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Publié par La pintade rose

Et sous un soleil magnifique, toute l'histoire des châteaux me revenait en mémoire et notamment le roman d'Alexandre Dumas "la dame de Montsoreau !!!

L'action se passe entre février et septembre 1578, six ans après le massacre de la Saint-Barthélemy par lequel commence La Reine Margot. Le duc d'Alençon, devenu duc d'Anjou depuis le couronnement de son frère Henri III, s'était réconcilié avec lui en 1577 mais se brouille de nouveau en février 1578. Les gentilshommes du duc, appelés les angevins dans le roman, cherchent noise aux favoris du roi, les mignons, qui sont également menacés par les partisans du duc de Guise, chef de la faction catholique, dont Henri III tentera de miner l'autorité en prenant lui-même la tête de la ligue. Parmi les gentilshommes du duc d'Anjou figure Louis de Bussy d'Amboise, qui s'est illustré par sa sauvagerie lors du massacre de la Saint-Barthélemy et que le duc a nommé gouverneur du duché d'Anjou. Dumas a beaucoup idéalisé Bussy, ne retenant de ce personnage arrogant et brutal que sa bravoure et sa rage d'en découdre. En avril a lieu le duel des mignons qui se termine par la mort de CaylusMaugiron et Livarot, dont le roi sera très affecté et que Dumas arrange à sa façon pour en faire l'avant-dernière scène du roman. Il fait coïncider les décès de Bussy d'Amboise et des mignons d'Henri III à juin 1578.

 

 

Le romanModifier

IntrigueModifier

La dame de Monsoreau est un roman historique mêlant deux intrigues :

RésuméModifier

Henri III est le fils de Catherine de Médicis, frère aîné du duc d’Anjou. C’est un homme dont la piété confine à la superstition, intelligent mais de nature faible. Son bouffon, Chicot, lui prodigue des conseils. L'histoire se déroule en 1578, alors qu'Henri III a 27 ans et ne règne que depuis 4 ans. Il doit faire face à de nombreux complots dirigés par son propre frère, jaloux, qui se range auprès d’Henri de Navarre, un protestant.

Le roman débute en février 1578 par le mariage d'un des favoris du roi, Saint-Luc avec Jeanne. Henri III, jaloux, le garde prisonnier auprès de lui au Louvre. Bussy réussit à réunir secrètement les deux jeunes mariés. Découvrant la supercherie, le roi précipite leur fuite vers le château de Méridor.

Bussy, loyal gentilhomme du duc d’Anjou, a été victime d’une embuscade tendue par des gentilshommes appartenant à Henri III. Redoutable bretteur, il met en fuite ses adversaires mais reçoit un coup d'épée. Il s’évanouit et au réveil découvre ses blessures pansées. Il ne se souvient de rien, sauf du visage d’une très belle jeune femme. Il n'a de cesse de retrouver le médecin qui l’a soigné et grâce à lui retrouve la jeune femme, Diane de Méridor. Les deux jeunes gens tombent éperdument amoureux l’un de l’autre. Mais Diane a une dette envers le comte, Bryan de Monsoreau, qui l'a sauvée des avances du Duc d’Anjou. Elle a dû l'épouser pour se protéger du Duc.

De son côté Chicot, profitant de la naïveté de son ami du moine Gorenflot, réussit à s'introduire dans une réunion secrète de la Ligue où le Duc de Mayenne et les Guise complotent pour s'emparer du trône. Ils disposent d'une généalogie écrite par un certain Nicolas David pour établir les droits des Guise à la couronne de France. Chicot et Gorenflot poursuivent Nicolas David, le tuent et récupèrent ces papiers. Cette intervention permet au roi d’être au courant de tous les détails du complot. Il se proclame alors chef de la Ligue à la place de son frère qu’il garde prisonnier au Louvre.

Saint-Luc et sa jeune épouse trouvent le château de Méridor en deuil. Bussy conduit le baron de Méridor auprès de sa fille et tente de rompre les fiançailles avec le comte de Monsoreau en faisant intervenir le duc d'Anjou. Mais Monsoreau annonce son mariage sous la bénédiction du Duc d'Anjou, après l'avoir menacé de dénoncer ses projets criminels au roi. Monsoreau, qui a été nommé grand veneur par Henri III, se trouve séparé de sa femme qui rentre à Méridor. Bussy la suit en Anjou et devient son amant. Le duc d’Anjou se voit libéré du Louvre par Henri de Navarre et vient s’installer à Angers où vit Bussy. Celui-ci retourne au service de son prince.

Méfiant envers le duc d’Anjou, le Comte de Monsoreau retourne près de sa femme. Il découvre que Diane a un amant. Blessé par Saint-Luc, il décide de rentrer à Paris avec sa femme. Bussy se proclame ambassadeur du Duc d’Anjou auprès du roi. Henri de Guise, accompagné de ses ligueurs, se prépare à prendre la place du roi lors de la fête-Dieu. Chicot obtient des renseignements qui lui permettent de déjouer le complot en faisant boire Gorenflot. Le duc d’Anjou découvre la liaison entre Diane et Bussy et la rapporte indirectement au comte de Monsoreau. Celui-ci fait tomber Bussy dans une embuscade au cours de laquelle l'amant de Diane perd la vie non sans bravoure. Le comte est lui aussi blessé mortellement. Bussy se trouvait être à la veille d’un duel décisif avec trois gentilshommes du duc d’Anjou contre quatre autres d’Henri III. Bien que Bussy soit mort, les hommes du prince parviennent à remporter le duel. D'Épernon survit du fait qu'il n'a pas affronté, comme prévu, Bussy et que ses trois amis lui ont, par loyauté, demandé de se retirer du combat. En fait D'Épernon a, à leur insu, financé le recrutement par Monsoreau des assassins du redoutable bretteur. Le roi, attaché à ses gentilshommes, sombre dans la dépression et dans une haine profonde pour son frère. Diane s’enfuit et l’œuvre se termine trois mois plus tard, début septembre 1578 sur une lettre du traître repenti, frère Gorenflot, à Chicot.

Ce roman prend pour décor le Château de Montsoreau.

En balade à Montsoreau, le long des bords de Loire ()()()

Le Château de Montsoreau se situe à un emplacement stratégique, immédiatement à la confluence de la Loire et de la Vienne, à l'intersection de trois régions l'Anjou, le Poitou et la Touraine, et au cœur de la vallée de la Loire. Une présence Gallo-Romaine est attestée à proximité comme en témoigne la découverte d'un fût de colonne cannelée provenant d'un temple ou d'un édifice public antique. L'occupation pérenne du lieu n'apparait dans les sources écrites qu'au vie siècle avec la mention du domaine de Restis mais ce n'est réellement qu'avec le château créé à la fin du xe siècle qu'une agglomération va naitre et voir sa population prospérer. Une partie de ce château a été mise à jour à la fin du xxe siècle. Reconstruit dans le style Renaissance en 1450 par Jean II de Chambes, un des hommes les plus riches du royaume, conseiller et chambellan de Charles VII et de Louis XI.

Le château de Montsoreau a été immortalisé par Alexandre Dumas dans son roman La Dame de Monsoreau écrit entre 1845 et 1846.

Il a été classé Monument Historique en 1862 et inscrit au patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco le 30 novembre 2000.

La première mention écrite attestant une occupation du site par le domaine de Restis date du vie siècle. Il est transformé en place forte vers 990 par le comte de Blois Eudes Ier, puis passe sous domination angevine un peu avant 1001. Le comte Foulques Nerra en confie la garde au chevalier Gautier Ier de Montsoreau qui appartient à l'une des plus prestigieuses familles de l'Anjou. Ainsi, le castrum Monsorelli fait partie de la quarantaine de places fortes angevines et figure parmi les quelques sites ayant déjà le statut de seigneurie châtelaine aux premières heures de l'an 1000. Une agglomération se développera rapidement aux abords du château, dans la narratio de commendatione Turonice provincie édité par Salmon en 1854, on trouve la mention de Monte Sorelli comme un des oppidis munitissimi et popuylosis, pour la seconde moitié du xie siècle (après 1050). Un tonlieu est attesté dans les sources écrites à partir du xiie siècle. 

Lors de l'installation de la communauté fontevriste en 1101, l'abbaye de Fontevraud dépendait de Gautier de Montsoreau, vassal direct du comte d'Anjou. La belle mère de Gautier, Hersende de Champagne, en sera la première grande-prieure du vivant de Robert d'ArbrisselGuillaume IV de Montsoreau prend le parti de Geoffroy Plantagenêt contre son frère Henri II Plantagenêt, futur roi d'Angleterre et mari d'Aliénor d'Aquitaine. Ce dernier assiège le castrum et l'enlève à la fin du mois d'août 1156 malgré le soin pris à sa fortification. Il fait prisonnier Guillaume et ses défenseurs, Guillaume retrouvera toutefois son fief un peu plus tard ; une ordonnance du roi d'Angleterre Henri II (vers 1168) concernant les aménagements de la Loire est signée de Guillaume de Montsoreau et de son fils Guillaume. En 1171, ce dernier octroie aux moines de Turpenay le droit de construire dans l'enceinte du castrum des maisons libres de toute redevance. Avec Gautier, son fils ainé, n'ayant pas d'enfant mâle, la seigneurie passe à la famille Savary de Montbazon, à la suite du mariage de sa fille Ferrie avec Pierre II Savary, seigneur de Montbazon en 1213. Après sa victoire à BouvinesPhilippe-Auguste le choisira en 1214, avec Guy Turpin, archidiacre de Tours, pour traiter la paix avec le roi d'Angleterre Jean sans Terre. La seconde maison de Montsoreau s'éteint en 1362, lors du mariage de la fille unique de Renaud VII avec Guillaume II de Craon. La famille de Craon conserve la seigneurie jusqu'en 1398. La quatrième maison, celle des Chabot, ne durera que quelques décennies.

En 1450, afin de régler diverses dettes, Louis II Chabot vend ses domaines de Montsoreau et de la Coutancière à son beau frère Jean II de Chambes, qui entreprend de faire construire l'essentiel du château actuel de Montsoreau. Descendant d'une vieille famille noble originaire de l'Angoumois, Jean II de Chambes entre au service de Charles VII en 1426 comme écuyer, deux ans avant la célèbre entrevue que le roi aura au château de Chinon avec Jeanne d'Arc. Panetier en 1438, conseiller puis chambellan, il devient en 1444 "premier maître d'ostel" du roi, époque à laquelle il s'associe avec Jacques Cœur. Jean II de Chambes après la disgrâce de ce dernier en 1453 reçoit une somme considérable d'argent que le financier lui devait. Charles VII lui confie plusieurs missions diplomatiques sensibles et l'envoie notamment comme ambassadeur à Venise en 1459 pour préparer une nouvelle croisade, à Rome et en Turquie. Ses seigneuries de Montsoreau et d'Argenton, mais aussi ses différentes charges -il sera gouverneur de La Rochelle et capitaine châtelain et viguier de Niort, Talmont-sur-Gironde et Aigues-Mortes lui assurent de substantiels revenus.

Époque moderneModifier

De 1450 à 1460, Jean II de Chambes joue de plus en plus un rôle d'ambassadeur, il est appelé très fréquemment à séjourner hors d'Anjou, alors que son château est en cours de construction ; ces dix années représentent une ascension remarquable de son influence politique et financière grâce à sa proximité de Charles VII. Moins proche de Louis XI que de Charles VII, Jean II de Chambes se retire progressivement de la politique à partir de 1461.

Jean III succède à son père décédé en 1473 et épouse Marie de Chateaubriant qui fonde en 1519 la collégiale Sainte-Croix de l'autre côté du fossé ceinturant le château.

En 1505, Anne de Bretagne et sa fille Claude de France séjournent pendant un mois au chateau de Montsoreau avant de redescendre la Loire vers la Bretagne. Claude de France est alors fiancée à Charles de Luxembourg pour faciliter la conduite de la troisième guerre d'Italie en renforçant l'alliance espagnole. Louis XIII fait annuler ses fiançailles en 1505 et ordonne son mariage avec François de Valois-Angoulême, futur François Ier.

En 1530, Philippe de Chambes, qui réside à Montsoreau, épouse Anne de Laval-Montmorency. Son fils ainé, Jean IV de Chambes hérite de Montsoreau, du domaine de la Coutancière, et voit ses terres érigées en baronnie en 1560. Montsoreau est pillée par les protestants en 1568 ; la collégiale Sainte-Croix est rasée et les fortifications de la ville détruites. Quatre années plus tard, Jean IV de Chambes s'acquitte avec zèle de l'organisation de la "Saint Barthélemy Angevine" à Saumur, puis à Angers ; sa baronnie est érigée en comté par lettres patentes de 1573 et 1575. Après sa mort en 1575, son frère Charles de Chambes devient comte de Montsoreau et épouse l'année suivante Françoise de Maridor, dont le nom reste attaché à l'assassinat de Louis de Bussy d'Amboise.

Une garnison de cinquante puis de vingt hommes de guerre réside au château dans le courant de la dernière décennie du xvie siècle. Elle n'existe cependant plus sous le règne de Louis XIII ; René de Chambes sollicite en effet une garnison de troupes royales mais se heurte au refus de Richelieu. Faux-monnayeur et faux-saunier, il est condamné à mort et doit s'enfuir en Angleterre d'où il ne reviendra pas. Après le décès de son successeur Bernard de Chambes, le château de Montsoreau ne sera que rarement occupé par ses divers propriétaires; L'ainée des filles de Bernard de Chambes se marie avec Louis-François Ier du Bouchet qui meurt en 1716, laissant 400 000 livres de dettes. Son fils ainé Louis Ier du Bouchet, épouse Jeanne de Pocholle du Hamel qui lui apporte 200 000 livres de dot.

 

 

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La veuve de Louis-François II du Bouchet de Sourches, marquis de Tourzel, vend le château et ce qui subsistait du domaine de Montsoreau à partir de 1804.

Le château de Montsoreau au xviie siècle.

À la suite de la mise en vente de la propriété, le bâtiment est occupé par 19 propriétaires qui remodèlent le site. L'état extérieur du corps de logis nous est partiellement connu grâce à différentes représentations et descriptions réalisées dans la seconde partie du xixe siècle, qui rendent compte de l'état de délabrement du bâti[13]. En 1910, le château est dans un état pitoyable dont s'émeuvent les membres de la Société Française d'Archéologie[14]. Grâce à la pugnacité du sénateur de Geoffre qui va sensibiliser le Conseil Général, la situation finit par évoluer favorablement. Le département de Maine-et-Loire acquiert progressivement les différentes propriétés à partir de 1913, et les travaux de restauration, engagés en 1923, se poursuivent sans interruption jusqu'à la Seconde Guerre mondiale.

Après un nouveau programme de restaurations entre 1997 et 2001, le château ouvre à la visite le 6 juillet 2001 avec un parcours son et lumière intitulé " Les Imaginaires de Loire" qui attire environ 35 000 visiteurs par an.

En avril 2016, le Conseil départemental de Maine et Loire confie les clés du château à Philippe Méaille qui y installe sa collection d'art contemporain centrée sur l'art conceptuel de Art & Language et organise de nombreux événements : expositions, conférences...

La façade intérieure du château avec sa tour Renaissance.
 
Géographie : le site et son environnement naturelModifier

LocalisationModifier

Le Château de Montsoreau se situe à un emplacement stratégique, immédiatement à la confluence de la Loire et de la Vienne, à l'intersection de trois régions l'Anjou, le Poitou et la Touraine, et au cœur de la vallée de la Loire. Il est situé dans le Parc Naturel régional Loire Anjou Touraine.

Le château a été construit immédiatement en bordure de la Loire, au pied du coteau, avec un soubassement naturel en tuffeau constitué d'un rocher encore visible par endroits. Ce type de fondations naturelles se retrouvent assez couramment dans l'édification d'ouvrages importants. Sa position topographique est assez défavorable sur le plan défensif. Il est situé entre deux petites vallées qui isolent une portion du plateau d'une trentaine d'hectares dont les abords sont assez escarpés à l'Est et à l'Ouest.

ArchéologieModifier

L'existence d'un lieu-dit "La Motte" en léger retrait du coteau, pourrait conserver le souvenir d'une fortification protégeant le château bas[15]. Néanmoins cette hypothèse n'est étayée par aucune trace sur le terrain, même s'il convient de noter que les champs alentours montrent un éparpillement de fragments de tuiles (dont des tegulae) sur une grande étendue. Plus largement la présence de mobilier gallo-romain sur place, témoigne de l'existence d'un site antique sans doute important mais encore très mal connu. La fouille du talus au sud du château a notamment livré un fût de colonne cannelée provenant vraisemblablement d'un temple ou d'un édifice public antique. Le site qui se développe entre la Loire au nord, et le village au sud, se compose de deux ensembles distincts. La basse-cour, à laquelle on accède par un passage couvert longeant la chapelle castrale, qui abrite encore deux corps d'habitation. À l'est, la partie seigneuriale est protégée sur trois cotés par un large et profond fossé. Un pont défendu par un châtelet avec pont-levis à flèches constituait l'unique moyen de franchir ce fossé pour pénétrer dans la cour haute du château.

La façade nord du corps de logis était à l'origine directement baignée par la Loire avant la construction de la route longeant le fleuve vers 1820. Le plan barlong du logis flanqué de deux tours carrées, est prolongé par trois ailes, deux en retour vers le sud et une dans le prolongement ouest du bâtiment. Deux tourelles d'escalier prennent place dans les angles que forme le corps de logis avec les ailes en retour. Une portion de courtine conservée côté est, relie l'aile orientale aux restes d'une tour dérasée, improprement appelée "le donjon", qui se trouvait encore en élévation à la fin du xviie siècle[16]. Un puissant rempart de terre fouillé durant l'été 2000, et dans lequel ont été mises en évidence des parties du château du xie siècle, ferme la cour au sud[17].

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