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Publié par La pintade rose

Le Qatar n'est pas seulement le patron du PSG...

Très actif depuis une dizaine d'années, notamment via son fonds souverain Qatar Investment Authority (QIA), le riche émirat gazier a largement investi sous les quinquennats Sarkozy et Hollande, malgré des critiques récurrentes.

Sport et médias 

Le Qatar a racheté en 2011 le club de football du Paris Saint-Germain, vitrine du pays en France, qu'il a propulsé en haut de l'affiche - quatre fois champion de France depuis - grâce à des moyens colossaux.

En plus de le doter d'une "locomotive" sportive, le pays du Golfe avait donné une bouffée d'air frais au championnat de France de football, en rachetant en 2012 une partie de ses droits télévisés, via sa chaîne BeIn Sports.

BeIn Sports a toutefois subi un coup d'arrêt en mai, lorsque SFR a racheté les droits de diffusion de la prestigieuse Ligue des champions de football pour la période 2018-2021.

Le Qatar est également propriétaire du PSG Handball, de plusieurs courses hippiques de renom comme le Prix de l'Arc de triomphe, et actionnaire majoritaire du groupe de médias Lagardère (13,03%).

Immobilier et hôtellerie 

Spécialisés dans le luxe, des ressortissants de cet Etat du Golfe détiennent les hôtels parisiens Raffles (ex-Royal Monceau), Concorde Lafayette, Peninsula et l'hôtel du Louvre, ainsi que le Martinez et le Carlton à Cannes et le Palais de la Méditerranée à Nice.

Le Qatar est le deuxième actionnaire du groupe AccorHotels, détient plusieurs milliers de m2 de locaux sur l'avenue des Champs-Elysées et près d'un quart de la Société fermière du casino municipal de Cannes (SFCMC), qui exploite le Majestic Barrière et le Gray d'Albion.

L'émir du Qatar possède l'hôtel d'Evreux, niché dans la prestigieuse place Vendôme à Paris, et son frère détient l'hôtel Lambert, à la pointe de l'Ile Saint-Louis.

Industrie 

Le Qatar est très présent dans les grandes entreprises françaises avec des participations minoritaires dans Total, Vinci, Veolia Environnement, LVMH, et Vivendi, en plus de détenir les magasins du Printemps.

Sur le plan militaire, il est un excellent client, qui a notamment commandé 24 avions de combat Rafale en 2015, pour 6,3 milliards d'euros.

L'émirat est également partenaire de la Caisse des dépôts, dans un fonds d'investissement de 300 millions d'euros pour les PME françaises innovantes. A l'origine, le Qatar avait évoqué un fonds pour les banlieues, qui avait suscité une forte polémique, en pleine campagne électorale pour la présidentielle 2012.

Le Qatar ou autres pays ... sommes-nous sous la dominance étrangère ?

Le Qatar n'est pas le seul pays qui nous domine financièrement !

L'Elysée: 1,17 milliard d'euros 

L'hôtel Matignon: 1,28 milliard 

 
 

Le ministère de la Justice: 0,38 milliard 

Le musée du Louvre: 7,54 milliards 

L'Opéra Garnier: 0,38 milliard 

Le jardin du Luxembourg (photo): 10,35 milliards 

Sans compter des joyaux, invendables bien sûr, comme le Louvre ou les Tuileries (378 000 m2), le jardin du Luxembourg, Notre-Dame, l'Opéra Garnier, le bois de Boulogne (2 000 hectares) ou encore les stations de métro !  

Mais, en réalité, nombre de bâtiments ont déjà changé de mains : l'Etat en a vendu pour 3 milliards d'euros, dont une bonne partie à Paris (ministères ou hôpitaux, tel Laennec, dans le VIIe). En juillet dernier, la caserne de Reuilly (XIIe) a ainsi été cédée pour 40 millions d'euros. 

La ville de Paris, toujours insatiable

Autres bailleurs en perte de vitesse : les investisseurs institutionnels (caisses de retraite, banques...). "Leur désinvestissement est l'un des faits les plus marquants des quinze dernières années", déplore Bertrand de Feydeau, longtemps gestionnaire du patrimoine de l'assureur Axa.  

C'est simple : durant cette période, plus de 1 million de logements ont été cédés. Et ce n'est pas fini, puisque leurs immeubles continuent d'être vendus à la découpe, au grand dam de leurs locataires. En revanche, les "zinzins" reviennent timidement cette année pour s'offrir des tours de bureaux, plus rentables... 

Toutes ces ventes, qui bouleversent la sociologie parisienne, font aussi des heureux. Comme la ville de Paris, toujours insatiable : forte d'un patrimoine très hétéroclite, elle ne compte pas s'arrêter en si bon chemin. Outre des musées, des théâtres, les mairies, les églises construites avant 1905, la municipalité détient 200 000 logements sociaux et, au total, 7 800 immeubles.  

Loin de s'alléger, elle poursuit ses emplettes de plus belle, préemptant ici et là des appartements ou réalisant des opérations d'envergure, comme celles du quartier des Batignolles ou la caserne de Reuilly, où la mairie veut aménager 500 logements sociaux sur un terrain de 35 000 mètres carrés. 

Mais les plus gros propriétaires - et de très loin - sont les Parisiens eux-mêmes. Depuis la Libération, leur progression a été fulgurante : de 6 000 en 1950, ils sont passés à 900 000 en 2013 ! "Je n'imaginais pas que les copropriétaires gagneraient tant de terrain. Ils l'emportent haut la main !" s'amuse Patrice de Moncan. 

Les investisseurs étrangers font bien partie du lot des acheteurs, mais ils demeurent encore discrets, privilégiant les plus beaux logements des VIe, VIIe, VIIIe et XVIe arrondissements. 

Affaires (pas si) étrangères

Ne pas se fier aux apparences : Paris n'est pas devenue la propriété exclusive des Qatariens. Certes, les étrangers fortunés, des émirs aux milliardaires russes, rêvent tous de posséder une résidence secondaire au coeur de la capitale. Et certains d'entre eux réalisent leurs projets, s'offrant parfois des joyaux inestimables comme l'hôtel Lambert, figure de proue de l'île Saint-Louis, devenu, en 2007, la propriété d'un frère de l'émir du Qatar.  

Mais, derrière ces transactions fortement médiatisées - qui s'ajoutent aux investissements dans les immeubles de bureaux des Champs-Elysées -, la réalité est moins spectaculaire. Les achats des étrangers ne représentent que de 6 à 7 % des ventes annuelles de la capitale. Un pourcentage encore faible, en recul en 2013, année de la quasi-disparition des Américains et des Italiens. Et si jamais ces ultrariches - les seuls à pouvoir s'offrir un bien à 10 millions d'euros - reviennent, leur nombre restera limité. Aucun doute : Paris appartient aux Parisiens. 

Ces révolutions, accompagnées d'une vraie spéculation sur le marché immobilier, expliquent la valeur de la capitale. Plus de 700 milliards d'euros, soit le PIB des Pays-Bas ! Paris est devenue une capitale mondiale incontournable. Avec de sacrées différences d'un quartier à l'autre.  

Les arrondissements du Triangle d'or, où sont concentrés les sièges sociaux les plus prestigieux et les enseignes de luxe, valent ainsi beaucoup plus cher (52 milliards d'euros pour le seul VIIIe) que ceux du nord de la capitale, peuplés de logements sociaux (le XIXe ne "pèse" que 32 milliards).  

Autre observation : le VIe a beau détenir le record du prix du mètre carré, sa cote (19 milliards d'euros) demeure bien inférieure à celle du VIIe (38 milliards), du XIIe (42 milliards) ou du XVe (73 milliards). Certaines rues font également grimper les prix, comme l'avenue Foch (1,7 milliard d'euros), autrefois lieu de résidence des Rothschild, de Marcel Dassault ou de la princesse de Faucigny-Lucinge et, aujourd'hui, pied-à-terre de trois princes saoudiens. 

Et le Grand Paris ?

Ce Monopoly version luxe n'est pas près de s'effondrer. "On va plutôt assister à une concentration de plus en plus forte des biens entre les mains des principaux propriétaires", estime Patrice de Moncan.  

Les copropriétaires - aisés - vont continuer, quoique à un rythme plus ralenti, à acheter Paris, tout comme la ville, peu encline à céder sa place, tandis que les derniers héritiers vont lâcher prise. Des évolutions qui ne remettront pas en question les grands équilibres. Seule la construction du Grand Paris pourrait à nouveau bouleverser l'histoire de la propriété parisienne.  

Optimiste, Patrice de Moncan n'y croit pas : "Ce gigantesque projet urbanistique ne fera que rendre Paris intra-muros encore plus attractif et plus cher." De quoi combler le million de propriétaires qui se partagent la Ville lumière. 

Changements de propriétaire

Avenue Montaigne

L'ancienne allée des Veuves, repaire de guinguettes et de bals où le Tout-Paris venait s'encanailler au xixe siècle, fut d'abord la propriété d'aristocrates qui y possédaient des hôtels particuliers, comme la comtesse de Véra de Talleyrand-Périgord, avant de devenir, au XXIe, le royaume des boutiques de luxe et des grandes fortunes étrangères, le plus souvent venues des Emirats. Parmi les résistants, l'assureur Gan détient trois immeubles, et la ville de Paris, le théâtre des Champs-Elysées. 

La Coupole

La brasserie la plus célèbre de Montparnasse, ouverte en 1927 par Ernest Fraux et René Lafon, comptait parmi ses habitués Hemingway, Cocteau et Aragon. Racheté en 1987 par Jean-Paul Bucher, ancien propriétaire du groupe Flo (Flo, Vaudeville et Bofinger), le café des Années folles a été cédé en 1995 au milliardaire belge Albert Frère. 

Place du Tertre

Refuge des artistes, elle fut d'abord un rond-point villageois peuplé de paysans et entouré de fermes, avant d'abriter la mairie de la commune libre de Montmartre. Aujourd'hui, trois propriétaires privés y possèdent encore un immeuble. Les copropriétaires se partagent le reste de la place, envahie de jour comme de nuit par les touristes. Seule l'ancienne mairie reste la propriété de la ville. 

Le Lido et le Moulin Rouge

Le cabaret des Champs-Elysées comme le royaume du french cancan ont été repris par Joseph et Louis Clerico, qui en font des hauts lieux de la capitale. En 2012, l'immeuble abritant le temple des Bluebell Girls est racheté par le Qatar, tandis que, depuis 2013, l'institution montmartroise se partage en deux : les héritiers des Clerico rachètent les murs du music-hall, les terrains alentour sont cédés au groupe immobilier 3 F.  

Le Crillon

Anciennement hôtel d'Aumont, propriété, en 1788, de François Félix de Crillon, il est cédé en 1907 à la Société des grands magasins et des hôtels du Louvre (actuel groupe du Louvre), qui en fait un palace. En 2010, après avoir transité par le fonds américain Starwood Capital, l'établissement de la place de la Concorde est cédé, pour 250 millions d'euros, à la famille royale d'Arabie saoudite. 

Les quais de l'Île Saint-Louis

A l'origine, les aristocrates boudaient ces lieux, fiefs de la bourgeoisie et dénués de prestige. En 1950, on y comptait encore 50 propriétaires privés alors qu'ils sont, en 2013, moins d'une dizaine à se partager les quatre quais de l'île. Aujourd'hui, ce sont plutôt les étrangers qui s'offrent ces superbes vues sur la Seine. Comme un frère de l'émir du Qatar qui a racheté, en 2007, l'hôtel Lambert aux héritiers de Guy de Rothschild, son propriétaire depuis 1975. 

Le Qatar est situé sur une petite péninsule s'avançant dans le golfe Persique et reliée à la péninsule Arabique au sud, où elle a une frontière terrestre avec l'Arabie saoudite. Sa capitale est Doha, ou Ad-Dawha. La langue officielle est l'arabe, et la monnaie le riyal qatarien.

Le Qatar est le quatrième producteur de gaz naturel du monde après les États-Unis, la Russie et l'Iran ; je il est devenu le premier exportateur de gaz naturel liquéfié. Le pays est aussi un producteur de pétrole, mais de taille moyenne, membre de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP). Il est membre associé de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF) depuis le 13 octobre 2012 sans être passé par le statut d'observateur.

Le Qatar ou autres pays ... sommes-nous sous la dominance étrangère ?

INFO LE FIGARO - Le cheikh Tamim al-Thani et le président de la République ont prévu d'échanger sur la crise qui oppose Doha à ses voisins saoudiens et émiriens.

L'émir du Qatar, cheikh Tamim al-Thani, devrait être reçu cet après-midi à l'Elysée par Emmanuel Macron pour discuter de la crise qui oppose Doha à ses voisins saoudiens et émiriens, a-t-on appris de sources diplomatiques.

Pour la première fois depuis le déclenchement de cette crise, l'émir du Qatar effectue un déplacement à l'étranger. Il doit se rendre également ce jeudi en Turquie, son allié, pour rencontrer le président Erdogan.

 

Depuis le 5 juin, le Qatar est soumis à un embargo de la part de l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis qui lui reprochent de soutenir le terrorisme et de s'être rapproché de l'Iran, l'ennemi des monarchies sunnites du Golfe. La crise ne connait pas de répit. La semaine dernière, cheikh Tamim a appelé le prince héritier saoudien Mohammed Bin Salman. Mais quelques heures après cet appel téléphonique, Riyad a annoncé la suspension de tout contact avec Doha. 

Saoudiens et Emiriens ont présenté au Qatar une liste de 13 demandes, parmi lesquelles la fermeture de la chaîne de télévision Al-Jazeera, l'arrestation de responsables islamistes et une prise de distance vis-à-vis de l'Iran. Doha a rejeté ces exigences, estimant qu'elles portaient atteinte à sa souveraineté.

La France est embarrassée

Depuis le début de la crise, Emmanuel Macron s'est entretenu à plusieurs reprises avec l'émir du Qatar, le prince Bin Salman et Mohammed Bin Zayed, le prince héritier des Emirats. La France a nommé la semaine dernière un émissaire dans la crise, le diplomate Bertrand Besancenot. Mais alliés avec chacun des trois pays, Paris est embarrassé, et ne veut pas se mettre à dos l'un d'eux. Même si Emmanuel Macron a répété que Doha devait faire des efforts en matière de surveillance de financement du terrorisme.

Sollicitée par Le Figaro, la présidence de la République n'a pas répondu à nos demandes.

La tournée de Donald Trump au Moyen-Orient et en Europe est à peine terminée que de grandes manœuvres sont lancées par les saoudiens, les émiratis, le Bahreïn et l’Égypte contre le Qatar et son émir. Les rivalités entre ces États du Golfe devenus, par la grâce d’un boum pétrolier, des puissances financières n’expliquent pas tout, d’autres éléments relatifs à la politique interne propre à chaque pays, sont à prendre en considération. Le Qatar membre du Conseil de Coopération des États arabes du Golfe (CCG), à coté du Bahreïn, du Koweït, d’Oman, de l’Arabie saoudite et les États Arabes Unis (EAU), a émergé d’une manière retentissante sur la scène régionale et internationale à la faveur des révoltes du « Printemps arabe ». Tout a commencé dans la nuit du 23- 24 du mois mai dernier lorsque l’agence de presse officielle a été piratée et instrumentalisée à des fins de fabrication de déclarations anti-saoudiennes et anti-émiraties attribuées au prince émirati. Une campagne médiatique hostile au Qatar a été déclenchée, suivie d’une rupture des relations et un embargo économique draconien.

 

Le Qatar, dont la superficie est de 11 571 km², est une petite péninsule qui se situe au flanc de l’Arabie saoudite et dont le sous-sol abrite plus « de la moitié des réserves mondiales de pétrole » [1]. Avec un PIB des plus élevés dans le monde, c’est-à -dire 96 000 dollars d’après le FMI, le Qatar est troisième producteur mondial de gaz naturel (derrière la Russie et l’Iran) et premier exportateur de gaz liquéfié de la planète, le pays possède depuis 2005 un fonds souverain dont le capital actuel est estimé à plus 100 milliards de dollars [2]. Conscients de leur dépendance aux hydrocarbures, les dirigeants du Qatar tentent de la dépasser en recourant à une stratégie de diversification économique en s’appuyant sur trois piliers : l’économie de la connaissance, le tourisme et l’industrie du sport. C’est dans cette perspective que l’émirat a lancé un plan d’investissement de plus de 100 milliards de dollars afin d’accueillir le mieux possible les grandes compétitions internationales, le Mondial 2022 et les Jeux olympiques de 2024 sont dans sa ligne de mire. Tel un conte de fée, et comme jaillie des sables du désert, sa capitale Doha est devenue une ville ultramoderne, les meilleurs architectes du monde s’y sont attelés à la façonner et l’embellir. Sur le plan des investissements économiques à l’étranger, le Qatar est présent partout et dans les tous secteurs économiques, en Europe, en Égypte, en Algérie, en Tunisie, et dans plusieurs pays en Afrique.

De par cette position géostratégique jouxtant une partie du monde arabo-musulman et son immersion dans le golfe persique, juste en face de l’Iran, ce micro-État occupe une place centrale dans golfe arabo-persique, à mi-distance entre le sud de l’Irak et le détroit d’Ormuz, et intéresse au plus haut point les grandes puissances du moment. Le Qatar veut saisir ces opportunités, en affichant ses ambitions de puissance régionale et s’obstine à vouloir jouer dans la cour des grands, comme l’un des acteurs les plus influents dans cette région du Moyen-Orient. Mais en dépit du nombre restreint de ces habitants autochtones (à peu prés 200 000) et deux millions d’étrangers, les autorités de ce pays se sont donnés tous les moyens pour devenir visible sur tous les plans : diplomatique, médiatique, académique et sportif. S’appuyant sur une vision de développement consignée dans un document le Qatar National Vision 2030 [3], qui trace les grandes lignes d’un ambitieux programme de développement sur tous les plans. Ce miro-État déborde d’ambitions, « il occupe régulièrement le devant de la scène et ses engagements, tant dans les domaines politique, économique que sportif suscitent de nombreuses interrogations » [4]. Il faut signaler que cet ambitieux programme exige une main d’œuvre qualifiée, des compétences avérées et un management avancé. Devant ce manque, les autorités de ce pays seront obligées de recourir au recrutement, avec de fortes rémunérations, de travailleurs étrangers dans tous les secteurs, créant par là de véritables bouleversements démographiques, économiques et culturels. La monarchie comme système politique a également subi des transformations, avec la promulgation d’une constitution avant l’indépendance de ce pays qui était sous tutelle britannique depuis 1916 jusqu’à 1970. La loi fondamentale de ce pays a été maintes fois amendée, pour apporter des changements sans toucher à la nature du système politique qui demeure « une monarchie semi-autoritaire où l’émir concentre l’essentiel des pouvoirs » [5], soit un système politique héréditaire où les successions se font généralement par des « révolutions de palais » ou des destitutions du fils contre son père. Il y est stipulé également, dans ce texte fondateur, que la religion de l’État est l’islam, dans la perspective de trouver une symbiose entre la religion, les libertés fondamentales et le système monarchique dynastique. Ancré depuis cette région où l’islam a fait son apparition, le Qatar adopte cette religion depuis le début du 7ème siècle et intègre la grande communauté des musulmans. Mais malgré son attachement réel ou virtuel, à la démocratie le pays demeure attaché à la version wahhabite de l’islam. Mais au delà de l’idéologie officielle le Qatar tente de trouver une place dans le concert des nations modernes et avancées. Et il se donne les moyens en multipliant des actions pour séduire l’opinion internationale en installant des structures médiatiques, telle la fameuse chaine qatarie El Jazzera et structures académiques tels que le Centre Arabe de Recherches et d’Études des Politiques, comme devantures pour améliorer son image et la rendant visible et attrayante. D’ailleurs « le Qatar a besoin de s’afficher pour exister. Grâce au soft power – dans les médias et le sport, en particulier, – l’émirat a pu sortir de l’anonymat. C’est en grande partie cette équation qui explique son dynamisme grandissant » [6]. Mais pourquoi les dirigeants du Qatar courent dans tous les sens pour devenir ce qu’ils sont : une puissance régionale incontournable ?

 

De l’influence à la volonté de puissance

D’après une anecdote rapportée par plusieurs sources, le jeune prince Cheikh Hamad Ibn Khalifa Al Thani, a été ulcéré par une question émise par un agent de l’immigration britannique qui lui aurait un jour demandé : « Mais le Qatar, où est-ce ? », alors il décida de prendre sa revanche en faisant de son pays une contrée connue et reconnue, ce qu’il tenta de faire une fois arrivé au pouvoir. Une stratégie de marketing à grande échelle sera développée en direction de l’opinion internationale par l’Émir, qui fera équipe avec sa seconde épouse Cheikha Mozah [7], celle-ci fera désormais figure d’une femme musulmane moderne, et elle sera partie prenante de tous les projets de l’Émirat. La mise en place la chaîne qatarie Al-Jazzera figure parmi les actions les plus pertinentes dans la stratégie adoptée par le couple.

 

Al Jazzera, le fer de lance de l’Emirat

Considérée par plusieurs observateurs comme la « CNN arabe », Al Jazzera est venue dés sa création en 1996, combler un énorme vide en matière d’information et de communication dans un Monde arabe où la liberté de s’exprimer où de s’informer reste très problématique. Elle a été lancée par le Cheikh Hamad Bin Khalifa Al Thani, un an après avoir accédé au pouvoir en destituant son propre père. En très peu de temps, la chaîne est arrivée à capter l’attention de nombreux téléspectateurs dans le Monde arabe et dans d’autres pays. Son influence et son audience vont grandir au fil du temps, et ceux qui s’intéressent à ces programmes sont estimés « à près de 50 millions » [8]. Soutenue par les finances de ce petit Émirat, ses initiateurs la conçoivent sur « le modèle nord-américain » [9], en lui accordant « un professionnalisme indéniable, une liberté de ton jusque-là inconnue dans les médias arabes et une antenne ouverte à de nombreux opposants des régimes en place au Maghreb et au Proche-Orient » [10]. L’incontestable succès populaire de la chaîne a été éclatant. Sa « ligne qui mêle panarabisme, sensibilité islamisante et libéralisme a assuré le succès de la chaîne et sa popularité, que les autorités de Doha ont transformée en capacité d’influence » [11].

Les soulèvements du « Printemps arabe » vont amplifier son audience et son impact. Son implication auprès de la « rue arabe » n’est pas passée inaperçue, d’où les multiples questionnements quant à sa neutralité et son impartialité face aux différents mouvements politiques et pays du Monde arabe. Pour qui roule Al Jazzera ? En fait le Qatar en a fait un « bras médiatique » [12], pour s’imposer comme acteur incontournable dans l’échiquier régional, et un instrument diplomatique sur le plan international.

Le Qatar ou autres pays ... sommes-nous sous la dominance étrangère ?

La position extérieure nette de la France n'a cessé de se dégrader depuis 2006. Il ne faut pas chercher plus loin le sentiment du malheur français.

Qu'est-ce qu'un pays pauvre ? Depuis Adam Smith, la richesse d'une nation renvoie à sa production annuelle, son produit intérieur brut, par habitant. Il a mis fin aux théories bullionistes, les métaux précieux et la monnaie ne constituant pas des indicateurs de richesse fiables. La dématérialisation du patrimoine financier au fil des siècles a renforcé la prévalence de l'indicateur de flux tangible plutôt que le stock intangible qui pouvait disparaître au gré des défauts sur la dette.

Aussi il ne fait pas de doute que la France, huitième plus grand PIB mondial à parité de pouvoir d'achat et dans le Top 15 pour le PIB par habitant hors pétromonarchies, appartient au club des pays riches. Alors que les chiffres conjoncturels se succèdent pour caractériser le mal français, la résilience du PIB fait souvent office de salutaire réassurance. Il n'est pourtant plus possible de faire l'économie d'analyser la richesse nationale du point de vue patrimonial.

La position extérieure nette (PEN) d'une économie est la différence entre l'ensemble des créances étrangères détenues par les résidents et l'ensemble des dettes des résidents envers l'étranger. Une économie dont la PEN est négative se trouve donc dans une situation d'endettement net vis-à-vis du reste du monde. Si une PEN peut être négative de manière conjoncturelle, lorsque des investissements étrangers viennent rejoindre des secteurs productifs nationaux, à moyen terme elle annonce un niveau de vie artificiellement soutenu et donc une inévitable correction.

La crise de 2008 a fait prendre conscience de la fongibilité entre dettes publiques et privées, que ce soit aux Etats-Unis, en Espagne ou en Irlande. Un endettement excessif des ménages, un système bancaire fragile, et c'est la puissance publique qui doit intervenir pour éponger les dettes des particuliers. La France pourrait bien devenir l'exemple inverse, où l'Etat impécunieux finit par entraîner les ménages et les entreprises, pourtant épargnants nets, dans sa chute.

Il s'avère en effet que notre pays a réalisé l'une des plus incroyables évictions de richesse des pays développés dans la période moderne, plus de 400 milliards d'euros en moins d'une décennie. ­Contrairement au discours dominant, la richesse des ménages ne suffit plus à éponger la montagne de dette publique. La France, gouvernement, entreprises et ménages cumulés, avait une dette stable d'environ 4 % du PIB par rapport au reste du monde lors des deux dernières décennies. Entre 2006 et 2012, la position extérieure est passée de + 1 % à - 21 % du PIB. Ramené à l'échelle d'un ménage moyen, cela signifie que les investisseurs étrangers vous devaient environ 400 euros en 2006, alors que vous leur devez aujourd'hui 7.500 euros.

La position extérieure a fait l'objet de révisions comptables en 2013 permettant de la ramener à - 17 % du PIB. Il faut dire que la projection de la dégradation connue en 2013 sur le chiffre de 2012 amenait à explorer des territoires inconnus à - 31 % du PIB. Rappelons que, dans le cadre de l'application du Pacte de stabilité, le tableau de la Commission comprend un signal d'alerte en cas de position extérieure nette supérieure à - 35 % du PIB.

Il ne faut pas chercher plus loin le sentiment du malheur français. En retournant l'adage de Stendhal dans sa « Vie de Rossini " : « Pour un pays comme pour un individu, ce n'est pas tant d'être pauvre qui fait le malheur, c'est de le devenir. » Comme il ne vous viendrait pas à l'esprit de qualifier de « riche " votre voisin aux revenus élevés mais plombé par une dette sans fond, notre statut de pays riche s'effiloche sous nos yeux, entretenant le sentiment latent de déclin.


En savoir plus sur https://www.lesechos.fr/13/08/2014/lesechos.fr/0203699704759_la-france-est-trop-endettee-pour-rester-un-pays-riche.htm#W1HOL3bLrzKcUQfl.99

La Chine apprécie la France et investit beaucoup aussi !

 

Après le lait dans le Finistère, voici les LED dans la Meuse. En janvier 2014, le chinois Synutra posait, à Carhaix, la première pierre de ce qui sera la plus grande usine de fabrication de poudre de lait dans le monde. Deux ans plus tard, c’est au tour de son compatriote Inesa d’entamer la construction d’un site en France. La cérémonie devait se dérouler lundi 21 mars sur un terrain au pied de la gare Meuse TGV, où sera bâti son centre de fabrication de LED, ces ampoules de très basse consommation. Ces deux premières implantations, représentant un investissement d’environ 100 millions d’euros chacune, illustrent l’attrait croissant de la France auprès des Chinois.

 

Ainsi, selon le cabinet d’avocats d’affaires Baker & McKenzie, la part chinoise des investissements étrangers dans le pays est passée de 3,4 % en 2012 à 7,6 % en 2014 pour atteindre 1,15 milliard d’euros. Les investissements se sont même envolés en 2015 pour culminer à 3,2 milliards d’euros. Ce bond est dû pour l’essentiel à des acquisitions dans le secteur de l’hôtellerie, avec l’OPA du chinois Fosun sur le Club Med et le rachat du Louvre Hôtels Group par Jin Jiang.

« Nous assistons à une diversification des secteurs convoités mais aussi des modes opératoires, sans parler des lieux d’implantation »

La France est passée du troisième au deuxième rang des pays européens favoris des Chinois devant le Royaume-Uni et derrière l’Italie où ChemChina a acquis le fabricant de pneumatiques Pirelli pour 7,1 milliards d’euros. « Nous assistons à une diversification des secteurs convoités mais aussi des modes opératoires, sans parler des lieux d’implantation », constate Raphaële François-Poncet, avocate associée au sein du département fusions- acquisitions de Baker & McKenzie en commentant « cette montée en puissance ».

L’année 2015 a vu la centième propriété viticole française passer dans des mains chinoises avec la vente de Château Renon, dans le Bordelais. Au même moment,...


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/03/21/le-chinois-inesa-investit-100-millions-d-euros-dans-la-meuse_4887000_3234.html#1WRQvrTRCR13GbUZ.99

Et j'en passe ! Ceci est une petite partie de l'Iceberg !

la pintade rose 

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