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Publié par La pintade rose

Les petits nœuds des culottes sont moins anodins qu’on ne le pense

Si les petites culottes sont souvent ornées d'un nœud plat, ce n’est pas pour rien. Il y a des raisons historiques, commerciales et aussi psychologiques.

On a tendance à oublier son existence tellement on y est habituées. Pourtant, il est en plein milieu. Si on ne voit même plus ce petit nœud ornemental sur nos sous-vêtements, c’est qu’il fait partie du décor. Mais il n’est pas anodin pour autant. Loin de là. Il pose même beaucoup de questions.

S’il ne sert concrètement à rien, pourquoi a-t-il atterri sur le devant (voire l’arrière) de nos culottes? Quel intérêt pour les marques d’ajouter ce petit bout de tissu supplémentaire alors qu’elles ont plutôt pour habitude de réduire au maximum les coûts, et a fortiori le tissu nécessaire pour protéger fesses et entrejambe? Et comment se fait-il qu’il ne soit pas encore passé complètement de mode et truste nos dessous alors qu’il n’a rien de sublime? Derrière toutes ces interrogations sur un détail riquiqui de notre vestiaire, on trouve quelques stéréotypes bien ancrés…

Différencier filles et garçons

Le petit nœud semble déjà associé à l’image de «LA femme», de son plus jeune âge à la fin de sa vie, comme le formulait à coups de crayons l’illustratrice Julie Guillot sur son blog en mars 2017. «Est-ce qu’à 80 ans on doit encore porter des culottes avec des petits nœuds?» s’interrogeait-elle par le biais de ses personnages dessinés. Car, faisait-elle remarquer, «tu es condamnée à porter les mêmes culottes que quand tu avais 4 ans». On pourrait en effet se dire que le nœud des petites culottes n’est qu’une variante des entrelacements décoratifs que l’on retrouve sur nombre de pièces spécifiquement destinées à la gent féminine, du serre-tête aux ballerines. Et qu’il a l’avantage de faire vendre plus de produits en différenciant le slip des petits garçons de la culotte des petites filles, qui n’est en fait qu’un slip avec un petit nœud. Car il oblige les parents à racheter des sous-vêtements si les enfants de la fratrie ne sont pas du même sexe.

Mais pourquoi ce motif du petit nœud? Et pourquoi un petit nœud pour les filles et pas pour les garçons? Ce qui semble logique aujourd’hui, ce nœud plat étant associé dans l’imaginaire à la féminité, ne l’a pas toujours été. «Dans l’histoire, les nœuds n’ont pas toujours été associés au féminin. Cela date du XIXe siècle», précise ainsi la doctorante en histoire de l’art et spécialiste des représentations de la mode Élise Urbain Ruano. En atteste le nœud papillon, vestige de cette époque où les nœuds apparents des habits faisaient partie des atours de ces messieurs.

Protéger la pudeur

Si le nœud décoratif se trouve sur les sous-vêtements destinés aux femmes, c’est entre autres parce que les culottes non plus n’ont pas toujours été un attirail féminin. Sous leur jupon, les femmes, surtout de bonne tenue, étaient cul nu. Les hommes portaient la culotte mais c’était un vêtement et pas un sous-vêtement. Et comme la culotte était visible, elle se devait d’être belle. Elle était ainsi boutonnée, souligne Denis Bruna, conservateur au département Mode du musée des Arts décoratifs de Paris et commissaire de l’exposition de 2013 «La Mécanique des dessous. Une histoire indiscrète de la silhouette» (dont est tiré l’ouvrage éponyme). «Au XVIIe, on trouvait des boutons sur les culottes des hommes.»

À partir de du XIXè siècle se popularisent «les pantalons de lingerie», raconte l’historienne de la mode Catherine Örmen, entre autres auteure de Lingerie française XIXe - XXIe siècle (éd. Plon, 2012). Avec l’arrivée de la crinoline dans les années 1850, le port de ces «tuyaux de modestie» devient massif, car ces larges robes se soulèvent facilement. Le nœud n’a alors pas vocation à habiller le sous-vêtement. Eh non, les premiers nœuds des culottes des femmes avaient une fonction utilitaire, explique Denis Bruna:

Le petit noeud de ma culotte a un sens  ()()()

«Quand les premières culottes sont apparues, étant donné que l’élastique n’existait pas encore, on tirait sur une lanière ou un cordon.»

Laçage décoratif

Les nœuds plats actuels sont donc une réminiscence de ces premières culottes longues qu’il fallait faire tenir pour protéger la pudeur des femmes. Mais pas seulement. Déjà, et c’est aussi ce qui explique qu’ils sont toujours là aujourd’hui alors que leur utilité première a disparu depuis bien longtemps, ils s’inscrivaient dans l’héritage des laçages des dessous féminins. «Le nœud apparaît sur les corps à baleines, l’ancêtre du corset, au XVIIe et XVIIIe siècles», poursuit Denis Bruna. Bien avant la culotte pour femmes donc. «Les rubans et les nœuds servaient à ajuster le corsage au niveau de la poitrine, du décolleté et des épaules.»

Or, déjà au XVIIIe, il existait des nœuds décoratifs qui rappelaient les nœuds utilitaires, comme celui que l’on retrouvait sur le devant des corps à baleines pourtant lacés dans le dos. «Il servait à embellir l’objet. Car dire qu’un sous-vêtement était seulement fait pour la personne qui le portait n’est pas tout à fait exact, analyse Denis Bruna. Le sous-vêtement a souvent eu un aspect décoratif recherché parce qu’il était aussi porté pour être montré au partenaire.»

On ne sait si c’est la seule harmonie qui plaisait ou si c’est ce qu’induisait le délaçage: la maîtrise de l’ouverture d’un paquet cadeau… Voire le fait que les nœuds pouvaient être un rappel esthétique de prestige social, car, au cours du XIXe siècle, alors que les femmes pouvaient enfin s’habiller seules (fini les laçages du corset le dos!), certaines dames de la grande bourgeoisie continuaient de se faire habiller puisque c’était un «signe de distinction sociale».

Donner l’impression de la qualité

Certes, énonce Denis Bruna, «cette transformation d’un élément utilitaire vers un élément décoratif s’est faite en le réduisant: le nœud de la culotte du XIXe ou des corps à baleines des XVIIe et XVIIIe siècles était beaucoup plus grands; aujourd’hui, ce sont de tout petits nœuds». Toujours est-il que cette stratégie d’associer nœud et prestige n’a pas disparu deux siècles plus tard:

«Ce nœud standard, bien souvent fait en Asie, est là pour justifier le prix et ajouter de la valeur aux produits de la grande distribution, signale Faustine Baranowski, en charge du secteur lingerie et swimwear au sein du bureau de tendance Promostyl. L’objectif est que la cliente se dise qu’elle en a pour son argent.»

C’est du moins comme cela que le perçoivent les marques, témoigne-t-elle: «Dans le cadre d’une mission de consulting pour une marque du Moyen-Orient moyen-bas de gamme, le brief du boss était d’ajouter des nœuds, pour donner l’impression que l’on achète un produit luxueux.» Un constat partagé par Pauline Bonafous, cheffe de projet marketing, et Pascale Briand, directrice artistique, du bureau de tendances Carlin Creative Trend Bureau: «Ils permettent de décorer des produits simples, les basiques coton, en leur donnant une valeur ajoutée, tout en restant peu cher pour les marques et, in fine, pour les consommatrices. S’il est vrai que l’on peut se questionner sur sa nécessité à l’heure d’une réflexion globale sur le "no-gender", le nœud ne semble pas être un symptôme d’une féminisation à outrance mais plutôt une valeur ajoutée sur des produits simples, où plusieurs alternatives existent comme chez les jeunes labels Base Range, Nude Label, Me & You, ou chez les marques qui, historiquement, se démarquent des spécificités genrées, type Acne Studios ou COS.»

Sans compter que les nœuds ont un autre avantage. «Camoufler des points mal finis», pointe Faustine Baranowski. Pas sur la culotte en elle-même, mais sur le soutien-gorge, par exemple à la jonction entre la bretelle et le bonnet. «Si la matière est épaisse, le point est moins régulier.» Un petit nœud au-dessus et hop! ni vu ni connu. «Du coup, pour équilibrer et matcher, on en met un au milieu sur le soutien-gorge et sur la culotte.» Là aussi, ses consœurs Pauline Bonafous et Pascale Briand ont la même vision:

«Les nœuds donnent un côté "fini" aux produits, permettent de cacher certaines coutures disgracieuses, et se rapprochent des éléments de lingerie traditionnels type liens, laçages, passe-rubans, etc.»

Tradition psychanalytique

Et voilà qu’on revient au laçage et aux rubans… Si le nœud est aujourd’hui utilisé par les marques comme un élément marketing, c’est bien parce qu’il a conservé un côté traditionnel. Il aurait pu disparaître, comme d’autres éléments du vestiaire, à l’instar des corps à baleines. S’il est resté, c’est qu’il y a une raison. Symbolique, appuie la psychologue clinicienne Ludivine Beillard-Robert, qui mène une thèse en psychanalyse intitulée «La robe: du voir au voile. Pour une psychopathologie du corps féminin habillé» et s’intéresse à «la fonction que peut avoir le vêtement dans la féminité et l’érotisme». Or le fait que ce nœud se trouve à cet endroit «stratégique» de la culotte fait sens:

«L’idée est de venir chercher le regard, le capter, pour pouvoir déplacer le curseur.»

Pourquoi vouloir déplacer le curseur? Parce que «la rencontre avec le sexuel est chargée d’angoisse». À ce propos, elle trouve intéressant que l’endroit où est placé le nœud soit celui où il y a un défaut, «un endroit où ça manque de quelque chose donc comme sur le corps féminin: le manque est intolérable car chargé d’angoisse de castration selon Freud, alors on le masque, pour laisser croire qu’il n’existe pas».

C’est ainsi que le nœud participe de l’érotisme: «Il vient faire la distinction entre la peau et le vêtement, il est à la frontière entre ce qui est visible et ce qui n’est pas visible. Il vient soutenir le désir.» C’est sur cet aménagement du regard provoqué par le nœud que s’organise le jeu de séduction, insiste la doctorante: «Le petit nœud est là pour plaire aux hommes qui ont besoin de placer un voile sur le "manque" féminin et d’asseoir ainsi leur posture phallique. C’est un jeu de semblants et la lingerie joue son rôle: elle vient masquer l’angoisse, donne l’illusion qu’il n’y en a pas et dans le même temps amener une image érotisée.»

Voilà pourquoi finalement le petit nœud plat se retrouve sur les culottes, des petites filles comme des femmes, dans un double mouvement d’infantilisation (ou d’objectification) des femmes, vues comme objets du désir de l’homme, et de sexualisation (ou de différenciation genrée) des petites filles, puisque «cette petite culotte avec un nœud participe de l’identification genrée, les petites filles s’identifiant à ce qu’elles repèrent comme étant l’image du féminin, laquelle image passe par l’habillage». Tout simplement parce que «le capitalisme et le marketing sont toujours en avance par rapport à l’inconscient», assène Ludivine Beillard-Robert. 

                                                    

Le petit noeud de ma culotte a un sens  ()()()

En fait, cette déclinaison quasi infinie de petits nœuds revient à dissimuler la pauvreté qualitative de nos dessous et notre rapport angoissé à la sexualité en mettant l’accent sur la différence entre hommes et femmes. Il serait peut-être temps d’en finir avec ce jeu de cache-cache.

                                                         la Pintade Rose 

fémininModifier

Types de culotte pour femme (le tanga et le string sont vus de derrière).

Chez la femme, la première apparition de la culotte tient au pantalon de cotonque les petites filles portaient jadis sous leur robe ; ce dernier fut ensuite imposé aux femmes dans une version raccourcie par les hygiénistes qui refusaient de voir une femme sans sous-vêtement intime. D'abord rose ou blanche, la culotte féminine fut ensuite noire pour les femmes honnêtes du début du xxe siècle à la Première Guerre mondiale ; noir qui devient après les années 1940, un symbole de lascivité.

Au xviiie siècle, le port d'un caleçon avait été imposé par une ordonnance du lieutenant de police aux filles de l'opéra lors de leurs représentations, pour une question de décence.

Depuis les années 1960, la culotte pour femme n'est plus un caleçon, utilisant les nouveaux textiles synthétiques et des couleurs variées[2].

http://www.racontemoilhistoire.com/2014/12/01/lhistoire-petite-grosse-culotte/

En Grèce et à Rome, pas de sous-vêtement ! Seulement des rubans pour contenir un peu les hanches. Il faut serrer, serrer fort les nichons et les hanches, la mode est aux corps androgynes. Les bandages ressemblent bizarrement à nos bikinis actuels, c’est plutôt mignon ! La « culotte » n’est pas hygiénique, pas jolie, et n’est même pas un vêtement, juste un instrument de torture.

Le petit noeud de ma culotte a un sens  ()()()

Porter la culotte, on adore ! Surtout quand elle s'orne de jolis frous-frous et de petits rubans coquins. Et dire, qu'avant, les femmes n'en portaient pas ! Mais elles ne portaient pas non plus de mini jupes ou de pantalons !

La culotte doit son nom à la partie intime qu'elle recouvre, notre derrière, appellé aujourd'hui familièrement "cul". Autrement appelée slip pour désigner sa forme moderne, la "culotte" à l'origine était une sorte de panty bouffant de coton destiné aux fillettes de moins de 14 ans. Quand on était femme, on s'en passait ! Mais, pour des raisons d'hygiène et avec l'arrivée de la crinoline dans la mode qui offrait une vue intéressante lorsque les femmes s'asseyaient, une version courte a été élaborée et l'usage s'en est répandu en particulier à la fin du XIXesiècle : à défaut de "petite", la culotte est enfin apparue !

Au début du XXe siècle, la petite culotte a pris des couleurs. Tout d'abord rose ou blanche pour les femmes "comme il faut", elle a osé se colorer de noir jusqu'à la Première Guerre mondiale. 

En 1918, Pierre Valton coupe les jambes du caleçon qui sert de culottes aux femmes et crée ainsi la première petite culotte"moderne". Il dépose alors sa fameuse marque : Petit Bateau. Avec la nouvelle forme de culotte, il fait avancer le travail dans le jersey de coton et place des élastiques à la taille et aux cuisses. Il invente également le picot en guise de bordures. Il remporte un succès tel que sa petite culotte reçoit en 1937 le Diplôme de Grand Prix à l'Exposition internationale de Paris.

Dans les années 40, la culotte noire prend une connotation sexy et lascive. Depuis les années 60, la forme de la petite culotte a changé. L'évolution de l'industrie textile permet de l'ajuster et d'adopter une infinité de couleurs. Aujourd'hui, les designers peuvent s'en donner à cœur joie, de façon à ce que chaque femme trouve à s'exprimer à travers sa lingerie !
 
Notre conseil
Même si nous aimons nos petites culottes, veillons à ce que les marques n'enlaidissent pas notre silhouette. L'avancée des textiles et des couleurs permet à notre petite culotte de rester invisible, sauf au moment où nous choisissons d'en faire profiter l'homme de notre vie ou la Femme de sa vie.

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Françoise 08/09/2017 13:53

Bonjour,
Je viens de découvrir votre blog que je trouve très intéressant car chaque article est bien documenté. Mais il me semble que le féminisme doit aussi accepter toutes les sexualités : à cet égard la dernière phrase de votre article m'a bien surprise," l'homme de notre vie" peut aussi être une femme !
Bien cordialement