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Le blog de la Pintade Rose Rainbow

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Coups de cœur, coups de bec d'une habitante de Sant Nazer (44600)


Les Flammes de Paris, Un air de révolution {}

Publié par La pintade rose sur 10 Avril 2018, 10:36am

Catégories : #j'aime, #Les Odileries

La prestigieuse troupe du Bolchoï de Moscou, invitée par l’Opéra de Paris, donnait « Flammes de Paris », un ballet épique sur la Révolution française.

Cet opéra que j'ai vu au cinéma, il y a quelques semaines (un 4 mars 2018) m'a beaucoup plu...

Une curiosité, à découvrir particulièrement pour la fougue virtuose de ses interprètes.

Staline raffolait de ce ballet, donné chaque année à Moscou entre 1932 et 1964. En demandant à Alexei Ratmansky de remonter Flammes de Paris en 2008, le Théâtre du Bolchoï a choisi de revisiter sa propre histoire. 

Il est le dernier vestige des « drambalets », un genre florissant sous le régime soviétique servant à la fois de divertissement et d’outil de propagande. Pour la troupe russe, montrer ce spectacle à Paris est tout un symbole. 

Pour le public parisien, sa découverte se révèle passionnante. Flammes de Paris raconte la montée à la capitale d’un bataillon de Marseillais, venus soutenir le soulèvement de 1789.

Entre une cour pompeuse et un peuple exalté

Même si Alexei Ratmansky a voulu atténuer la caricature de la version d’origine, deux mondes s’opposent. D’un côté, le peuple libre et exalté et de l’autre, une cour ampoulée, ridiculisée par les petits sauts d’un Louis XVI pathétique. 

On peut sourire de quelques tableaux grandiloquents, comme cette marche solennelle des sans-culottes au son lointain de la Marseillaise, ou ce défilé, aux accents légèrement kitsch, de Mariannes en drapés grecs et bonnets phrygiens. 

Pourtant, le spectacle, rythmé par la partition épique de Boris Asafiev, parvient à entraîner le spectateur au cœur de l’action. La dramaturgie imbrique habilement la fresque historique et deux histoires d’amour, celles de Jeanne et Philippe, deux jeunes révolutionnaires, et celle, impossible, de Jérôme, le Marseillais, et Adeline, l’aristocrate. 

Un corps de ballet virtuose

On est impressionné par cette foule qui envahit soudain le plateau puis disparaît aussi promptement pour laisser place à quelques scènes plus intimes. 

L’amplitude des bras, la vélocité des pas et l’insolence des ports de tête imprègnent la gestuelle des « Marseillais » de l’esprit d’une gouaille française. Elle est servie par un corps de ballet dont l’excellence force l’admiration. 

Quant aux solistes, ils sont tout simplement époustouflants. L’éclat du spectacle doit tout, ou presque, à leur engagement et à leur virtuosité. Natalia Osipova, dans le rôle de Jeanne, éblouit par ses qualités d’actrice autant que de danseuse. 

Cocarde aux cheveux, elle conquiert le public par son étonnante carmagnole et l’émeut par ses larmes, quand l’euphorie de la révolte cède la place à la terreur. 

Prouesses techniques et souffle épique de l’intrigue

Sa fougue n’a d’égale que celle de son partenaire Ivan Vasiliev qui, vendredi soir, sous les ors tranquilles du Palais Garnier, a déclenché des cris de stupéfaction et des salves d’applaudissements d’une intensité assez rare. 

À travers la scène, l’étoile court et s’envole, défiant les lois de l’apesanteur et même de la verticalité. Il saute en vrillant, presque à l’horizontale, avant de se réceptionner avec panache, genou au sol, dans un magnifique cambré. 

Avec son souffle épique et ses prouesses techniques, la reprise de Flammes de Paris raconte aujourd’hui une autre histoire. Celle de la Russie qui dans l’art vivant se réconcilie peu à peu avec son passé.

http://www.tutti-magazine.fr/test/detail/The-flames-of-Paris-Bolshoi-DVD-fr/

Flammes de Paris (Пламя Парижа, Plamia Parija) est un ballet russe en deux actes, dont la musique a été composée en 1932 par Boris Assafiev et dont le sujet est la Révolution française, d'après un livret de Nikolaï Volkov et Vladimir Dmitriyev. Le complot a été tiré du livre de Félix Gras Les Marceliers.

La chorégraphie originelle est de Vassili Vainonen (1901-1964) et la première eut lieu le 7 novembre 1932 au Kirov de Léningrad, aujourd'hui théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg. Il fut présenté ensuite le 6 juillet 1933 au Théâtre Bolchoï de Moscou qui le reprit en 2008 dans une production d'Alexeï Ratmansky. C'est cette production qui est désormais disponible en DVD et Blu-ray avec Ivan Vassilievet Natalia Ossipova (Bel Air Classiques).

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