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Le blog de la Pintade Rose Rainbow

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Coups de cœur, coups de bec d'une habitante de Sant Nazer (44600)


Macron vers la religion (une odeur de sainteté) ()()()

Publié par La pintade rose sur 19 Octobre 2018, 17:05pm

Catégories : #j'aime ou j'aime pas

La France insoumise a critiqué un discours "irresponsable". "Macron en plein délire métaphysique. Insupportable. On attend un président, on entend un sous-curé"  "Le lien entre 'l'Église et l'État' n'a pas lieu d'être. Macron va trop loin. C'est irresponsable !", a-t-il ajouté.

Le porte-parole du parti Alexis Corbière a dénoncé une "parole indigne d'un président d'une République laïque... Paroles irresponsables qui soufflent sur les braises de tous les communautarismes religieux". "Et la loi de séparation de l'Église et de l'État ?", a-t-il interrogé.

Hamon dénonce une atteinte à la laïcité. Pour l'ex-candidat à l'élection présidentielle Benoît Hamon, le discours du président de la République est "profondément contraire aux principes fondamentaux de la laïcité dont il devrait être le premier garant". Ce discours constitue selon le fondateur du mouvement Générations "une atteinte sans précédent à la laïcité", "un affront inédit et dangereux de la part d'un chef de l'État à la loi de 1905", a-t-il dénoncé dans un communiqué.

Macron veut un "dialogue en vérité". Emmanuel Macron a déclaré lundi vouloir "réparer" les liens entre l'Église et l'État, dans un discours fleuve devant la Conférence des évêques, un exercice inédit car c'est la première fois que l'Église catholique organise un tel événement médiatico-politique, comparé par certains observateurs au dîner du Crif.

Pour rétablir cette relation, "il n'est pas d'autre moyen qu'un dialogue en vérité", a précisé le président dans la grande nef cistercienne du collège des Bernardins à Paris. Pour Emmanuel Macron, ce "dialogue est indispensable" car "une Église prétendant se désintéresser des questions temporelles n'irait pas au bout de sa vocation", tandis "qu'un président de la République prétendant se désintéresser de l'Église et des catholiques manquerait à son devoir".

La presse après la visite du président chez les évêques :

- La République attend beaucoup de vous” : tels sont les mots adressés par Emmanuel Macron aux membres du clergé présents lundi soir à la Conférence des évêques de France. En France, les réactions ne se sont pas fait attendre, et beaucoup ont vu dans ces déclarations une remise en cause de la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l’État. “Jamais un président français dans l’histoire récente n’avait été aussi loin dans sa relation avec l’Église”, estime la Tribune de Genève.
“Pour les évêques, la relation entre le pouvoir terrestre et le spirituel ne sera plus la même après le discours”, souligne le quotidien espagnol El País, qui ne se montre pas surpris par le discours du président français, en raison de ses écrits passés sur la laïcité et sa volonté de réformer l’islam de France.

Un rapprochement intéressé
En Allemagne, la Frankfurter Allgemeine Zeitung y voit pour sa part un geste “stratégiquement intelligent”. Le quotidien installé à Francfort explique que “les catholiques sont de plus en plus nombreux à voter en faveur du Front national”. La stratégie de Macron tendrait donc à ramener ces derniers “désormais publiquement dans le camp républicain”.
Le quotidien pointe une “relation entre les politiciens français et les catholiques : les uns les auraient instrumentalisés lors de leur campagne électorale, les autres considéreraient les catholiques comme une ‘minorité militante’”. Selon le journal allemand, le président veut “dépasser la guerre des tranchées”afin de se faire une alliée de “l’influente Église catholique”.

Selon le quotidien italien Il Foglio, il s’agit d’“un tournant”, puisque Emmanuel Macron “fait les éloges des catholiques devant les évêques” après “la tension latente qui existait avec François Hollande”. Le journal conservateur italien salue“des paroles pas anodines dans une France contrainte et blessée depuis des décennies par le sécularisme”. Un discours “apprécié par cet auditoire, parce qu’il a été considéré comme réaliste, dépourvu de l’emphase rhétorique d’un Sarkozy qui s’autoproclamait défenseur des racines chrétiennes de la France et de l’Europe”.

Macron vers la religion (une odeur de sainteté) ()()()

En faisant l’éloge de la spiritualité et en encourageant les chrétiens à s’investir en politique, le président fait un cadeau à l’islamisme.


Le moins qu’on puisse dire est que ceux qui attendaient depuis des mois le fameux « grand discours sur la laïcité » tant promis par le chef de l’Etat ont dû en être pour leurs frais hier soir. Celui-ci, invité par la Conférence des Évêques de France au collège des Bernardins, a livré un discours particulièrement désarçonnant, mais aussi de haute tenue et dont les polémiques engendrées par quelques phrases-clés ne rendent qu’imparfaitement compte.

Un libéral chrétien

Dans un verbe à la fois fort et subtil – auprès duquel le discours de Sarkozy à Latran fait figure de manifeste laïque-, fortement empreint des grandes figures du personnalisme et de l’humanisme modernes, convoquant Emmanuel Mounier, Simone Weil, Paul Ricoeur et quantité d’écrivains chrétiens, le président a dressé une sorte d’état des rapports actuels et à venir entre l’Eglise catholique et le pays. Le chef de l’Etat est revenu, avec justesse, sur l’engagement concret de nombreux catholiques dans la vie de la cité, à travers de nombreuses actions caritatives, humanitaires, sociales, spirituelles, dans les secteurs hospitaliers, carcéraux, mais aussi, d’une façon plus générale, sur la très grande adaptabilité réelle du monde catholique aux situations concrètes auxquelles il est confronté, indépendamment de l’intolérance de certains dogmes : ainsi Emmanuel Macron a-t-il tout à fait à juste titre évoqué le soutien concret apporté par de très nombreux catholiques à des personnes dont la situation familiale ou sociale ne correspond pourtant a priori pas à l’idéologie de l’Eglise (homosexualité, homoparentalité, familles recomposées, etc).

Sur le plan politique, la ligne présidentielle tracée dans ce discours est plus astucieuse qu’elle n’en a l’air, cherchant à dessiner une voie pragmatique entre la liberté et le respect de la dignité : en plein contexte de contestation sociale, il faut comprendre qu’on chercherait là un chemin entre le libéralisme qui préside idéologiquement aux dogmes bruxellois et le respect (et donc la protection) des individus en tant que personnes (le même discours prononcé au Crif aurait tout aussi bien convoqué Lévinas au lieu de Mounier, il se serait toujours agi d’un Emmanuel…), même si l’on peut se demander ce que penserait la grande Simone Weil de la mise en concurrence des services publics, elle qui adhéra à l’anarcho-syndicalisme et s’établit à l’usine… Enfin, la plupart des hommes politiques chrétiens qui sont invoqués (Delors, Schuman,…) sont naturellement de bons apôtres de cette Union européenne qui constitue le credo principal d’Emmanuel Macron et dont découle la totalité de son action politique.

Un cadeau aux barbus?

Là où les choses se compliquent, c’est lorsque le chef de l’Etat prononce deux phrases qui, dans un contexte de très grande menace sur la laïcité, font figure de bombes : les rapports entre l’Eglise et l’Etat auraient été « abîmés » (sic) et il conviendrait de les « réparer », et, par ailleurs, les catholiques sont invités à s’engager davantage « politiquement », en tant que catholiques.

Dans un contexte paisible, où le pays ne subirait pas les assauts répétés et meurtriers de l’islam radical à visée précisément politique, ces phrases de réconciliation, n’en déplaise aux bouffe-curés old school, seraient plutôt de bon sens. Le président revient d’ailleurs à juste titre sur les racines chrétiennes de la France, ce qui relève de l’évidence historique. Le problème ne vient pas de là.

Inciter les membres d’une religion à s’engager politiquement, dans un contexte d’entrisme politique de l’islam radical, est à la fois irresponsable et dangereux : le Président ne pouvait ignorer la résonance particulière de ces mots dans un contexte où l’église catholique est en plein recul sur fond de crise des vocations, quand le prosélytisme islamique, lui, ne cesse de s’étendre. Ce ne sont pas les luthériens ni les bouddhistes qui vont soudain vouloir s’emparer de cet appel à l’engagement politique des religieux, et l’équité entre les cultes que commande justement le principe de laïcité obligera le Président à prononcer les mêmes paroles et accorder les mêmes objectifs aux membres de toutes les religions.

 La spiritualité dans l’engagement

Pareillement, Emmanuel Macron évoque l’importance de la spiritualité dans l’engagement concret de chacun, à travers la notion intéressante d’ « effectivité ». Là encore, on ne peut que lui donner raison sur le fond, et on a bien vu à travers la figure du colonel Beltrame combien l’engagement républicain et une foi profonde pouvaient être indéfectiblement liés et précisément effectifs. Mais les défenseurs de la laïcité, hormis quelques pachydermes réincarnés des radicaux-socialistes d’autrefois, ne contestent pas l’importance de la vie spirituelle pour chacun dans le cadre de ses pratiques privées, ni la manière intime dont chacun peut déployer sa foi dans son action publique. Les agnostiques, voire les athées ont une vie spirituelle et réfléchissent à la transcendance ou au sens de la vie, à leur manière, et, même dans l’hypothèse d’une vie totalement privée de transcendance, un solide sens de l’humanité et du respect d’autrui pourra servir de guide spirituel pour mener une vie d’honnête homme. Le problème n’est donc pas là mais réside dans la volonté de certains d’imposer leur vision de la spiritualité dans l’espace public : vêtements, comportements, intolérances, interdictions, évictions des femmes de certains espaces, violences contre les membres d’autres religions, mais aussi interventions dans le champ bio-éthique etc. La spiritualité ne dispense jamais mieux ses effets positifs sur la société que lorsqu’elle s’exerce dans le cadre privé.

La laïcité, rempart des chrétiens

Paradoxalement, après un siècle de relations en effet très douloureuses entre les Eglises et l’Etat, c’est désormais la laïcité qui est le meilleur rempart protecteur pour les chrétiens, tout comme elle l’est également pour les juifs de France mais aussi pour les musulmans modérés : ne pas comprendre cette inversion historique du paradigme laïque engendré par l’entrisme islamiste c’est au mieux faire un contresens majeur sur la situation actuelle, et au pire donner les clés de la maison à la religion qui sera la plus véhémente dans son action politique.

Selon Macron  (la république est laïque mais pas la société) 

qu'entend-il par là ?

 

(Tribune. Avant que tout discours ait été prononcé, le seul fait que le président Macron ait accepté, après des rencontres avec d’autres dignitaires des cultes, l’invitation de la Conférence des évêques de France à s’exprimer devant elle avait suscité des anticipations contrastées : celles de ceux qui dénonçaient par avance un manquement à la laïcité, et celles de ceux qui, en sens inverse, en espéraient des gages communautaires.

Il est certain que le contenu de l’allocution d’un président de la République osant les mots de « transcendance » ou de « salut » a peu de chances d’apaiser les passions. Le propos, de fait, est hors norme. De quoi s’agit-il ? Son trait le plus frappant est la conviction forte qui s’y exprime de ce que la foi catholique n’est pas une simple « opinion », et de ce que l’Eglise n’est pas réductible a une « famille de pensée » invitée à vivre dans une bulle étanche au monde qui l’environne.

Le discours du président intègre l’idée selon laquelle toute foi religieuse participe, pour celui qui s’en réclame, de la construction de son rapport au monde. Il atteste en même temps que le catholicisme – comme toute religion, selon Max Weber – est un « mode d’agir en communauté ». Dire cela, c’est avancer aussi que l’idée d’une pure « privatisation » de la croyance est une vue de l’esprit. Car la croyance n’est elle-même qu’une composante de ce rapport singulier au monde à laquelle la foi introduit le fidèle.

Est-ce manquer à la laïcité que de le reconnaître ? La laïcité n’a pas été mise en place pour réduire sans reste cette singularité du religieux : elle a été construite pour empêcher que le mode propre d’agir en communauté que celle-ci définit puisse prévaloir, de quelque manière que ce soit, sur les règles que la communauté des citoyens se donne à elle-même. Ceci vaut pour le catholicisme romain autant que pour toutes les autres confessions présentes dans la société religieusement plurielle qu’est...)

 


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/idees/article/2018/04/11/emmanuel-macron-aux-eveques-un-discours-hors-norme_5283783_3232.html#Sbh3CLP6tTzduSWh.99

Cet article date au moment de son élection :
 
Lors d'une réunion organisée par l'Elysée entre le Président et les représentants des six principales religions, Emmanuel Macron se serait "interrogé de manière critique sur la radicalisation de la laïcité". Le chef de l'Etat, qui ne s'est toujours pas exprimé publiquement sur le sujet, entretient le flou sur sa vision de la laïcité.

On entend très peu le président Macron sur le sujet de la laïcité. Alors que la controverse entre Charlie Hebdo et Mediapart a mis le sujet sur le devant de la scène politique, et que plusieurs visions de la laïcité se sont affrontées (souvent avec violence) dans le débat public, le chef de l'Etat s'est tenu soigneusement à l'écart des discussions. Sa majorité - à l'exception du député Aurélien Taché et de Manuel Valls - l'a d'ailleurs largement imité. Du coup, chaque indice sur la vision de la laïcité que porte Emmanuel Macron est scruté avec attention. 

Le président de la République pourrait bien avoir donné une indication ce jeudi 21 décembre à l'Elysée, en parlant de risque de "radicalisation de la laïcité" lors d'une réunion avec les représentants des six cultes pratiqués en France : religions catholique, protestante, orthodoxe, musulmane, juive et bouddhiste. La rencontre, entièrement à l'initiative du Président, a duré près de deux heures. Les ministres Gérard Collomb (Intérieur) et Jean-Michel Blanquer (Education) étaient présents. 

 

D'après le président de la Fédération protestante de France (FPF) François Clavairoly, le chef de l'Etat aurait fait montre d'une conception plutôt "ouverte" de la laïcité. "Il a dit : 'c'est bien la République qui est laïque et non la société, les cultes peuvent s'exprimer dans l'espace public'" s'est félicité auprès de l'AFP le pasteur. D'après François Clavairoly, le président se serait même "interrogé de manière critique sur la radicalisation de la laïcité au détour d'une phrase, en se disant vigilant là-dessus". Des propos corroborés par le grand rabbin de France, Haïm Korsia, qui a confié à l'AFP qu'Emmanuel Macron ne "comprenait pas certaines situations qui relèvent d'une obsession". Au cours de la discussion, le chef de l'Etat aurait tenu à rassurer les représentants des cultes sur le maintien des émissions religieuses diffusées sur France Télévisions. 

Une conception "accommodante" de la laïcité ?

Le Président ne s'est toujours pas exprimé de manière publique sur la laïcité, conscient que le sujet ouvre des fractures béantes dans la société française. Il a même reporté sine die un discours prévu le 9 décembre sur cet enjeu. Plusieurs de ses conseillers font état de sa volonté de dépassionner un débat souvent tendu. Mais si elle se confirme, son attitude auprès des représentants de culte n'est pas anodine : insister sur une société qui ne serait "pas laïque", et affirmer face à des religieux sa "vigilance" face à une "radicalisation de la laïcité" témoigne d'une volonté de s'éloigner de la ligne défendue par les défenseurs les plus affirmés de la laïcité républicaine. Et de préférer l’accommodement avec les religions au combat pour l'universalisme. 

Autre signe des conceptions "ouvertes" défendues par Macron : sa longue interview à Challenges en octobre 2016, lorsqu'il n'était encore que candidat. Il y critiquait notamment le "laïcisme", une "conception étriquée et dévoyée de la laïcité qui dénote à la fois une insécurité culturelle profonde et une incompréhension historique de la France". Au cours de son mandat, le Président a pris l'habitude de parsemer ses discours de références religieuses et a montré une forte appétence pour la "transcendance". En février 2017 dans le JDD, il assimilait la politique à "unemystique".

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