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Le blog de la Pintade Rose Rainbow

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Coups de cœur, coups de bec d'une habitante de Sant Nazer (44600)


Le baccalauréat ()())(()()

Publié par La pintade rose sur 18 Janvier 2018, 17:49pm

Catégories : #j'aime, #Femmes Femmes...

  Au XIXème siècle, sous le Second Empire (1852 – 1870), rien n’empêche les femmes de candidater pour obtenir leur baccalauréat, ce diplôme remis au goût du jour par Napoléon Ier : en effet, il n’existe pas de loi écrite leur interdisant de se présenter !Pourtant, aucune ne tente l’épreuve… C’est qu’elles n’y songent même pas.

   Julie-Victoire Daubié, une vosgienne à la forte personnalité va, à force de ténacité, décrocher le premier baccalauréat féminin de l’histoire de notre pays, le 17 août 1861. Une étape indispensable dans le combat des femmes pour se voir reconnaître les égales des hommes. C’était il y a 150 ans…

 

De l’éducation

   Depuis la loi Guizot, promulguée en 1833, l’école est obligatoire… mais seulement pour les garçons. Et bien oui, pourquoi les femmes auraient-elles besoin de s’instruire ? La croyance selon laquelle la femme n’a pas les mêmes capacités intellectuelles que l’homme est ancrée dans les mœurs depuis fort longtemps, et semble indéracinable.

   Depuis 1847 et la première révolution industrielle, la majorité des femmes sont ouvrières, brodeuses, lingères… souvent dans les manufactures de vêtements, dans les ateliers ou dans les usines.

   A quoi cela leur servirait-il de se transformer en « femmes savantes » ? Encourager de telles libertés pourrait même devenir dangereux, bousculer l’ordre établi dans la famille. La mère doit veiller à la bonne éducation des enfants, apprendre les bonnes manières, tenir son ménage. Savoir coudre et broder, tout au plus. Oui, sous le Second Empire, c’est encore la pensée dominante dans la plupart des couches sociales de la population, femmes y compris. Ce n’est pas si vieux !

   Si certaines femmes travaillent à domicile, oeuvrer dans les manufactures se fait de façon très précaire :

Bagnes très hiérarchisés, où l’on travaille jusqu’à 13 ou 14 heures par jour, pour des salaires quotidiens très disparates, de 40 centimes à 4 francs (une chambre est louée entre 100 et 200 francs par an).

   Certaines rêvent d’un avenir meilleur, d’un destin choisi et non subi : cela passe par l’accession à des emplois plus valorisants et mieux rémunérés.

Mais comment s’émanciper sans éducation ? En matière d’instruction ou de formation des filles, tout ou presque reste, alors, à inventer.

   Julie-Victoire Daubié va ouvrir la voie à toutes ces femmes qui ambitionnent, grâce à l’éducation, de s’élever au rang des hommes.

 

   Une Femme va ouvrir la voie à toutes ces femmes qui ambitionnent, grâce à l’éducation, de s’élever au rang des hommes.

C'est Julie-Victoire Daubié (dite parfois Victoire Daubié, ou à tort Julie Daubié), née le  à Bains-les-Bains (Vosges) et morte le  à 50 ans à Fontenoy-le-Château, est une journaliste française. C'est la première femme française à s'inscrire aux épreuves du baccalauréat à Lyon en 1861, et la première à l'obtenir le . C'est aussi la première licencié (sans "e", orthographe de l'époque) ès lettres le .

PUGNACE, JULIE-VICTOIRE DAUBIÉ DÉCIDA EN 1861 QUE RIEN NI PERSONNE NE L'EMPÊCHERAIT DE PASSER SON BACCALAURÉAT. ELLE OUVRIT LA VOIE DE L'INSTRUCTION SUPÉRIEURE AUX FEMMES FRANÇAISES. 

Il est certains droits qu’on n'obtient qu’en les arrachant. Dans la France du milieu du XIXe siècle, celui de passer le baccalauréat quand on était une femme en faisait partie. 

Julie-Victoire Daubié, fille de petits bourgeois, avait reçu une éducation ordinaire et obtenu son brevet élémentaire jusqu'au jour où elle dut donner des leçons pour vivre ; elle compléta alors elle-même son instruction, se prit de passion pour le latin et fut bientôt capable de traduire les auteurs les plus difficiles. Le jour où elle s’en sentit capable, elle décida de passer son baccalauréat, quand bien même aucune femme ne l'avait fait jusque-là. Julie-Victoire Daubié le sait : aucun texte de loi ne le lui interdit. 

La manière dont elle procéda est rapportée dans quelques journaux, comme dans Le Petit Parisien en 1879. 

« Notre étudiante (en chambre) se rendit à la Faculté des lettres et pria qu'on voulut bien l'inscrire pour les examens. Ébahissement des professeurs. Jamais semblable chose ne s'était vue. 

En France, on a de ces épouvantes : ce qui ne s'est jamais vu prend tout de suite les proportions d'un événement. Pour un peu, on crierait au bouleversement, à la révolution, au renversement de tout. Et l’on a donc répondu à Mlle Daubié que ce qu'elle demandait était impossible.

“Nous verrons”, se dit en elle-même la postulante. Et elle courut chez le recteur. [...] Naturellement, il fut de l'avis des examinateurs. Une femme ne pouvait prétendre au baccalauréat.

Pourquoi, monsieur ? demanda Mlle Daubié.
Parce que ce n'est pas l'usage, répondit le recteur.
Mauvaise raison, monsieur
 : l'usage n'est pas la loi. [...]

Le recteur se trouva, vous le pensez, fort embarrassé. En effet, pas de loi. Et vous savez l'axiome de notre droit public : “Ce qui n'est pas défendu est permis.”

Bref, le recteur à bout d'arguments s'inclina. »

Et le journalise de commenter : 

« Mlle Daubié pensait [...] que le meilleur moyen de prouver l'égalité des sexes, c'était de la rendre palpable, évidente, en un mot, de la montrer. »

Le baccalauréat ()())(()()

Julie-Victoire Daubié voit le jour dans la maison dite des Commis de la Manufacture royale de Bains-les-Bains où son père occupe les fonctions de comptable puis de caissier.

Elle est prénommée Julie-Victoire à l'état civil mais porte au quotidien le prénom de Victoire, comme sa mère Victoire Colleüille. Elle doit son prénom de Julie, comme le veut l'usage local, à sa sœur aînée Marie-Julie, Julie au quotidien, qui est aussi sa marraine. Par erreur, de nombreux établissements ou rues ont été nommés Julie-Daubié au lieu de Julie-Victoire Daubié ou Victoire Daubié.

Huitième enfant de sa fratrie, elle a vingt mois à la mort de son père, qui est enterré dans le caveau de sa famille à Fontenoy. La mère et les enfants rejoignent alors Fontenoy-le-Château où réside la famille paternelle de Julie-Victoire. L'inscription de ses frères et sœurs sur les registres paroissiaux de Fontenoy montre que les enfants y suivent leur catéchisme.

Elle est issue de la petite bourgeoisie catholique fontenaicastrienne. Les familles Colleüille et Daubié se sont illustrées sous la Terreur en cachant des prêtres. Son grand-père paternel, Siméon-Florentin Daubié, greffier de justice et ancien négociant, vit alors de ses rentes. Son grand-père maternel, Jean-Nicolas Colleüille, après avoir vendu les forges du Moulin brûlé et de Pont-du-Bois, est le directeur des forges de Buyer à la Chaudeau.

Contrairement à la légende, elle n'a jamais travaillé dans les ateliers de la Manufacture royale de fer blanc de Bains-les-Bains. Son nom n'apparaît pas sur les registres d'établissement de livret ouvrier. Elle a certes côtoyé et vu au bureau de bienfaisance de Fontenoy la misère des ouvriers de campagne, la triste condition des domestiques et le sort funeste réservé aux mères célibataires. Elle puise peut-être là l'inspiration de son essai La Femme pauvre au xixe siècle avec lequel elle remporte le premier prix du concours de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon le . La séance de l'Académie, présidée par Monsieur Sauzet, accorde à Mademoiselle Daubié, une médaille de 800 francs.

Cette question de concours est publiée sous le titre La Femme pauvre au XIXe siècle, par une femme pauvre, et sa deuxième édition est couronnée en 1867 à l'Exposition universelle de Paris.

Le , elle obtient le « certificat de capacité », brevet d'enseignante, obligatoire pour tous depuis la loi Guizot du . La loi Falloux du  rendra ce brevet obligatoire pour les enseignantes laïques alors que selon l'article 49, « Les lettres d'obédience tiendront lieu de brevet de capacité aux institutrices appartenant à des congrégations religieuses vouées à l’enseignement et reconnues par l’État ». Néanmoins, la loi Falloux, bien que favorisant un enseignement catholique d'État, demande la création d'une académie par département et fait obligation aux communes de plus de 800 habitants d'ouvrir une école de filles.

Julie-Victoire Daubié s'élève contre le manque de qualification de certaines religieuses pour enseigner et non pas contre un enseignement catholique.

Daubié étudie le grec et le latin, matières indispensables pour présenter le baccalauréat, avec son frère prêtre. Elle a complété sa formation en zoologie, section mammifères et oiseaux, en s'inscrivant en 1853 au Muséum national d'histoire naturelle de Paris pour suivre les cours d'Isidore Geoffroy Saint-Hilaire. Il lui a obtenu une autorisation spéciale pour qu'elle vienne étudier dans les galeries hors des heures d'ouverture au public.

Sachant qu'elle y serait bien accueillie, avec l'aide de François Barthélemy Arlès-Dufour, un saint-simonien et industriel lyonnais très influent dans les milieux académiques et à la cour impériale, et, forte de son succès au concours lyonnais de 1859, elle s'inscrit à la faculté des Lettres de Lyon pour passer son baccalauréat.

Le , elle obtient son baccalauréat en totalisant six boules rouges, trois boules blanches, une boule noire. Ce système de boules était le moyen de vote des professeurs examinateurs. En ce temps-là, ils ne calculaient pas de moyenne. Une boule blanche signifiait un avis favorable, une boule rouge, une abstention, une noire, un avis défavorable.

« … Nous sommes heureux d'annoncer qu'elle a été reçue avec distinction et qu'elle s'est montrée bonne latiniste, soit dans les compositions, soit dans les explications. On peut citer un certain nombre de femmes qui au Moyen Âge et surtout à l'époque de la Renaissance, ont obtenu leur bonnet de Docteur, mais Mademoiselle Daubié est certainement le premier bachelier de sexe féminin qu'ait proclamé l'Université de France. »

Il a souvent été écrit qu'elle dut attendre longtemps son diplôme de bachelier ès Lettres et que, prétendant qu'il « ridiculiserait le ministère de l'Instruction publique », le ministre Gustave Rouland refusait de le signer. Et aussi qu'il fallut une intervention pressante d'Arlès-Dufourauprès de l'entourage de l'impératrice Eugénie ainsi qu'une campagne de presse menée par Léon Richer pour que l'ordre soit donné à ce ministre d'apposer sa signature au bas du diplôme. Cependant, il est habituel à cette époque d'attendre entre six mois et un an la réception du diplôme[16].

« En France (j'aime à le dire pour l'honneur de mon pays) l'initiative sociale nous manque ici beaucoup plus que la liberté, car j'ai pu être admise, l'année dernière, à l'examen du baccalauréat, par la Faculté des lettres de Lyon, sans faire de demande exceptionnelle. J'ai rencontré partout, pour cette innovation, une bienveillance impartiale et des sympathies généreuses, dont je ne saurais trop remercier ma patrie et mon siècle. »

Elle achète au centre de Fontenoy la vaste maison de Charlotte de Huvé où, en bonne saint-simonienne, elle installe un bureau d'entrepreneur de broderie blanche, imitant en cela sa sœur Julie déjà entrepreneur en 1852. Elle en confiera la gestion à sa nièce Mathilde puisque Julie-Victoire Daubié ne vient à Fontenoy que pour la belle saison. Cette maison a été démolie lors du percement du canal de l'Est.

Julie-Victoire Daubié dans le chapitre 2 de La femme pauvre intitulé Quels moyens de subsistance ont les femmes consacre une large place à la broderie, sujet qu'elle connait bien :

« La broderie, occupe en France, près de deux cent mille ouvrières. Le salaire quotidien des brodeuses varie de 20 centimes à 1,5 francs et 2 francs. La broderie faite sur un métier exigeant beaucoup de perfection, donne un salaire plus élevé, mais elle dévie la taille des enfants qu'on y applique trop jeunes. »

Daubié réside à Parisavenue des Champs-Élysées dans le huitième arrondissement, donne des conférences et est devenue journaliste économique. Le  parait dans le quotidien d'Émile de GirardinLa Presse, son essai Du progrès dans l'enseignement primaire. Cet article a l'honneur d'être référencé et conseillé dans la très sérieuse Bibliographie catholique. Julie-Victoire écrit aussi dans L'Économiste français, hebdomadaire économique fondé en 1862 par Jules Duval (1813-1870).

Le , un arrêté du Maire de Paris demande la création « d'une Commission de dames pour examiner les questions relatives à l'enseignement primaire ». Julie-Victoire Daubié est sollicitée pour y travailler. Les travaux de cette commission, interrompus pendant les trois mois des troubles de la Commune de Paris, furent consignés dans le rapport Delon-Coignet[f].

Au début de l'année 1871 elle crée une association qui a pour nom Association pour le suffrage des femmes et dont le siège est à Passy[

Victoire Daubié continue à travailler pour préparer sa licence ès lettres bien qu'elle ne puisse pas assister aux cours à la Sorbonne car bien que l'examen soit accessible aux femmes, les cours leur sont encore interdits. Elle réussit son examen le  et devient la première licencié (sans e) ès Lettres, l'intitulé du diplôme de licence comme celui du baccalauréat n'existe qu'au masculin.

Aussitôt elle décide de préparer une thèse de doctorat dont le sujet sera La Condition de la femme dans la société romaine. Sa mort laisse cette thèse inachevée. La même année, elle s'établit à Fontenoy pour veiller sur sa mère âgée et malade.

Elle est profondément affectée par l'interdiction à la vente, par voie de colportage de trois ouvrages que son association pour « l'émancipation progressive de la femme » présidée par Arlès-Dufour et dont elle est vice-présidente, a édités.

L'année suivante, le  vers 17 h, Julie-Victoire Daubié (« en son vivant entrepreneur de broderie » écrit le notaire dans son inventaire après décès) meurt de la tuberculose. Elle est enterrée à Fontenoy-le-Château le 28 août. Elle repose avec sa sœur Julie et ses nièces Mathilde et Louise Daubié. Sa tombe est toujours visible. Elle laisse à ses frères et sœurs une succession plus que confortable, deux maisons, des titres, des actions, etc. Son seul frère célibataire, celui qui est prêtre, prend en charge les frais d'enterrement. Contrairement à la légende, il n'existe aucune trace ni aux archives paroissiales, ni aux archives diocésaines attestant d'une difficulté quelconque pour lui donner des funérailles chrétiennes. Le registre paroissial de Fontenoy fait mention d'un service funèbre ordinaire.

 

 

La militanteModifier

« Julie-Victoire Daubié n'était pas socialiste. Elle était fortement marquée par le saint-simonisme mais elle en avait une interprétation morale et politique... »

Victoire Daubié est une moraliste, une économiste féministe par sa nature même. Elle laisse le souvenir de sa ténacité dans la lutte pour la reconnaissance de nombreux droits aux femmes. Outre son combat pour leur accès à l'enseignement et à une formation professionnelle efficace, elle milite pour le vote des femmes qui, d'après elle, moraliserait la vie politique. Avec Léon Richer[24]Alexandre Dumas filsErnest Legouvé elle prend la défense des enfants adultérins privés de droits, comme les femmes, par le Code Napoléon. Elle écrit dans l'hebdomadaire de Léon Richer Le Droit des femmes.

Ses idées s'inscrivent dans le courant de pensée moderniste du second empire, annonciateur du xxe siècle, auquel ont été associées des figures telles qu'Eugénie de MontijoElisa LemonnierMichel ChevalierFrançois Barthélemy Arlès-Dufour, Marie-louise et Ulysse TrèlatRosa Bonheur, etc.

De son vivant son travail de journaliste lui vaut une reconnaissance dans toute l'Europe[25],[26] et aux États-Unis[27]. Son combat pour l'éducation des femmes et leur accès à l'enseignement supérieur a inspiré la féministe anglaise Joséphine Butler qui a traduit en langue anglaise une partie de ses œuvres. En 1869, lors de son voyage d'étude à Paris, Frances E. Willard, première femme doyen de la Northwestern University, qui connaissait ses travaux obtient de la rencontrer.

Julie-Victoire Daubié aura partagé sa vie entre ses luttes pour l'émancipation de la femme dans la société contemporaine (mariage, conditions de travail, formation professionnelle, rémunération, droit de vote, etc.), ses engagements dans les mouvements de l'histoire du temps, son travail de préceptrice, ses relations politiques, journalistiques et amicales (Jules SimonLéon RicherMarie d'AgoultJuliette Edmond Adam etc.).

Elle ne voit pas de son vivant le résultat de toutes ses luttes, mais elle a néanmoins la satisfaction de jouir d'une certaine reconnaissance. Elle reçoit à l'Exposition universelle de 1867 une médaille qui récompense[32] l'ensemble de son travail et le renom de son auteur.

Daubié réside à Paris, avenue des Champs-Élysées dans le huitième arrondissement, donne des conférences et est devenue journaliste économique. Le 24 mars 1862 parait dans le quotidien d'Émile de Girardin, La Presse, son essai Du progrès dans l'enseignement primaire. Cet article a l'honneur d'être référencé et conseillé dans la très sérieuse Bibliographie catholique]. Julie-Victoire écrit aussi dans L'Économiste français, hebdomadaire économique fondé en 1862 par Jules Duval (1813-1870).
Le 21 octobre 1870, un arrêté du Maire de Paris demande la création « d'une Commission de dames pour examiner les questions relatives à l'enseignement primaire ». Julie-Victoire Daubié est sollicitée pour y travailler. Les travaux de cette commission, interrompus pendant les trois mois des troubles de la Commune de Paris, furent consignés dans le rapport Delon-Coignet.
Au début de l'année 1871 elle crée une association qui a pour nom Association pour le suffrage des femmes et dont le siège est à Passy[19].
Victoire Daubié continue à travailler pour préparer sa licence ès lettres bien qu'elle ne puisse pas assister aux cours à la Sorbonne car bien que l'examen soit accessible aux femmes, les cours leur sont encore interdits. Elle réussit son examen le 28 octobre 1872 et devient la première licencié (sans e) ès Lettres, l'intitulé du diplôme de licence comme celui du baccalauréat n'existe qu'au masculin.
Aussitôt elle décide de préparer une thèse de doctorat dont le sujet sera La Condition de la femme dans la société romaine. Sa mort laisse cette thèse inachevée. La même année, elle s'établit à Fontenoy pour veiller sur sa mère âgée et malade.
Elle est profondément affectée par l'interdiction à la vente, par voie de colportage, de trois ouvrages que son association pour « l'émancipation progressive de la femme » présidée par Arlès-Dufour et dont elle est vice-présidente, a édités.
L'année suivante, le 25 août 1874 vers 17 h, Julie-Victoire Daubié (« en son vivant entrepreneur de broderie » écrit le notaire dans son inventaire après décès) meurt de la tuberculose]. Elle est enterrée à Fontenoy-le-Château le 28 août. Elle repose avec sa sœur Julie et ses nièces Mathilde et Louise Daubié. Sa tombe est toujours visible. Elle laisse à ses frères et sœurs une succession plus que confortable, deux maisons, des titres, des actions, etc. Son seul frère célibataire, celui qui est prêtre, prend en charge les frais d'enterrement. Contrairement à la légende, il n'existe aucune trace ni aux archives paroissiales, ni aux archives diocésaines attestant d'une difficulté quelconque pour lui donner des funérailles chrétiennes. Le registre paroissial de Fontenoy fait mention d'un service funèbre ordinaire.

La militante
Modifier
« Julie-Victoire Daubié n'était pas socialiste. Elle était fortement marquée par le saint-simonisme mais elle en avait une interprétation morale et politique... »
Victoire Daubié est une moraliste, une économiste féministe par sa nature même. Elle laisse le souvenir de sa ténacité dans la lutte pour la reconnaissance de nombreux droits aux femmes. Outre son combat pour leur accès à l'enseignement et à une formation professionnelle efficace, elle milite pour le vote des femmes qui, d'après elle, moraliserait la vie politique. Avec Léon Richer, Alexandre Dumas fils, Ernest Legouvé elle prend la défense des enfants adultérins privés de droits, comme les femmes, par le Code Napoléon. Elle écrit dans l'hebdomadaire de Léon Richer Le Droit des femmes.
Ses idées s'inscrivent dans le courant de pensée moderniste du second empire, annonciateur du xxe siècle, auquel ont été associées des figures telles qu'Eugénie de Montijo, Elisa Lemonnier, Michel Chevalier, François Barthélemy Arlès-Dufour, Marie-louise et Ulysse Trèlat, Rosa Bonheur, etc.
De son vivant son travail de journaliste lui vaut une reconnaissance dans toute l'Europe et aux États-Unis]. Son combat pour l'éducation des femmes et leur accès à l'enseignement supérieur a inspiré la féministe anglaise Joséphine Butler qui a traduit en langue anglaise une partie de ses œuvres[28]. En 1869, lors de son voyage d'étude à Paris, Frances E. Willard, première femme doyen de la Northwestern University, qui connaissait ses travaux obtient de la rencontrer.
Julie-Victoire Daubié aura partagé sa vie entre ses luttes pour l'émancipation de la femme dans la société contemporaine (mariage, conditions de travail, formation professionnelle, rémunération, droit de vote, etc.), ses engagements dans les mouvements de l'histoire du temps, son travail de préceptrice, ses relations politiques, journalistiques et amicales (Jules Simon, Léon Richer, Marie d'Agoult, Juliette Edmond Adam etc.).
Elle ne voit pas de son vivant le résultat de toutes ses luttes, mais elle a néanmoins la satisfaction de jouir d'une certaine reconnaissance. Elle reçoit à l'Exposition universelle de 1867 une médaille qui récompense l'ensemble de son travail et le renom de son auteur.

Le baccalauréat ()())(()()
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