Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Le blog de la Pintade Rose Rainbow

Le blog de la Pintade Rose Rainbow

Coups de cœur, coups de bec d'une habitante de Sant Nazer (44600)


Dulcie September, souvenons-nous ()()()

Publié par La pintade rose sur 11 Mars 2018, 09:05am

Catégories : #Femmes Femmes...

 

cette Femme a lutté contre l'apartheid ... elle est née à Maitland, un quartier métis du Cap, en Afrique du Sud, le 20 Août 1935.

Elle était la fille d’un directeur d’école. Elle a connu des difficultés scolaires et a travaillé à l’usine. Puis, elle a passé un diplôme pour devenir enseignante en milieu métisse.

Le 21 mars 1960, à Sharp Ville, 69 noirs sont massacrés par la police. Dulcie September décide alors de rejoindre les organisations NEUM (Non Européen Utily Mouvement) en français le mouvement d’unité des non-européens et l’APUDSA. Ces deux mouvements étaient basés sur la liberté et les droits politiques pour tous les sud-africains.

En 1961, Dulcie September et d’autres dissidents fondèrent le NLF (National Libération Front). Ce groupement avait pour but de renverser le régime d’apartheid en s’engageant dans une lutte politique et armée. Comme ce groupe luttait clandestinement, elle et ses membres furent arrêtés et condamnés par l’État à cinq ans d’emprisonnement, suivis de cinq années de résidence surveillée.

C’est pendant leur peine, qu’elle et ses amis firent connaissance des membres de l’ANC (African National Congress) et du PAC (Congrès pan-africain).

Après dix ans d’emprisonnement, fin 1973, Dulcie September décide de quitter l’Afrique du Sud pour s’exiler à Londres, puis à Lusaka, la capitale de Zambie où elle rejoint l’ANC.

Elle s’installe ensuite en France et devient alors la représentante pour la France, la Suisse et le Luxembourg de ce groupe. Elle était très proche de la commune d’Arcueil qui l’a accueillie et hébergée.

Le 29 mars 1988 entre 9 heures et 10 heures, Dulcie September fut assassinée de plusieurs balles, en plein Paris, 28 rue des Petites Écuries face à l’entrée de son bureau de L’ANC.

C’est pour cela que la ville d’Arcueil décida de donner son nom au nouveau collège, en mémoire de cette grande militante des droits de l’homme.


«Justice pour Dulcie September»: manifestation devant l'ambassade d'Afrique du Sud à Paris. Le 29 mars 1988, 10 ans après son assassinat.© YVES SIEUR / AFP

Qui a tué Dulcie September? La question reste posée, 30 ans après son assassinat à Paris. «La représentante de l'ANC en France a été tuée par les services secrets sud-africains avec la complicité passive des services secrets français», affirmait en 1997 le directeur de l'Institut néerlandais pour l'Afrique australe. Des archives, récemment ouvertes à Pretoria, aident à en comprendre les raisons. 

«Les services secrets français n'ont pas participé directement à l'assassinat. Mais ils étaient au courant de sa préparation (...).Si le régime de l'apartheid voulait affaiblir l'ANC en exil, il aurait pu choisir d'autres cibles plus importantes», expliquait déjà en 1997 Peter Hermes, directeur de l'Institut néerlandais pour l'Afrique Australe. Mais le vrai motif du meurtre est ailleurs: «Dulcie September s'intéressait de trop près au commerce des armes entre Paris et Pretoria.»

Grâce à des documents déclassifiés du renseignement militaire sud-africain,le chercheur Hennie Van Vuuren (de l'ONG Open secrets) raconte comment des agents de Pretoria installés à Paris ont pu acheter illégalement des armes avec l’aide des services français.

L’ambassade d’Afrique du Sud à Paris n’était pas une ambassade ordinaire. Elle abritait, dans les années 80, un bureau clandestin où travaillaient près d’une trentaine de représentants d’Armscor, l’organisme public sud-africain chargé des programmes d’armements. Leur mission était d’acheter des armes venues de toute l’Europe occidentale, du matériel qui alimentait la machine de guerre de l’apartheid.

Tout au long des années 1970 et 1980, les allées et venues de ces agents étaient parfaitement connues des services français du renseignement. Certains d’entre eux disposaient de passeports diplomatiques, leur travail quotidien aurait nécessité des habilitations secret défense.

Un bureau clandestin dans l’ambassade à Paris
La connexion française a été capitale pour l'effort de guerre de Pretoria suite à l'interdiction des ventes d'armes à l'Afrique du Sud décidée par le Conseil de sécurité de l'ONU. Tout au long des années 1980, des agents du renseignement militaire sud-africain et la DGSE, le service français du contre-espionnage, ont régulièrement organisé des rencontres secrètes au cours desquelles pouvaient se négocier contrats d’armements et autres faveurs.
 
Un des exemples remarquables dénichés dans les documents déclassifiés du renseignement militaire sud-africain concerne une série de réunions qui ont eu lieu à Paris les 22 et 24 juillet 1987. Les agents français auraient offert à leurs hôtes une poignée de prototypes du Mistral, missile ultramoderne à l’époque, qui pouvait être testé dans le conflit angolais qui opposait Le MPLA à l'UNITA de Jonas Savimbi soutenue par l'Afrique du Sud.
 
L'ancienne société française Thomson-CSF a fourni des armes au gouvernement de Pretoria pendant toutes les années 1970 et 1980.
 
Dulcie September, assassinée à Paris pendant son enquête.
Une militante courageuse a toutefois osé enquêter sur le commerce d’armes illégal entre la France et le régime de l’apartheid, dans les années 1986-87, point culminant de ce trafic. Avant son assassinat, Dulcie September enquêtait notamment sur des ventes illégales d'avions Mirage, d'hélicoptères, de missiles sol-air. Mais aussi sur le trafic de sustances nucléaires. La représentante de l’ANC à Paris a entrepris cette tâche aussi difficile que dangereuse avec des moyens extrêmement limités. Elle a été assassinée à Paris le 29 mars 1988 devant son bureau de la rue des Petites Ecuries.

Devant la Commission Vérité et Réconciliation, mis en place après l'élection de Nelson Mandela, le colonel de Police Eugène de Kock a déclaré que l'assassinat de Dulcie September était une opération de l'armée sud-africaine, coordonnée par le commandant Dawid Fourrie. Selon les déclarations d'Eugène de Kock devant la commission, les deux hommes «qui ont appuyé sur la détente» étaient des membres de la garde présidentielle des Comores, deux adjoints du mercenaire français Bob Denard

 

Dulcie Evonne September nait et grandit à Athlone, township métis du Cap. Après des études à l'école normale de Salt River, dans la banlieue industrielle de la capitale parlementaire, puis à celle de Wynberg, elle enseigne à Maitland dans une école de mission, puis à l'école primaire de Bridgetown.


Sur le plan politique, elle rejoint d'abord l’Union démocratique du peuple d’Afrique australe (Apdusa) créée en 1960, puis fonde en 1962, sur une ligne d'inspiration maoïste, le Yu Chi Chan Club, devenu l'année suivante le Front de libération nationale. Arrêtée le 7 octobre 1963 pour activisme anti-apartheid, elle est condamnée après six mois de procès à cinq ans de détention. Elle poursuit ses études supérieures en prison.
Elle est libérée en 1969, mais assignée à résidence pour 5 ans, ce qui l'empêche de reprendre son métier d'institutrice et de militer. En 1970, elle travaille comme réceptionniste chez un dentiste. Elle quitte son pays le 19 décembre 1973 avec un visa de sortie permanent, statut qui lui interdit d'y revenir définitivement.


En Grande-Bretagne, elle suit une formation d'enseignante à Madeley College. Parallèlement, elle rencontre des membres de l'ANC et du Parti communiste sud-africain en exil à Londres ; devenue permanente de l'ANC en 1976, elle soutient à son tour les nouveaux exilés et organise la collecte de fonds. Engagée dans la Ligue des femmes de l'ANC, elle s'attache, à la suite des émeutes de Soweto et en liaison avec le comité anti-apartheid de l'ONU et la Fédération démocratique internationale des femmes, à mobiliser l'opinion autour de la situation des femmes et de la jeunesse en Afrique du Sud. En 1979, elle est élue présidente du comité londonien pour l'année internationale de l'enfance des Nations unies.


En 1981, elle séjourne brièvement à Lusaka (Zambie), au quartier général de l’ANC, où elle assure la direction du comité régional et organise la célébration du 25e anniversaire de la manifestation de femmes du 9 août 1956 à Pretoria. Elle fait à cette époque de nombreux voyages à l'étranger. En France, après l'élection de François Mitterrand à la présidence de la République, l'ANC cesse d'être considérée comme une organisation terroriste et peut ouvrir un bureau à Paris. Dulcie September en prend la direction au début de 1984, comme représentante auprès de la France, de la Suisse et du Luxembourg.
Dans ces fonctions, elle travaille à rassembler les mouvements de solidarité anti-apartheid autour des mots d'ordre de sanctions internationales du régime sud-africain. En 1986, elle organise une conférence internationale qu'Oliver Tambo, président de l'ANC, ouvre en appelant la France à agir en faveur de ces sanctions. Elle intervient publiquement, au cours des années 1986-1987, en faveur de la libération de Pierre-André Albertini (coopérant français incarcéré au Ciskei sous l'accusation d'être un « porteur de valises » de l'ANC). Elle enquête à la même époque sur les ventes d'armes françaises à l'Afrique du Sud, interdites en principe par l'embargo de l'ONU.
Assassinat

Se sentant menacée, Dulcie September demande une protection policière qu'elle n'obtient pas, mais refuse une mutation proposée par la direction de l'ANC. Craignant pour sa sécurité (elle a été agressée dans le métro à l'automne 1987), elle déménage pour Arcueil, rue de la Convention. Le 29 mars 1988, peu avant 10 heures, elle est assassinée sur le palier des bureaux de l'ANC au 4e étage du 28 rue des Petites-Écuries, dans le 10e arrondissement de Paris, de cinq balles tirées à bout portant d'un calibre 22 équipé d'un silencieux.
Le lendemain du meurtre, Alfred Nzo, alors secrétaire général de l'ANC, déclare : « S'il y a jamais eu une cible facile, c'était Dulcie September. » Après des obsèques au cimetière du Père-Lachaise et conformément à sa demande, ses cendres sont ramenées sur sa terre natale par sa sœur Stéphanie.
Aucun coupable n'ayant jamais été identifié, en 1992, un non-lieu est prononcé, et l'affaire classée. Pourtant plusieurs suspects ont été mentionnés, dont Joseph Klue (sergent-major du SADF), Dirk K. Stoffberg (vendeur d'armes et agent sud-africain), Heine Hüman et Jean-Paul Guerrier (proche du mercenaire Bob Denard). Il a été affirmé que le meurtre avait été commandité par le régime sud-africain et, plus précisément, le service action des services secrets, le Civil Cooperation Bureau. L'accusation a notamment été portée, en 1997, par Peter Hermes, directeur de l'Institut néerlandais pour l'Afrique australe, qui avait été mandaté pour approfondir l'enquête à la demande de la Commission de la vérité et de la réconciliation, et qui a également conclu à la « complicité passive » des services secrets français, le motif étant que « Dulcie September s’intéressait de trop près au commerce des armes entre Paris et Pretoria. » L'association Survie a aussi accusé les services français d'avoir collaboré à l'assassinat.

Hommages

    ▪    Pour son album Révolutions sorti en 1988, Jean Michel Jarre compose un morceau nommé September, dédié à Dulcie. Le titre, qui inclut un chœur africain, est joué la même année lors du concert de l'artiste sur les docks de Londres.
    ▪    Le 14 juillet 1996, Nelson Mandela honore de sa présence la pose d'une plaque lors d'une cérémonie commémorative devant son dernier domicile, à Arcueil.
Odonymes

Plaque : place Dulcie-September à Paris.
    ▪    Places
    •    Une place du 10e arrondissement de Paris a été baptisé en son honneur par un arrêté municipal du 20 août 1997.
    •    Une place de Nantes (Loire-Atlantique) porte son nom en vertu d'une délibération municipale des 26 et 27 juin 1997.
    •    Gardanne (Bouches-du-Rhône).
    •    Mantes-la-Ville (Yvelines).
    •    Saint-Nazaire (Loire-Atlantique)

Dulcie September, souvenons-nous  ()()()Dulcie September, souvenons-nous  ()()()Dulcie September, souvenons-nous  ()()()
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents