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19 Jun

Boadicée, guerrière et reine des celtes en l'an 30 {}

Publié par La pintade rose  - Catégories :  #Femmes Femmes..., #J'aime

 Une épopée lointaine racontant l'histoire de cette Femme, Boadicée ou Boadicea en anglais, Boudicca, Boudica en latin, née vers 30 et morte en 61, est une reine celte du peuple brittonique des Iceni présent dans la région qui est aujourd’hui le Norfolk au nord-est de la province romaine de Bretagne, au ier siècle apr. J.-C. Elle était l'épouse de Prasutagos.
Les sources mentionnant Boadicée sont peu nombreuses. Nous la connaissons par Tacite, brièvement dans Agricola, et plus longuement dans les Annales, puis Dion Cassius dans son Histoire romaine. Suétone, qui ne consacre que quelques mots à la rébellion bretonne dans sa vie de Néron, ne mentionne pas son nom. On ne peut pas exclure qu'au vie siècle, le moine breton Gildas fasse allusion à elle, sans toutefois mentionner de nom, dans son De Excidio Britanniae.


L'historien grec Dion Cassius est le seul à avoir dressé un portrait de Boadicée : « grande, terrible à voir et dotée d'une voix puissante. Des cheveux roux flamboyants lui tombaient jusqu'aux genoux, et elle portait un torque d'or décoré, une tunique multicolore et un épais manteau retenu par une broche. Elle était armée d'une longue lance et inspirait la terreur à ceux qui l'apercevaient. ». Il est impossible de dire si cette description correspond à la réalité.


Les éléments biographiques sont particulièrement maigres. Les versions de Tacite et de Dion Cassius divergent sur plusieurs points. Pour Tacite, Boadicée est la reine des Iceni ; Dion Cassius, quant à lui, dit simplement qu'elle est de race royale. Selon Tacite, elle est la mère de deux filles ; Dion Cassius n'en souffle mot. Les deux auteurs divergent également sur la cause de sa mort : par le poison s'il faut en croire Tacite, de maladie selon Dion Cassius. Pour Dion, elle agit non seulement en chef de guerre mais également en prêtresse, pratiquant la divination au moyen d'un lièvre et invoquant une divinité nommée Andraste (ou Andate), connue par ce seul texte.

Vers l'an 60, pensant s'attirer les bonnes grâces de l'empereur Néron, le roi Prasutagos légua son royaume-client à l'Empire, tout en faisant de ses filles ses cohéritières, selon Tacite. Ce calcul se révéla vain : son royaume fut incorporé à la province.
Selon Tacite, sa veuve Boadicée, qui avait probablement protesté, fut battue des verges, tandis que ses deux filles étaient violées. Les autres griefs ne manquaient pas. Le territoire des Iceni était considéré comme un pays conquis par les administrateurs romains. Ni Dion Cassius, ni Tacite, bien que lui-même fût romain, ne dissimulent leur rapacité : le procurateur Catus Decianus réclama aux nobles Icéniens des sommes qui leur avaient été données par le précédent empereur, Claude. Au même moment, le philosophe Sénèque, qui leur avait prêté dix millions de drachmes, en réclama le remboursement immédiat. Les Iceni en voulaient particulièrement aux vétérans de l'armée romaine qui s'établissaient dans des colonies sur leur territoire et traitaient les autochtones en esclaves.
Pour venger les humiliations et les atrocités infligées à sa famille et son peuple, Boadicée prit les armes contre les Romains. Tacite rapporte comment, debout sur un char, elle harangue les soldats en leur disant qu’« elle ne venait pas, fière de ses nobles aïeux, réclamer son royaume et ses richesses ; elle venait, comme une simple femme, venger sa liberté ravie, son corps déchiré de verges, l'honneur de ses filles indignement flétri » et concluait que « femme, c'était là sa résolution : les hommes pouvaient choisir la vie et l'esclavage. »

Constituant une armée, elle chercha des alliés chez ses voisins, les Trinovantes (dans l'actuel Suffolk), et d'autres tribus.
Les circonstances étaient favorables, car le gouverneur romain, Suetonius Paulinus, à la tête des quatorzième et vingtième légions, menait une expédition dans l'île de Mona (l'actuelle Anglesey), au nord du pays de Galles et se trouvait trop loin pour intervenir. Boadicée avait réuni une armée de 120 000 hommes. Les Bretons s'en prirent d'abord à la nouvelle colonie de Camulodunum, dont le sanctuaire consacré à l'empereur Claude constituait une source d'irritation. Comme la ville ne disposait pas d'enceinte, elle était une proie facile. Les habitants demandèrent des secours au procurateur Catus Decianus, qui ne leur envoya que deux cents hommes mal armés. Lors de l'attaque de la ville, seuls ceux qui s'étaient retranchés dans le temple de Claude résistèrent deux jours. Petilius Cerialis, à la tête de la neuvième légion, se porta à la rencontre de l'armée bretonne, mais ses troupes furent anéanties dans une embuscade. Devant la tournure des événements, le procurateur Catus Decianus s'enfuit en Gaule. Suetonius Paulinus, revenu de Bretagne, se refusa à livrer immédiatement bataille et, malgré les lamentations des habitants, abandonna la ville de Londinium (Londres) à son sort. Tous ceux qui n'avaient pas quitté la ville, furent massacrés. Le municipe de Verulamium subit le même sort. Les fouilles archéologiques ont permis de dégager sur les trois sites la même couche épaisse de cendres rougeâtres. Le nombre de victimes parmi les Romains et leurs alliés se serait élevé de 70 000 selon Tacite à 80 000 selon Dion Cassius. Celui-ci n'est pas avare de détails effrayants à propos du sort des Romains qui eurent le malheur de tomber entre les mains des révoltés : les femmes romaines furent pendues nues, après leur avoir coupé les seins et les avoir cousus sur la bouche. Puis elles furent empalées pendant que les vainqueurs se livraient à des orgies sacrées dans leurs temples en plein air.

 Bataille de Watling Street.
Le gouverneur Suetonius, ayant réuni les quatorzième et vingtième légions, affronta les troupes de Boadicée. Tacite ne fournit aucune indication sur le lieu précis de la bataille, qui eut lieu à proximité de la chaussée romaine connue sous le nom de Watling Street, sans doute une plaine à Mancetter dans le Warwickshire. Tacite dit cependant que Suetonius livra combat à l'endroit de son choix. L'armée de Boadicée, bien qu'elle fût largement supérieure en nombre, subit des pertes effroyables : quelque 80 000 hommes, alors que les Romains n'en perdaient que quatre cents.
Les sources fournissent deux versions sur la mort de Boadicée : dans la première, Tacite raconte qu'en voyant la partie perdue, elle avale du poison pour ne pas tomber aux mains de l'ennemi ; dans l'autre, fournie par Dion Cassius, elle meurt de maladie avant de pouvoir reprendre le combat.


En Angleterre, la redécouverte de Tacite à la Renaissance entraîne un intérêt pour Boadicée. Elle est condamnée par les historiens de l'époque.
    ▪    Polydore Vergil dans son Anglica Historia en 1534 ou encore Raphael Holinshed dans l'History of England en 1587, qui adoptant un point de vue romain, la jugent sauvage et estiment que, par son comportement, elle sort du rôle attribué à une femme.
    ▪    Le poète Edmund Spenser, par contre, la présente dans The Faerie Queene comme un modèle de courage et de patriotisme.
    ▪    Le poète John Milton partage le point de vue des historiens mais le présente sous un angle particulier : les Romains auraient vu en elle l'occasion de diffamer les Bretons, des barbares « comme si en Bretagne les femmes étaient des hommes, et les hommes des femmes ».


    ▪    En 1782, William Cowper lui consacra un des poèmes les plus populaires, Boadicea, an Ode.
     ▪    Boadicée est également l'héroïne principale de la tétralogie intitulée La Reine celte, de l'auteur britannique d'origine écossaise Manda Scott. La série se compose de 4 tomes :
    •    Le rêve de l'aigle (tome 1 ; édition Livre de Poche 8-06-2005, Collection Littérature & Documents.
    •    Le rêve du taureau rouge (tome 2 ; édition Livre de Poche 11-01-2006, Collection Littérature & Documents.
    •    Le rêve du chien (tome 3 ; édition Livre de Poche 8-06-2005 ; Collection Littérature & Documents.
    •    Le rêve de la lance-serpent (tome 4 ; édition Livre de Poche 30-05-2007, Collection Littérature & Documents.
    ▪    Boadicée est le personnage central du roman Boudicca - qui se veut sa biographie historique et onirique - de Jean-Laurent Del Socorro, paru en 2017 aux éditions ActuSF.
Sculpture
Monument de Boudicca sur son char, au pont de Westminster, 1982.
Deux statues, dénuées de toute vraisemblance historique, ont également contribué à donner forme au mythe.
    ▪    La première, due à Thomas Thornycroft (1885), érigée à Londres, près du quai de Westminster, la représente conduisant un char de combat, brandissant une épée, et accompagnée de ses deux filles. Son char, dont les roues sont équipées de faux, évoque un char de combat perse plutôt qu'un char breton. Ce détail a souvent été repris par la suite. Le socle de la statue porte deux vers du poème de Cowper :
Regions Caesar never knew.

    Armée britannique
    ▪    Plusieurs navires de la Royal Navy portèrent le nom HMS Boadicea : une frégate (1797), une corvette (1876), un croiseur (1908) et un destroyer (1930).
    ▪    Boadicée sur son char de guerre accompagnée de ses deux filles (rappelant la statue de Thomas Thornycroft) est le symbole de l'opération Chariot, mission commando d'envergure de la seconde guerre mondiale.
Astronomie
    ▪    Les Boadicea Paterae, des structures géologiques présentes sur la planète Vénus ont été nommées en référence à Boadicée.


Une légende, sans le moindre fondement historique mais reprise épisodiquement par la presse, probablement forgée après la deuxième guerre mondiale, voudrait que sa tombe se trouve sous l'actuel quai no 9 de la gare de King's Cross.
Filmographie
    ▪    Phyllis Neilson-Terry (en) interprète Boadicée dans le film Boadicée (1927).
    ▪    Siân Phillips interprète Boadicée dans la série télévisée Warrior Queen (en) (1978).
    ▪    Alex Kingston interprète Boadicée dans le film Boudica (diffusé en français sous le titre Légions : Les Guerriers de Rome) (2003).
    ▪    Boadicée est l'inspiration à la base du film La Reine des Vikings (1966).
    ▪    Bodycea apparaît dans l'épisode 4 de la saison 3 de Xéna, la Guerrière sous les traits de l'actrice néo-zélandaise Jennifer Ward-Lealand.
Musique
    ▪    Boadicée est mentionnée dans la chanson "The Good Old Days" du groupe de rock anglais The Libertines
    ▪    Henry Purcell lui a dédié une de ses œuvres en 1695, Bonduca, or the British Heroine.
    ▪    Plusieurs autres artistes l'ont citée dans leurs chansons, à l'instar d'Enya, Róisín Murphy ou Bal-Sagoth.

 

Jeux video
    ▪    Boadicée est la dirigeante des Celtes dans les jeux vidéo Civilization II, Civilization IV et Civilization V: Brave New World.
    ▪    Boudicca est la dirigeante des Celtes en révolte contre l'Empire romain dans le jeu Ryse: Son of Rome sorti en 2013 sur Xbox ONE.
    ▪    Boudicca apparaît comme une Servant invocable dans le jeu Fate/Grand Order.
    ▪    Boadicea est une spécialisation de la classe "Lancea" sur le MMORPG Dragon Nest.
    ▪    Boadicea est l'un des commandants barbares dans le jeu Total War : ARENA

Bande dessinée
    ▪    Boadicée est un des personnages centraux du tome 6 (Boadicae, la guerrière folle) de la série de bande dessinée Vae victis ! de Simon Rocca et Jean-Yves Mitton.
Boadicée est evoquée dans la bande dessinée "From Hell" d'Alan Moore et Eddie Campbell.

Informatique/Médecine
    ▪    Boadicea (sigle pour Breast and Ovarian Analysis of Disease Incidence and Carrier Estimation Algorithm) est également un algorithme informatique permettant de prédire le risque de développer un cancer du sein ou de l'ovaire héréditaire due aux gènes BRCA1 et BRCA2[10].
Art contemporain
    ▪    Boadicée est une des 39 convives référencées dans l'œuvre d’art contemporain The Dinner Party (1979) de Judy Chicago. Elle est la douzième convive de l'aile I de la table, elle y figure entre Aspasie et Hypatie d'Alexandrie.

 

 

https://youtu.be/rGwUpsyDJTk

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