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03 Jul

États généraux du féminisme en 1929 ()()()

Publié par La pintade rose  - Catégories :  #j'aime, #Femmes Femmes...

Un petit retour en arrière avec quelques noms oubliés mais qui nous ont fait avancer !

Les États généraux du féminisme, imposante manifestation dans la lignée des Congrès d'avant la guerre, se tienne en février 1929 à Paris ainsi qu'en 1930 et en 1931.

 Présidés par Madame avril de Sainte-Croix, ils sont organisés par le Conseil national des femmes françaises qui fédèrent depuis 1901 la plupart des associations féminines .
 
Y participe une tendance générale absente des manifestations, le féminisme catholique
 
Un rapprochement avec les associations catholique favorables à une amélioration de la condition féminine et au droit de vote.
 Certes, celle-ci escomptent que le vote des femmes fera échec aux laïcs, tandis que les autres souhaitent rapprocher les femmes de la République. Mais il y a  accord sur le principe ; face à << l'union sacrée >> de presque tous les parties contre l'accès des femmes à la citoyenneté (les bons amis se révélant pire que les ennemis quand ils font monter les enchères trop haut.)
 
Il faut mettre une sourdine au divergence point à l'ordre du jour des États généraux la réunion de toutes les activités féminines en vue des réformes souhaiter parmi lesquels la suppression de l'incapacité civile de la femme mariée et les droits civiques point à la ligne sur le premier. La loi ne sera pas voté qu'en 1938 il faudra attendre 1944 pour que les Françaises elle le droit de vote en 1922 les sénateurs ont repoussé la loi sur les droits politiques des femmes approuvé par les députés en 1929 quand ils feront de même en mars 1929 et de nouveau en 1932 l'indication des féministes comme des manifestations devant le Sénat.
 
Autre objectif. Démontrer l'importance du travail social des femmes. L'une des oratrice Apolline de Gourlet déclare que les efforts des féministes œuvrant à protéger la maternité et l'enfance mérite l'hommage d'une nationalisation. A court terme, le principal succès des États généraux est d'ordre symbolique. La presse rend abondamment compte de l'événement et les actualités filment les participantes qui font la preuve de leur sérieux. Mais l'Union est sans lendemain car les buts et les méthodes diffèrent par trop. Alors que certaines féministes apprécient ces assemblées formelles où l'on débat entre les gens du même monde, d'autres veulent élargir la base militaire au classe populaire. D'autant plus que le début des années 20, le mouvement est confronté au discours émancipateur du Parti communiste. Le risque est plus grand qu'avec les socialistes : si la gauche milite pour le droit de vote des femmes, les communistes sont les seuls à faire élire et à siéger (illégalement) des conseillères municipales. Menacées d'être doublées sur leur gauche et sur leur droite, les féministes continue à être dispersées : mais cette diversité qui nuit à leur efficacité n'est-elle pas aussi un gage de survie. 
États généraux du féminisme en 1929 ()()()

Adrienne Pierrette Eugénie Glaisette, connue sous les noms de Savioz (nom de sa mère), « Mlle de Sainte-Croix », puis « Madame Avril de Sainte-Croix », est née le 10 février 1855 à Carouge(canton de Genève, Suisse). Son père Marc Glaisette est issu d'une famille huguenote de Gap venue s'installer dans le canton de Vaud à la suite de la révocation de l'Édit de Nantes. Il meurt en 1858 et laisse à sa femme deux petites filles. En 1871, la famille Glaisette obtient la citoyenneté de la commune de Sainte-Croix, canton de Vaud. C'est sans doute ce lieu d'origineSainte-Croix - qui est également le nom de l'église catholique de Carouge, lieu de naissance d'Adrienne - qui est à l'origine du pseudonyme qu'elle empruntera plus tard.
Avril de Sainte-Croix s'établit à Paris aux alentours des années 1880. Écrivaine, journaliste, auteure de nouvelles et chroniques sous le pseudonyme de Savioz, elle collabore notamment au Figaro, à l'Éclair et au Siècle, dans lequel elle prend position en faveur de Dreyfus.
Le 17 mai 1900, elle épouse à Paris, un ingénieur divorcé, François Avril. Bien que protestante et évoluant dans le milieu philanthropique protestant, il ne semble pas qu'elle soit pratiquante. Libre penseuse, elle fait partie de la loge du Droit humain, créée par Maria Deraismes et Georges Martin.

Le combat abolitionniste
D’après le portrait élogieux dressé par la journaliste Jane Misme en 1930, c’est lors du Congrès féministe de 1896 qu’Avril de Sainte-Croix « ouvrit les yeux au féminisme ». L'année suivante, elle devient collaboratrice de La Fronde, journal de femmes créé par Marguerite Durand. Révoltée par la situation des femmes à la prison de Saint-Lazare, elle publie une série d'articles dans le journal. Durant la même année, elle se rend à Londres au Congrès de la fédération abolitionniste en compagnie de Louise Michel - congrès auquel participe également Isabelle Bogelot, déléguée de l'Œuvre des libérées de Saint-Lazare, et l'abolitionniste Josephine Butler.
Avril de Sainte-Croix s'engage dans le combat abolitionniste : en 1901 elle fonde l'Œuvre libératrice, société de relèvement et de reclassement pour jeunes filles, qui est reconnue d'utilité publique le 28 juin 1913. A l'instar du Patronage des libérées d'Isabelle Bogelot ou de l'action de Sarah Monod, il s'agit d'aider matériellement et moralement les femmes touchées par la prostitution. Avril de Sainte-Croix met ainsi en place des salles d'asiles pour les enfants, des dispensaires médicaux, une école professionnelle et même une ferme-école à Epernon (Eure-et-Loir). Parmi les bienfaiteurs de l'association se trouvent les principales actrices du Conseil national des femmes françaises : Gabrielle Alphen-Salvador, Sarah Monod et son cousin Henri Monod, directeur de l'Assistance publique, Julie Siegfried et son mari le député Jules Siegfried.
On la retrouve dans d'autres œuvres philanthropiques françaises : elle fait partie du conseil d'administration de l'Association pour la répression de la traite des blanches et la préservation de la jeune fille, au comité d'honneur de l'Association pour le développement de l'assistance aux malades, ou encore en 1905 dans le comité central de la Ligue des droits de l'homme.


Une féministe d'envergure internationale
Féministe convaincue, Avril de Sainte-Croix n’en est pas moins lucide et consciente sur le temps nécessaire aux changements : « après être devenues féministes par opportunisme, elles le deviendront par conviction ; et je suis sûre que bientôt elles s’imagineront très sincèrement avoir défendu l’idée au lieu de se laisser remorquer par elle ».

Son rôle au Conseil national des femmes françaises
Secrétaire générale du Conseil national des femmes françaises de 1901 à 1922, elle gère les relations entre les différentes sections, l'articulation entre le conseil national et les branches régionales, l'organisation des assemblées publiques, les relations avec le Conseil international des femmes et autres associations étrangères. En 1922, elle succède à Julie Siegfried à la tête du Conseil national. C'est elle qui ouvre les États généraux du féminisme en 1929, dont le comité d'honneur compte parmi ses membres Aristide Briand, président du Conseil, Raymond Poincaré et le récent prix Nobel de la paix Ferdinand Buisson. En 1932, elle se retire de la présidence pour raison de santé et laisse la place à Marguerite Pichon-Landry, non sans être élue par acclamation présidente d'honneur.
Ses relations avec le monde politique
Lorsqu’en 1903, des agents des mœurs arrêtent par erreur deux jeunes filles, féministes et abolitionnistes protestent une fois de plus contre la double morale et demandent des réformes. Le ministre de l’Intérieur et président du Conseil Émile Combes met en place une commission extraparlementaire où siège pour la première fois une femme : Avril de Sainte-Croix. Dans son ouvrage Le féminisme publié en 1907, elle affirme ne pas avoir eu à souffrir de trop de protestations malgré le caractère nouveau d’une présence féminine. Siègent à ses côtés quelques sénateurs favorables aux droits des femmes comme Jean Cruppi, Francis de Pressensé ou encore Paul Strauss.
Après quatre ans de travail, la commission aboutit « à un projet de loi qui, dans son essence, réclamait simplement pour la femme comme pour l’homme le retour au droit commun » et condamne la prostitution[13]. En 1913, elle devient présidente de l’une des sous-commissions formée pour étudier la lutte contre la prostitution et les maladies vénériennes. Le gouvernement fera encore appel à elle sur cette question abolitionniste en 1921, en la nommant rapporteur à la Conférence internationale de la Ligue des Croix-Rouges pour l’étude de la lutte contre les maladies vénériennes. Elle figure également au sein de la commission Coulon-Chavagnes (1905-1907) qui étudie les lois conjugales inégalitaires et l’incapacité civile des épouses. En 1916, Avril de Sainte-Croix et Julie Siegfried sont chargées de constituer la Section d’études féminines créée au sein du Musée Social. La collaboration entre le Conseil national des femmes françaiseset le gouvernement se poursuit puisque le ministère de l’Armement met en place un Comité du travail féminin, dont les dix membres sont issues de cette section féminine du Musée Social. Ce comité – dont fait partie Avril de Sainte-Croix – est chargé d’étudier la situation des ouvrières dans les usines de guerre. L'un des aboutissements est l'élaboration d'un salaire minimum pour les femmes qui travaillent à domicil. Dans le même temps, Avril de Sainte-Croix fonde les Foyers-cantines pour ouvrières d'usine (qui deviendront après la Première Guerre mondiale les Foyers féminins de France : les femmes bénéficient ainsi de repas, de salles de repos et d'autres secours.
L'engagement d'Avril de Sainte-Croix dépasse les frontières françaises. Proche de Josephine Butler dont elle partage le combat abolitionniste, elle l'est également de Ishbel Hamilton-Gordon, Marchioness of Aberdeen and Temair (en), présidente du Conseil international des femmes, et d'Emma Pieczynska-Reichenbach. En 1898, elle préside la section Unité de la morale du Conseil international des femmes, avant d'être en 1930 première vice-présidente de l'organisation. Elle encourage la constitution de conseils nationaux en Grèce, Turquie, Pologne, Tchécoslovaquie, Autriche[18] et devient la marraine avec Julie Siegfried des conseils nationaux du Paraguay en 1918.
Sa renommée internationale lui permet d’être, après la guerre, déléguée des associations féminines internationales auprès de la Société des Nations. Elle y est chargée des questions de prostitution, de trafic des femmes et des enfants et de prophylaxie des maladies vénériennes.
Son action est récompensée par l'ordre de la Légion d'honneur : chevalier par décret du 8 octobre 1920, elle est faite officier le 1er juillet 1939. Elle reçoit par ailleurs les grandes médailles d'or de l'Assistance et de l'Hygiène.
Celle qui était de son vivant la personnalité féministe française qui connut le plus vaste rayonnement international[20] s'éteint le 21 mars 1939 à Menton, à l'âge de 84 ans.

États généraux du féminisme en 1929 ()()()

Notre plus grande féministe ». « Peut-être la plus grande féministe de France actuellement ». Telles étaient les étiquettes données dans les années 1920 et 1930 à Madame Avril de Sainte-Croix, une femme qui a presque totalement disparu de l’historiographie de la IIIe République. Il ne fait aucun doute qu’en 1929, à la veille des Etats Généraux du Féminisme, organisé par le Conseil National des Femmes Françaises (CNFF), qu’elle présida, et même à l’heure de sa mort en 1939, ces étiquettes convenaient parfaitement. Et pourtant, malgré son énorme activité publique, cette femme, journaliste à La Fronde, auteure de nouvelles, essayiste, polémiste, conférencière et organisatrice d’événements, fondatrice et secrétaire générale du CNFF, avant d’en être présidente ; chevalier, puis officier de la Légion d’honneur, suffragiste, initiatrice de la campagne contre la prostitution réglementée en France, à la tête de la section féminine du Musée Social, représentante du Comité des organisations internationales des femmes à la Société des Nations (SDN) pendant la campagne des années 1920 contre le trafic de femmes et d’enfants ; très célèbre au début des années 1930, cette femme a littéralement disparu. Elle ne figure plus que dans quelques occasionnelles notes de bas de page ou dans de brefs essais biographiques. Quel dommage ! En fait elle fut très présente sur le plan politique. Elle joua un rôle actif dans la société civile française et même mondiale, alors qu’elle n’avait même pas le droit de vote. A l’occasion de son 150e anniversaire, c’est à la fois mon plaisir et mon privilège que de rendre sa place dans l’histoire, à l’étonnante carrière de cette féministe française et citoyenne du monde qui ne méritait certainement pas de tomber dans l’oubli [2]. Seuls les ouvrages sur l’histoire du féminisme français sous la IIIe République l’intègrent dans leur récit [3]. Je souhaiterais examiner ici plusieurs facettes de son activité publique nationale et internationale, pendant quarante ans : d’abord la femme de lettres, puis l’organisatrice d’événements, puis la femme d’action multilingue doublée d’une globe-trotter. Mais dans la mesure où je n’ai nulle intention de lui rendre hommage en faisant de sa vie un simple « site d’analyse » [4], quelques informations d’ordre purement biographique me semblent appropriées. Sa vie et sa contribution aux affaires publiques sont extrêmement importantes.
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Source : http://www.archivesdufeminisme.fr/ressources-en-ligne/articles-et-comptes-rendus/articles-historiques/offen-k-grande-feministe-france-mme-avril-sainte-croix/#nb1
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En France, les revendications féministes renaissent avec les Trois Glorieuses. Un féminisme militant se développe dans les milieux socialistes de la génération romantique, en particulier chez les saint-simoniens et les fouriéristes de la capitale mais rien de concret ne ressort des manifestations féminines. Aussi bien sous la Monarchie de Juillet que sous la Deuxième République ou le Second Empire, aucun droit n'est accordé aux femmes. Certains auteurs leurs refusent même le droit à la moindre éducation. Cette opinion est très minoritaire mais reprend, déformée, l'idée générale que l'éducation des femmes doit être limitée[84].

Cela n'empêche pas un lent progrès du droit à l'éducation que montre la promulgation, en 1850, de la Loi Falloux ordonnant la création d'écoles de filles dans les villes de plus de 800 habitants ou la première réussite au baccalauréat d'une femme, Julie Daubié, en 1861. Cette seconde partie du xixe siècle voit l'apparition d'auteurs féministes qui demandent une amélioration de la condition féminine. Ainsi, Julie Daubié écrit La femme pauvre au XIXe siècle en 1866. André Léo, après avoir écrit des articles féministes dans le journal L'Opinion nationale, publie plusieurs romans décrivant la situation difficile des femmes et, en 1868, elle poursuit son combat en publiant un manifeste prônant l'égalité des sexes, L'égalité en marche, qui amène la création du premier groupe féministe français. Maria Deraismesest aussi une figure importante de ce féminisme littéraire qui essaie de faire évoluer les mentalités par ses écrits. Avec André Léo, Louise Michel et plusieurs autres femmes socialistes, elle signe un manifeste en 1868 dans le journal Le droit des femmes qui demande l'égalité des droits civils, le droit à l'éducation, le droit au travail et l'égalité salariale. Ces dernières revendications sont un point de divergence entre les socialistes car la majorité masculine souhaite l'interdiction du travail féminin alors que les femmes réclament le droit de travailler dans les mêmes conditions que les hommes. Par plusieurs discours, André Léo remet en cause le code législatif, hérité de l'Empire, qui assujettit totalement la femme à l'homme. C'est donc à partir de ces années 1860 que le mouvement féministe, même si ce qualificatif n'existe pas encore, prend de l'importance et se concrétise dans les années 1880 avec la création d'associations féministes. La presse est aussi mise à contribution et, en 1897, est publié le premier numéro du journal La Fronde dirigé par Marguerite Durand avec Séverine, première femme à pouvoir vivre grâce à ses chroniques journalistiques. Jusqu'en 1905, ce journal, d'abord quotidien jusqu'en 1903 puis mensuel jusqu'à sa disparition, propose un discours féministe qui parvient à atteindre un lectorat important et s'impose comme un journal influent dans le paysage de la presse de l'époque.

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Coups de cœur, coups de bec d'une habitante de Sant Nazer (44600)