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Publié par La pintade rose

QUE fais-tu ?

QUE fais-tu aux Femmes ?

QUE fais-tu aux hommes et femmes qui veulent vivre et être autrement ?

Qu'as-tu fait des Amazones ?

je vois que c'est bien triste et je Sais qu'il ne fait pas bon d'y vivre !

la pintade rose 

Une résolution de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe dénonce la situation des droits de l'Homme en Tchétchénie, tout en appelant la Russie à agir.

Tchéchénie, où est ton Humanité ()()()

À Atchkhoï-Martan, il y a des mariages tous les week-ends – un ou deux. Il y aura des danses et de tirs de fusil. La fiancée est l’être le moins remarquable et le moins actif de toute cette cérémonie – elle se tient toute la journée assise, sans rien dire, dans un coin de la maison du fiancé. Une vie plus tôt, sa mère s’était tenue dans ce même coin ; il y a deux vies de ça, c’était sa grand-mère ; et quand sa vie à elle se terminera – ce seront ses filles et petites-filles. Ou peut-être pas.

Nous sommes chez la Tchétchène Amina. Elle se plaint de la jeunesse tchétchène : elles se maquillent (selon moi, très modérément), portent des mini jupes (un peu au-dessus du genou), et, peut-on le croire, il arrive, à Grozny, que la fiancée danse à son propre mariage…

— On leur voit le ventre, s’indigne Amina. C’est désagréable à regarder. Pour rien au monde, je ne prendrais une fiancée comme ça pour mon fils.

Les vêtements provocants sur les filles, dit-elle, attirent l’attention des autres hommes et conduisent à la haine entre les taïp, les clans. Une femme mariée doit absolument porter un fichu, pour que tout le monde le comprenne :  » je suis mariée, n’approchez pas « .

« Tout doit rester à l’intérieur. C’est la coutume »

La belle-fille d’Amina a préparé des galettes de maïs. Elle met la table. Cette fille a plu au fils, la mère est allée  » la regarder « . Peu importe à Amina si la fille est grande ou petite,  grosse ou maigre. L’important est de savoir si elle est modeste et qui sont ses parents.

— Vous êtes une belle-mère sévère ?, je demande à Amina.

— Non. Mais c’est ce qu’il faut. Amina jette un œil sur sa belle-fille. Et si on ne fait pas comme ça, nos coutumes s’effondreront.
Amina s’est mariée tard – à 18 ans. La famille du fiancé est venue, l’a demandée. Son père a accepté.

— Votre fiancé vous plaisait ?, je lui demande.

— Comment te dire… Probablement, il ne me plaisait pas. Mais on m’a obligée. J’ai terminé l’école, je rêvais de poursuivre mes études, je voulais devenir couturière. Personne ne se presse pour se marier, c’est un travail dur. Quand ils m’ont prise, j’ai pleuré. J’ai mis deux ans à m’habituer. Je lavais le linge, je faisais le ménage, je mettais la table pour eux, et à l’intérieur, je n’arrêtais pas de les maudire. Et je me disais :  » Tu n’es pas la première, tu n’es pas la dernière. Sois dure. C’est ce qu’il faut…  »
Amina considère que son cœur, désormais, est le muscle le plus puissant de son organisme – il s’est endurci, est devenu presque de pierre.

Nous sortons dans la cour, nous nous tenons près de l’étable. Des galettes de fumier sont étalées sur l’herbe.

— Vous ne vous imaginez pas une seule journée de notre vie, dit-elle calmement, sans l’ombre d’une plainte. Chaque jour, il y avait des bombardements, des avions. Je me disais : à quoi bon avoir fait des enfants, ils ne verront jamais rien de bon. Et encore, les enfants… J’ai perdu un veau d’un arrêt du cœur. Il a entendu voler un avion, s’est mis à crier comme un enfant, et il est tombé. Quand ils tuaient nos enfants, pendant la guerre, nous gardions des visages de pierre.

— Pourquoi ?

— Il ne faut pas crier. Tout doit rester à l’intérieur. C’est la coutume…

Aucune intonation ne transparaît dans sa voix. Seulement dans ses yeux – deux vrilles.

— Vous accusez les mères russes de cela ?

— Oui, je les accuse d’indifférence. Et je t’accuse toi aussi, personnellement.

Elle regarde de l’autre côté de la barrière. Dans la rue, une jeune femme promène un enfant par la main. Amina relance la conversation sur la jeunesse.

— Ce ne sont plus les mêmes Tchétchènes. Autrefois, on ne prenait pas les enfants dans les bras en présence des aînés. Ce n’est pas bien, c’est irrespectueux. Même s’il pleure, quoi qu’il arrive…

— Vous ressentez quelque chose quand votre enfant tombe et pleure, et que vous ne pouvez pas le prendre dans les bras ?

— Bien sûr que je ressens quelque chose, répond-elle sèchement.

— Si vous aviez le choix, quelle vie auriez-vous vécue ?

— J’aurais choisi de naître en Europe…

La belle-fille d’Amina sort de la maison.

— Je vais te poser une énigme, dit Amina. Une femme avait son mari, son frère et son fils partis à la guerre. Elle est allée voir le général et a dit :  » Laisses-en partir un « . Il lui a répondu :  » Choisis « . Qui a-t-elle choisi ?

— Le frère, je dis, parce que je connais la réponse.

— Correct. Elle a dit :  » Je peux encore me marier, j’accoucherai encore d’un fils, mais je n’aurai plus de frère.  » Mais chez les Russes, les femmes choisissent les enfants, dit-elle, sans reproche, sans intonation.

« Une femme qui travaille, c’est le déshonneur pour l’homme »

Demain, il y a mariage. Peu importe de qui. J’irai sans invitation. Mais aujourd’hui, c’est au salon de beauté que j’aurai le plus de chances de trouver la fiancée.

Aux  » Ciseaux d’or « , dans le centre de Grozny, on entend la rumeur des voix et les rires de femmes, le souffle des séchoirs à cheveux. Ici travaillent principalement des veuves, et le salon appartient aussi à une veuve – une grande femme en noir. Elle s’appelle Nourbika. Dans son bureau, des étagères de verre avec des produits cosmétiques. Nourbika est une businesswoman – espèce rare en Tchétchénie. Sa fille Malka, coiffure sophistiquée, court partout – du bureau au salon et du salon au bureau. À l’en croire, il est difficile de diriger.

— Les femmes tchétchènes sont incontrôlables, dit Malka.

— Elles ne considèrent pas du tout le travail ici comme un travail, confirme Nourbika. Elles le voient comme une distraction.

Elles peuvent décider de rester chez elles, si des parents leur rendent visite.

Nourbika a travaillé 25 ans comme censeur dans un lycée. Avant le début de la guerre, son mari, aussi enseignant, est mort dans un accident de voiture. Quand la guerre a commencé, Nourbika a fui à Moscou, et là-bas, au ministère de la santé, ils sont  » allés au devant d’elle  » – ils lui ont donné une recommandation pour que sa fille étudie à Rostov, à l’Institut de médecine. Elle a loué un appartement à Rostov et y a emmené tous ses enfants, il y en avait cinq. Elle-même est revenue en Tchétchénie, pour vendre sur les marchés des produits importés de Nazran : on ne lui donnait pas de travail à Rostov. Quand elle voyait des gens qu’elle connaissait sur le marché,  elle se jetait sous le stand, de honte – c’est une communiste, une femme ayant étudié les mathématiques, et sur les marchés, il n’y a que des spéculateurs. Mais ensuite, Nourbika s’est dit :  » De quoi devrais-je avoir honte devant les gens ? Les gens ne nourrissent pas mes enfants. Qui m’apporte un rouble ?  »

Traditionnellement, jusqu’à l’arrivée du pouvoir soviétique dans le Caucase, jamais une Tchétchène ne travaillait hors de la maison. Une femme qui travaille, c’est le déshonneur pour l’homme, ça veut dire qu’il n’est pas capable de la nourrir. Mais la guerre, comme on dit en Tchétchénie, a tout inversé. Les hommes, régulièrement humiliés aux check-points devant leurs femmes et leurs enfants, incapables de trouver du travail, voient différemment maintenant, après guerre, le travail des femmes.

À Rostov, la fille de Nourbika a vendu des produits de beauté. Sa mère a décidé de l’aider et, au Nouvel An 1999, a proposé des cosmétiques sur son stand à Grozny. C’était incroyable – c’était la guerre, mais les femmes pillaient son échoppe. En une semaine, Nourbika a  » fait  » 20 000 roubles et, dès la fin de la guerre, elle a ouvert un salon et un club de billard. Tous ses enfants ont fait des études supérieures. Elle a construit une nouvelle maison à la place de celle qui avait été détruite. Les hommes la respectent. Ses voisines ne l’aiment pas – leurs maris prennent constamment Nourbika en exemple : tu es là à ne rien faire à la maison, et elle, elle travaille.

Sa fille Malka a été enlevée à son travail – une clinique dentaire. Un homme qu’elle connaissait a frappé à sa fenêtre :  » Sors discuter une seconde « . Elle est sortie, et on l’a  » jetée dans une voiture en un tour de main « . Nourbika a reçu un coup de téléphone : eh bien voilà, votre fille est mariée. Nourbika a emmené une voisine, une guerrière, et est partie sur leurs traces.

— J’ai appelé la milice, ça les a juste fait rire :  » Mais puisqu’elle s’est mariée !  » Je m’approche de la maison, je vais voir les hommes :  » Y a-t-il parmi vous au moins un homme qui répond de sa parole ?! Montrez-moi ma fille !  » L’un d’eux se lève, ouvre les portes. Je regarde, Malka est assise dans la maison, elle pleure. Entre-temps, ils l’avaient bien préparée :  » Si tu t’en vas, une guerre commencera à cause de toi, personne ne voudra de toi, tu es déjà déshonorée de toute façon.  » Avec ma voisine, nous avons commencé de nous battre, de mordre. Ils nous sont tous tombés dessus – les hommes, les femmes. J’avais les bras tout noirs de blessures. J’ai attrapé ma fille par les cheveux, je me les suis accrochés à la main et je l’ai traînée vers les portes. Alors ils sont allés chez notre oncle en conseil des aînés. Et c’est un homme sage, il a dit, ces enfants, elle les a élevés seule, et maintenant, je n’ai pas l’intention de décider pour elle. Ce sera comme elle dira. Mais Malka a décidé elle-même de rester – elle était trop effrayée.

— Malka, et maintenant que tu es une businesswoman, qu’est-ce que tu ferais dans la même situation ?

Malka cache ses yeux. Elle a déjà deux enfants. Je répète ma question quatre fois.

— Maintenant, finit-elle par dire, en jetant un regard rapide à sa mère, je ferais ce qui me plaît à moi…

L’enlèvement de fiancée n’est romantique qu’au cinéma. Dans la réalité, la jeune fille capturée est, aux yeux de la société, déjà  » salie  » – et toutes les familles ne sont pas prêtes à reprendre une fille comme ça. Les filles le savent, et, en règle générale, ne reviennent pas. Et dans la famille du mari, elles se retrouvent totalement sans défense, privées du soutien de leurs proches.

Quand on a volé la deuxième fille de Nourbika, elle n’a déjà plus essayé de résister.

« Il est impossible de contraindre les femmes tchétchènes »

Je vais à un mariage tchétchène en banlieue de Grozny. Je sais que j’y verrai des femmes portant d’énormes plats depuis la cuisine vers de longues tables, installées dans la cour. Dans la maison, leurs nourrissons hurleront, attachés à leurs berceaux par des cordes. Et ces femmes, sans trembler d’un muscle du visage,  » ressentiront quelque chose, évidemment « .

Près des portes de la maison, on danse, les fusils tirent en l’air. Les femmes et les hommes sont assis séparément. Je fais exception – je ne suis pas d’ici – et suis assise à une petite table avec les vieillards. L’un d’entre eux est le pédiatre Viktor Moussaevitch.

— Nos femmes ont de plus en plus souvent des infarctus…, dit le médecin sans une pointe d’accent, étirant les mots à la moscovite. Le cœur de la femme tchétchène ne tient pas, les émotions enfermées à l’intérieur causent une énorme nuisance à l’organisme…

Biberd occupe une fonction importante au ministère de l’intérieur, je suis invitée chez lui à Ourous-Martan. À table, sont assises sa vieille mère, son épouse et ses deux filles, qui ont déjà terminé le lycée. Sa mère semble très âgée – le travail pénible et les multiples accouchements font vieillir vite les femmes tchétchènes. Elle a connu la déportation, mais aujourd’hui, la mère de Biberd vit bien. Pour tout dire, une femme tchétchène vit mieux vieille, quand ce sont les fiancées qui travaillent et qu’elle se contente de se reposer. Et que sa parole fait loi. La femme de Biberd, Louisa, ne dit rien – la vieillesse honorée est encore loin pour elle.

Arrive chez Biberd le lieutenant de police en chef – une jeune femme en uniforme et fichu, Zarina. Il y a eu récemment en Tchétchénie une campagne, que les femmes d’ici ont surnommée  » foulardisation « . Le gouvernement de la république de Tchétchénie leur a recommandé de porter des foulards. Il ne les y a pas contraintes. Il est impossible de contraindre les femmes tchétchènes ; simplement, en 2009, le gouvernement les a convaincues que le foulard leur allait merveilleusement à toutes.

— Les femmes s’adressent à la police pour se plaindre de coups et blessures de la part de leur mari ?, je demande à Zarina à travers la table.

Zarina et Louisa écarquillent les yeux sur moi.

— Dans notre mentalité, on ne se plaint pas de sa famille…, répond Zarina. On n’humilie pas son mari.

— Et lui, il n’humilie pas, en frappant ?

— Ça, c’est déjà mon affaire – vivre avec lui ou pas.

En Tchétchénie, on use de la parabole. Il était une fois un homme très respecté. Un jour, on lui demanda :  » Comment as-tu mérité une telle autorité ?  » Il répondit :  » D’abord, je me suis marié, et ma femme a commencé de me respecter. En la voyant faire, les voisins ont commencé de me respecter, et, en le voyant faire – tous les autres.  » Les femmes tchétchènes respectent leurs maris – au moins en public. Depuis l’enfance, on le leur suggère : l’important, c’est d’être obéissante et de protéger sa famille. Quand une femme quitte son mari parce qu’il la bat, les parents, des deux côtés, la persuadent de revenir –  » pour éviter le déshonneur « .

— Nous entendons parler de scandales de couple seulement quand les hôpitaux mentionnent des patients entrés pour blessures par balle ou au couteau, note Zarina.

« Elle se levait même quand son petit-fils de six ans entrait dans la salle »

Un sol de béton. Une haute palissade. Une lumière électrique faiblarde. Des hommes forment un cercle dense – ils sont 50 ou 100, je ne peux pas compter. Au-dessus du cercle résonne un gémissement masculin, et le cercle s’anime – il avance lentement en rond, dans le sens des aiguilles d’une montre. Les hommes boitent du pied droit. Les têtes dodelinent mollement. Battement des paumes. Cris. Le rythme s’accélère. Les hommes courent en cercle. Au-dessus d’eux, une rumeur de voix masculines –  » La Ilaha ila allah !  » Les jambes et les bras se mêlent, une chanson rythmique, qui ressemble à un écho, fait battre le cœur. Les hommes sont en transe. Les spectateurs sont en transe. Il semble que les traditions tchétchènes ne mourront jamais tant qu’on apprendra aux garçons à danser le dhikr.

Dans cette maison, une vieille femme est morte. Dans la journée, enveloppée dans une couverture, on l’a enterrée. Des centaines de parents sont rassemblés. Les hommes dansent pour elle leur danse d’adieu.

— Hier, la grand-mère a quitté cette maison, dit le mollah. Elle y maintenait la paix. Elle était la plus importante de tous, plus importante que les hommes. Elle est partie, mais il reste d’elle beaucoup de bonnes actions. Elle n’a rien emporté avec elle, elle a plutôt laissé… Et vous savez pourquoi elle était la plus importante ? Parce qu’elle se levait même quand il entrait, lui – le mollah indique un garçon de six ans – son petit-fils. C’est la coutume.

La grand-mère tchétchène est déjà là-bas. La coutume tchétchène est encore ici. Ensemble, comme mari et femme, elles ont vécu toute une vie. Depuis le premier rendez-vous jusqu’à la dernière coutume universelle – la coutume de mourir. Et, peut-être, elle renaîtra ensuite. Quelque part en Europe. Si on lui demande.

Tchéchénie, où est ton Humanité ()()()

Sous le règne du président Kadyrov, les coutumes patriarcales se sont encore durcies à l’égard des femmes. Viennent s’y ajouter les règles de l’islam radical et la répression politique menée par une dictature pilotée depuis Moscou. Les militantes des droits humains sont persécutées, et leur assassinat reste impuni.

A son arrivée en Suisse, une mère explique qu’elle ne peut plus vivre en Tchétchénie parce que sa fille de 15 ans, Selima **, est belle et que sa plus jeune fille s’apprête à le devenir aussi, qu’il est donc grand temps de fuir et qu’elle demande l’asile politique. Pour prouver ses dires, elle montre au policier suisse médusé les cheveux de jais de sa fille comme s’il s’agissait de traces de torture. La beauté féminine comme motif d’obtention de l’asile?

Il est effectivement dangereux d’être jeune, femme et belle en Tchétchénie. Le regard du président Kadyrov pourrait s’attarder sur la peau de velours de Selima. Les kadyrovzy,les 20 000 hommes qui forment l’armée privée du président, savent interpréter le moindre désir dans son regard. Du coup, ils enlèvent Selima et la toute nouvelle maîtresse du président reçoit un appartement dans les immeubles pompeux fraîchement construits à Grozny. Ni Selima, ni sa famille, n’ont les moyens de se rebeller contre la puissance affichée de ce souverain absolu de 34 ans, protégé de Poutine. D’une part, ils sont recouverts d’argent, d’autre part, ils savent que toute révolte est punie de torture et de mort.

Les trafiquants de femmes sont également à l’affût de leur marchandise. Un imam raconte l’histoire de la belle villageoise Sargan, qui a été déportée comme esclave sexuelle dans une région du sud de la Russie. Après quelques mois, on l’a placée devant un choix: soit on te vend dans un pays arabe, soit on dit à ta famille ce que tu fabriques. Sargan a opté pour la mort entre les mains des siens. L’imam ayant appris des villageois que la famille de Sargan avait juré de tuer tous ceux qui avaient sali son honneur, il a devancé les frères de Sargan, poussés au crime d’honneur, l’a sauvée, cachée et souhaite désormais l’épouser.

Un geste chevaleresque rare. Les victimes de violence sexuelle ne suscitent guère de compassion. Dans le Nord-Caucase, par tradition, une jeune femme ne jouit d’aucun droit. Lorsqu’elle est abusée, la société la considère comme coupable, obéissant ainsi à un réflexe défensif. Certes, les hommes de sa famille devraient tuer les responsables du méfait pour obtenir vengeance. Mais aujourd’hui, ceux-ci sont devenus trop puissants. Il est bien plus commode de conjurer la honte qui a rejailli sur la famille en assassinant une victime sans défense. Comment a-t-elle osé rester en vie?

Le suicide collectif qui s’est déroulé pendant la guerre du Caucase (1816-1826) lorsque, sur ordre du tsar, le général russe Ermolov a soumis les tribus du Nord-Caucase, est servi comme modèle de comportement aux femmes tchétchènes. Le 15 septembre 1819, le prospère village de Dadi-Yurt a été pilonné par l’artillerie russe, puis incendié. Les défenseurs du village ont été tués, et 46 jeunes femmes capturées. Lors de la traversée du fleuve Terek, les femmes enlevées se sont précipitées dans les flots et ont entraîné leurs ravisseurs dans la mort.

Sont-elles les inspiratrices des femmes kamikazes d’aujourd’hui? L’agent du Kremlin Ramzan Kadyrov, qui a décidé que le troisième dimanche de septembre serait la Journée de la femme tchétchène, ne peut pas tirer ce parallèle. Cette année, la Tchétchénie commémore pour la deuxième fois ses héroïnes désespérées. Si les femmes et les nombreuses maîtresses de Kadyrov prenaient vraiment les suicidées de Dadi-Yurt comme modèles, la Journée de la femme tchétchène pourrait bien se muer en dernière journée de sa vie. Pourtant, elles peuvent provisoirement s’échapper de leur cage dorée et s’adonner au shopping sous étroite surveillance. Les rues commerçantes de Grozny sont alors barricadées et des kadyrovzylourdement armés entrent en action.

La culture nord-caucasienne de la honte sexuelle n’empêche en rien que la femme soit honteusement exploitée pour la jouissance de l’homme. Mais elle empêche que la disparition de femmes soit documentée et divulguée. Sans parler de punie.

L’année dernière, quand deux sœurs, Khischan et Sulikhan, ont disparu, leur famille n’a pas osé les faire rechercher par la police. Une telle démarche aurait porté atteinte à son honneur. Sans compter que les autorités auraient pu accuser Khischan et Sulikhan d’avoir rejoint les combattants dans la montagne. Dans la «Tchétchénie pacifiée», de «lutte contre le terrorisme», le clan est tenu pour responsable des agissements de ses membres.

Les parents de ceux qui rejoignent le djihad contre Moscou subissent la torture. Et leur maison est dynamitée. La dernière fois que Khischan et Sulikhan ont été vues, elles montaient dans une voiture qui a pris la direction de Grozny. Espéraient-elles un destin meilleur auprès des adversaires barbus de Moscou – par exemple en devenant des veuves noires. Ou sont-elles devenues les esclaves sexuelles de l’entourage de Kadyrov? Dans les quartiers les plus fermés de Grozny, il existe de véritables palaces, dans lesquels de petites mains féminines sont exploitées sans percevoir le moindre salaire.

Pour les femmes, il n’existe aucune perspective séduisante. Après la guerre, le niveau de l’instruction s’est dégradé. Seules celles qui peuvent graisser la patte des responsables ont accès aux écoles supérieures. Et, avec un taux de chômage estimé à 75%, voire 80%, les chances de trouver un emploi sont faibles. De toute façon, ce sont les hommes de la famille qui décident si une femme peut travailler ou étudier. Cette société ne connaît qu’une option: marie-toi le plus vite possible et bien égal avec qui.

Le mariage est une protection qui a fait ses preuves. Après que Kadyrov a posé un long regard suspect sur Asiyat, celle-ci s’est dépêchée d’épouser le premier venu. Lorsqu’une femme est mariée, elle appartient à son époux et devient inintéressante pour les autres hommes. Plus vite une femme passe du clan de son père à celui de son mari, plus tôt sa famille est débarrassée de la crainte de perdre son honneur. Il n’est pas rare que des jeunes filles de 14 ou 15 ans quittent l’intimité de leur cercle familial.

Matriarcat Tchétchène (Caucase) : les descendantes des Amazones islamisées

« C’est la femme qui fait de l’homme un homme ». La légende raconte que les femmes tchétchènes sont les descendantes des Amazones, ces redoutables guerrières de l’Antiquité. Face aux chars russes, les Amazones n’ont pas failli à leur réputation. Ces femmes ne sont pas disposées à renoncer à la liberté. Elles se préparent à vivre leur condition de femmes musulmanes, tchétchènes, caucasiennes comme bon leur semble, comme des femmes libres. Le territoire de la Tchétchénie actuelle fut peuplé dans l’Antiquité par les Scythes puis par les Sarmates (Amazones) ayant envahi le Caucase vers le IIIe siècle av. J.‑C. sans pour autant exterminer ou assimiler les populations locales.

Tourné entre 1995 et 2000 – soit dans une période couvrant les deux guerres les plus récentes en Tchétchénie – ce documentaire retrace l’histoire d’un peuple inscrit dans une légende : celle des Amazones et de leur combat pour la liberté. A travers la vie et la parole de femmes, il esquisse le portrait d’une société égalitaire, atypique, nourrie d’un islam festif et peu orthodoxe – les Tchétchènes sont tous soufis à la naissance – qui s’adapte à la guerre, cyclique, inéluctable, sans se militariser ou se désagréger

TCHÉTCHÉNIE RÉPUBLIQUE DE

 

 

République du Caucase du Nord (15 700 km2) faisant partie de la fédération de Russie, la Tchétchénie est bordée par la Russie au nord, la république du Daghestan à l'est et au sud, la Géorgie au sud-ouest et la république d'Ingouchie à l'ouest. Elle se divise en trois grandes régions géographiques : au sud, le Grand Caucase, dont la ligne de crête constitue la frontière méridionale de la république ; l'avant-pays, composé des vallées du Terek et du Sunzha qui traversent la république d'ouest en est ; enfin, au nord, on trouve les plaines onduleuses de la steppe Nogay.

 

Farouchement indépendantistes, les Tchétchènes, avec d'autres peuples du Caucase, ont opposé une longue résistance à la conquête russe dans les années 1830-1850, commandés par le chef montagnard musulman Chamil. Après la guerre de Crimée (1853-1856), les Russes ont pu mobiliser plus d'hommes dans le Caucase et capturer Chamil, en 1859.

La région (oblast) autonome de Tchétchénie a été créée en novembre 1920 par les bolcheviks. En 1934, elle a fusionné avec la région autonomed'Ingouchie pour former une région autonome tchétchène-ingouche qui, deux ans plus tard, a reçu le statut de République. Lorsque Stalineaccusa les deux peuples de collaboration avec les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale, les Tchétchènes et les Ingouches furent exilés en Asie centrale et leur République fut dissoute. La République a été rétablie par Khrouchtchev en 1957 et les exilés ont été autorisés à revenir dans leur patrie.

Après le putsch raté d'août 1991, alors que toute l'U.R.S.S. est parcourue par des mouvements centrifuges, Djokhar Doudaev, un général tchétchène, prend le pouvoir à Grozny, avant d'être élu président le 27 octobre. Il proclame unilatéralement l'indépendance de la république le 1er novembre 1991. Mais celle-ci est divisée l'année suivante en deux républiques distinctes : la Tchétchénie, dont la capitale est Grozny, et l'Ingouchie. Doudaev mène une politique nationaliste antirusse (la République tchétchèn [...]

Tchéchénie, où est ton Humanité ()()()

Selon les autorités russes, les deux guerres en Tchétchénie (1995-1996 et de 1999-2009) auraient fait 160 000 victimes dont 30 à 40 000 Tchétchènes et 100 000 Russes. Selon l'association Memorial, de 1999 à nos jours, le conflit aurait fait 25 000 victimes civiles.

1991
Août: l'ex-général de l'Armée rouge Djokhar Doudaïev prend position pour Boris Eltsine lors de la tentative de coup d'Etat du 19 août à Moscou, qui sonnera le glas de l'URSS. Le 21, à la suite de la démission du premier secrétaire du Parti communiste local, profitant du désordre à Moscou, Djokhar Doudaïev prend le pouvoir dans la petite République de Tchétchéno-Ingouchie, riche en pétrole.
Septembre: les Ingouches se séparent des Tchétchènes et fondent une République d'Ingouchie.
Octobre: Djokhar Doudaïev remporte l'élection présidentielle qu'il vient d'organiser. Moscou déclare ce scrutin illégal.
Novembre: Djokhar Doudaïev déclare l'indépendance de la Tchétchénie. Boris Eltsine instaure l'état d'urgence et envoie des troupes dans la capitale. Elles se retirent au bout de 3 jours face à la très forte résistance tchétchène.  

1992-1994
Dérive autoritaire et mafieuse du régime Doudaïev. Différents clans d'opposants tchétchènes prennent les armes contre le gouvernement, soutenus, pour certains d'entre eux, par les services secrets russes (FSK).  
Mars 1992: les Tchétchènes refusent de signer le Traité de la Fédération de Russie, qui cimente les relations entre la Russie et ses provinces. 
Novembre 1994: tentative de coup de force contre Doudaïev, par des Tchétchènes appuyés par des soldats russes engagés par le FSK.
Décembre 1994: Moscou envoie une force de 30 000 hommes pour remettre au pas la province rebelle. 

 
 

1995
Janvier: l'armée russe pénètre dans la capitale, Grozny, après l'avoir massivement bombardée. 400 000 personnes fuient les combats, qui auraient fait près de 5 000 victimes parmi les soldats russes et environ 25 000 morts parmi les Tchétchènes, pour l'essentiel des civils. A partir de là, la guerre s'étend aux autres villes tchétchènes, qui tombent les unes après les autres, toujours après d'intenses pilonnages. 
Juin: prise d'otages à l'hôpital de Boudennovsk par les hommes du chef militaire tchétchène Chamil Bassaïev. Elle fait 150 morts.
Juillet: affaiblis, les rebelles tchétchènes acceptent de signer un cessez-le-feu.
Décembre: les Tchétchènes reprennent une guerre de guérilla contre les forces russes. 

1996
Janvier: la prise d'otages de Kizliar fait entre 50 et 150 morts.
Avril: Djokhar Doudaïev, localisé dans son refuge par le biais de son téléphone portable, périt, touché par un missile russe.
Mai: incapable de venir à bout de la résistance, Boris Eltsine, à l'approche de l'élection présidentielle (juin), négocie un cessez-le-feu.
Juillet: l'armée russe relance les opérations militaires.
Août: les Tchétchènes reprennent Grozny le 6, après de violents combats. D'autres villes sont assiégées. Alexandre Lebed, nommé secrétaire du Conseil de sécurité en juin, est envoyé sur place avec des pouvoirs «élargis». Il négocie l'arrêt des combats en échange du retrait des troupes russes. Un accord de paix est signé le 31 août. Le conflit a fait entre 80 000 et 100 000 morts; la province est dévastée. 

1997-1999
Le modéré Aslan Maskhadov remporte en janvier 1997 les élections tenues sous l'égide de l'OSCE. Mais il ne parvient pas à maintenir l'ordre dans la province, toujours sous la coupe de différents chefs de clans. Le rapt fait figure d'industrie nationale. Des mouvements fondamentalistes prospèrent.  

1999
7 août: début d'une rébellion armée au Daguestan, dirigée par le chef de guerre tchétchène Chamil Bassaïev et le «commandant» d'origine saoudienne Ibn al Khattab, installé en Tchétchénie.
15 août: Aslan Maskhadov décrète l'état d'urgence.
25/26 août: l'aviation russe bombarde plusieurs camps islamistes en Tchétchénie.
11 septembre: le président Maskhadov décrète la mobilisation générale.
18 septembre: 20 000 à 30 000 militaires russes sont massés aux abords de la Tchétchénie. Officiellement, les Russes veulent en finir avec les «terroristes» tchétchènes. Moscou accuse ces derniers d'avoir commandité les attentats qui ont fait près de 300 morts en Russie en août et septembre.
23 septembre: début des bombardements de la Tchétchénie par les forces russes.
1er octobre: les troupes russes pénètrent en Tchétchénie. Le Kremlin ne reconnaît plus la légitimité d'Aslan Maskhadov. Moscou annonce que plus de 160 000 civils ont fui la République rebelle.
21 octobre: des missiles russes tirés sur Grozny font plusieurs dizaines de morts dans un marché et une maternité situés au c?ur de la ville.
1er décembre: les autorités ingouches chiffrent à 230 000 le nombre de réfugiés tchétchènes se trouvant en Ingouchie (qui compte 350 000 habitants). La population tchétchène était d'environ 750 000 habitants avant le début de l'offensive russe.
25 décembre: les troupes russes lancent l'assaut contre Grozny. 

2000
1er février: les forces tchétchènes annoncent l'abandon de Grozny. Environ 2 000 combattants auraient quitté la ville.
29 février: libération d'Andreï Babitski, enlevé un mois et demi auparavant. Il est l'un des rares journalistes russes à avoir témoigné des atrocités commises par les forces russes.
20 avril: Aslan Maskhadov propose un plan de paix à la Russie, qui est rejeté par Moscou.
8 juin: le président russe place la Tchétchénie sous administration présidentielle directe.
12 juin: Vladimir Poutine nomme le mufti pro-russe Akhmad Kadyrov à la tête de l'administration de la république.
30 août: Vladimir Poutine refuse une nouvelle offre de négociation avec le président indépendantiste Aslan Maskhadov, transmise par le député récemment élu à la Douma fédérale, Aslambek Aslakhanov. 

2001
19 janvier: l'administration pro-russe forme un gouvernement dirigé par Stanislav Iliassov.
22 janvier: Vladimir Poutine confie aux services de sécurité (FSB, ex-KGB) la direction de l'opération anti-terroriste en Tchétchénie et annonce un retrait partiel des forces militaires de la province.
27 février: un charnier de 60 corps est découverts à proximité du quartier général des forces russes dans la banlieue de Grozny.
Juin: l'OSCE rouvre son bureau en Tchétchénie. Celui-ci avait été fermé en décembre 1998, en raison de la détérioration des conditions de sécurité.
Décembre: l'organisation russe de défense des droits de l'homme Memorial dénonce la détérioration de la situation en Tchétchénie où la population civile subit, selon elle, les exactions d'«escadrons de la mort» et de soldats russes devenus «incontrôlables». 

2002
Janvier: l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe renonce à condamner Moscou.  
19 avril: mort du chef de file des combattants islamistes Ibn al Khattab. 

Octobre:
23-26: un commando d'une cinquantaine de rebelles tchétchènes prend le contrôle d'un théâtre à Moscou faisant plus de 700 otages. Le 26, les forces spéciales russes prennent d'assaut le théâtre. Un gaz employé pour neutraliser les rebelles fait au moins 119 victimes parmi les otages. Les membres du commando tchétchène sont abattus. 

Décembre:
27: deux véhicules explosent devant le siège du gouvernement pro-russe à Grozny, faisant plus de 80 morts. 

2003
12-15 mai: deux attentats suicide font respectivement 59 morts à Znamenskoïe, dans le nord de la Tchétchénie, et 30 morts à Ilaskhan-Iourt, à l'Est de Grozny.
3 juillet: Vladimir Poutine signe un décret prévoyant, à partir du 1er septembre, le transfert de la direction des opérations en Tchétchénie des services spéciaux (FSB) au Ministère de l'Intérieur.
1er août: un attentat-suicide, revendiqué par Chamil Bassaïev, contre l'hôpital militaire de Mozdok (Ossétie du Nord) fait 50 morts.
5 octobre: Akhmad Kadyrov remporte la présidentielle avec plus de 80% des voix. Tous ses concurrents crédibles avaient été éliminés de la course.
5 et 9 décembre: deux attentats-suicide, l'un contre un train dans le sud-ouest de la Russie (46 morts), l'autre à Moscou (6 morts, dont la kamikaze) visant sans doute la Douma, sont revendiqués par Chamil Bassaïev. 

2004
6 février: un attentat à l'explosif dans le métro de Moscou, revendiqué par un groupe radical tchétchène inconnu, fait au moins 41 morts.
13 février: assassinat au Qatar du dirigeant indépendantiste Zelimkhan Iandarbiev, ancien président tchétchène par intérim. Deux agents russes ont arrêtés et inculpés pour cet attentat à l'explosif.
9 mai: le président pro-russe Akhmad Kadyrov est tué dans un attentat perpétré dans un stade, à l'occasion du défilé militaire pour l'anniversaire de la victoire contre l'Allemagne nazie.
4 août: un double attentat à l'explosif détruit en vol deux avions de ligne russes, tuant 90 personnes. L'action est revendiquée par un groupe islamique, «les Brigades Islambouli», qui affirme soutenir les séparatistes tchétchènes.
30 août: Alou Alkhanov, le candidat soutenu par le Kremlin, emporte l'élection présidentielle tchétchène avec 73% des voix. Il doit succéder à Akhmad Kadyrov, tué dans un attentat le 9 mai.
1er septembre: une prise d'otage dans une école à Beslan, en Ossétie du Nord par un groupe armé, composé de Tchétchènes, Ingouches et d'un Ossète, se solde par plus de 344 victimes.La prise d'otage est revendiquée par Chamil Bassaïev. 

2005
8 mars: le président indépendantiste Aslan Maskhadov, qui sans relâche avait appelé Moscou au dialogue, est tué par une opération commando russe. Les indépendantistes choisissent Abdoul Khalim Sadoulaev pour lui succéder.
Août: le gouvernement indépendantiste nomme Chamil Bassaïev vice-premier ministre.
12 octobre: un commando lance l'assaut contre les bâtiments des forces de l'ordre à Naltchik, dans la capitale de la Kabardino-Balkarie, à une centaine de kilomètres de la Tchétchénie. Chamil Bassaev, revendique la direction générale des combats, qui font plus de 130 morts.
27 novembre: élections législatives. Le parti pro-Kremlin Edinaïa Rossia remporte la majorité des sièges dans ce que les ONG ont dénoncé comme une parodie d'élection.
Décembre: plusieurs dizaines d'enfants de deux villages de Tchétchénie sont hospitalisés à la suite d'une mystérieuse intoxication.
13 décembre: la Commission européenne annonce l'octroi de 6 millions d'euros pour aider les populations vulnérables et les personnes déplacées dans les républiques caucasiennes russee de Tchétchénie, du Daguestan et de l'Ingouchie. 

2006
28 février: Ramzan Kadyrov, fils de l'ancien président Akhmad Kadyrov tué en 2004, est nommé premier ministre. Il est à la tête d'une milice de plusieurs milliers d'hommes. 
17 juin: le chef des indépendantistes, Abdul Khalim Saïdoulaïev, qui dirigeait la rébellion depuis l'assassinat d'Aslan Maskhadov en 2005, est éliminé. Il est remplacé par Dokou Oumarov, un proche du chef de guerre islamiste radical Chamil Bassaïev.
10 juillet: le chef rebelle Chamil Bassaïev est tué alors qu'il circulait en voiture avec un groupe de combattants, accompagnant un camion chargé d'explosifs.
7 octobre: la journaliste russe Anna Politkovskaïa, célèbre pour sa couverture très critique de la guerre en Tchétchénie, est assassinée dans son immeuble à Moscou. 

2007
Février: le Kremlin place Ramzan Kadyrov à la présidence de la Tchétchénie. A la tête de sa propre milice, créée alors qu'il dirigeait le service de sécurité officiel sous le mandat de son père, il était déjà l'homme fort de la province.
14 juin : un tribunal militaire russe condamne quatre officiers à des peines de 14 à 9 ans de prison pour les meurtres de six civils tchétchènes en 2002. C'est la la première fois que des militaires membres d'une unité d'élite sont condamnés pour leurs exactions. 

2008
12 juin : la Russie est condamnée par la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) pour des enlèvements et des disparitions de civils en Tchétchénie. 
24 septembre : Rouslan Yamadaïev, ancien député tchétchène et représentant d'un clan en conflit avec Ramzan Kadyrov, est tué par balle à Moscou

2009
13 janvier 
: l'opposant Oumar Israïlov est assassiné en Autriche. Il avait porté plainte pour torture contre le président tchétchène, Ramzan Kadyrov. 
19 janvier : Spécialisé dans la défense des victimes d'exactions commises en Tchétchénie, l'avocat Stanislav Markelov est assassiné à Moscou.
28 mars : l'ancien chef militaire tchétchène Soulim Iamadaïev est tué dans le parking de sa résidence à Dubaï.
16 avril : la guerre russo-tchétchène prend officiellement fin avec l'annonce de la levée de l'état d'exception. 20 000 soldats russes sur les 50 000 cantonnés en Tchétchénie devraient être évacués. 
15 juillet : la militante des droits de l'homme Natalia Estemirova est retrouvée morte quelques heures après l'annonce de son enlèvement à Grozny. 
11 août : la dirigeante d'une ONG russe de défense des droits de l'Homme et son mari sont retrouvés morts au sud de Grozny, au lendemain de leur enlèvement. 

2010
30 janvier : Dimitri Medvedev nomme un "superpréfet" aux commandes du Caucase du Nord, Alexandre Khloponine. Il dirige une nouvelle région regroupant les six républiques du Caucase du Nord (dont l'Ossétie du Nord, l'Ingouchie, la Tchétchénie et le Daguestan), jusque-là rattachées à la région sud de la Russie. 
9 février : Le président tchétchène Ramzan Kadyrov renonce à poursuivre en justice deux défenseurs des droits de l'Homme de l'ONG Memorial.
29 mars : deux attentats dans le métro de Moscou font au moins 39 morts et des dizaines de blessés. Ils sont revendiqués par le rebelle tchétchène Dokou Oumarov.

Tchéchénie, où est ton Humanité ()()()
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