurs ancêtres originaires du même endroit et qu'un brassage génétique s'opère à chaque génération. En revanche, en combinant de nombreux marqueurs que l'on retrouve chez une personne, les entreprises les plus sérieuses de tests ADN peuvent obtenir un tableau bien plus précis.

Puces de génotypage

Elles utilisent pour cela des puces de génotypage, dont les plus récentes permettent de tester jusqu'à 770.000 points de génomesimultanément, et des logiciels capables d'analyser de grandes quantités de données génétiques.

Il faut ensuite diviser les chromosomes en segments qui sont comparés un par un à une base de données de populations de référence pour chaque zone géographique pour déterminer de quelle population chaque segment provient le plus probablement. Si l'on détecte chez une personne de nombreux segments de chromosomes que l'on retrouve souvent en Afrique, alors elle a probablement des ancêtres africains.

La fiabilité des résultats dépend en grande partie de la manière dont sont déterminés les génomes des populations de référence. Les entreprises utilisent pour cela des génomes qu'elles ont elles-mêmes déjà analysés et recoupés avec des données issues de travaux généalogiques classiques sur les mêmes personnes. Par exemple, si l'on sait que vos quatre grands-parents sont nés dans le même pays, et qu'il s'agit d'un pays qui a connu peu d'immigration au cours des dernières générations, votre génome est candidat à l'inclusion dans le groupe de référence de ce pays.

Ces données sont ensuite recoupées avec celles de bases de données génétiques publiques comme Human Genome Diversity ProjectHapMap ou le projet 1.000 Genomes pour obtenir des groupes de référence les plus précis possibles.

Attention au simplisme

Ce genre de test fonctionne relativement bien pour des groupes comme les Afro-Américains, qui ont souvent des ancêtres en Afrique et en Europe qui vivaient loin les uns des autres, et peut donner une idée de l'importance relative de l'héritage génétique africain et européen. Quand il s'agit, en revanche, de retrouver un lien avec telle ou telle ethnie africaine précise ou pays, comme le promettent certaines entreprises, la tâche se complique grandement.

Si l'ADN peut se révéler très précieux dans d'autres domaines comme la recherche de paternité ou les enquêtes policières, certains lui font dire des choses impossibles à vérifier ou qui n'ont pas beaucoup de sens en matière de généalogie. En août 2010, des apprentis généticiens avaient ainsi affirmé, après avoir analysé les profils génétiques de différents membres vivants de la famille d'Adolf Hitler, que le dictateur allemand était porteur de l'haplopgroupe E1b1b, un marqueur caractéristique des Berbères, dont la fréquence peut atteindre 80% dans la population masculine de certains groupes au Maroc. Il est aussi présent en Somalie et au Moyen-Orient et chez les populations séfarades et ashkénazes.

Il n'en fallait pas plus pour que le tabloïd britannique The Daily Mail titre «Hitler descendait des juifs et des Africains qu'il détestait». Pourtant, la présence de l’haplogroupe E1b1b dans les chromosomes Y d'Hitler ne prouve rien d'autre que le fait que l’Autriche, la Hongrie et plus généralement l’Europe centrale ont connu depuis des siècles de nombreux brassages de population.

Les anthropologues sont généralement perplexes quant à possibilité d'identifier des «composants ancestraux», ces marqueurs génétiques qui seraient propres à telle ou telle population, ou des «lignages» parfois très précis (certaines entreprises ont des groupes de référence génétique à l'échelle d'un pays). Selon eux, l'histoire des migrations humaines est bien trop complexe pour pouvoir savoir avec certitude que tel ou tel marqueur génétique correspond bien à telle population qui vivait il y a 10.000 ans à tel endroit.

Il n'existe pas de gène français ou éthiopien, seulement des marqueurs que l'on retrouve plus souvent chez les habitants de ces pays. S'il est possible, en fonction des marqueurs génétiques et surtout de leur nombre, de savoir de manière plus ou moins précise les différentes régions du globe d'où sont originaires les ancêtres d'une personne, de nombreux généticiens mettent en garde contre les entreprises qui vendent ces tests.

Tous des descendants de Gengis Khan

D'abord, elles «oublient» presque toujours de communiquer sur la marge d'erreur de leurs calculs, qui peut facilement atteindre les 10 points. Ensuite, certaines affirment pouvoir trouver des liens de parenté avec des personnages célèbres de l'Histoire comme Charlemagne ou Gengis Khan, et vous dire si vous êtes un descendant des Vikings ou des Romains.

Cela n'a pas beaucoup de sens: certains spécialistes estiment que l'ancêtre commun le plus récent à tous les humains actuels[1] vivait il y a seulement 3.500 ans (et les ancêtres communs à tous les Européens il y a moins de 1.000 ans). En d'autres termes, la grande majorité d'entre nous a des ancêtres vikings et romains et descend à des degrés divers de Gengis Khan ou de Charlemagne.

Autre problème: plus on remonte dans le temps, plus nos ancêtres sont nombreux (nous avons tous deux parents, quatre grands parents, huit arrière grands-parents, etc.), et on atteint rapidement un niveau où nous avons plus d'ancêtres que de segments d'ADN. Cela signifie qu'il y a certains ancêtres dont nous n'avons hérité aucun ADN.

 

                                                   PS :         La pintade rose 

L'acide désoxyribonucléique, ou ADN, est une macromolécule biologique présente dans toutes les cellules ainsi que chez de nombreux virus. L'ADN contient toute l'information génétique, appelée génome, permettant le développement, le fonctionnement et la reproduction des êtres vivants. C'est un acide nucléique, au même titre que l'acide ribonucléique (ARN). Les acides nucléiques sont, avec les peptides et les glucides, l'une des trois grandes familles de biopolymères essentiels à toutes les formes de vie connues.

Les molécules d'ADN des cellules vivantes sont formées de deux brins antiparallèlesenroulés l'un autour de l'autre pour former une double hélice. On dit que l'ADN est bicaténaire, ou double brin. Chacun de ces brins est un polymère appelé polynucléotide. Chaque monomère qui le constitue est un nucléotide, lequel est formé d'une base nucléique, ou base azotée — adénine (A), cytosine (C), guanine (G) ou thymine (T) — liée à un ose — ici, le désoxyribose — lui-même lié à un groupe phosphate. Les nucléotides polymérisés sont unis les uns aux autres par des liaisons covalentes entre le désoxyribose d'un nucléotide et le groupe phosphate du nucléotide suivant, formant ainsi une chaîne où alternent oses et phosphates, avec des bases nucléiques liées chacune à un ose. L'ordre dans lequel se succèdent les nucléotides le long d'un brin d'ADN constitue la séquencede ce brin. C'est cette séquence qui porte l'information génétique. Celle-ci est structurée en gènes, qui sont exprimés à travers la transcription en ARN. Ces ARN peuvent être non codants — ARN de transfert et ARN ribosomique notamment — ou bien codants : il s'agit dans ce cas d'ARN messagers, qui sont traduits en protéines par des ribosomes. La succession des bases nucléiques sur l'ADN détermine la succession des acides aminés qui constituent les protéines issues de ces gènes. La correspondance entre bases nucléiques et acides aminés est le code génétique. L'ensemble des gènes d'un organisme constitue son génome.

Les bases nucléiques d'un brin d'ADN peuvent interagir avec les bases nucléiques d'un autre brin d'ADN à travers des liaisons hydrogène, qui déterminent des règles d'appariement entre paires de bases : l'adénine et la thymine s'apparient au moyen de deux liaisons hydrogène, tandis que la guanine et la cytosine s'apparient au moyen de trois liaisons hydrogène. Normalement, l'adénine et la cytosine ne s'apparient pas, tout comme la guanine et la thymine. Lorsque les séquences des deux brins sont complémentaires, ces brins peuvent s'apparier en formant une structure bicaténairehélicoïdale caractéristique qu'on appelle double hélice d'ADN. Cette double hélice est bien adaptée au stockage de l'information génétique : la chaîne oses-phosphates est résistante aux réactions de clivage ; de plus, l'information est dupliquée sur les deux brins de la double hélice, ce qui permet de réparer un brin endommagé à partir de l'autre brin resté intact ; enfin, cette information peut être copiée à travers un mécanisme appelé réplication de l'ADN au cours duquel une double hélice d'ADN est recopiée fidèlement en une autre double hélice portant la même information. C'est en particulier ce qu'il se passe lors de la division cellulaire : chaque molécule d'ADN de la cellule mère est répliquée en deux molécules d'ADN, chacune des deux cellules filles recevant ainsi un jeu complet de molécules d'ADN, chaque jeu étant identique à l'autre.

Dans les cellules, l'ADN est organisé en structures appelées chromosomes. Ces chromosomes ont pour fonction de rendre l'ADN plus compact à l'aide de protéines, notamment d'histones, qui forment, avec les acides nucléiques, une substance appelée chromatine. Les chromosomes participent également à la régulation de l'expression génétique en déterminant quelles parties de l'ADN doivent être transcrites en ARN. Chez les eucaryotes (animauxplanteschampignons et protistes), l'ADN est essentiellement contenu dans le noyau des cellules, avec une fraction d'ADN présent également dans les mitochondries ainsi que, chez les plantes, dans les chloroplastes. Chez les procaryotes (bactéries et archées), l'ADN est contenu dans le cytoplasme. Chez les virus qui contiennent de l'ADN, celui-ci est stocké dans la capside. Quel que soit l'organisme considéré, l'ADN est transmis au cours de la reproduction : il joue le rôle de support de l'hérédité. La modification de la séquence des bases d'un gène peut conduire à une mutation génétique, laquelle peut, selon les cas, être sans conséquence pour l'organisme ou, au contraire, être incompatible avec sa survie. À titre d'exemple, la modification d'une seule base d'un seul gène — celui de la β-globine, une sous-unité protéique de l'hémoglobine A — du génotype humain est responsable de la drépanocytose, une maladie génétique parmi les plus répandues dans le monde.

https://youtu.be/MTHfCVsctkU

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