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Le blog de la Pintade Rose Rainbow

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Coups de cœur, coups de bec d'une habitante de Sant Nazer (44600)


Séraphine, peintre naïve !

Publié par La pintade rose sur 4 Mars 2017, 09:01am

Catégories : #Femmes Femmes...

Séraphine LOUIS, une rareté féminine dans le Monde Peinture

 

 Séraphine de SENLIS, naquit le 2 septembre 1864 à Assy, dans l’Oise. Enfant, elle garda des moutons, en grandissant dans une famille pauvre, dont le père, horloger de village, mourut très jeune. Elle fréquenta alors irrégulièrement l’école, car elle préférait garder les animaux. A l’âge de treize ans, elle fut placée comme bonne à Paris, puis à Compiègne. Ensuite, et durant vingt ans, elle fut employée comme femme à tout faire dans un couvent de la région. Elle ne put jamais prétendre au mariage car elle ne possédait ni dot, ni lopin de terre.

En 1902, elle quitta le couvent, et se plaça dans plusieurs maisons alentour. Les commérages du moment lui attribuèrent déjà l’esprit d’une « certaine folie » qui transparut ensuite dans ses compositions à la flore fabuleuse, agrémentées de fruits pulpeux, et de chenilles mordorées qui courtisaient des coquillages entrouverts laissant entrevoir le secret satiné de leurs lèvres.

            la pintade rose                

Séraphine, peintre naïve !

La vie de Séraphine Louis

Séraphine Louis est née à Arsy (Oise) en 1864. Issue d'une famille modeste, elle est orpheline à sept ans et c'est sa soeur aînée qui la recueille. 
Elle travaille comme domestique de 1881 à 1901 au Couvent de la Charité de la Providence à Clermont-de-l'Oise. C'est dans ce couvent qu'elle acquiert une empreinte religieuse dominée par la Vierge et une vision mystique qui influera plus tard sa vocation d'artiste.  

Après avoir été bergère, Séraphine Louis travaille comme bonne à tout faire pour des familles bourgeoises à Senlis. 
En 1912, le collectionneur et critique d'art d'origine allemande, Wilhelm Uhde, s'installe à Senlis. Séraphine travaille pour lui comme femme de ménage et Uhde découvre qu'elle peint. Elle disait : "Je fais tout cela pour la Vierge Marie. Je peins surtout la nuit, quand la ville est endormie. Mes natures mortes sont comme des cadeaux pour le Bon Dieu et la Sainte Mère. Alors je vais aller au Paradis. Le soleil est Dieu et ce sont les fruits du paradis, c'est comme ça que je le vois." 

En 1914 la guerre éclate et Wilhelm Uhde est obligé de quitter la France. Ce n'est qu'en 1927 qu'il reprend contact avec Séraphine lors d'une exposition locale à Senlis. Wilhelm Uhde est frappé par ses oeuvres : "Une passion extraordinaire, une ferveur sacrée, une ardeur médiévale". Il décide de la soutenir, et son aide permet à Séraphine Louis de peindre de grandes toiles.  
Le Musée de Cassel en Allemagne acquiert un de ses tableaux en 1928 et les Senlisiens commencent à acheter ses oeuvres. Séraphine de Senlis peint sur des thèmes de la nature, arbres, fleurs, fruits, bou­quets... 
En 1929, Uhde organise une exposition aux Peintres du Sacré-Coeur qui présente l'art de Séraphine. Le succès se confirme, l'argent arrive, et elle connaît pour la première fois de sa vie une réussite financière... qu'elle est mal préparée à gérer. 

En 1930, la "Grande Dépression" détruit les ressources de Wilhelm Uhde. Il ne peut plus acheter les tableaux de Séraphine de Senlis, ni soutenir son art. La peinture de Séraphine devient presque abstraite, plus tourmentée et moins précise. 

En 1932, Séraphine de Senlis cesse de peindre et souffre de délire de persécution. Elle est finalement internée dans un asile à Clermont-de-l'Oise à la suite de dérèglements mentaux. Dix ans plus tard, à 78 ans, sous les dures conditions des asiles pendant l'Occupation allemande, elle mourra de faim dans l'annexe de l'hôpital à Villers-sous-Erquery, dans le dénuement le plus total.  
Séraphine est enterrée dans la fosse commune du cimetière de Clermont ; sur son dossier on peut lire cette mention "cueille de l'herbe pour manger la nuit ; mange des détritus"...

La peinture de Séraphine de Senlis

Séraphine de Senlis est une artiste peintre autodidacte dont l'oeuvre se rattache à l'art naïf. 
Elle se distingue des autres Primitifs modernes par une psychologie déviante dont résulte une peinture tournée vers l'expression d'un monde intérieur chargé, selon Wilhelm Uhde, de "confessions extatiques". 
Les premières oeuvres de Séraphine de Senlis représentent des petites natures mortes composées de fruits accrochés à un branchage. Elle peint des motifs floraux sur des pots, des assiettes, du carton et de petites toiles. Sa palette de couleurs est alors restreinte mais elle fabrique déjà ses propres mélanges. 

"Séraphine est autodidacte, elle fait ses couleurs elle-même et en conservera le secret. Elle est au seuil entre un art de la pathologie et l'embrasement de son esprit habité par des visions qu’elle découvre parfois en regardant la rosace de la cathédrale de Senlis lorsque celle-ci est illuminée par la lumière. C'était l'une des dimensions de son art qui fascinait le regard de Wilhelm Uhde. Il avait vu dans la peinture du Douanier Rousseau, dont il fut l'un des premiers à comprendre le talent, la même force d'expression qu'il retrouva chez Séraphine. Uhde lui organisa des expositions et la fit entrer dans l'histoire de la peinture moderne." 
(Bertrand Lorquin, Historien d'art)

Séraphine Louis dilue des agents colorants dans du Ripolin blanc acheté à la droguerie Duval à Senlis. L'usage de cette peinture industrielle très liquide et le fait que Séraphine de Senlis "ose" peindre alors qu'elle est domestique lui valent le plus souvent l'incompréhension de ses concitoyens, à l'exception de quelques-uns d'entre eux, comme l'illustrateur Charles-Jean Hallo. 
Elle reste fidèle au Ripolin bien qu'elle utilise aussi la peinture à l'huile et qu'elle maîtrise cette technique pourtant complexe. Séraphine de Senlis fixe sur la toile sa "réalité intérieure", empreinte de son atta­che­ment à la nature et à ses inspirations spirituelles. 
En ce qui concerne les pigments et les couleurs, elle n'a jamais dévoilé son mode opératoire. Ses peintures ont un aspect mat, presque ciré. Parfois, la signature est gravée au couteau, révélant une sous-couche de couleur contrastée. Il semble qu'elle signait ses peintures avant de les peindre. 
On peut remarquer que ses peintures comportent presque toutes, dans le quart inférieur, une bande ou une zone qui est manifestement d'un autre ordre que le reste de l'image : les fruits et fleurs continuent à s'épanouir dans cette région particulière de la peinture, mais d'autres éléments - herbes, feuilles plus sombres que dans le reste du tableau - invitent à imaginer cet espace spécifique comme une sorte de soubassement, de souterrain où tout s'enracine, de monde d'en-bas.

A la suite de son succès à l'exposition senlisienne de 1927, Séraphine Louis crée de grands formats représentant une flore foisonnante et colorée, enrichie de plumes. "Séraphine parle le langage des fleurs", écrit la psychanaliste Françoise Cloarec. La végétation luxuriante et paradisiaque, "Le jardin du Bon Dieu", arbore des couleurs flamboyantes et lumineuses. Plus tard, ses compositions se complexifient. Sa volonté de représenter fidèlement les motifs diminue.
Lors de la présentation de l'exposition "Séraphine Louis dite Séraphine de Senlis" au Musée Maillol (2008-2009), le conservateur du musée, Bertrand Lorquin, dira qu'elle était une artiste dévorée par "cette fameuse nécessité intérieure dont parlait Kandinsky".

Les oeuvres de Séraphine de Senlis sont exposées dans plusieurs galeries et musées en France : le musée Maillol à Paris, le musée d'Art de Senlis, le Centre Pompidou-Metz, le musée d'Art naïf de Nice, le musée d'Art moderne de Lille.  

espace 

Wilhelm Uhde et les Primitifs modernes

Wilhelm Uhde
La découverte des Primitifs modernes est en grande partie l'oeuvre de Wilhelm Uhde (1874-1947). À la pointe de l'avant-garde, ce collectionneur, critique d'art et marchand, allemand d'origine et français d'adoption, s'intéresse d'abord à Picasso, Braque et au Douanier Rousseau à qui il consacre sa première exposition en 1908. La première guerre mondiale l'oblige à quitter la France. Sa collection est confisquée, puis vendue en 1921. 
Après son retour en 1924, il promeut les peintres autodidactes Bauchant, Bombois, Vivin et Séraphine de Senlis qu'il appelle Primitifs modernes, refusant le qualificatif impropre de "naïfs". Il leur consacre une exposition "Peintres du Coeur Sacré" en 1928, parle d'eux la même année dans Picasso et la tradition française, et leur consacre un ouvrage, Cinq maîtres primitifs (1947), articulé autour du Douanier Rousseau. 
Sa démarche s'inscrit dans l'un des courants forts de l'art depuis la fin du XIXe siècle, qui remise les dogmes de l'art savant au profit de cultures "autres", exotiques ou populaires. 
Sa défense d'un "génie du coeur et de l'intuition", éloigné "du talent de la raison et de l'intelligence", se trouve reconnue en 1948 à travers la création d'une salle qui porte son nom au musée national d'Art Moderne (palais de Tokyo). 
Une partie des oeuvres qui la composait ont été déposées à Senlis en 1989 pour accompagner la donation d'Anne-Marie Uhde, en mémoire de son frère. 

Le collectionneur d'art allemand Wilhelm Uhde, installé à Senlis en 1912, découvre ses peintures et lui apporte son soutien. Mais il est obligé de quitter la France en août 1914, et il ne reprend contact avec Séraphine qu'en 1927, à l'occasion d'une exposition locale à Senlis. Son aide, alors, permet à Séraphine de peindre de grandes toiles de deux mètres de hauteur. En 1929, Uhde organise une exposition Les peintres du Cœur sacré qui permet à Séraphine d'accéder à une certaine prospérité financière qu'elle dilapide au fur et à mesure.

À partir de 1930, Uhde cesse d'acheter ses peintures du fait de la Grande Dépression, qui éloigne les acheteurs d'œuvres d'art, ce qui la perturbe gravement. Elle sombre alors dans la folie, et on l'interne pour « psychose chronique »[5] le  à l'hôpital psychiatrique de Clermont. Elle refuse d'y pratiquer son art.

Ses œuvres sont pourtant exposées par Uhde : en 1932, exposition Les Primitifs modernes à Paris ; en 1937-1938, exposition Les Maîtres populaires de la réalité, à Paris, Zürich, New York (MoMA) ; en 1942, exposition Les Primitifs du XXesiècle à Paris ; en 1945, exposition consacrée à Séraphine seule à Paris.

Atteinte d'un cancer du sein, elle meurt de faim[6] à 78 ans le  dans l'annexe de l'hôpital à Villers-sous-Erquery[7], dans le dénuement et les dures conditions des asiles sous l'Occupation allemande[8].

Séraphine Louis est enterrée dans le carré des indigents au cimetière de Clermont[3]. Son dossier porte la mention « cueille de l'herbe pour manger la nuit ; mange des détritus »[9].

Le musée Maillol à Paris, le musée d'art de Senlis, le musée d'art naïf de Nice, le musée d'art naïf de Laval, le LaM à Villeneuve-d'Ascq et le Centre Pompidou-Metz possèdent plusieurs de ses œuvres[10].

Séraphine, peintre naïve !
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