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Le blog de la Pintade Rose Rainbow

Le blog de la Pintade Rose Rainbow

Coups de cœur, coups de bec d'une habitante de Sant Nazer (44600)


Les femmes qui se disent "contre le féminisme" >

Publié par La pintade rose sur 19 Mai 2017, 08:12am

Catégories : #Femmes Femmes..., #je n'aime pas

L'antiféminisme est un néologisme qualifiant des critiques ou une opposition aux mouvements ou aux thèses féministes, pour des raisons politiques, philosophiques, religieuses, sociologiques ou culturelles. Il s'applique soit à la lutte contre l'émancipation féminine, soit au refus des thèses d'un ou plusieurs mouvements se disant « féministes ».

C'est triste de voir cela .
C'est triste de voir cela .

C'est triste de voir cela .

Le discours antiféministe, de nature différentialiste, s’articule autour de deux axes, souvent combinés l’un à l’autre :

  • la place des femmes dans la société (de même que celle des hommes) est déterminée par leur nature spécifique qui oriente leurs capacités ou leurs inclinations. La différence entre les rôles sexués est nécessaire à la préservation d’un ordre social harmonieux ;
  • la sphère publique est par nature réservée aux hommes, et la sphère privée, où s'accomplissent les fonctions féminines (économie familiale, éducation…)[1], aux femmes.

La participation des femmes à la vie publique, leur accès à l’éducation ou au marché du travail ont ainsi été dénoncés à différents moments de l’histoire comme un danger pour l’ordre social. S'il repose sur une structure relativement stable, le discours antiféministe s'est recomposé au cours de l'histoire en fonction des enjeux posés par la redéfinition des normes de genre.
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Le travail des femmesModifier

L'aspiration de nombreuses femmes à accéder aux professions libérales, dont les plus prestigieuses leur sont alors interdites, provoquent à la fin du xixe siècle l'émergence d'un discours de défense, que les féministes désignent sous le vocable de « masculinisme ». Contre les partisans de la mixité, qui mobilisent des arguments égalitaires et méritocratiques, les masculinistes tentent de faire valoir la spécificité « masculine » des professions dont ils entendent interdire l'accès aux femmes[2]. Les avocats mettent ainsi en avant les qualités physiques nécessaires pour défendre son point de vue dans l'arène juridique : prestance, gravité de la voix, improvisation sont autant de caractéristiques présentées comme typiquement masculines et inaccessibles aux femmes[3]. Quelques décennies auparavant, c'est avec des arguments similaires que les opposants américains aux premières oratrices du pays (Fanny Wright ou Angelina Grimké...) avaient marqué leur réprobation devant un comportement en rupture avec les qualités attendues d'une lady. L'argumentaire masculiniste est cependant forcé d'évoluer au gré des percées féminines dans des univers autrefois exclusivement masculins. Dans les années 1930, alors que les femmes, admises au barreau, tentent cette fois d'accéder à la magistrature, la plaidoirie est présentée sous un jour nouveau : domaine du sentiment et de l'empathie, présentée comme compatible avec l'univers féminin, elle est construite en opposition à la froide, et masculine, raison du juge[4].

La résistance du mouvement ouvrier naissant au travail des femmes est également forte, soit qu'il considère que les femmes, moins bien payées, représentent une concurrence sur le marché du travail, soit qu'il y voie une menace pour l’ordre familial. Pierre Joseph Proudhon, dont l'influence est grande sur le mouvement ouvrier français, justifie par l'infériorité naturelle des femmes le principe d'une différenciation sexuée des rôles sociaux, ce qui lui vaut d'être la cible de la féministe Jenny d'Héricourt. Pour défendre l’interdiction du travail des femmes lors du congrès de Genève de l’Association internationale des travailleurs (1866), les mutuellistes proudhoniens arguent qu’il « doit être énergiquement condamné comme principe de dégénérescence pour la race et un des agents de démoralisation de la classe capitaliste »[

Les antiféministes les plus virulents dénoncent plus largement le principe même du travail des femmes. Dans les milieux catholiques conservateurs maurassiens, la progression de la participation des femmes à la vie publique était considérée comme un facteur d’affaiblissement de la société ou de corruption morale. Après la défaite française de 1940, les théoriciens de la Révolution nationale vichyste comme Henri Massis ou Jean de Fabrègues faisaient du retour des femmes dans les foyers et du rétablissement d’une culture virile le préalable du redressement du pays[6].

Le droit de voteModifier

De même que le travail des femmes, le droit de vote était désigné par ses opposants comme un danger pour l'ordre social. À l’apogée du mouvement suffragiste aux États-Unis, l’ancien président Grover Cleveland estimait que le droit de vote des femmes bouleverserait « un équilibre naturel si délicatement ajusté d’après les rôles et les limites de chacun [des deux sexes] qu’il [était] impossible de le troubler sans courir le risque d’un danger social »[7]. Quelques décennies plus tard, l'écrivain Philip Wylie estimait dans son essai Generation of Vipers (1942) que les conséquences désastreuses de la crise des années 1930 étaient le résultat des nouveaux droits accordés aux femmes, et en particulier du droit de vote. En France, le courant antiféministe est particulièrement actif dans les années 1920 et 1930, à travers des polémistes, comme Théodore Joran ou Marthe Borély, dont L'Appel aux Françaises et le Génie féminin français sont des pamphlets contre le suffrage féminin.

La défense de la « vraie » féminitéModifier

S’il peut s’appuyer sur la misogynie, l’antiféminisme peut également se faire le défenseur d’une certaine conception de la féminité, exclusive de toutes les autres. Il peut ainsi proclamer vouloir préserver les femmes de tâches qui seraient contraire à leur « nature ». À la question « Les mains des femmes sont-elles bien faites pour les pugilats de l’arène publique ? » le sénateur français Bérard répondait en 1919, pour s’opposer au droit de vote des femmes, que « Séduire et être mère, c’est pour cela qu’est faite la femme » .

Issue de la droite chrétienne conservatrice, c’est pour défendre une conception des rôles féminins d’épouse et de mère qu’elle estimait impartis par Dieu que Phyllis Schafly prit aux États-Unis dans les années 1970 la tête d’une puissante campagne publique contre l’Equal Rights Amendmen. Son action fédéra le travail de plusieurs organisations féminines antiféministes, comme l’association « Les femmes contre l’égalité », qui s’étaient formées en réaction au mouvement de libération des femmes.

 

 

Elle avait tort !

Elle avait tort !

L'indifférenciation et le « chaos sexuel »Modifier

L’apparition de nouveaux modèles de féminité s’est traduit par l’émergence de discours dénonçant le risque du chaos sexuel. Dans les années 1920, la garçonne apparaît comme une « manifestation de l’égoïsme féminin », retardant sous l’influence des féministes l’âge de son premier enfant à des fins de jouissance, contre l’intérêt de la nation qui promouvait une politique nataliste. En permettant aux femmes de tenir des rôles sociaux jusque-là considérés comme exclusivement masculins, le féminisme conduirait également pour les antiféministes à une indifférenciation ou une confusion des sexes. La masculinisation des femmes ferait ainsi courir un risque aux relations de séduction entre hommes et femmes. L'apparition des premières étudiantes à la fin du xixe siècle a donné naissance au qualificatif péjoratif de « cervelines » pour désigner les femmes qui perdaient selon les masculinistes tout attrait du fait de leurs ambitions intellectuelles. Plus encore, leurs nouvelles dispositions les rendaient sous la plume des masculinistes incapables de ressentir les sentiments amoureux les plus sincères et mettaient en péril le fonctionnement quotidien des ménages. De nos jours, le renforcement du pouvoir social des femmes est considéré par Éric Zemmour comme un obstacle à la séduction, conçue comme un rapport de force naturellement violent où l’homme devrait tenir le rôle dominant.

Les femmes qui se disent "contre le féminisme" >

Depuis les années 1990, les antiféministes défendent, notamment au Canada, l'idée d'une « neutralité du genre » dans les violences au sein du couple, selon laquelle la proportion de violences contre les femmes aurait été majorée. Ils banalisent le discours selon lequel les femmes seraient aussi violentes que les hommes, tout en tentant de gommer toute allusion au genre dans le vocabulaire utilisé. Selon Molly Dragiewicz, professeur associé en criminologie, les antiféministes n'apprécient pas le lien fait entre violence faite aux femmes et patriarcat ; ils cherchent donc à séparer discussions sur la violence et analyses sur l'inégalité des sexes. Le discours sur les hommes, les femmes et la violence fait au Canada l'objet d'une véritable lutte de pouvoir (« Discourses on women, men, and violence are one location where such struggles are highly visible in Canada »).

Bien que relativement nombreux à faire entendre leur voix, les auteurs de ces thèses restent selon Dragiewicz et DeKeseredy minoritaires dans le monde de la recherche.

Par exemple, le chercheur et professeur de l'université de la Colombie-Britannique (UBC), Don Dutton, déplore l'impact de ce «paradigme féministe» sur la législation et sur l'issue des litiges familiaux devant les tribunaux. Suivant Dutton, les stéréotypes féministes (gender paradigm) porteraient à croire que la violence conjugale est presque exclusivement le fait des partenaires de sexe masculin et que la violence masculine est d'amblé interprété comme un instrument pour maintenir le contrôle sur la famille. La violence féminine serait, au contraire, interprétée comme réactionnelle aux efforts de domination masculine. Finalement, les féministes surpondéreraient, d'après lui, le rôle de l'idéologie patriarcale dans la violence familiale au détriment des autres causes :

« «Various empirically demonstrated etiological contributions to IPV (e.g., learning, attachment, and personality) are ignored, as are correlates of IPV perpetration such as alcohol abuse, depression, reported interpersonal dominance between partners (regardless of gender), and dyadic communication deficits. »

Même Murray A. Straus, un pionnier de la recherche sur la violence familiale s'affichant comme "féministe", déplore l'obstruction politique et intellectuelle qu'a entrainée, au cours de 30 dernières années, la prédominance de la théorie féministe explicative de la violence conjugale. À la suite de Graham-Kevan, Straus observe que malgré une masse écrasante de recherches empiriques contraires («fully documents overwhelming evidence»), les milieux politiques continuent à croire à l'axiome féministe voulant que domination patriarcale («"patriarcha dominance" theory of partner violence») soit l'explication primale de la violence conjugale. Très sévère avec les féministes, qu'ils soient chercheurs ou militants, Strauss précise que, selon lui, l'explication principale de cette obstruction épistémologique est:

« I believe that the predominant cause has been the efforts of feminists to conceal, deny, and distort the evidence. Moreover, these efforts include intimidation and threats, and have been carried out not only by feminist advocates and service providers, but also by feminist researchers who have let their ideological commitments overrule their scientific commitments. »

Les femmes qui se disent "contre le féminisme" >

Mais ton genre EST politisé, là est bien le problème, justement, et surtout aux États-Unis, où de nombreux projets de lois touchent aux droits à l’avortement et à la contraception. Ce sont des lois qui visent à régir le corps des femmes ! Combien de lois se préoccupent de la sexualité masculine, toujours aux États-Unis ? Ne cherchez pas : zéro. Pour résumer, le corps féminin est un objet politique. Et le corps masculin ? Ben non, voyons.

Et pourtant, elles aussi sont féministes

Éliminons d’entrée le quiproquo au coeur de cette histoire : les WAF, Women Against Feminism, sont féministes, quoiqu’elles en disent.

Parce qu’elles se considèrent – à raison ! – l’égal des hommes, parce que tous leurs messages prônent l’égalité entre les sexes et dénoncent toutes formes d’inégalités entre eux.

Il suffit de reprendre quelques uns de leurs arguments les plus récurrents pour s’en convaincre :

« Je n’ai pas besoin du féminisme parce que… je suis pour l’égalité, pas pour défendre les droits des femmes au détriment de ceux des hommes. »

Outre le fait que cet argument figure au top 15 des mauvaises raisons de ne pas être féministe, il est totalement hors sujet : on ne le répètera jamais assez, mais le féminisme ne se bat pas pour les femmes contre les hommes, mais pourl’égalité des droits des individus, indépendamment de leur sexe.

D’autres textes avancent un déni des problématiques touchant au quotidien des femmes, comme le harcèlement de rue, la culture du viol, et les inégalités de genre en général.

Il est extrêmement facile de répondre à ces témoignages : vous ne pouvez pas nier l’existence d’un phénomène juste parce que vous n’en avez pas l’expérience personnellement.

Bien sûr que des femmes peuvent revendiquer n’avoir jamais été victimes de sexisme : je ne vais pas contester leur expérience. Tant mieux pour elles si elles n’ont pas vu leurs choix être entravés par le fait qu’elles sont des femmes. Maisleur expérience n’est ni un argument, ni un exemple. C’est juste leur expérience, point.

C'était avant mais toujours d'actualité...

C'était avant mais toujours d'actualité...

Pfff.

"Je n'ai pas besoin du féminisme, car je ne me sens pas oppressée, je ne suis pas une victime, je n'ai pas besoin d'aide. S'il y avait un genre neutre, il n'y aurait pas de femmes", écrit cette jeune femme. 

Ce que disent ces anti-féministes

Leur argumentaire se décline autour de huit points, comme le précise la version anglaise de Marie Claire (en anglais)

1. L'égalité des droits existe déjà.
2. Le féminisme s'apparente à de la censure.
3. Le féminisme promeut l'idée que les femmes sont de petites choses fragiles.
4. Le féminisme fait de la discrimination anti-hommes.
5. L'idée que le patriarcat existe est un fantasme.
6. C'est votre choix d'avoir un salaire égal à celui d'un homme ou non.
7. Les féministes exagèrent les statistiques sur le viol.
8. Le féminisme sert à contrôler les autres femmes

Bof ...

Le féminisme est vitale ! Foi de la pintade rose .

Le féminisme est vitale ! Foi de la pintade rose .

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Commenter cet article

louise 29/01/2018 11:02

Si j'ai bien compris, les féministes n'acceptent pas les propos contraires à leurs doctrines? Au final, ça ne revient exactement au même qu'une dictature de la pensée. Vous allez me dire que ce n'est pas vrai et pourtant, la plupart des sites féministes (et je dois les approcher de prés pour le travail) n'acceptent pas de retour sur leurs articles parfois douteux. Il serait bon de réviser la terminologie des mots car le patriarcat et le sexisme, elles le pratiquent régulièrement. Aujourd'hui, on peut parler d'inégalités mais pas de domination. La femme est très loin d'être malheureuse mais elle ne sait pas se satisfaire de ce qu'elles ont déjà. Les droits s'accompagnent toujours de devoir (le droit de s'habiller comme l'on veut mais le devoir d'être décent, etc).

La pintade rose 08/02/2018 13:42

Je crois que vous n'avez rien compris. Nous demandons que l'égalité et même justice !

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