Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
27 Jan

Louise Weiss, militante et journaliste []

Publié par La pintade rose  - Catégories :  #j'aime, #Femmes Femmes...

La cause du droit de vote des femmes en 1936.

 

Durant la première guerre mondiale, la grande majorité des associations féministes françaises mettent leurs revendications entre parenthèses. Pendant le conflit, nombre de femmes font cependant leur entrée dans le monde du travail où elles remplacent des hommes absents ou tombés au front, acquérant par ailleurs des responsabilités et une autonomie nouvelles qui nourrissent un désir d’émancipation.

Malgré quelques avancées, 1918 marque pour les femmes une sorte de retour à la « normale » en France, et ce alors même que leur poids démographique comme leur rôle économique n’ont jamais été aussi importants dans la société. Ainsi, et à l’inverse de la Grande-Bretagne où le droit de vote (partiel et censitaire) est accordé aux femmes en 1918, les militantes françaises n’obtiennent toujours pas gain de cause.

Le 20 mai 1919 pourtant, la Chambre des Députés adopte pour la première fois une proposition de loi instaurant le vote des femmes aux élections locales qui est finalement rejetée par le Sénat en 1922. Ce schéma se reproduit ensuite à quatre reprises (1925, 1927, 1932 et 1935), malgré les injonctions de plus en plus fermes de la Chambre appelant le gouvernement à user de son influence sur le Sénat.

Pour les différents mouvements suffragistes, les élections locales ou nationales deviennent l’occasion de grandes campagnes de sensibilisation et de propagande qui prennent de multiples formes : pétitions, campagnes de presse, tracts, affiches, votes et élections « parallèles », etc., comme aux municipales de 1925 à Paris ou de 1935 dans toute la France. Six conseillères dites supplémentaires sont ainsi élues après une élection « parallèle » et mixte à Louviers, qui siègeront avec voix délibérative. La photograpgie Centre de propagande pour le vote des femmes, donne justement à voir l’un de ces événements organisé pour le droit de vote des femmes, ainsi que plusieurs des figures féministes de l’entre-deux guerres.

 

Centre de propagande pour le vote des femmes, a été prise en février 1936. Alors que les élections législatives d’avril-mai 1936 approchent, porteuses de l’espoir d’une victoire des progressistes, cinq militantes tiennent ce qui semble être un guichet improvisé (panneau de bois, à droite) que l’on imagine installé sur un trottoir (façade d’immeuble en arrière plan) d’une des rues de la ville de Paris.

Une pancarte occupe le second plan de l’espace ainsi délimité, qui revendique pour les femmes, en lettres noires sur fond blanc, « le droit de vote aux prochaines élections » (celles d’avril-mai) et évoque, semble-t-il, leur « liberté ».

 

Autour d’une petite table couverte de papiers (lettres, bulletins et pétitions), on reconnaît, de gauche à droite : Maryse Demour (assise avec un chapeau), Hélène Roger-Viollet (debout, tenant une feuille à la main), Jane Nemo (assise), Louise Weiss (assise avec un chapeau) et Clara Simon (debout avec un chapeau).

 

Louise Weiss et Clara Simon fixent l’objectif, semblant à cet instant précis poser pour le photographe. Les visages et l’attitude corporelle déterminés disent le sérieux de leur engagement ainsi que l’importance qu’elles donnent à leur démarche en ce jour de février. On perçoit toutefois chez elles deux une certaine malice (petit sourire en coin), voire un air de défi (manière dont se tient et dont nous regarde Clara Simon). Jane Nemo regarde ailleurs, droit devant elle, dans la même direction que Maryse Demour. La plus jeune d’entre elles, Hélène Roger-Viollet, semble apprécier la lecture de la lettre ou du document qu’elle teint dans les mains.

Louise Weiss,  militante et journaliste   []

Louise Weiss et La femme nouvelle

 

En France, le combat pour le droit de vote des femmes est principalement mené par les deux plus grandes organisations suffragistes que sont l’Union française pour le suffrage des femmes (UFSF) dirigée par Cécile Brunschvicg et la Ligue française pour le droit des femmes (LFDF) dirigée par Maria Verone. Dans les années 20 et 30, l’UFSF et la LFDF voient le nombre de leurs membres considérablement augmenter (100 000 en 1935 pour L’UFSF). Avec des moyens de plus en plus conséquents, elles peuvent mieux faire entendre leurs revendications, notamment à l’occasion de chaque élection locale ou nationale. Il existe cependant d’autres figures féministes qui évoluent (relativement) à l’écart de ces deux associations. C’est notamment le cas des femmes que l’on aperçoit sur la photographie étudiée ici.

Agrégée de lettres et diplômée d’Oxford, Louise Weiss fait carrière dans le journalisme au sein de l’hebdomadaire L’Europe nouvelle où elle milite pour la paix. En 1934, elle fonde l'association La femme nouvelle, qui entend promouvoir une forme de militantisme pour le droit de vote des femmes plus radical et plus original, plus moderne aussi, inspiré par les suffragettes anglaises et américaines. En mai 1935, elle se présente aux élections municipales, à Montmartre, où elle transforme de manière ironique des cartons à chapeaux en urnes et obtient 18 000 votes. Cette même année de 1935, elle organise une tournée dans toute la France où, accompagnée des militantes de La femme nouvelle, elle multiplie les happenings visant à faire parler du féminisme dans la presse.

Prise quelques mois plus tard, cette photo la représente entourée de ses complices de lutte, qui partagent d’ailleurs le même goût pour un activisme provocateur. Jane Nemo s’est par exemple fait connaître pour utiliser ouvertement des « hommes de paille » afin de se présenter indirectement à des élections à Paris. Le nom même du Centre de propagande et la mine un peu malicieuse que Weiss et Simon arborent témoignent de ce militantisme d’un nouveau genre, qui inquiète les hommes politiques (que Louise Weiss n’hésite pas à prendre à partie jusqu’en bas de chez eux) ainsi que les autres militants féministes.

--------------------------

  •          BARD, Christine. Les filles de Marianne : histoire des féminismes 1914-1940.      Paris : Fayard, 1995.

BARD, Christine. Les Femmes dans la société française au XXe siècle, Paris, Armand Colin, 2001

BERTIN, Célia. Louise Weiss, Paris, Albin Michel, 1999

BOUGLE-MOALIC, Anne-Sarah. Le Vote des Françaises, cent ans de débat, 1848-1944, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2012.

HUARD, Raymond. Le Suffrage universel en FranceParis, Aubier, 1991.

WEISS, Louise. Ce que femme veut, Paris,  Gallimard, 1946.

Louise Weiss,  militante et journaliste   []

Louise Weiss, née le  à Arras et décédée le  (à 90 ans) à Paris, en son domicile du 15 avenue du Président-Wilson, est une journaliste, femme de lettres, féministe et femme politique française, qui fut doyenne des députés au Parlement européen.

Louise Weiss,  militante et journaliste   []

Une jeunesse d'une AlsacienneModifier

Elle est d'origine alsacienne. Son père, Paul Louis Weiss (1867-1945), ingénieur des minesest un protestant alsacien dont les parents originaires de La Petite-Pierre se sont installés en Lorraine à Phalsbourg. Son grand-père, Georges-Émile Weiss est notaire. Il démissionne après l'annexion de l'Alsace-Lorraine en 1871. Paul Louis Weiss fait toute sa carrière dans l'industrie minière, dirigeant successivement plusieurs sociétés et finissant président de l'Union des mines. Sa mère, Jeanne Félicie Javal est la fille de l'ingénieur et médecin Émile Javal, un des inventeurs de l'orthoptique. La famille de sa mère, la famille Javal, est une riche famille alsacienne d'origine allemande, tchèque et juive[1], installée à Seppois-le-Bas et très engagée dans la vie publique. Louise Weiss est l'ainée de six enfants[2] (une de ses sœurs cadettes, Jenny Aubry - marié en première noce avec le docteur Alexandre Roudinesco ; parents de l'historienne Elisabeth Roudinesco - sera connue comme psychanalyste et pédiatre ; son frère Jacques, polytechnicien, inspecteur des finances, directeur de société de charbon et traducteur de livres spiritualistes). Elle passe sa jeunesse à Paris, élève, notamment, au collège Sévigné et au lycée Molière.

Contre l'avis de son père, peu favorable à l'éducation des filles, Louise Weiss devient agrégée de lettres à 21 ans et diplômée d'Oxford. Elle refuse le poste d'enseignant qui lui est proposé puis se tourne vers le journalisme. Elle fréquente alors les exilés tchèques et slovaques à Paris quartier du 19eTomáš MasarykEdvard Beneš et Milan Stefanik et s'intéresse aux relations internationales.

Le combat pour la paix et la construction européenneModifier

Elle s'engage comme infirmière, pendant la Première Guerre mondiale dans un hôpital pour soldats à Saint-Quay-Portrieux (Côtes-du-Nord, aujourd'hui « Côtes d'Armor », en Bretagne) où sa famille s'était réfugiée.

Femme de convictions et marquée par l'horreur du premier conflit mondial, elle cherche à rapprocher la France et l'Allemagne pour des intérêts publics. Après avoir collaboré au journal Le Radical sous le pseudonyme masculin Louis Lefranc, elle écrit jusqu'en 1934 dans la revue hebdomadaire L'Europe nouvelle[3] - fondée avec le soutien financier du journaliste Hyacinthe Philouze, dont le premier numéro paraît le  et le dernier en juin 1940. Avec cet hebdomadaire, elle a pour ambition de fonder « une méthode et un instrument de travail pour une science de la paix ».

En désaccord avec la ligne doctrinale de Philouze, Louise Weiss quitte L'Europe nouvelle, collabore à L'Information et au Petit Parisien, se rend en reportage à Prague, Budapest, Vienne, Varsovie et, dès son retour, retrouve L'Europe nouvelle, se débarrasse de Philouze qui quitte à son tour le journal, la laissant aux commandes. Elle entend utiliser ce journal pour diffuser sa volonté de pacifisme. Elle sait s'entourer de personnalités encore peu connues qui exerceront à l'avenir de hautes fonctions et qui lui fournissent une aide précieuse au sein du comité de rédaction : Louis Joxe, son collaborateur privilégié et Henry de JouvenelWladimir d'OrmessonGeorges BonnetAristide BriandÉdouard HerriotMarcel CachinLéon BlumSaint-John PersePaul ValéryÉlie Faure qui lui apportent leur influent concours, parfois occasionnel. Louise reprend ses voyages en Europe et se rend notamment en Russie où elle rencontre Léon Trotski, mais ne peut approcher Lénine.

Plus que jamais, elle croit en l'efficacité de la SDN et, au début d'octobre 1924, elle accompagne Aristide Briand qui fait partie de la délégation française à la SDN et vient d'exprimer dans L'Europe Nouvelle son souhait de créer une « compagnie anonyme de la paix ». Pacifiste, elle s'efforce de le suivre dans ses déplacements, convaincue comme lui que le recours à l'arbitrage est la seule voie pour assurer la sécurité. Elle est inconsciente, comme lui, que la SDN, sans force armée et sans le soutien des États-Unis, la plus grande puissance économique mondiale, est vouée à l'impuissance quel que soit le talent verbal d'un Briand.

Pacifiste convaincue, elle perçoit qu'une routine sclérosante envahit désormais le fonctionnement de la SDN. En 1930, l'atmosphère en Allemagne n'inclinant pas à l'optimisme et les chances s'amenuisant de sauver la paix par le désarmement, Louise Weiss organise un cycle de conférences dans le cadre de L'École de la Paix qu'elle a fondée fin 1930. Louis Joxe en est le secrétaire général. Placée sous le haut patronage d'Aristide Briand, elle est inaugurée le  et connaît un certain succès du fait de la renommée des conférenciers. Devenue un "établissement libre d'enseignement supérieur", l'École de la Paix, rattachée à l'académie de Paris, alloue aussi des bourses d'étude et de voyage aux étudiants des Écoles normales d'instituteurs et institutrices pour former des missionnaires de la paix qui feront évoluer les mentalités.

L'accession au pouvoir de Hitler, le , et la politique initiée par le nouveau chancelier allemand inquiètent Louise Weiss. Elle se fait un devoir de publier en 1933 les lois d'Adolf Hitler relatives à l'aryanisation des écoles et administrations allemandes, à la stérilisation des infirmes et des malades, et elle ajoute dans ses Mémoires d'une Européenne « Personne, en France, n'y fit alors attention ».

Elle quitte L'Europe Nouvelle à la suite de l'arrivée d'Hitler au pouvoir en Allemagne qui marque l'échec du projet européen de rapprochement franco-allemand porté dès 1930 par Aristide Briand, et à cause des dissensions au sein de l'équipe de la revue, certains souhaitant encore une coopération avec l'Allemagne. Elle y signe son dernier article le 

Affiche de La Femme nouvelle au musée de Saverne.

Le combat féministeModifier

Louise Weiss choisit très tôt de faire cavalier seul. De Maria Vérone, elle dresse ce portrait acide « Le souvenir qu'elle me laisse est celui d'une avocate dont le grand talent n'éclipsait ni la méchanceté, ni le manque de grâce. Quels chapeaux et quels souliers ! À elle seule, Maria entretenait la légende de la femme croque-mitaine, ogresse encline à dévorer les pauvres hommes ! ». De Cécile Brunschvicg « Si le féminisme l'avait introduite dans les milieux politiques, le radicalisme lui avait permis d'y rester et d'en retirer les agréments qui découlent toujours de relations avec un pouvoir que l'on ne désire point heurter ». De façon injuste et méprisante au regard des féministes qui l'ont précédée « c'est à coups de pied qu'il faut sortir le féminisme des quelques salons où il se pavane et des ligues orthodoxes où il se momifie ».

En 1934, elle épouse José Imbert, un architecte dont elle divorce deux ans plus tard en 1936, ce que certains jugeront comme un mariage de convenance.

 

Droit de voter et d'être élue : elle entend bousculer l'inertie des élus nationaux par des méthodes radicales et fonde en 1934 l'association Les femmes nouvelles. Louise Weiss se présente symboliquement aux élections municipales de Montmartre le  ; elle excelle dans la provocation ironique : transformant des cartons à chapeaux en urnes, elle recueille 18 000 bulletins en sa faveur ; aux élections législatives de 1936, elle se présente symboliquement dans le 5e arrondissement de Paris et mène des actions spectaculaires destinées à attirer l'attention de la presse.

En 1936, elle aurait refusé un poste ministériel proposé par Léon Blum en lui répondant « J'ai lutté pour être élue pas pour être nommée ».

Bulletin de vote Louise Weiss au musée de Saverne.

Actions féministes des membres de l'association La femme nouvelle.

  • 1936 : elles lâchent des ballons rouges, lestés de tracts, dans le stade de la finale de la Coupe de France de football.
  • Le , elles distribuent aux députés des myosotis, fleur qui signifie symboliquement "Ne m'oubliez pas".
  • Le , elles offrent aux sénateurs des chaussettes avec l'inscription « Même si vous nous donnez le droit de vote, vos chaussettes seront raccommodées ».
  • Le , elles investissent la piste du champ de course de Longchamps, lors du Grand Prix, avec des pancartes portant l'inscription "La Française doit voter".
  • Le , elles s'enchaînent les unes aux autres et empêchent la circulation, rue Royale, à Paris.

À l'épreuve de la Seconde Guerre mondialeModifier

Après l'annexion de l'Autriche par l'Allemagne, le , Louise Weiss fonde fin 1938 l'Union des Françaises décorées de la Légion d'honneur, comptant sur leur patriotisme pour promouvoir l'importance de la défense passive d'un "service national féminin". Les volontaires sont nombreuses à vouloir s'engager pour défendre la patrie en cas de guerre, mais Édouard Daladier, ministre de la Guerre, et Albert Lebrun, président de la République, refusent de les incorporer. À la fin d'août 1939, elle propose au général responsable du Comité de la défense passive, d'utiliser les femmes à la défense de la patrie. Il lui propose d'organiser des quêtes pour recueillir de l'argent !

Le , elle obtient de son ami Georges Bonnet, ministre des Affaires étrangères, la création d'un Comité des réfugiés - dont le baron Robert de Rotschild assurera généreusement le fonctionnement - pour accueillir ceux qui fuyaient le régime nazi. Elle écrit « les persécutions d'Adolf Hitler contre la « race maudite » laissaient la moyenne des Français encore incrédules, les atrocités de la Kristallnacht, à partir desquelles l'extermination des israélites de la Grande Allemagne avait été décidée, n'avaient pas autrement ému l'opinion publique, maintenue dans une ignorance délibérée par les partisans de la paix à tout prix, qui fermaient les yeux et se bouchaient les oreilles ».

Le , le général de Gaulle appelle au sursaut et à la résistance, mais Louise Weiss passe à côté de son destin qui aurait dû la pousser vers Londres et l'homme de la France libreOn perçoit ici la contradiction fondamentale de Louise Weiss : elle est trop liée au personnel politique gouvernant de la IIIe République, notamment au milieu radical et franc-maçon, à ses illusions et à sa culture parlementarisme, pour rompre avec ce système. Lequel est incapable de mettre en application les idéaux de cette femme ambitieuse et volontaire, qu'il s'agisse de maintenir la paix ou de promouvoir l'égalité des droits civiques.

Son séjour de quatre mois aux États-Unis à la tête d'une mission confiée par le gouvernement de Vichy, pour collecter des médicaments destinés aux enfants de France, et son retour à Vichy le jour de la Noël 1940, est dans la logique de l'engagement pacifiste qui conduisit tant de Français révoltés par la Grande Guerre à accepter l'armistice et Pétain. De retour à Paris, elle s'aperçoit que son nom figure sur la liste des personnalités juives à éliminer ; elle se fait délivrer un « certificat » de non-appartenance à la « race juive », grâce à la complaisance du pasteur Monod. La mention de son nom disparaît de la liste publiée par le commissariat aux Questions juives.

En 1944, elle se retrouve à Sigmaringen, siège de la Commission gouvernementale française pour la défense des intérêts nationaux. En 1950, elle tirera une parodie en trois actes et en prose de cette expérience qui ne fut jamais représentée ni imprimée : Sigmaringen-en-France ou les Potentats du néant.

À la Libération, elle entreprend de s'informer en multipliant les voyages à l'étranger, aux États-Unis, au Canada, au Mexique, en attendant que la situation politique en France se décante et qu'elle puisse y retrouver une position d'influence. Le , elle indique à Radio Canada qu'elle a dirigé, pendant l'occupation allemande, en tant que rédactrice en chef, le journal clandestin La nouvelle République ; elle laisse aussi entendre qu'elle a participé au réseau de résistance Patriam Recuperare, ce qui sera catégoriquement démenti par ses membres.
Elle couvre le procès de Nuremberg comme journaliste.

Au service de la polémologieModifier

En 1945, avec Gaston Bouthoul, fondateur de la polémologie (science de la compréhension des conflits), elle fonde l'Institut de polémologie, qu'elle fera rentrer à l'université de Strasbourg dans les années 1960. Elle va alors commencer à parcourir le monde, réalisant de nombreux films documentaires. En 1971, elle fonde à Strasbourg l'Institut des sciences de la paix.

En 1971, elle crée une fondation qui porte son nom qui chaque année prime les auteurs ou les institutions ayant le plus contribué à l'avancement des sciences de la paix, à l'amélioration des relations humaines et aux efforts en faveur de l'Europe[3]. Parmi les lauréats, on compte Helmut SchmidtMédecins sans frontièresAnouar el Sadate.

Engagement dans la communauté européenneModifier

Elle tente par deux fois en 1975 d'être élue à l'Académie française. Elle s'est engagée dans les premiers projets d'une union européenne. En 1979, pour la première élection au suffrage direct du Parlement européen, elle est élue eurodéputée sur la liste RPR malgré ses combats féministes assez éloignés de la ligne du parti. À 86 ans, elle y prononce, au titre de doyenne, un discours d'ouverture historique lors de la première session du nouveau parlement à Strasbourg le .

LegsModifier

Possédant une maison à Conflans-Sainte-Honorine, elle est à l'origine de la création, en 1965, du Musée d'intérêt national de la batelleriede cette ville. Elle participe également activement à la notoriété du pardon national de la batellerie créé quelques années plus tôt.

En 1981, elle fait don à la ville de Saverne de ses collections historiques et ethnographiques. Une section Louise Weiss sera ouverte dans le musée du château des Rohan dans cette ville. Elle lègue l'ensemble de sa correspondance et de ses manuscrits à la Bibliothèque nationale et ses livres à la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg.

Louise Weiss meurt le .

 

 

Distinctions et hommagesModifier

Elle fut élevée à la dignité de Grand officier de la Légion d'honneur en 1976, troisième femme seulement à recevoir ce grade dans cet ordre. En 1999, le nouveau bâtiment du Parlement européen à Strasbourg est nommé Louise Weiss en son honneur.

Chaque année est décerné le prix du journalisme Louise Weiss créé en 2005.

La promotion 2000 des administrateurs territoriaux de l'Institut national des études territoriales (INET) a pris le nom de Louise Weiss en sa mémoire.

La promotion 2016-2017 des élèves de l'Ecole nationale d'administration (ENA) a choisi le nom de Louise Weiss[10].

Son nom est donné au bâtiment principal du Parlement européen à Strasbourg, ainsi qu'à :

  • Une rue à Paris, dans le XIIIe arrondissement, à Armentières dans le Nord et à La Roche-sur-Yon, en Vendée, ainsi qu'une allée à Rennes, en Bretagne.
  • Un lycée à Achères (Yvelines).
  • Un lycée à Sainte-Marie-aux-Mines (Haut-Rhin).
  • Un collège à Strasbourg (Bas-Rhin).
  • Un square dans la Petite France à Strasbourg (Bas-Rhin).
  • Une école primaire à Magny-les-Hameaux (Yvelines).
  • Une école maternelle à Valenciennes (Nord).
  • Un collège à Nozay (Essonne).
  • Un internat pour jeunes filles à Spa (Belgique).
  • Une rue à Dinan en Bretagne (Côtes d'Armor).

 

 

Ouvrages politiquesModifier

Ouvrages biographiquesModifier

  • Souvenirs d'une enfance républicaine, Denoël, Paris, (1937)
  • Ce que femme veut, Gallimard, Paris, (1946)
  • Mémoires d'une Européenne, Payot/Albin Michel, Paris, 6 tomes, (1968-1976)

RomansModifier

  • Délivrance, Albin Michel, Paris (1936)
  • La Marseillaise, TI et II Paris, (1945); T. III Paris (1947)
  • Sabine Legrand, Paris (1951)
  • Dernières voluptés, Paris, (1979)

Pièces de théâtreModifier

  • Arthur ou les joies du suicide
  • Sigmaringen ou les potentats du néant
  • Le récipiendaire
  • La patronne
  • Adaptation des Dernières voluptés

Récits de voyageModifier

  • L'or, le camion et la croix, Paris, (1949)
  • Le voyage enchanté, Paris, (1960)
  • Le Cachemire, Les Albums des Guides Bleus, Paris, (1955)
  • Tempête sur l'Occident Albin Michel (1976)

Essai sociologiqueModifier

  • Lettre à un embryon, Julliard, Paris (1973)

Art, archéologie et folkloreModifier

  • Contes et légendes du Grand-Nord, Paris, (1957)
  •  
Commenter cet article

Archives

À propos

Coups de cœur, coups de bec d'une habitante de Sant Nazer (44600)