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Le blog de la Pintade Rose Rainbow

Le blog de la Pintade Rose Rainbow

Coups de cœur, coups de bec d'une habitante de Sant Nazer (44600)


Réponse à Catherine Deneuve (pas neuve du tout) et sa clique [][]

Publié par La pintade rose sur 15 Janvier 2018, 12:09pm

Catégories : #Femmes Femmes..., #j'aime, #Je déteste

Cet article est contre Catherine Deneuve qui maintenant dit qu'elle n'aurait pas signé si ... oui, mais elle l'a fait.

("Avant de signer un manifeste, Mme Deneuve, il est bon de savoir avec qui on le fait ... ne me dites pas que vous êtes innocente à ce point")

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Tribune collective / 10 janvier 2018

Les porcs et leurs allié·es ont raison de s’inquiéter !


Mardi 9 janvier, 100 femmes ont signé une tribune publiée dans Le Monde où elles prennent la défense de la "liberté d'importuner", texte écrit par Catherine Millet, Catherine Robbe-Grillet, Catherine Deneuve, Elisabeth Lévy, entre autres...

À chaque fois que les droits des femmes progressent, que les consciences s'éveillent, les résistances apparaissent. En général, elles prennent la forme d’un "c’est vrai, certes, mais…".  Ce 9 janvier, nous avons eu droit à un "#Metoo, c’était bien, mais…". Pas vraiment de nouveauté dans les arguments employés. On retrouve ces derniers dans le texte publié dans Le Monde comme au boulot autour de la machine à café ou dans les repas de famille. Cette tribune, c’est un peu le collègue gênant ou l’oncle fatigant qui ne comprend pas ce qui est en train de se passer. 
"On risquerait d’aller trop loin." Dès que l’égalité avance, même d’un demi-millimètre, de bonnes âmes nous alertent immédiatement sur le fait qu’on risquerait de tomber dans l’excès. L’excès, nous sommes en plein dedans. C’est celui du monde dans lequel nous vivons. En France, chaque jour, des centaines de milliers de femmes sont victimes de harcèlement. Des dizaines de milliers d’agressions sexuelles. Et des centaines de viols. Chaque jour. La caricature, elle est là.
"On ne peut plus rien dire." Comme si le fait que notre société tolère – un peu – moins qu’avant les propos sexistes, comme les propos racistes ou homophobes, était un problème. "Mince, c’était franchement mieux quand on pouvait traiter les femmes de salopes tranquilles, hein ?" Non. C’était moins bien. Le langage a une influence sur les comportements humains : accepter des insultes envers les femmes, c’est de fait autoriser les violences. La maîtrise de notre langage est le signe que notre société progresse.
"C’est du puritanisme." Faire passer les féministes pour des coincées, voire des mal-baisées : l’originalité des signataires de la tribune est... déconcertante. Les violences pèsent sur les femmes. Toutes. Elles pèsent sur nos esprits, nos corps, nos plaisirs et nos sexualités. Comment imaginer un seul instant une société libérée, dans laquelle les femmes disposent librement et pleinement de leur corps et de leur sexualité lorsque plus d’une sur deux déclare avoir déjà subi des violences sexuelles ? 

"On ne peut plus draguer." Les signataires de la tribune mélangent délibérément un rapport de séduction, basé sur le respect et le plaisir, avec une violence. Tout mélanger, c’est bien pratique. Cela permet de tout mettre dans le même sac. Au fond, si le harcèlement ou l’agression sont de "la drague lourde", c’est que ce n’est pas si grave. Les signataires se trompent. Ce n’est pas une différence de degré entre la drague et le harcèlement mais une différence de nature. Les violences ne sont pas de la "séduction augmentée". D’un côté, on considère l’autre comme son égal.e, en respectant ses désirs, quels qu’ils soient. De l’autre, comme un objet à disposition, sans faire aucun cas de ses propres désirs ou de son consentement. 
"C’est de la responsabilité des femmes." Les signataires de la tribune parlent de l’éducation à donner aux petites filles pour qu’elles ne se laissent pas intimider. Les femmes sont donc désignées comme responsables de ne pas être agressées. Quand est-ce qu’on posera la question de la responsabilité des hommes de ne pas violer ou agresser ? Quid de l’éducation des garçons ?
Les femmes sont des êtres humains. Comme les autres. Nous avons droit au respect. Nous avons le droit fondamental de ne pas être insultées, sifflées, agressées, violées. Nous avons le droit fondamental de vivre nos vies en sécurité. En France, aux États-Unis, au Sénégal, en Thaïlande ou au Brésil : ce n’est aujourd’hui pas le cas. Nulle part.
Les signataires de la tribune du Monde sont pour la plupart des récidivistes en matière de défense de pédocriminels ou d’apologie du viol. Elles utilisent une nouvelle fois leur visibilité médiatique pour banaliser les violences sexuelles. Elles méprisent de fait les millions de femmes qui subissent ou ont subi ces violences.
Beaucoup d’entre elles sont souvent promptes à dénoncer le sexisme quand il émane des hommes des quartiers populaires. Mais la main au cul, quand elle est exercée par des hommes de leur milieu, relève selon elles du "droit d’importuner". Cette drôle d’ambivalence permettra d’apprécier leur attachement au féminisme dont elles se réclament.
Avec ce texte, elles essayent de refermer la chape de plomb que nous avons commencé à soulever. Elles n’y arriveront pas. Nous sommes des victimes de violences. Nous n’avons pas honte. Nous sommes debout. Fortes. Enthousiastes. Déterminées. Nous allons en finir avec les violences sexistes et sexuelles. 
Les porcs et leurs allié.e.s s’inquiètent ? C’est normal. Leur vieux monde est en train de disparaître. Très lentement – trop lentement – mais inexorablement. Quelques réminiscences poussiéreuses n’y changeront rien, même publiées dans Le Monde.



Ont signé cette tribune : Adama Bah, militante afroféministe et antiraciste, Marie-Noëlle Bas, présidente des Chiennes de garde, Lauren Bastide, journaliste, Fatima Benomar, co-porte-parole des Effronté.es, Anaïs Bourdet, fondatrice de Paye ta Shnek, militante féministe, Sophie Busson, militante féministe, Marie Cervetti, directrice du FIT et militante féministe, Pauline Chabbert, militante féministe, Madeline Da Silva, militante féministe, Caroline De Haas, militante féministe, Basma Fadhloun, militante féministe, Giulia Foïs, journaliste, Clara Gonzales, militante féministe, Leila H., de Check tes privilèges, Clémence Helfter, militante féministe et syndicale, Carole Henrion, militante féministe, Anne-Charlotte Jelty, militante féministe, Andréa Lecat, militante féministe, Claire Ludwig, chargée de communication et militante féministe, Maeril, illustratrice et militante féministe, Chloé Marty, assistante sociale et féministe, Angela Muller, militante féministe, Selma Muzet Herrström, militante féministe, Michel Paques, militant féministe, Ndella Paye, militante afroféministe et antiraciste, Chloé Ponce-Voiron, militante féministe, metteuse en scène, réalisatrice et et comédienne, Claire Poursin, coprésidente des Effronté.es, Sophie Rambert, militante féministe, Noémie Renard, animatrice du site Antisexisme.net et militante féministe, Rose de Saint-Jean, militante féministe, Laure Salmona, cofondatrice du collectif Féministes contre le cyberharcèlement et militante féministe, Muriel Salmona, psychiatre, présidente de l’association Mémoire traumatique et victimologie et militante féministe, Nicole Stefan, militante féministe, Mélanie Suhas, militante féministe, Monique Taureau, militante féministe, Clémentine Vagne, militante féministe, l’association En Avant Toute(s), l’association

Stop harcèlement de rue.


https://www.francetvinfo.fr/societe/droits-des-femmes/tribune-les-porcs-et-leurs-allie-e-s-ont-raison-de-sinquieter-caroline-de-haas-et-des-militantes-feministes-repondent-a-la-tribune-publiee-dans-le-monde_2553497.html#xtref=http://m.facebook.com/
 

Aux Etats-Unis, Oprah Winfrey, ex grande prêtresse de la télévision américaine a prononcé un discours, qui restera dans les mémoires aux Golden Globes. Cette femme d’affaires ultra populaire, récompensée du prestigieux Cecil B. DeMille Award, a rendu hommage à toutes les femmes et à tous les hommes, qui se sont élevé.e.s contre les violences sexuelles, le harcèlement, la domination d’hommes puissants, sûrs de leur privilège, de leur droit et de leur légitimité. Deux jours plus tard en France, une tribune publiée dans Le Monde a fait écho à ce grand discours, en prenant le total contre-pied. Un argumentaire peu original, qui vise à stigmatiser un « féminisme » qui veut pourtant en finir avec les violences. Cela fait froid dans le dos.

Arguments des cent Femmes :

Co-écrit et signé par un collectif de 100 femmes,  dont Catherine Millet et Catherine Deneuve, cette tribune souhaite alerter contre les dérives du mouvement #Metoo. Selon ses autrices, la « délation » ne permettrait pas aux hommes de se défendre. Mais ne confond-on pas ici « dénonciation » à « délation ». Si une ou plusieurs femmes, ou d’ailleurs un ou plusieurs hommes, accusent une personne de harcèlement: à quel moment considère-t-on qu’il s’agit d’une délation ou d’une accusation? Rappelons une particularité essentielle du mouvement #Metoo: il y a eu très peu d’accusations donnant des noms sauf devant la justice. Et dans ce dernier cas, il ne s’agit plus de délation. D’ailleurs, c’est plutôt l’effet inverse qui s’est produit. Des femmes connues ou anonymes ont été attaquées sur les réseaux sociaux pour ne soit-disant  pas « avoir eu le courage de nommer leurs agresseurs ». Certaines ont du faire face à des insultes, des menaces, des appels au viol.

Autre argument majeur de la tribune:  notre sexualité serait menacée, ainsi que notre liberté. Pis, les femmes ne seraient pas protégées, mais « infantilisées ». Mais les autrices du texte semblent ignorer la différence entre « drague » et « harcèlement », entre « consentement » et « domination », entre « plaisir » et humiliation », entre « respect » et « haine ». Comment, dès lors, parler de liberté sexuelle menacée lorsqu’il est impossible de définir là où notre liberté commence et là où elle s’arrête?
 
C’est intéressant à quel point ces femmes écrivaines, artistes ne supportent pas la remise en cause de nos sociétés. Ici pour elles, aucune réflexion, remise en question n’est justifiée ou pertinente. Car, bien sûr, tout est pour le mieux dans le meilleur du monde. N’oublions pas que #Metoo est novateur, car il est transgénérationnel et d’une ampleur jamais égalée. C’est peut-être ce qui gêne le plus. Le monde pourrait changer…
 
 
Le comble, c’est ce collectif de 100 femmes, souhaite « être offensé ».  Peu lui importe les « frotteurs » dans le métro, les agressions sexuelles, le harcèlement dans la rue, dans leur entreprise.  Un détail troublant: elles tiennent tout de même à affirmer qu’elles ne sont pas des « salopes ». Mais la question encore une fois n’est pas là. Peu importe que dans leur intimité, elles aiment être insultées. En revanche, être contrainte d’accepter, encore et toujours, de subir des agressions sexuelles dans le métro ou ailleurs pour pouvoir « jouir », le raisonnement fait difficilement sens.
 
 
Lorsque nous avons commencé ce blog en 2011, peu de jeunes femmes (et d’hommes) se revendiquaient féministes. Depuis, les choses ont évolué, au point de se demander si les Martiennes avaient une voix. Merci donc Catherine Deneuve et consort. Votre tribune nous rappelle un peu brutalement que le chemin risque d’être long vers une égalité de droits entre les femmes et les hommes. 2018, ne faiblissons pas. Car après chaque avancée, on risque toujours un bon retour du bâton, surtout lorsqu’il s’agit des droits des femmes.
 
 
Charlotte Lazimi
Réponse à Catherine Deneuve (pas neuve du tout) et sa clique [][]

Sans être ouvertement affiliée à un parti politique, Eugénie Bastié est proche de La Manif pour tous (notamment Les Veilleurs) et révéla avoir voté pour Nicolas Dupont-Aignan au premier tour de l'élection présidentielle française de 2012. Elle se déclare en réalité « alterféministe ». Elle revendique comme mentors Élisabeth Lévy et Natacha Polony, mais de nombreux analystes la comparent volontiers à Éric Zemmour. La Revue du crieur indique en octobre 2017 qu'« Eugénie Bastié s'exprime régulièrement dans Élémentset elle est à l’honneur du dernier numéro aux côtés de Natacha Polony et de Marion Maréchal-Le Pen ».

Opposée à l'avortement, Eugénie Bastié n'est toutefois pas opposée à sa légalisation. Elle estime également qu'en France certaines femmes sont « poussées à avorter » et déplore qu'aucune alternative ne leur soit proposée. Elle refuse de se dire féministe :

« Non, car pour moi le féminisme est une idéologie. On peut très bien être sensible à la condition des femmes et vouloir qu’elles soient épanouies sans être féministe, c’est-à-dire adhérer à une lecture du monde inventée par Simone de Beauvoir qui consiste à percevoir les relations entre hommes et femmes sous le prisme d’une domination qui dure depuis des siècles. C’est une vision quasi-complotiste du monde et même si j’entends sa critique, je n’y adhère pas. »

Elle affirme, en 2017, que l’écart salarial entre les hommes et les femmes s'explique par « la maternité et le fait que les femmes s’arrêtent parce qu’elles ont des enfants et du coup, sont moins performantes au travail. » Elle souligne l'hypocrisie d'un féminisme libéral qui ne présente que le salariat capitaliste comme unique vecteur d'émancipation. Et dans un même entretien, elle regrette que le foyer soit autant dévalorisé par le mouvement féministe. 

Sic - Eugénie Bastié

 

Très bon, j'adore !

Un collectif de femmes, dont Catherine Deneuve, Brigitte Lahaie et Catherine Millet, ont publié mardi une tribune dans Le Monde pour fustiger le "puritanisme" et la "campagne de délations" apparue après l'affaire Weinstein.

"Le viol est un crime. Mais la drague insistante ou maladroite n'est pas un délit, ni la galanterie une agression machiste", écrivent dans Le Monde une centaine de personnalités féminines. Dans cette tribune datée du 9 janvier, l'actrice Catherine Deneuve, l'écrivaine Catherine Millet, la journaliste Élisabeth Lévy ou encore la présentatrice de radio Brigitte Lahaie dénoncent "cette libération de la parole" à la suite de l'affaire Weinstein, qui se retourne aujourd’hui en son contraire : "On nous intime de parler comme il faut, de taire ce qui fâche, et celles qui refusent de se plier à de telles injonctions sont regardées comme des traîtresses, des complices !"

Parmi les autres signataires de cette tribune, figurent la philosophe Peggy Sastre, auteure de "Ex utero, pour en finir avec le féminisme", la présidente de l'association patronale Ethic Sophie de Menthon, qui avait tenu des propos misogynes à l'égard de Nafissatou Diallo dans l'affaire DSK, ou encore l'écrivaine Abnousse Shalmani, qui avait publié en 2017 un manifeste intitulé "Pourquoi je ne suis plus féministe".

"Envoyer les porcs à l'abattoir"

 

Les signataires de ce texte conspuent également "cette fièvre à envoyer les 'porcs' à l'abattoir, loin d'aider les femmes à s'autonomiser, sert en réalité les intérêts des ennemis de la liberté sexuelle, des extrémistes religieux, des pires réactionnaires et de ceux qui estiment (...) que les femmes sont des êtres à part, des enfants à visage d'adulte, réclamant d'être protégées".

>> À lire : "Time's up", le projet des actrices d'Hollywood pour lutter contre le harcèlement sexuel

Des hommes ont été "sanctionnés dans l'exercice de leur métier, contraints à la démission, alors qu'ils n'ont eu pour seul tort que d'avoir touché un genou, tenté de voler un baiser, parlé de choses 'intimes' lors d'un dîner professionnel ou d'avoir envoyé des messages à connotation sexuelle à une femme chez qui l'attirance n'était pas réciproque", soutiennent-elles, évoquant une "vague purificatoire" née avec les mouvements #Balancetonporc et #MeToo."En tant que femmes, nous ne nous reconnaissons pas dans ce féminisme qui, au-delà de la dénonciation des abus de pouvoir, prend le visage d'une haine des hommes et de la sexualité", poursuivent-elles.

"Nous défendons une liberté d'importuner, indispensable à la liberté sexuelle. Nous sommes aujourd'hui suffisamment averties pour admettre que la pulsion sexuelle est par nature offensive et sauvage, mais nous sommes aussi suffisamment clairvoyantes pour ne pas confondre drague maladroite et agression sexuelle."

Qui sont les 100 Fââââmes sorties des fonds de tiroirs qui ont signé la tribune de la honte ...
Merci Marie-hélène Vaurs pour la liste ...

Sarah Chiche (écrivain, psychologue clinicienne et psychanalyste)
Catherine Millet (critique d'art, écrivain)
Catherine Robbe-Grillet (comédienne et écrivain)
Peggy Sastre (auteur, journaliste et traductrice)
Abnousse Shalmani (écrivain et journaliste)
Alexandra Alévêque (journaliste)
Kathy Alliou (curatrice)
Françoise Arnaud (historienne de l’art)
Celina Barahona (consultante marketing)
Sophie Bastide-Foltz (traductrice littéraire)
Marie-Laure Béraud (auteur-interprète, musicienne)
Marie-Laure Bernadac (conservateur général honoraire)
Léa Bismuth (critique d’art, curatrice)
Catherine Bizern (productrice et programmatrice indépendante)
Stéphanie Blake (auteur de livres pour enfants)
Linda Blake Pibarot (traductrice)
Sonia Bogdanovsky (chef monteuse cinéma)
Christine Boisson (actrice)
Ariane Bouissou (journaliste)
Odile Buisson (gynécologue-obstétricienne)
Sophie Cadalen (psychanalyste)
Farideh Cadot (galeriste)
Cristina Campodonico (responsable de l’action culturelle de la S.G.D. L.)
Nickie Caro (normalienne, agrégée de Lettres, ancien professeur de Khâgne)
Ingrid Caven (actrice et chanteuse)
Monique Chatenet (conservateur en chef du Patrimoine au Centre André Chastel)
Julie du Chemin (écrivain et sexologue)
Erika Maria Cool-Troch (manager Yak Immo)
Véronique Coquet-Caubère (productrice)
Sabine Dauré (viticultrice)
Catherine Deneuve (actrice)
Frederique Dolphijn (cinéaste, metteur en scène et romancière)
Christine Domine (professeur)
Nathalie Dray (journaliste)
Corinne Ehrenberg (psychanalyste)
Méline Engerbeau (entrepreneuse)
Caroline Faillet (experte en stratégie digitale)
Nouhad Fathi (journaliste et blogueuse)
Marguerite Ferry (paysagiste)
Adeline Fleury (écrivain)
Catherine Francblin (critique et historienne d’art)
Gloria Friedmann (artiste plasticienne)
Sophie Gaillard (présentatrice du 6-7h sur Sud Radio)
Bernadette de Gasquet (médecin et auteur)
Véronique Gérard-Powell (spécialiste de l'Art européen XVe-XVIIIe siècles, Centre André Chastel)
Christine Goémé (femme de radio)
Reine Grave (vidéaste)
Aliette Griz (écrivain et membre du Réseau Kalame)
Cécile Guilbert (écrivain)
Clarisse Hahn (réalisatrice, vidéaste et photographe)
Anne Hautecoeur (éditrice)
Marie Herbreteau (graphiste)
Brigitte Jaques-Wajeman (metteur en scène)
Claudine Junien (généticienne, membre de l’Académie de Médecine)
Brigitte Lahaie (actrice et présentatrice radio)
Rachel Laurent (artiste)
Sylvie Le Bihan (écrivain)
Anne-Marie Lesage (retraitée)
Myriam Le Strat (dentiste)
Martine Lerude (psychiatre, psychanalyste)
Elisabeth Lévy (directrice de la rédaction de Causeur)
Jacqueline Lichtenstein (philosophe)
Christine Lombard (créatrice de mode)
Joëlle Losfeld (éditrice)
Vanessa Luciano (chroniqueuse radio, sexothérapeute)
Mademoiselle A (chanteuse, comédienne et modèle)
Valérie Maës (actrice et vidéaste)
Abeline Majorel (responsable pédagogique et business developer)
Claire Margat (critique d’art, traductrice)
Isabelle Marlier (anthropologue et écrivain)
Isabelle Martin (enseignante)
Christelle Mata (attachée de presse)
Sophie de Menthon (présidente du Mouvement ETHIC et membre du CESE)
Karine Miermont (écrivain)
Anne Morelli (professeure à l'Université libre de Bruxelles)
Anne-Elisabeth Moutet (journaliste)
Latifa Najar (retraitée)
Natacha Nikouline (photographe)
Karine Papillaud (journaliste littéraire)
Julia Palombe (chanteuse, auteur)
Nelly Perotin (retraitée)
Camille Pier (auteure, compositeure et interprète)
Sylvie Pierson (secrétaire)
Francesca Piolot (productrice radio)
Barbara Polla (médecin, écrivain, commissaire d’exposition)
Joana Preiss (actrice, réalisatrice)
Isabelle Prim (réalisatrice et comédienne)
Nicole Priollaud (chargée de la communication de l’Académie nationale de Pharmacie)
Anne Rudisuhli (psychopraticienne)
Nora Sahara (journaliste et infirmière)
Sylviane Sainclair (retraitée)
Marie Sellier, (auteure, Présidente de la S.G.D.L. - Société des Gens de Lettres)
Joëlle Smets (journaliste et sexologue)
Hélène Soulodre (documentaliste)
Brigitte Sy (réalisatrice et actrice)
Catherine Thieron (auteure et vocaliste)
Catherine Titeux (architecte, Bruxelles)
Trinidad (humoriste, imitatrice, chanteuse)
Gabriela Trujilo (historienne du cinéma et critique)
Christine Van Acker (auteur)
Roxane Varone (chirurgienne)
Alexandra Varrin (écrivain)
Hélène Vecchiali (psychanalyste et coach)
Martine Vercruysse (animatrice)
Sonia Verstappen (travailleuse du sexe et anthropologue)
Caroline Vié (journaliste et romancière)
Bérengère Viennot (traductrice et chroniqueuse)
Evelyne Vitkine (consultante en marketing)

(que du beau monde et n'importe quel milieu dans le collectif de Catherine deneuve ! LPR)

                                              ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

Le texte met en avant certaines visions des femmes appartenant au collectif : la philosophe Peggy Sastre "veut en finir avec le féminisme", et Elisabeth Lévy juge infect le hashtag #BalanceTonPorc, évoquant un "harcèlement féministe" à l'égard des hommes. Quant à Catherine Deneuve, elle renouvelle son avis sur #BalanceTonPorc : fin octobre, l'icone du cinéma français affirmait : "Je ne trouve pas que ce soit le moyen le plus juste pour faire bouger les choses. Après ce sera quoi? Balance ta pute? Je trouve que ce sont des termes qui sont très excessifs. Et je trouve surtout que ça ne résout pas le problème."

Les femmes à l'initiative de la tribune souhaitent lutter contre un féminisme qui "prend le visage d'une haine des hommes et de la sexualité"

                                                 --------------------------                                                            

(je m'inscris en faux contre cette dernière phrase "la haine des hommes" - libérer la parole, c'est bien, il faut le faire. Le silence n'est pas d'or, il peut être mortel ! mais je me dois d'ajouter qu'être "violée" est la pire des choses. Oui, la haine de l'autre pourrait être normale. Je suis en train de penser à ces cent Femmes qui ont signé ce manifeste, n'avoir jamais été agressées ni violées. Pensons à ces Femmes qui meurent tous les jours sous des coups. Paix de Marie Trintignant et toutes les autres.)

Ètre Harceler, insulter ou importuner...

A tout âge , être traité de "pute, c'est tous les jours ! 

je ne vois là aucune galanterie mais plutôt du désagrément.

Dire aux petites filles, aux adolescentes que ce n'est pas grave, de tous temps, l'homme a fait cela car il a plus de pulsions sexuelles qu'une Femme

Les hommes savent ce qu’ils font, lorsqu’ils agressent une fille ou une femme. Ils connaissent très bien la différence entre proposer et importuner, encourager et contraindre, inviter et envahir, partager une intimité et violer. Pour reprendre la phrase illustrant un fameux visuel :

'Quand tu te prends un coup de pelle, tu n’appelles pas ça du jardinage.'

  Que ce n'est pas désagréable de se faire draguer même brutalement (si cela est bien fait) (je cite)

Je pense qu'éduquer un garçon, un jeune homme ou un homme sur les bonnes manières , ce serait la première des choses à faire. Mettre en garde les filles, donner des cours de défense qui en connaissant les bases pourraient se défaire de l'emprise des hommes. Un brin d'éducation n'a jamais nuit à personne. Les mamans ne devraient-elles pas ètre plus attentives, plus précautionneuses en prévenant bien.

Que l'homme peut être un prédateur !

la pintade rose (LPR)

"Une fois qu’on a bien rigolé à imaginer Catherine Deneuve dans le RER C un lundi matin à 8h, on peut dire qu’il va falloir arrêter avec cette histoire de misère sexuelle qui autoriserait les hommes à confondre une barre de métro et une cuisse. Les femmes aussi ont des périodes de disette, c’est pas pour autant qu’on essaye de se faire féconder par des bornes de Vélib." Nadia Daam

http://www.europe1.fr/emissions/le-coup-de-patte/tribune-du-monde-100-femmes-defendent-le-droit-inalienable-a-coller-des-mains-au-cul-3542189

Anne Bouillon

Anne Bouillon

Anne Bouillon, avocate nantaise et militante féministe, se tient aux côtés des femmes victimes de violence. Elle nous adresse une lettre ouverte en réaction aux propos de Catherine Millet. L’écrivain, signataire de la tribune polémique parue dans Le Monde sur « la liberté d’importuner » a regretté « de ne pas avoir été violée » pour pouvoir témoigner « que du viol, on s’en sort ».

Comme d’autres, Anne Bouillon, avocate nantaise et militante féministe, adresse une lettre ouverte en réaction aux propos de l’écrivain Catherine Millet, qui a cosigné une tribune sur la « liberté d’importuner ».

« Vous l’aurez compris, je suis avocate. Voilà déjà pas mal d’années que je défends tous les jours celles qui, croyez-le bien, regrettent d’avoir été violées/ battues/ insultées/agressées, injuriées ou « seulement » importunées.

Votre regret de ne pas partager leur sort, afin de pouvoir leur démontrer que, quand on veut, on en sort, m’apparaît une posture de salon.

Bien sûr que du trauma du viol, on en sort, chère Catherine. Personne ne vous a attendu pour le savoir. Et bien sûr, toutes celles qui subissent un viol ne le vivent pas de la même manière. Certaines même, peuvent ne pas s’en sentir traumatisées. Qui dit le contraire ?

Je m’étonne cependant de ce que votre injonction d’en sortir, aille d’abord aux femmes. Remettez-vous de ce que vous avez vécu (vous ne diriez pas « subi ») leur dites-vous !

Mais pourquoi n’adressez-vous aucune injonction du même ordre aux agresseurs ? Fussent-ils de simples frotteurs de fesses égarées dans le métro ?

Cette injonction réitérée à ne pas se satisfaire de cette « condition de victime » (qui le fait ?) est-elle un encouragement optimiste, une main sororale posée sur une épaule meurtrie ou une sentence un brin culpabilisatrice, voire un chouïa méprisant ?

« Venez faire un tour dans mon monde »

Vous vous inquiétez, dites-vous, d’une société où il faudrait « contracter devant notaire pour baiser ». Outre que cela pourrait être assez drôle (c’est une fonction que les avocats jalouseraient peut-être aux notaires), je m’inquiète, moi, de notre société actuelle. En France les estimations portent à 75 000 les personnes qui, chaque année, sont violées. Et 130 femmes sont mortes en 2017 sous les coups de leur compagnon.

Rassurez-vous, pour parvenir à la réduction du nombre de femmes violées ou tuées, nul besoin d’en passer par l’ordre moral, la pudibonderie, la chasteté ou la castration des hommes que vous redoutez tant. L’égalité femmes-hommes suffira.

Chère Catherine, faisons la paix, je ne suis pas votre adversaire et je vous lance une invitation. Chiche ! Sérieusement ! Venez faire un tour dans mon monde.

Venez entendre ces femmes pour lesquelles la domination masculine au foyer, au travail, dans les transports, dans la rue, n’a rien d’un fantasme érotique. C’est au contraire un système tellement bien huilé que des femmes comme vous intiment l’ordre à d’autres de parler moins fort lorsqu’elles ont l’audace de le dénoncer.

Venez faire un tour dans le couloir du palais de justice du fond duquel je vous écris. Dans ma salle d’attente, dans celle d’un commissariat, dans le bureau d’un juge ou dans une salle d’audience. Venez y sentir l’odeur de celles qui viennent y déposer la souffrance de ce qu’elles ont vécu. Ça sent les larmes, la morve, ça a le goût du sang, ça pue la peur et l’angoisse… Rien de très romantique ou de fantasmé ici, vous verrez…

« Condamnées au silence »

Vous y rencontrerez des cohortes de femmes souvent suivies d’enfants pendus à leurs basques qui composent avec ce qu’elles ont traversé, parce qu’elles n’ont pas le choix. Et elles le font avec une énergie et une dignité qui vous étonneraient. Sans misérabilisme, sans posture victimaire, sans réclamer les oreilles et la queue de leur agresseur (pour poursuivre l’analogie bestiaire) mais avec, chevillée au corps, la peur de ne pas être entendues, de ne pas être crues, d’être renvoyées dans leurs pénates, condamnées au silence.

Si vous aviez été violée, vous auriez aussi pu d’abord témoigner des extraordinaires difficultés à en sortir. Vous auriez pu dire à quel point il est dur de franchir les obstacles, de pousser les portes d’un commissariat, de déposer plainte devant un inconnu.

Si vous aviez été violée, vous auriez fait l’expérience des interrogatoires, des questions posées encore et encore par des policiers, des juges et des avocats pas toujours formés pour le faire. Vous auriez été confrontée à votre agresseur qui aurait reconnu ou contesté les faits subis. Vous auriez été examinée sous toutes les coutures, par des psychiatres, des gynécologues (ah les joies de l’examen médico judiciaire gynécologique, des trithérapies et autre pilules du lendemain administrées à titre préventif…).

Vous auriez dû trouver un avocat, tenter de nouer un lien de confiance et de réunir de l’argent pour le régler.

Vous auriez fait l’expérience de l’encombrement de la justice, de l’invitation qui vous aurait été faite d’accepter un procès devant un tribunal correctionnel plutôt que devant une cour d’assises, parce qu’il y a trop de dossiers et que cela prend trop de temps.

Vous auriez éprouvé la peur de ne pas parvenir à dire.

Vous auriez pris la mesure des mots qui ne sortent pas, de la peur qui noue le ventre, des jambes qui flageolent.

Voilà de quoi est fait mon monde. Croyez-le ou non, toutes les femmes violées que je défends et qui passent par-là, toutes, ont la volonté "de s’en sortir ». Mais, chère Catherine, toutes n’ont pas votre force, votre résilience, réelle ou fantasmée. Aucune, en tout cas, ne mérite votre mépris. »

Elles ne s’interrogent que sur les conséquences de la prise de parole qui vont selon elles tuer l’amour, le désir et ce qu’elles mettent au centre, c’est une position de critique morale. Or ce sont elles qui font de la morale. Elles disent qu’elles vont être censurées mais elles considèrent que la parole dite « libérée » va trop loin. Elles crient au danger alors que ce qui est énoncé, c’est une réalité globale de la violence. C’est comme si on ne se laissait pas aller à la curiosité de l’événement alors même qu’il est en cours.

Pourquoi selon vous, ce texte déclenche-t-il de si vives réactions ?

C’est un texte minoritaire. Elles ne le savent pas mais c’est le cas. Je suis frappée par la sensibilité des gens à cette question depuis l’éclatement du scandale Weinstein. Si cette tribune entraîne des réactions c’est parce que leur propos paraît dépassé.

« Elles parlent de 'haine des hommes et de la sexualité'. Mais quand un homme abuse d’une femme, ce n’est pas de la haine du sexe ? »

L’autre question à se poser est : Que protège-t-on en disant ce qu’elles disent ? Qu’est-ce qui est protégé quand on a peur ? Et de quoi a-t-on peur ? Elles parlent de « haine des hommes et de la sexualité ». Mais quand un homme abuse d’une femme sous une forme ou sous une autre, ce n’est pas de la haine du sexe, cela ?

>> A lire aussi : Dans une chronique, Nicolas Bedos s’interroge sur #balancetonporc et les «dérives liberticides»

L’émancipation de la parole des femmes et les dénonciations d’abus sexuels relèvent-elles, comme le dit la tribune, d’une forme de puritanisme ?

C'est un texte vieillissant, une ritournelle philosophique. Déjà, au lendemain de la Révolution française s’est posée la question de la perte de la séduction avec l’idée que l’égalité supprimerait l’amour et le sexe. A chaque fois qu’il y a une révolution féministe, on crie « danger ». L’opposition entre puritanisme et libertinage est un marronnier de l’idéologie française. Cela voudrait donc dire qu’il n’y a pas de vie sexuelle aux Etats-Unis ? Ce n’est pas sérieux.

En réalité ce texte relève d’une représentation idéologique, pour cacher un problème fondamental : comment fait-on pour instaurer une symétrie entre les sexes ? C’est ça qui est intéressant. Avant de se ruer vers les conséquences de cette révolte qui interdiraient que l’on se touche, regardons ce qui est en train d’être dit : il s’agit de politique.

Réponse à Catherine Deneuve (pas neuve du tout) et sa clique [][]

PAR FIONA SCHMIDT 

“CHÈRES CATHERINES”: NOTRE RÉPONSE À LA TRIBUNE DU MONDE

Dans une tribune publiée dans Le Monde du 9 janvier, cent personnalités parmi lesquelles Catherine Deneuve, Catherine Robbe-Grillet et Catherine Millet, dénoncent les dérives de #metoo “qui prend le visage d’une haine des hommes et de la sexualité” et défendent la liberté de se faire draguer de manière “insistante ou maladroite”. Notre réponse.  

 

Chères Catherines,

Dans cette tribune que l’on soupçonne d’avoir été sponsorisée par un grand groupe pétrolier tant elle est inflammable, vous vous émouvez du tsunami de puritanisme qui a déferlé sur le monde sous l’impulsion de #metoo et #balancetonporc, vous vous inquiétez pour les hommes “qui n’ont eu pour seul tort que d’avoir touché un genou, tenté de voler un baiser, parlé de choses intimes lors d’un dîner professionnel ou d’avoir envoyé des messages à connotation sexuelle à une femme chez qui l’attirance n’est pas réciproque”, pauvres zozos mazoutés par un féminisme censeur et sans humour qui condamne “la liberté d’importuner, indispensable à la liberté sexuelle.” Vous vilipendez la radicalité et l’outrance de certaines femmes qui, après s’être laissées peloter (notamment) le genou en silence pendant des siècles, osent désormais brider la radicalité et l’outrance de certains hommes. Avec prudence et circonspection, vous parlez ainsi de “justice expéditive”, de révisionnisme, d’hommes sacrifiés sur l’autel du sexuellement correct, de sorcellerie; vous tirez la sonnette d’alarme, comme on dit dans les journaux sérieux qui vous servent aujourd’hui d’estrade, contre “cette fièvre à envoyer les ‘porcs’ à l’abattoir (qui) loin d’aider les femmes à s’autonomiser, sert en réalité les intérêts des ennemis de la liberté sexuelle, des extrêmismes religieux, des pires réactionnaires.”

C’est une ardente défenseuse des libertés au sens le plus large et exhaustif du terme qui saisit l’allumette tendue -je n’ai jamais su résister aux exercices de pyrotechnie verbale auxquels on se livre désormais par médias interposés… Votre souhait de ne pas suivre le troupeau et de vous ranger du côté des porcs pose en effet plusieurs problèmes. D’abord, il (r)établit une hiérarchie des violences faites aux femmes, une échelle de Richter du féminicide comprise entre le regard appuyé et le viol, en passant par les cinquante nuances de gris que sont le sifflement dans la rue, le compliment grivois, le geste déplacé, le baiser volé, j’en passe, et des encore plus émoustillants. Il existerait donc des violences graves et d’autres pas si graves, des bébés violences et des violences adultes, des violences tolérables par rapport à celles qui sont vraiment, universellement, intolérables. Or il flotte autour de cette échelle le même parfum saumâtre qu’au-dessus de la hiérarchie des victimes aristocratiques, irréprochables, par rapport à celles qui “l’ont quand même un peu cherché, quelque part.”

Tant que certaines femmes se sentiront davantage menacées par d’autres femmes plutôt que par la misogynie ordinaire, on n’y arrivera pas.

Par ailleurs, votre plaidoyer en faveur de la liberté d’expression des porcs sympas, par opposition aux porcs-porcs, sorte de sangliers vraiment pas cools, pose la violence masculine et la prédation comme indispensables, inhérentes même à la sexualité. D’un côté, les chasseurs, de l’autre, les chassées, et dans ce camp, les chassées coincées et les chassées cools, qui assument ces “responsabilités” que vous évoquez dans cette dernière phrase que je rumine encore sans pouvoir l’avaler: “Notre liberté intérieure est inviolable. Et cette liberté que nous chérissons ne va pas sans risques ni sans responsabilités.” La violence masculine égale le prix à payer pour s’envoyer en l’air, si je vous suis bien. Qui disait: “réactionnaire”, déjà?

Enfin, votre tribune rererererererererererepousse l’antienne éculée du féministiquement correct par rapport au féministiquement insuportable et castrateur. Preuve que le féminisme moderne est toujours victime de la légende qui le précède depuis son avénement dans les années 60, légende qui oppose féministes présentables aux beaux-parents et féministes enragées, sorte de hooligans velues à cuisses et idées larges. Depuis soixante ans s’affrontent ainsi les cul serrés qui haïssent les hommes, et les féministes de centre-gauche, apprivoisées et accomodantes, qui se contentent de revendiquer poliment un salaire égal à celui du type qui leur collera une main au cul, ce qu’elles sont assez bien élevées pour prendre comme un compliment. Non, chères Catherines, la drague maladroite n’est pas un délit, pas plus qu’un sexe en érection collé contre une cuisse dans le métro n’est une manifestation de ce fameux esprit gaulois que l’on devrait décidément inscrire au patrimoine immatériel de l’Unesco avant que les #metoo l’aient exterminé. Tant que certaines femmes se sentiront davantage menacées par d’autres femmes plutôt que par la misogynie ordinaire, on n’y arrivera pas. On parviendra à jouir de cette liberté que nous appelons toutes de nos voeux le jour où l’on cessera d’établir des hiérarchies entre les idées que nous défendons chacune individuellement. La menace ne vient pas du Coop des féministes ultras, mais de la stigmatisation du combat de certaines femmes par d’autres. Kiffez regards appuyés et baisers volés, chères Catherines, mais permettez-nous d’exprimer le choix de nous y soustraire.

 

Chère Catherine Millet, comme toute une chacune j’ai lu, non sans consternation doublée d’une immense tristesse, vos multiples déclarations auprès des médias concernant le viol, les hommes, et dernièrement encore votre « compassion » pour les « frotteurs ».

Si vos propos n’ont pas été trahis ou tronqués, vous dites : « Alors d’abord, une femme ayant été violée considère qu’elle a été souillée, à mon avis elle intériorise le discours des autres autour d’elle (…). » Et pour enfoncer le clou, si j’ose m’exprimer ainsi, vous ajoutez : « Ça c’est mon grand problème, je regrette beaucoup de ne pas avoir été violée. Parce que je pourrais témoigner que du viol, on s’en sort ».

Il existe fort peu de chance pour que vous ayez entendu parler de ma petite personne, même si nous avons été réunies par les éditions du Seuil dans la même « bibliothèque rose » pour nos ouvrages respectifs (La Vie sexuelle de Catherine M. pour vous et mon roman Le Fouet).

Eh oui ! j’explore les domaines des relations de soumission/domination depuis de nombreuses années et à ce titre j’ai publié un certain nombre d’ouvrages érotiques.

Vous ne pourrez donc pas me classer dans la catégorie des « vieilles » et/ou « très laides », car je suis plus jeune que vous et avec un physique que d’aucuns jugent plutôt agréable.

Je me permets de reproduire ici votre édifiante déclaration à ce sujet : « Il faut prendre conscience de la souffrance des femmes qui sont par exemple des femmes très laides, ou les femmes âgées, et que plus aucun homme n’a envie de harceler sexuellement. »

Ne cherchez pas non plus à me classer parmi les « lesbiennes mal baisées », vous perdrez votre temps et cela ne manquera pas d’estomaquer les gens qui me font la grâce de me lire (et les éditeurs qui me donnent la chance de publier).

Chère Catherine Millet, votre soif d’occuper le terrain des médias est connue, d’ailleurs je vous en félicite, c’est une vraie réussite. Vous voilà interviewée partout. Peut-être vous sentez-vous revivre et jouir, c’est parfait, j’en serais très contente pour vous.

Mais laissez-moi vous dire ma profonde indignation devant vos propos concernant le viol des femmes, que vous cherchez à transformer en un événement mineur, dont il faut bien vite guérir sans se pourrir la vie avec ça.

Non, Madame Millet, on ne « guérit » jamais d’un viol, on compose, on essaie de vivre avec vaille que vaille, selon sa personnalité, ses moyens, son entourage et le milieu dans lequel on est.

Non, Madame Millet, on n’oublie JAMAIS des doigts et/ou un sexe qui ont fourragé en vous avec violence. On en garde l’empreinte toute sa vie, non pas comme une cicatrice, mais comme une plaie ouverte avec laquelle il faut âprement négocier.

Non, Madame Millet, les frotteurs ne sont pas à plaindre, tout comme les hooligans ils sont souvent issus d’une classe aisée et ont un bon niveau intellectuel. C’est une perversion porcine qu’il est très convenable de dénoncer et de « balancer » car ces hommes-là n’ont que faire de votre « compassion », ils sont en pleine possession de leurs moyens et savent parfaitement ce qu’ils font. Ils vous remercient d’ailleurs de votre médiatique caution, voilà qui va les encourager à poursuivre – ne voyez-vous donc pas qu’ils se paient votre tête ?

Mais revenons au viol, Madame Millet, que vous « regrettez » de ne pas avoir vécu.

Ma légitimité pour en parler est claire : j’ai moi-même subi des violences sexuelles à l’âge de 12 ans, dont je ne me suis jamais remise – même si ça ne se voit pas et que j’ai au contraire exploré en tant que romancière le domaine de l’érotisme pour essayer de comprendre, de conjurer cette malédiction. J’en ai fait ce livre, Le Fouet, qui est une vengeance contre « Monsieur F. » –  et j’ai justement utilisé la fiction joyeuse pour en parler sans dramatiser ni « intérioriser » la souffrance de qui que ce soit – mais de qui donc ? la mienne me suffit amplement, soyez tranquille !

Violer l’intimité d’une femme (ou d’un homme, d’ailleurs !) est une dévastation profonde. On a le ventre et la tête raclés jusqu’à l’os. On n’est plus qu’une carcasse brisée, où la peur seule prend place à vie. Vous avez une chance folle d’avoir été épargnée par ce fléau, que des millions de femmes vivent comme un cataclysme épouvantable dans leur corps et dans toute leur personne.

Tout est ébranlé après un viol. Tout est fissuré à jamais. La confiance en soi est irrémédiablement perdue. La sexualité ne pourra plus jamais être vécue de façon simple.

Pour ma part, je suis devenue alcoolique en très grande partie à cause de ces violences sexuelles dont je ne me suis jamais remise. Par chance à l’âge de 52 ans j’ai choisi la vie et ai cessé de boire – je suis alcoolique abstinente depuis bientôt 5 ans.

Mais je me garde bien de faire de mon cas « positif » une généralité.

Je pense à toutes ces femmes saccagées par des porcs qui ont une queue à la place du cerveau et qui en sont encore à vouloir jouir de leur domination sur la « femelle » contrainte.

Pénétrer un sexe de femme sans y être invité, c’est commettre un crime.

Car en effet, c’est une partie de la femme qui meurt quand elle est violée – une partie d’elle qui ne revivra plus jamais, et qui s’enfuit en même temps qu’elle se lavera du sperme dont son violeur l’aura souillée.

Mais cela, Madame Millet, vous ne pourrez jamais le comprendre, puisque vous n’avez pas eu cette « chance » d’être violée.

À vous lire, j’ai l’impression que vous confondez les petits jeux sado-masochistes entre adultes consentants et l’effraction lourde d’un sexe d’homme dans le corps d’une femme épouvantée.

Je peux vous dire qu’être violée, ça fait mal. On s’en souvient à chaque instant. La chair a une mémoire éternelle de ces douleurs-là.

Je vais avoir 57 ans et j’ai toujours, 45 ans après, l’odeur de ce porc dans les narines, je me rappelle chacun de ses gestes, la façon dont il m’a forcée de le masturber, son sperme qui sentait le poisson sur mon ventre : tout, chaque image est intacte. Je n’en fais pas un drame. Je n’en veux pas aux hommes de la terre entière. Je ne suis pas puritaine ni castratrice. Je ne suis rien, en somme. Rien qu’une femme profondément blessée et outragée par vos propos. Une femme vivante et debout – comme tant d’autres – fière d’avoir survécu et de pouvoir sourire au plaisir.

Martine Roffinella,
Ecrivaine

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