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Le blog de la Pintade Rose Rainbow

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Coups de cœur, coups de bec d'une habitante de Sant Nazer (44600)


L'écriture inclusive ()()()

Publié par La pintade rose sur 27 Mars 2018, 19:21pm

Catégories : #j'aime, #Les Odileries

Faites progresser 
l'égalité femmes · hommes
par votre manière d'écrire
Écriture inclusive

L'écriture inclusive désigne l'ensemble des attentions graphiques et syntaxiques permettant d'assurer une égalité des représentations entre les femmes et les hommes.

Pour faire véritablement changer les mentalités, il faut agir sur ce par quoi elles se construisent : le langage. L'agence Mots-Clés a formalisé trois conventions d’écriture inclusive au sein du Manuel d’écriture inclusive disponible au libre téléchargement et propose de vous accompagner pour conduire ce changement. 

L'écriture inclusive ()()()

Une amie a vu sur une pancarte le pronom que nous attendions tous, qui nous manquait tant, de qui nous nous languissions : « iel ». Pour celles et ceux qui ne savent pas trop de quel genre ils sont (on ne dit plus « sexe » aujourd’hui, on dit « genre », comme les Zuniens, ça fait plus propre).

« Iel » me pose un problème qui n’est pas subalterne : dans ces trois lettres, « il » domine « elle ». Pourquoi pas « eil », avec le « il » enchâssé dans le « elle » ?

Un révolutionnaire authentique ne saurait être petit bras. On attend des suggestions hardies pour « celui-ci/celle-ci », « celui-là/celle-là », « ceux-ci/celles-ci », « ceux-là/celles-là ». Et aussi pour « quel/quelle », « lui ». On espère également un changement selon la logique de la langue anglaise pour les possessifs : « ma crayon », si le possesseur est une femme.Je sais que c’est leur problème, mais les anglophones auront du mal à faire aussi bien que nous. Déjà qu’ils ont inventé le « ms » (prononcé « mz »), pour, théoriquement, ne plus avoir à dire « miss » ou « mrs », en fait pour que les femmes qui ne sont pas en couple alors qu’elles ont largement fêté sainte Catherine revendiquent haut et fort leur stigmatisation. Que faire avec « he » et « she » ? D’autant qu’existe le neutre « it » qui, pour les humains, s’applique aux enfants en bas âge. Nos amis allemands auront également du mal à nous égaler avec « er », « sie », eux aussi usant fréquemment du neutre « es ».

Pour ce qui est des Espagnols, n’en parlons même pas. Depuis le temps qu’ils nous bassinent avec « lo », « la », « le », « él », « ella », « ello », tout en se permettant de ne pas utiliser de pronom, comme ça, pour nous embêter : « vive sola », « vive solo », « tiene ocho años », on leur laisse le choix de violer leur langue « según su buen placer ».

Quant aux Italiens, avec leurs « egli », « esso », « ella », « essa », « lei », « è » et le pronom zéro (« fa », « è bene »), ils nous font bien rigoler !

Alors, « iel pleut » ?

iel - Il s’agit d’un terme, caractère ou symbole utilisé qui n’est pas d’un usage standard.

  1. (Néologisme) Il ou ellePronom de la troisième personne du singulier permettant de désigner n’importe qui, sans distinction de genre. Sert notamment à désigner des personnes ne s’inscrivant pas dans un genre défini.
    • Ainsi démarra la journée d’Emil. Iel suivait bien évidement les conseils de sa mère, continuant à affirmer qu’iel était un garçon, ce qui jusque là n’avait jamais été démenti. — (Witch Hunt, Partie 1: Le Legacy d’Olivia, sur http:/ /olivialegacy.canalblog.com)
    • […] ; les jours où iels n’avaient pas l’occasion de parler un peu, juste tous les deux, iel se sentait vide. — (Carina RozenfeldLa Symphonie des abysses, Robert Laffont, 2014, livre 1)
    • Pour les Ferreux.
      Pour Ferenusia, découvert en même temps qu’Antoinette, quand iel avait débarqué à Paris un an auparavant.
      Pour iel-mêmes, aussi.
       — (Cindy Van WilderLes Outrepasseurs, tome 4 : Férénusia, Gulf stream éditeur, 2017, chap. 19)
    • Beaucoup de psychiatres, agissant à la manière d’une élite bienveillante, n’ont pas alerté le public général parce qu’iels estimaient que la théorie du déséquilibre chimique était une fiction utile pour faire en sorte que leurs patient-e-s acceptent leur maladie mentale et prennent leurs médicaments. — (Le consentement fabriqué par la psychiatrie : la théorie du déséquilibre chimique et l’explosion des antidépresseurs, publié le 20 octobre 2015 par Zinzin Zine (www.zinzinzine.net))

 

L’écriture inclusive est née de la volonté de faire changer les mentalités sur l’égalité homme/femme par le langage. En français, la règle grammaticale est que le masculin l’emporte lorsqu’il y a des hommes et des femmes dans un groupe. C’est précisément ce point que l’écriture inclusive souhaite revisiter pour mettre le féminin à égalité avec le masculin.

Comment écrire en écriture inclusive ?

L’écriture inclusive définit 3 nouvelles règles d’orthographe pour mettre en avant le féminin.

: Mentionner par ordre alphabétique les termes au féminin et au masculin.

On dirait donc classiquement : ils font du cinéma, et ce, même s’il y a des hommes et des femmes dans le groupe. Dans l’écriture inclusive, on précise le genre dans le sujet par ordre alphabétique donc ici en commençant par le féminin:

Elles et ils font du cinéma

Quant à l’accord, il se fait avec le sujet le plus proche du verbe. Voici un exemple:

Les hommes et les femmes sont belles.

: Utiliser un point milieu pour marquer le genre des mots

Voici un exemple illustrant cette règle. À noter que ceci ne dispense d’ajouter la marque du pluriel.

la candidat·e / les candidat·e·s
les chef·fe·s
les artisan·e·s
les commerçant·e·s
les ambassadeur·rice·s

Attention, ce point milieu n’est pas disponible sur les claviers. Apparemment, pour le faire apparaître, il faut taper Alt+0183 sur Windows, ou Alt+Maj+F sur Mac. Sauf que je n’ai pas réussi… J’ai préféré faire un copier/coller depuis un site ayant réussi à le mettre. 🙂

D’une manière générale, il faut accorder en genre les noms de fonctions, grades, métiers et titres dans l’écriture inclusive.

: Ne plus utiliser les majuscules de prestige à Homme ou Femme

L’objectif est de mettre en avant les deux genres. Par exemple, au lieu de dire les droits de l’Homme, on dira:

Les droits humains

En écriture inclusive, la traduction de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen serait : « Déclaration des droits humains et du·de la citoyen·ne« .

Pour aller plus loin sur l’écriture inclusive

Dans l’usage, « les Français·es sont divisé·e·s » sur la question. Cependant, si vous souhaitez approfondir la question, il existe un site Internet dédié sur le sujet : http://www.ecriture-inclusive.fr/.

Quant à l’avis de l’Académie française sur le sujet, elle y voit un « péril mortel » pour la langue française, bref, vous l’aurez compris, ils ne recommandent pas vraiment cet usage : http://academie-francaise.fr/actualites/declaration-de-lacademie-francaise-sur-lecriture-dite-inclusive.

À noter également que le logiciel Word inclura dès l’an prochain une possibilité d’inclure l’écriture inclusive dans son module de correction orthographique. Bref, une affaire à suivre…

Le français féminise aisément. Il a longtemps féminisé avant la masculinisation opérée par divers grammairiens et diverses institutions qui, depuis le XVIIe siècle, ont permis à la domination masculine de s’installer durablement avec le masque du savoir (cf. la fameuse et supposée règle du masculin l’emportant sur le féminin8). Cette masculinisation peut être défaite dans les paroles et les écrits. Ce à quoi s’engage et engage cet ouvrage en présentant des règles très précises d’écriture inclusive, c’est-à-dire non discriminantes

http://v.fastcdn.co/u/c443ae89/18356276-0-Manuel-dcriture-incl.pdf

Dans un manifeste, publié au mois de novembre, Françoise Cahen et plus de 300 enseignants, proposent deux solutions. D'une part, la règle de majorité qui consiste à accorder un adjectif ou un participe passé avec le terme qui exprime le plus grand nombre. Ce qui donne par exemple, “les chouquettes et le pain au chocolat sont délicieuses.” La deuxième option proposée est la règle de proximité. Dans ce cas, l'accord se fait avec le dernier terme cité : "le pain au chocolat et la chouquette sont délicieuses". C'est cette méthode qu'a choisi Frédéric Seaux, patron de la maison d'édition Cogito.

Le quotidien du soir expérimentera, dans le courant de l'année 2018, dans un de ses cahiers seulement, l'accord de proximité et/ou l'accord de majorité. Une conversion progressive à l'écriture inclusive

D'autres médias ont choisi d'aller plus vite, comme le magazine en ligne Slate.fr qui pratique l'accord de proximité dans toutes ses rubriques. Les journalistes s'efforcent aussi d'utiliser des termes épicènes, des mots qui désignent aussi bien le masculin que le féminin, tels journaliste ou élève. En revanche, ni Le Monde, ni Slate n'emploieront, pour le moment, le point médian(citoyen.e.s), jugé trop clivant.

Une école d'ingénieur.e.s pour recruter plus de femmes

Pour rencontrer des adeptes du point médian, il faut pousser la porte des administrations publiques. Comme une dizaine d'autres collectivités locales, la ville de Fontenay-sous-bois, étiquetée Front de Gauche, a signé, en mai dernier, la Convention pour une communication publique sans stéréotype de sexe.Le guide pratique de la ville, les organigrammes, les affiches, mais aussi toutes les notes internes sont désormais rédigées en écriture inclusive, point médian compris.  

https://www.franceculture.fr/emissions/le-magazine-de-la-redaction/ecriture-inclusive-un-point-ce-nest-pas-tout

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