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Le blog de la Pintade Rose Rainbow

Le blog de la Pintade Rose Rainbow

Coups de cœur, coups de bec d'une habitante de Sant Nazer (44600)


ALice Guy, la première Cinéaste et visionnaire []

Publié par La pintade rose sur 14 Avril 2018, 10:19am

Catégories : #Femmes Femmes..., #j'aime

Pourquoi était-elle oubliée, peut-être dans ce monde d'hommes

Certainement !

Vous connaissez tous les frères Lumière, inventeurs du cinématographe. Peut-être moins Daguerre et son daguerréotype ou même Étienne Marey.

Mais qui connaît Alice Guy?

Pas grand monde. Et pourtant le destin de cette femme force le respect.
Elle est la première femme cinéaste. Née en 1873, vingt ans avant l’invention du cinéma et elle disparaît juste avant mai 68.
Poussée par la nécessité de travailler, elle commence par trouver le job souvent dévolu aux femmes dans notre société masculine, celui de secrétaire. Sauf que ce n’est pas n’importe où. Il s’agit du comptoir général de la photographie. Nous sommes en 1894. Elle a vingt et un ans. Un an plus tard, il sera racheté par Léon Gaumont. Il va offrir à Alice l’occasion de découvrir le cinéma.

ALICE VISIONNAIRE

Plongée dans un monde d’hommes, elle, dont le nom est un prénom masculin, préfère les laisser aux affaires et s’intéresser aux possibilités artistiques qu’elle peut développer grâce à ce nouveau médium. Vendre c’est bien, créer c’est mieux. Elle a déjà tout compris au commerce qu’elle maîtrise à la perfection alors forcément, elle voit plus loin.

Plus loin que ses collègues mâles – ce qui est souvent le cas, n’en déplaise à certains. Jusque-là, ses inventeurs s’étaient bornés à vendre les machines à rêve et se limitaient à tourner des reportages aux quatre coins de la planète. Alice, elle, va introduire la fiction au cinéma.

Sa grande idée est que le cinéma, ce n’est pas seulement photographier en 18 images par seconde de l’époque (aujourd’hui c’est 24 images par seconde) le monde autour de soi mais c’est aussi raconter des histoires. C’est ainsi qu’elle finit par prendre la direction des productions cinématographiques Gaumont.

ALICE DIRECTRICE

Fille d’éditeur et de libraire, elle vit à Paris et va beaucoup au théâtre et au music-hall. Elle y trouve ses sources d’inspiration pour créer ses fictions.

Elle met également en application les découvertes de tous les chercheurs importants de l’époque – Gustave Eiffel compris.

Alice gère donc désormais toute la partie création de la maison Gaumont à savoir la scénarisation des films, leur mise en scène, la direction d’acteurs et toute la partie technique – décors, costumes, images et même son. C’est une pionnière dans l’art de la fiction.

ALICE INVENTRICE

« Alice Guy était une réalisatrice exceptionnelle, d’une sensibilité rare, au regard incroyablement poétique et à l’instinct formidable […]. Elle a écrit et dirigé plus de mille films. »

Martin Scorsese

La production d’Alice Guy se distingue surtout par la quantité d’innovations, de risques encourus et d’ambitions affichées. Elle expérimente les trucages dans « Avenue de l’Opéra », s’essaye à la superproduction avec « La vie du Christ » film d’une durée six fois supérieure aux films courants, utilisant 300 figurants puis tente ensuite le tournage en plein air, bien avant la Nouvelle Vague. Enfin, elle adapte un roman puis un opéra, fait colorier ses films et utilise même le parlant en 1902 – lui qui ne vit réellement le jour qu’en 1929.

En 1907, Alice forme avec Herbert Blaché Bolton, un des premiers couples du cinéma. Il est caméraman. Ayant la bonne idée (derrière la tête) de le suivre aux États-Unis afin de promouvoir les appareils Gaumont, Alice donne naissance à deux enfants et à deux sociétés de production: la Solax & le Film Suply Co.

ALICE IMPERATRICE

Aux États-Unis, elle peut voir grand. Elle fait donc construire 2 studios, dirige une compagnie d’acteurs « la Solax Stock » dont elle exige d’eux un jeu le plus naturel possible, pratique le gros plan et utilise des animaux sauvages (des tigres et des rats notamment). Elle réalise des films de tous genres : western, guerre, mélo, costumes, comédies. Des films d’action avec explosions de bateaux et poursuites de voitures ou encore tournage en prison (à Sing Sing plus précisément). Et tout cela à un rythme effréné d’un long métrage et dix courts par mois!

La MGM est encore à l’état d’embryon et vit essentiellement grâce aux productions des époux Blaché, qui auraient dû être rebaptisé « époux Guy ». Sachant qu’en anglais, le terme ‘Guy’ s’adresse à un groupe sans différencier les hommes des femmes, cela aurait été plus équitable. Grâce à Alice, elle va prospérer considérablement. Du coup, elle délègue et nomme son mari président de la Solax. Il avouera plus tard lui avoir abandonné les rênes avec plaisir ayant peur de gêner les autres hommes qui désiraient fumer leur cigare en paix en discutant affaires avec elle.

Alice s’envole alors et va ensuite tourner pour d’autres compagnies sur des scénarios imposés. Le cinéma est devenu une grande industrie, en partie grâce à elle.

ALICE INSOUMISE

Mais il n’y a plus de place pour une indépendante comme elle. Son mari gère mal leurs studios et finit par demander le divorce.

Alice revient en France avec ses deux enfants mais personne ne veut d’elle.

En 1927, elle retourne donc aux États-Unis bien décidée à ne pas abandonner ni à se laisser faire. Elle tente de retrouver ses films sans succès. Grâce à sa fille, elle se renouvèle en écrivant des contes pour enfants sous divers pseudonymes dont Guy Alix et donne des conférences dans diverses universités et à l’occasion de rencontres cinématographiques.

« Et pourtant, elle a été oubliée par l’industrie qu’elle a contribué à créer. »

Martin Scorsese

Pendant près d’un demi-siècle, plus personne n’entendra parler d’Alice Guy. L’Histoire écrite par les hommes a préféré retenir Lumière, Edison, Daguerre, Marey ou Eiffel, oubliant qu’ils n’auraient jamais exploité la grande trouvaille du XXème siècle sans cette femme de caractère.
Sa vie et sa carrière sont un exemple pour toutes les femmes qui, dans le septième art, doivent comprendre qu’il ne faut jamais abandonner, qu’elles sont souvent à l’origine de grands progrès et de grands projets. Son expérience doit les inciter à reprendre le flambeau.

 (Denis Bertrand)

Alice Guy, ou Alice Guy-Blaché, née le 1er à Saint-Mandé et morte le  à Wayne,  dans l'État du New Jersey aux États-Unis, est une réalisatrice française de cinéma.

Avec La Fée aux choux, qu'elle tourne en 1896, elle est la première réalisatrice de l'histoire du cinéma. En 1910, elle est aussi la première femme créatrice d’une société de production de films, la Solax Film Co.

ALice Guy, la première Cinéaste et visionnaire []ALice Guy, la première Cinéaste et visionnaire []

En 1863, Émile Guy, prospère propriétaire d’une chaîne de librairies au Chili, épouse à Paris, Marie Clotilde Franceline Aubert dite « Mariette ». Quelques jours après le mariage, Mariette et Émile se rendent à Santiago du Chili. Mariette revient dix ans plus tard à Paris pour y accoucher de son cinquième enfant ; Alice voit le jour le 1er juillet 1873 à Saint-Mandé, aux portes de Paris. Sa mère repart au Chili, Alice est confiée à ses grands-parents à Carouge, en Suisse, jusqu’à l’âge de trois ans, puis rejoint ses parents au Chili. Elle apprend l’espagnol avec ses nourrices chiliennes. À six ans, elle rentre en France et rejoint ses grandes sœurs en pension. Au Chili, la famille Guy fait faillite. Le frère d’Alice meurt à 17 ans d’une maladie cardiaque, suivi de près par son père. Alice vit alors avec sa mère à Paris et fait des études de sténographie, une profession rare à l’époque.

- la première réalisatrice du cinémaModifier

Alice Guy entre à 21 ans comme secrétaire de direction au Comptoir général de la photographie dont Léon Gaumont est employé. Mais la société, mal gérée, est forcée de déposer son bilan. Avec deux associés, Léon Gaumont la rachète.

Alice Guy s'intéresse de près aux bouleversements techniques. Elle suit bénévolement des cours avec Frédéric Dellaye, un photographe avant-gardiste qui lui apprend le développement, l'utilisation du matériel et les trucages. Elle suit les expériences de Wilhelm Röntgen pour les photographies par rayon X.

En mars 1895, Alice Guy assiste à une projection privée des frères Lumière, qui se tient dans les locaux de la Société d'encouragement pour l'industrie nationale. Léon Gaumont envisage de suivre l'exemple de Louis Lumière et de se cantonner aux vues de paysages. Pour sa part, Alice Guy est fascinée par la photographie animée.

En 1896, elle essaye de convaincre son directeur de l'intérêt d’initier à son tour quelques « vues comiques », comme L’Arroseur arrosé. Léon Gaumont finit par l’autoriser à tenter un essai « à condition que ce soit en dehors de ses heures de travail ». Alice Guy réalise alors, à 23 ans, La Fée aux choux. Son succès décide Gaumont à lui confier la direction d'un service spécialisé dans les vues animées de fiction, ce qu’elle fait de 1896 à 1907, tournant elle-même les premières bobines, et choisissant ses collaborateurs. C’est ainsi qu’en 1904, Alice Guy embauche brièvement Ferdinand Zecca, qui réalise Les Méfaits d’une tête de veau. Elle fait aussi débuter dans la profession comme réalisateur Louis Feuillade, qui va devenir le préféré de Léon Gaumont, et comme décorateur Henri Ménessier.

En 1898-1899, Alice Guy innove dans le choix des sujets en tournant plusieurs scènes de la vie et de la Passion de Jésus Christ (l'ensemble de ces bobines, vendues séparément, constitue le premier péplum du cinéma). Le succès commercial inspire d’autres productions sur le même sujet (Lumière, Pathé…). En 1906, elle complète ces différents épisodes par une production à gros budget pour l'époque, avec 300 figurants et 25 tableaux, soit plus de 600 m de film. Elle reçoit pour celle-ci les félicitations de Louis Gaumont, et la médaille de la ville de Milan.

Entre 1902 et 1906, Alice Guy réalise, ou dirige, la production d’une centaine de phonoscènes, à l’aide d’un couple de machines développées par Georges Demenÿ, le Chronophone. Sont ainsi conservées pour la postérité des prestations de chanteurs d’opéra et de chansonniers populaires comme Dranem ou Félix Mayol, réalisant le rêve de Thomas Edison, qui imaginait le même couple dès 1887, qui aurait permis d’« assister à un concert du Metropolitan Opera cinquante ans plus tard, alors que tous les interprètes auraient disparu depuis longtemps ». À cette occasion, Alice Guy fait tourner le premier making of d’un film, intitulé aujourd'hui Alice Guy tourne une phonoscène.

Ses réalisations personnelles sont de plusieurs centaines de films (très courts, comme le sont tous les films à l'époque) dans tous les genres possibles.

En 1907, elle épouse Herbert Blaché, un opérateur issu de l'agence Gaumont de Londres qu'elle avait rencontré brièvement en France en 1906 et mieux connu lors d’un voyage professionnel en Allemagne. Léon Gaumont envoie Blaché comme expert de son Chronophone auprès d'un industriel de Cleveland aux États-Unis, à qui il a cédé des droits d'exploitation. Alice Guy nomme à sa place Louis Feuillade comme directeur artistique et part avec son mari.

Carrière américaineModifier

Alice Guy et son mari s'installent aux États-Unis à Flushing, près de New York, et tentent de promouvoir l'invendable Chronophone de Gaumont.

En 1910, Alice Guy monte sa propre société, la Solax Film Co, dont elle est présidente et directrice de production. Deux ans plus tard, la compagnie peut construire de nouvelles installations à Fort Lee (New Jersey). Solax devient l’une des plus grandes maisons de production des États-Unis juste avant l'émergence d'Hollywood.

Alice Guy place un grand panneau sur les plateaux : « Be Natural » (soyez naturels !). Elle tourne des mélodrames (Falling Leaves, 1912), des westerns (Greater Love Hath no Man, 1911), des films sur la Guerre civile (For the Love of the Flag, 1912). Elle s'intéresse souvent aux problèmes ethniques : Across the Mexican Line (1911), A Man is a Man (1912), Making of an American Citizen (1913), ou bien encore A Fool and His Money (1912) qui est le premier film joué uniquement par des acteurs afro-américains. Au cours de ces années, les films d'une seule bobine, les One reel movies d'un quart d'heure, ne sont plus la durée préférée des spectateurs, les Three reel movies de 45 minutes sont désormais courants. Alice Guy livre ainsi un Fra Diavolo (1912) et un Dick Whittington Cat (1913).

Le couple travaille de concert, mais dès que son mari n'est plus en contrat avec Gaumont, en 1913, elle le nomme président de la Solax. « Je lui avais abandonné les rênes avec plaisir. Je n’assistais à aucune réunion des conseils où la Sales & Co composait les programmes, j’aurais, disait Herbert, “gêné les hommes qui désiraient fumer leur cigare en paix et cracher à leur aise tout en discutant des affaires” ». Trois mois plus tard, Herbert Blaché démarre sa propre compagnie, Blaché Features, qui absorbe ensuite la Solax.

Les Blaché rejoignent la Popular Plays and Players. En 1914, Alice tourne The Lure, un film (perdu) qui évoque la traite des blanches ; en 1916, sept films longs dont Ocean Waif, et en 1917The Empress, une histoire de chantage. Les étoiles d'Alice Guy se nomment Olga PetrovaBessie LoveBlanche Cornwall et son partenaire Darwin Karr, Vinnie Burns, ainsi que Claire Whitney, Doris Kenyon, Lee Beggs, Mace Greenleaf, Marion Swayne, et Billy Quirk.

Durant l'année 1917, Alice Guy produit et tourne pour Popular Play and players et pour US Amusements. Plus tard, elle met ses talents de réalisatrice au service d'autres compagnies sur des scénarios imposés. Le cinéma, devenu une grande industrie, migre sur la côte ouest des États-Unis, à Hollywood, où les indépendants ont peu de place, les studios de Fort Lee sont vendus pour apurer les dettes dues à la mauvaise gestion d'Herbert Blaché.

Après l'AmériqueModifier

Son mari ayant demandé le divorce, Alice décide de rentrer en France en 1922 avec ses deux enfants. Elle ne pourra y retrouver sa place, ni à la Gaumont ni dans d'autres firmes de cinéma.

En 1927, elle retourne aux États-Unis pour tenter de retrouver ses films, en vain. Elle suit Simone, sa fille, et écrit des contes pour enfants sous divers pseudonymes, l'un d'eux est Guy Alix. Elle donne des conférences dans diverses universités et à l’occasion de rencontres cinématographiques.

En 1957, elle reçoit un hommage de la Cinémathèque française, initié par le fils de Léon Gaumont, Louis Gaumont.

En 1963, alors qu’elle est âgée de 90 ans, Victor Bachy l'interviewe et publie sa biographie.

Elle meurt en 1968 aux États-Unis à l'âge de 94 ans, sans avoir pu retrouver les films de sa production et faire publier ses mémoires qui le seront en 1976.

 

  • « Le premier film de fiction au monde s'est fait en 1896 chez Gaumont. C'était un court-métrage, La Fée aux choux, dont Alice Guy était à la fois auteur et réalisateur. Auteur complet en somme, dans le sens où l'entendait la nouvelle vague bien des années plus tard »(Nicolas Seydoux, président de la Gaumont, dans La Presse Montréal (1994).
  • « Film buffs Griffith, Hitchcock and Ford. They know Wertmuller, Godard and Fellini, but before them all, came Alice Guy. We all owe a debt to her » (John Ewing, director of the Cleveland Cinématheque).
  • « C'est dans les choux, on le sait depuis longtemps, que se font les plus beaux bébés ; cette fée eut une descendance innombrable ; tous les films de fiction mis en scène dans le monde depuis cent ans » (Émile Breton, historien du cinéma).
  • « Alice Guy was largely responsible for creating the position of head of production, that later became basis for the modern studio system. She more than anyone else set the Gaumont style. » (Professor William, New York Times).
  • « Avec La Fée aux choux, pour la première fois, nous trouvons réunis : une idée, l'utilisation d'un plateau permettant l'emploi d'un décor, des costumes, et enfin, un effet de trucage. Alice Guy peut même revendiquer le titre pour les films parlants puisque, dès 1902, elle enregistre de nombreux chronophones. » (Louis Gaumont, 1954).
  • « Que le premier réalisateur de film, au sens précis qu'a pris cette expression, soit une réalisatrice ne manque pas de piquant, au vu de la misogynie qui régna ensuite dans le cinéma. » (Pascal Mérigeau, Le Monde).
  • « On a souvent contesté à Alice Guy le mérite d'avoir été, après Louis Lumière, la première personne au monde à réaliser des films, donc la première cinéaste, sans distinction de sexe. Aujourd'hui, il est rigoureusement établi que, contrairement aux affirmations hasardeuses de certains spécialistes de la question, Alice Guy a réalisé sa Fée aux choux au début de l'année 1896, quelques semaines avant l'entrée en lice de Georges Méliès. » (Charles Ford, historien du cinéma).
  • « Celle qui avait tant lutté pour défendre son titre de première femme cinéaste du monde s'éteignit sans plus savoir qu'elle avait fait du cinéma, avant la publication de ses mémoires, avant la redécouverte de ses films, avant que justice lui fût rendue. Sic transit gloria mundi. » (Victor Bachy, Institut Jean Vigo).
  • « Alice Guy était une réalisatrice exceptionnelle, d'une sensibilité rare, au regard incroyablement poétique et à l'instinct formidable. Elle a écrit, dirigé et produit plus de mille films. Et pourtant, elle a été oubliée par l'industrie qu'elle a contribué à créer ». Martin Scorsese, New York, octobre 2011.

Alice Guy est une descendante de bonne famille qui doit travailler jeune à cause d’un revers de fortune familial. La chance veut qu'elle soit présente à la naissance du monde moderne et qu’elle fréquente les Lumière, Marey, Demenÿ, Eiffel, Zola… « On m’a souvent demandé pourquoi j’avais choisi une carrière si peu féminine. Or, je n’ai pas choisi cette carrière, ma destinée était tracée ». Elle réussit dans ce milieu d'hommes parce qu'au début on ne prête guère attention aux films de fiction, ce qui lui permet de montrer ses qualités dans les multiples tâches que demandent la production et la réalisation d'un film, puis de conserver son poste quand la maison Gaumont grandit avec le cinéma.

Mais elle ne néglige pas pour autant ses devoirs de mère, et, vu l’époque, ses devoirs d’épouse.

Même si elle en fait en 1906 un contre-exemple amusant, Résultats du féminisme, un film qui montre l'organisation domestique inversée : les hommes à la cuisine et aux couches à changer, et les femmes confortablement allongées sur des sofas, bavassant, fumant et houspillant la gent masculine.

Elle suit son mari aux États-Unis où elle met au monde sa fille, Simone, en 1908. En 1910 elle monte son propre studio alors qu'elle est enceinte de son deuxième enfant, Reginald. En 1917, ses deux enfants tombent gravement malades et elle part avec eux pour la Caroline du Nord où elle sera aussi volontaire de la Croix-Rouge. En 1918, son mari la quitte. En 1920, elle manque être emportée par la grippe espagnole alors qu'elle termine la direction de son dernier film. Elle suit sa fille dans ses postes aux ambassades des États-Unis : France, Suisse (durant la guerre et jusqu'en 1947), France, États-Unis, Belgique puis retour aux États-Unis où elle s'éteint.

Controverse des archives Gaumont autour de son premier filmModifier

D’après les archives Gaumont, le premier film d’Alice Guy serait Sage-femme de première classe, tourné pendant l’été 1902. La description qu’elle en fait plus tard correspond bien à ce remake inscrit au catalogue Gaumont de 1902[16]. Alice Guy date l'original de 1896 et lui donne pour titre La Fée aux choux.

Distinctions et citationsModifier

  • Exposition universelle de 1900 et exposition de Lille : diplôme de collaboratrice de la maison Gaumont.
  • Exposition universelle de Saint Louis en 1903Liège 1905Milan 1906 : Médaille d'or.
  • Palmes académiques 1907 : en tant que "directrice de théâtre".
  • Hommage à la Cinémathèque française en 1957.
  • Légion d'honneur en 1958.

Solax Studios était un studio de cinéma américain fondé en 1910 par des cadres de la Gaumont Film Company de France. Alice Guy-Blaché, son mari Herbert, et un troisième partenaire, George A. Magie, ont fondé The Solax Company. Alice Guy-Blaché était directrice artistique et metteur en scène de plusieurs de ses films, tandis que son mari Herbert Blaché dirigeait la production de la nouvelle compagnie. Ils reprennent le studio que Gaumont a construit à Flushing, New York, en 1908, pour la production de films sonores Chronophiles, une entreprise qui n'a pas abouti pour Gaumont. Solax produisit des films muets à Flushing d'octobre 1910 à l'été 1912. Prospérant, Solax investit plus de 100 000 dollars dans une usine de production moderne en 1912 à Fort Lee, New Jersey, qui devint le centre de la première industrie cinématographique américaine.

C'était une époque où l'industrie cinématographique américaine passait rapidement de rien de plus qu'une curiosité scientifique à un secteur important du moteur économique de l'économie. Dans cet environnement, les studios Solax ont été conçus comme une opération tout-en-un avec son propre laboratoire de traitement de films et des scènes de pointe construites sous une verrière. En plus des bureaux administratifs, les installations de production comprenaient des vestiaires, un atelier de fabrication de décors et un département de conception de costumes avec une salle de couture.

En 1912, Solax Studios réalise un court métrage intitulé A Fool And His Money, réalisé par Alice Guy-Blaché. On pense qu'il s'agit du premier film réalisé avec une distribution composée uniquement d'acteurs afro-américains. Le film est maintenant au Centre national pour la préservation du film et de la vidéo à l'American Film Institute. Le nouveau Metro Pictures, (maintenant MGM), a commencé sa vie professionnelle en 1916 principalement en tant que distributeur de films Solax à succès. Plusieurs stars émergentes sont apparues dans les films de Solax, dont Lionel et Ethel Barrymore, Claire Whitney, Olga Petrova et Billy Quirk.

Entre leurs propres productions, les Blachés ont loué les studios à d'autres sociétés de production telles que Goldwyn Picture Corporation et Selznick International Pictures. Cependant, Solax et le reste de l'industrie cinématographique de la côte Est ont rapidement décliné dans les années 1920 en raison de la croissance phénoménale des installations cinématographiques à Hollywood, en Californie, qui offraient des coûts plus bas et un climat adapté au tournage à l'année.

Des méthodes inadéquates de lutte contre les incendies ont entraîné la destruction de Solax Film Laboratories

Filmographie

Autour d’Alice GuyModifier

  • 1905 : Alice Guy tourne une phonoscène, réclame de la firme Gaumont
  • 1975 : Qui est Alice Guy, documentaire de Nicole Lise Berneim
  • 1983 : Elle voulait faire du cinéma film de Caroline Huppert elle-voulait-faire-du-cinema.blogspot.com
  • 1992 : Women who make the movies film de Gwendoln Foster
  • 1995 : Le Jardin oublié : La vie et l’œuvre d’Alice Guy-Blaché de Marquise Lepage
  • 1996 : Alice Guy pionnière du cinéma un film de Florida Sadki
  • 1996 : Alice Guy Blaché, un film de Katia Raganelli* 1998 : Une Multitude de Perles un film Lumière du regard atelierfiwe.com
  • 2000 : Reel Models un film de Barbra Streisand
  • 2008 : Looking for Alice dvd Claudia Collao
  • 2008 : Gaumont le cinéma premier dvd Pierre Philippe
  • 2009 : Cinéma premier Alice Guy dvd Gaumont
  • 2016 : Be Natural, the untold story of Alice Guy Blaché un documentaire de Pamela Green (Pic Agency)
  • 2017 : Elle s'appelle Alice Guy, un film documentaire d'Emmanuelle Gaume avec Alexandra Lamy (coproduction France3 / Gaumont 2016)

 

 

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • Autobiographie d’une pionnière du cinéma (1873-1968) Alice Guy, présentée par Musidora, Denoël/Gonthier, 1976. Préface de Nicole-Lise Bernheim.Avant propos de Claire Clouzot
traduit en anglais : The Memoirs of Alice Guy Blaché, édité par Anthony Slide, Scarecrow Press, 1996
  • Daniel Chocron, Alice Guy, pionnière du cinéma, Le Jardin d'Essai, 2013
  • Victor Bachy, Alice Guy-Blaché (1873-1968), la première femme cinéaste du monde, Institut Jean-Vigo, 1993
  • Alison McMahan, Alice Guy Blaché: Lost Visionary of the Cinema, Continuum International, 2002
  • Paule Lejeune, Le Cinéma des femmes, Atlas/Lherminier, 1987
  • (en) Joan Simon (dir.), Alice Guy Blaché, Cinema Pioneer, Yale University Press, 2009 (contributions de Jane Gaines, Alison McMahan, Charles Musser, Kim Tomadjoglou et Alan Williams) présentation du livre, des auteurs sur le site des éditions universitaires de Yale
  • (en) John Wakeman, World Film Directors (1890-1945), The HW Wilson Company, 1987
  • (es) De Lucas Ramon, La pionera occulta: Alice Guy en el origin del cine, Thèse université de Valence 2012
  • Emmanuelle GaumeAlice Guy, la première femme cinéaste de l'histoire - roman biographique - éditions PLON 2015
  •  
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Virginie Guerin 29/06/2018 07:14

Ah ! Je dis chapeau à Alice Guy. Elle a fait du bon boulot. J’aurais tellement voulu faire carrière au cinéma, mais j’ai longtemps hésité. Cet article me redonne le courage de le faire. Merci beaucoup !

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