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12 May

un homme peut-il être féministe ???

Publié par La pintade rose  - Catégories :  #j'aime

Avec une campagne en direction "des hommes féministes", le collectif Georgette Sand espère qu'ils seront plus nombreux à s'engager sur les questions de l'égalité. L'homme peut-il être une féministe comme les autres?

Une campagne féministe destinée aux hommes? Lancée le 29 janvier dernier par le collectif féministe, et mixte, Georgette Sand, elle célèbre ce qu'elle appelle "l'homme féministe". Pour "rappeler que ces messieurs sont les bienvenus dans ce cheminement intellectuel qu'est le féminisme. Eux-aussi peuvent s'engager pour l'égalitéfemmes/hommes", rappelle Estelle Géraud, l'une de ses porte-paroles. Le principe est simple: il s'agit de photos d'hommes féministes, qui n'ont pas peur de se revendiquer comme tels. L'objectif: susciter des vocations. 

Conscience féministe?

En effet, les hommes sont plus nombreux à s'engager en faveur d'une meilleure représentation des femmes. Le "Club des gentlemen", un groupe d'entrepreneurs et de personnalités numériques, présidé par Guy Mamou-Mani et Tatiana F. Salomon ont lancé un appel pour dénoncer "l'anomalie notoire", "l'absurdité criante" devant les panels, les réunions, les conseils exclusivement masculins. Parmi les quelque 70 signataires, on retrouve notamment Alain Juppé ou le directeur général d'e-TF1 Olivier Abécassis. Sur Twitter, leur action a touché près de 5,5 millions de personnes avec un hashtag #JamaisSansElles. De là à parler d'engagement féministe, il n'y a qu'un pas.  

La pintade rose 

un homme peut-il être féministe ???

A l'instar de Riad Sattouf ou Joann Sfar, qui avaient pris position avant le Festival d'Angoulême contre l'absence de femmes dans la sélection du Grand Prix, Raphaël, 30 ans, avocat, est sensible aux inégalités entre hommes et femmes. C'est en lisant King Kong théorie, de Virginie Despentes, qu'il est définitivement devenu féministe. Et sa position fait réagir autour de lui. 

Féminisme au masculin

Selon Raphaël, la réponse est évidente: "Le féminisme définit les personnes qui sont sensibles aux inégalités, en droit ou en fait, que subissent les femmes et qui cherchent à les combattre. On me renvoie souvent à une crainte de l'uniformisation des sexes, comme si prôner l'égalité homme-femme pousserait à l'androgynie. Je m'oppose à beaucoup de conservatisme, que ce soit de la part des hommes, mais également de femmes." 

Cet engagement est partagé, par des stars comme les acteurs américains Mark Ruffalo et Joseph Gordon-Levitt, le tennisman Andy Murray, sans oublier feu Alan Rickman, décédé en janvier dernier. "Il n'y a rien d'anormal avec un homme féministe, je pense que c'est dans notre intérêt mutuel", disait-il. Une citation retweetée par Emma Watson au moment de sa mort. 

Pour Patric Jean, réalisateur du documentaire la Domination masculine*, sorti en 2009, "la première étape pour un homme est de déconstruire les stéréotypes et de réfléchir sur lui-même".  

Au-delà de l'apparent paradoxe, relevé par Alban Jacquemart, sociologue**, le phénomène n'est pas nouveau. Bien au contraireC'est d'ailleurs un homme qui est considéré comme "le père du féminisme français", le journaliste Léon Richerrappelle-t-il en introduction de son ouvrage sur les militants féministes. 

LIRE AUSSI >> "Le féminisme est une affaire d'hommes" 

La romancière et journaliste féministe Benoîte Groult s'est elle aussi intéressée aux grands penseurs de la question, Stuart Mill ou Condorcet, dans son livre Le féminisme au masculin. "Au XIXe siècle, il y avait plus de penseurs du féminisme qu'aujourd'hui, insiste l'historienne Christine Bard***. Le féminisme s'est construit à la fois autour de mouvements mixtes et d'autres non mixtes". 

Depuis 2008, avec d'autres chercheurs et chercheuses, Christine Bard s'attelle à la rédaction d'un grand dictionnaire du féminisme, dans lequel figureront des hommes. 

"He for She"

Mais pourquoi cet intérêt pour la mixité réapparaît-il en 2016? D'après Christine Bard, il exprime peut-être une "déception des féministes de ne pas voir plus d'hommes s'engager dans le combat de l'égalité". "Avec la mobilisation du Festival d'Angoulême, on réalise qu'il y a un vrai potentiel," remarque-t-elle.  

Dans son appel à la tribune des Nations Unies, avec sa campagne He for SheEmma Watson avait également appelé les hommes à s'associer au combat pour l'égalité. 

"Cela avait déjà été le cas dans les années 2000, remarque Alban Jacquemart, avec la création du collectif Mix-Cité, qui revendiquait la présence d'hommes et de femmes. Très vite, la place des hommes est questionnée au sein du mouvement. Cela ne réglait pas la question des relations femmes/hommes, notamment dans la répartition du temps de parole au sein du groupe." 

LIRE AUSSI >> "Les hommes surjouent la virilité que l'on attend d'eux" 

Car impliquer des hommes pose d'autres questions. "Dans les actions pour l'égalité professionnelle, inclure des hommes peut signifier qu'ils décideront si certaines mesures sont légitimes. Ils pourront ainsi en disqualifier certaines", nuance-t-il. 

Proféministe vs féministe

Selon Patric Jean, les hommes engagés dans le féminisme peuvent se dire "pro-féministes", mais pas "féministes". "Nous ne sommes pas dans la même situation que les femmes. Nous ne pouvons pas connaitre les mêmes expériences. Lorsque, par exemple, je gare ma voiture dans une rue obscure, jamais je n'ai peur du viol ou de l'agression sexuelle. Un homme ne peut pas se mettre à la place des femmes et donc se substituer au combat féministe". 

Christine Bard ne partage pas cette vision. "C'est comme si un militant antiraciste ne pourrait se définir comme tel parce qu'il ne ferait pas l'expérience du racisme. Le féminisme n'est pas seulement de l'antisexisme", rétorque-t-elle. 

Ces hommes féministes sont-ils plus écoutés? "Aujourd'hui, la parole des hommes est plus légitime", estime Alban Jacquemart. Est-ce plus valorisant pour autant d'être un homme féministe? "Cela dépend des arènes dans lesquelles on se place. Dans les médias, les hommes sont traités avec plus de bienveillance. Ils ne souffrent pas des caricatures données aux femmes féministes, considérées comme des hystériques". L'homme serait-il finalement l'avenir du féminisme? 

Le féminisme est aussi une affaire d'hommes. Certains prennent part au combat, d'autres cherchent simplement à soutenir les femmes dans celui-ci. À l'image du reste de la société, si pour eux aussi, "féministe" n'est plus un gros mot, leur participation soulève beaucoup de questions. 

 

Les associations l'ont d'ailleurs bien compris. En janvier 2016, le collectif Georgette Sand (connu pour son combat autour de la "taxe tampon") a lancé une campagne pour "L'Homme féministe". Par des détournements de publicités de parfums pour homme, le collectif rend hommage: "Ce ne sont pas des surhommes", mais "ils sont féministes et souhaitent donner une autre image de la masculinité. Ils font bouger les lignes dans leur travail, dans l’éducation qu’ils donnent à leurs enfants, dans la relation à leurs conjointes, leurs amies".

 

La campagne "He for She", lancée par Emma Watson en 2014 avait aussi voulu directement parler aux hommes. "Je m’adresse à vous en ce jour, car j’ai besoin de votre aide", affirmait-elle à l'attention des hommes pour commencer son discours au siège des Nations Unies. "Nous souhaitons mettre fin aux inégalités entre les sexes, et pour y parvenir, l’implication de tous est indispensable". 

 

Comment ces hommes qui se disent féministes envisagent-ils leur rôle dans ce mouvement? Et pourquoi? Quels sont les stéréotypes contre lesquels ils veulent lutter et comment? À quelques jours de la journée des droits des femmes le 8 mars, Le HuffPosta laissé la parole à trois d'entre eux. 

 

"Quel modèle de société souhaitons nous vraiment?"

La "question fondamentale" que se pose Vincent, militant à Osez le féminisme, est la suivante: "quel modèle de société souhaitons nous vraiment? Une société égalitaire au service du bien commun ou un totalitarisme social au service des même éternels privilégiés?" Pour lui, aucune raison pour "qu'un sexe prenne le pas sur un autre, en dehors d'une recherche de domination volontaire et violente". 

Une société égalitaire, c'est aussi ce que souhaite Bamiyan, 45 ans, qui se dit très sensible aux "violences physiques ou psychologiques faites aux femmes, au harcèlement qu'elles subissent". Il n'aime pas spécialement les étiquettes mais si l'on doit lui apposer celle de "féministe", il n'en voit pas le moindre inconvénient. Féministe, il l'est devenu de part son histoire, mais aussi à force d'être sensibilisé à des problématiques telles que l'égalité des salaires, le harcèlement, l'éducation. D'ailleurs, tout récemment papa, il sera impératif pour lui d'éduquer son petit garçon à ces enjeux: "Je lui apprendrai l'importance de respecter les êtres humains, indépendamment de leur sexe", affirme-t-il.

"Pas parfaites ni idéales", les hommes non plus

Au-delà des grands thèmes des combats féministes, ce sont aussi de nombreux stéréotypes du quotidien qui agacent ces hommes. Olivier, quadragénaire, la liste de ces stéréotypes est longue, mais il est particulièrement agacé par "le comportement de certains politiques". "L'exemple vient d'en haut", souligne-t-il. On se souvient notamment du comportement sexiste des parlementaires visant la députée Véronique Massonneau en 2013. Lors de son intervention, ceux-ci avaient interrompu son intervention en imitant le caquetage d'une poule. 

Ce sont les voyages qui ont aussi sensibilisé ce père de famille. Pour lui, le féminisme est tout aussi important pour "la paix sociale" que d'autres combats comme celui contre le racisme: "enfermer les gens dans des catégories en fonction de leur genre, origine, couleur, classe sociale, religion, tout ça c'est pareil", estime-t-il. 

Bamiyan, de son côté n'en peut plus d'entendre que les femmes sont "parfaites et idéales". Mais ce qui l'insupporte le plus, c'est cette remarque très souvent adressée aux femmes féministes: "si elles veulent l'égalité elles doivent arrêter de demander des mesures discriminatoires". Pour lui, elle n'aura vraiment de sens que le jour où les femmes seront vraiment les égales des hommes.

"Il est important d'impliquer les hommes"

Etre un homme féministe. L'idée si elle fait son chemin reste encore une exception. "Des hommes militants féministes, il n’y en a quasiment pas, ou très peu", explique à Slate Patric Jean, fondateur de ZeroMacho. "Pour des raisons évidentes: quand on a des privilèges, on n’a pas envie de les perdre". 

D'un point de vue historique, les hommes ont été progressivement exclus du féminisme, surtout dans les années 1970 avec le Mouvement de libération des femmes (MLF). Si les mouvements se font de plus en plus mixtes, les hommes se revendiquant féministes restent encore largement minoritaires. 

Les hommes que nous avons interrogés en sont convaincus, il s'agit bien aussi de leur combat."Si on veut évoluer vers un modèle de société équitable débarrassé des concepts de "supériorité" masculine totalement artificiels", explique Vincent, "il est important d'impliquer les hommes pour amener les nouvelles générations à adopter un autre modèle du monde, débarrassé de ses typologies sexistes et misogynes". Ajoutant toutefois qu'il existe une différence de taille entre les hommes et les femmes féministes: "les militants ne subissent pas les discriminations et oppressions des militantes. Pire, ils en tirent des avantages en terme d'image et de considération là où les militantes sont rabaissées et dévalorisées".

Militer pour la cause féministe quand on est un homme n'est pas évident. Vincent est bien conscient qu"il doit adapter son comportement afin de respecter la parole des premières concernées. "Il est important d'adapter avec finesse ma contribution à la lutte pour ne pas reproduire les mêmes dérives au sein du monde militant: spoliation de la parole, de l'espace, dirigisme...", détaille-t-il.

“La femme serait vraiment l'égale de l'homme le jour où, à un poste important, on désignerait une femme incompétent"

 

(C'est malheureusement vrai) pense la pintade rose 

 

 
Je prépare un article sur les "Femmes" anti-féminisme ... normal, n'est-ce-pas !

Je prépare un article sur les "Femmes" anti-féminisme ... normal, n'est-ce-pas !

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Étirév Anwen 07/03/2018 12:52

Bonjour,
Permettez quelques mots au sujet de l'égalité Femme / homme et sur le Féminisme. Merci.
Il faut savoir que le féminisme doit avoir pour but, avant tout, de remettre la femme à la place qui lui est due, dans la vie sociale et dans la vie familiale.
Il ne s'agit donc pas d'obtenir une égalité puisqu'il n'en existe aucune d'un point de vue physiologique et psychique.
Aussi, en lisant les programmes des « égalitaires », on les croirait faits par des hommes tant ils sont contraires aux vrais intérêts de la femme.
La nature même des questions le prouve : Elles prétendent devenir les égales de l’homme, donc, prendre leurs vices, leurs exagérations, leurs injustices, leur âpreté au gain, leur cruauté, leurs mœurs libertines, leurs ruses et leurs mensonges. Toutes choses qu'elles n'ont pas, en effet, dans leurs conditions sexuelles normales. Elles veulent que la Mère devienne l'égale de son fils, la grande dame, la femme sobre et rangée l'égale de l'ivrogne, qui trébuche et divague, la chaste jeune fille l’égale de l'étudiant perverti, la modeste ouvrière l'égale du soldat débauché, la femme respectable l'égale du viveur dépravé.
Or, qui a pu rêver cette égalité sinon l’homme orgueilleux qui se donne toutes les grandeurs de la femme !
Elles veulent devenir les égales de l'homme, quoiqu'elles savent que l'homme est vicieux, égoïste, méchant, fourbe et hypocrite. Pourquoi donc, elles qui, malgré toute leur ignorance, sont vertueuses, désintéressées, charitables et bonnes, veulent-elles descendre jusqu'à l'homme ? Est-ce pour imiter ses bêtises, car il en fait, et elles le savent ? Est-ce pour partager ses ambitions déréglées, car il en a et elles le savent ?
Est-ce pour magouiller avec lui dans les affaires financières, car il magouille, et elles le savent ? Si c'est pour tout cela, ce n'est vraiment pas la peine de revendiquer. Le nombre est assez grand, dans le camp des agitateurs masculins, sans qu'il soit besoin de l’accroître encore en y annexant des femmes.
Si c'est pour faire autre chose, oh ! Alors, c'est parfait, mais, dans ce cas, ne réclamez pas, l’égalité car l'égalité suppose les mêmes occupations. Il n'y a pas à sortir du dilemme : égales de l'homme et faisant ce qu'il fait, ou : différentes de lui et faisant ce qu'il ne fait pas.
Or, si c'est ce dernier parti qui est adopté, nul besoin d'aller où il va, d'être où il est. Pour faire autre chose, il suffit que la Femme reste où elle est ou qu'elle se mette sur un autre terrain que le sien ; il faut qu'elle reste Femme, ou, plutôt, redevenir Femme, car elles ne le sont plus, psychologiquement parlant, et alors la question sera résolue. Les hommes écouteront ces Femmes bien mieux quand Elles parleront en femmes que lorsqu'elles parlent en hommes. Et cela vient de ce que, sachant ce que valent les hommes, ils n'accordent pas de confiance à leurs pareils, ni à leurs pareilles. Ils n'ont pas confiance en eux, comment pourraient-ils faire confiance aux femmes, si elles en font leurs égales. Ils reconnaissent tout ce qui leur manque et, pour qu'ils écoutent les Femmes, il faut qu'elles leur montrent qu'elles peuvent combler le vide de leur existence en leur apportant ce qu'ils n'ont pas, ce que leurs camarades hommes ne peuvent pas leur donner.
Donc, il faut faire autrement... et mieux, et c'est cela qu'ils attendent des femmes, et non une vaine rivalité sur leur terrain.
Ce qui prouve le défaut de la méthode des égalitaires, c'est le peu de succès de leur campagne. Que d'années ! Que d'activité ! Que d'argent, même, dépensé dans une cause qui ne progresse pas, car less succès sont illusoires, ce qu'elles obtiennent ne change en rien la nature de l’homme ; le droit électoral conquis, dans certains pays, a-t-il fait faire une loi qui soit vraiment moralisatrice ?
Nous ne voyons, nulle part, de résultats réels. Tant que les femmes se sont diminuées en demandant une égalité qui les rabaisse, elles n'ont pas abouti, c'est Celle qui osera dire toute la vérité, et remonter sur son piédestal qui réussira.
La femme ne doit réclamer ni droits civils ni droits politiques. La Nature lui a donné d'imprescriptibles droits qui planent par dessus tout cela. Elle lui a fait connaître les secrets des multiples rouages qui font marcher la machine humaine et, avec cette science, elle se sent bien plus forte que toutes les assemblées politiques réunies, puisqu'elle peut formuler une loi qu'aucune d'elles ne saurait faire : la loi morale.
Tant que les féministes n'ont pas montré aux hommes une femme ayant produit quelque chose de féminin, quelque chose que les hommes n'aient pas pu faire, ceux-ci ont déclaré qu'elles n'étaient qu'une armée de nullités, et si beaucoup d'entre eux ne sont pas devenus féministes, ce n'est pas parce qu'ils tenaient beaucoup à garder des privilèges injustifiés, c'est parce qu'on ne leur offrait pas une seule femme digne de leur admiration.
Et changer les médiocrités masculines pour des médiocrités féminines, c'était piètre besogne. On ne changeait, en réalité, que le costume et le timbre de la voix, mais quant aux idées, elles restaient aussi fausses avec les égalitaires qu'avec les hommes seuls, c'était toujours « les idées régnantes ».
Les hommes intelligents veulent mieux que cela, ils veulent une Femme « qui ne soit pas leur égale », afin qu'ils puissent trouver, en elle, toutes les grandes qualités que l’homme droit se plait à vénérer. Ils veulent, dans la femme, une manière de penser différente de la leur, ils veulent trouver, près d'elle, quelque chose à apprendre, quelque chose de nouveau qui les tire de l'ennui qui les endort, et donne à leur vie une direction nouvelle, à leur esprit une lumière directrice. Mais les criailleries pour obtenir des droits politiques les fatiguent sans les intéresser.
Les femmes doivent s'affirmer, ce qu'elles font, heureusement, de temps en temps.
Donc les personnes, bien intentionnées, reconnaissons-le, qui ont demandé l’égalité des sexes, se sont trompées, tant au point de vue philosophique qu'au point de vue psychologique. Il n'y a pas plus égalité entre l'homme et la femme qu'il n'y a égalité entre le voleur et le volé. Deux êtres aussi différents ne peuvent pas remplir, dans la société, les mêmes fonctions, avoir les mêmes droits et les mêmes devoirs. Là est toute la question ; définir les fonctions, les droits et les devoirs de chacun, leur donner Une éducation qui les y prépare et non, comme on le fait maintenant, une éducation qui les en éloigne.
L'harmonie sociale régnerait si chacun d'eux, dès l'enfance, avait obéi aux lois physiologiques et psychiques de leur nature, rectifiées dans le sexe mâle, par la loi morale.
C'est par les Femmes que l'oeuvre de rénovation sociale s'accomplit au XVIIIème siècle ; cette oeuvre prit un élan extraordinaire et se manifesta dans tous les pays à la fois.
- En Angleterre, Mary Hartelle, qui mourut en 1731, fut le véritable pionnier du mouvement féministe anglais. Elle publia un livre intitulé Sérieuses propositions dédiées aux femmes pour l'avancement de leurs vrais et plus grands intérêts.
Elle réclamait des droits égaux à ceux des hommes, comme toutes les Anglaises.
- En Suède, Mme Anna-Charlotte Loffler fut un des écrivains les plus en vue de l'école réaliste suédoise ; elle dit que pour elle « la féministe est une révoltée », comme, du reste, tous les êtres bons, généreux et nobles, hommes ou femmes, sont des révoltés. Ils poursuivent le développement intégral de leur individualité, ils veulent être eux-mêmes, et non des personnages conventionnels, façonnés d'après des formules. Elle développa cette thèse dans des comédies : Vraies femmes, Bonheur de famille, Tante Malvina ; dans toutes le même sujet revient : le combat des révoltés contre la convention et le mensonge du monde, contre la corruption des soutiens de la vieille société.
- En France, une femme extraordinaire, Marie-Pauline de Lezardière, publia un livre qui ouvrit une voie nouvelle aux études historiques. Pour nous expliquer qui elle fut, je laisse la parole à Mme Marie de Sédière, qui, dans La Chevauchée (Revue mensuelle, 15 décembre 1902, p. 637), dit ceci :
« Les érudits, les fouilleurs d'archives et de grimoires, découvrent à chaque pas des oeuvres émanées d'une plume de femme et dont la signature d'homme a rapporté l'honneur à leur sexe. Je cite au hasard cette amie de Malesherbes et de Necker, Marie-Pauline de Lezardière, née au château de Verrie en pays vendéen. Son oeuvre considérable, intitulée Législation politique de la Monarchie française, devait compléter l'Esprit des Lois de Montesquieu, y remplir cette lacune déplorée par les lettrés, chercheurs des traditions historiques. C'est-à-dire que cet ouvrage avait pour but de découvrir la véritable loi de la Monarchie française succédant aux périodes gauloise et romaine.
« Les bouleversements révolutionnaires anéantirent la première édition de cette oeuvre anonyme ; en 1844, elle reparut dans les les lettres françaises sous le titre de Théorie des lois politiques de la Monarchie française. L'honneur en revint à MM. Guizot et Villemain, sous les auspices desquels cette publication en fut faite. Ouvrage profondément pensé, s'appuyant sur des textes originaux, fragments latins accompagnés de versions françaises, de preuves puisées aux meilleures sources législatives. Travail considérable qui ne rapporta aucune gloire à cette femme érudite, qui l'avait conçu et exécuté. Pour accomplir cette oeuvre, la jeune Vendéenne dut surmonter l'opposition violente de toute sa famille. Celle-ci ne voyait qu'une bizarrerie presque déshonorante dans ce goût anormal d'études législatives. Pour ménager ces inconcevables susceptibilités, la jeune fille dut abandonner toute revendication de son oeuvre. Sous une signature anonyme, elle publia un des plus importants ouvrages historiques qui aient été imprimés. »
Je me permets, en toute humilité, de vous transmettre l'adresse de mon blog d'où sont issus ces extraits, au cas où vous souhaiteriez, en prenant un peu sur votre précieux temps, y consacrer quelques secondes.
Lien : https://livresdefemmeslivresdeverites.blogspot.fr/
Cordialement.

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