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24 Jan

Les Guérilla girls ou les amazones américaines de l’art §§§

Publié par La pintade rose

Les femmes doivent-elles être nues pour s’imposer dans le musée du MET ? Moins de 4% des artistes dans les sections Art Moderne sont des femmes, mais 85% des nus sont féminins." Cette affiche n’est que l’une des nombreuses œuvres protestataires du collectif d’artistes féministes Guerrilla Girls.

Les Guerrilla Girls sont un collectif de féministes américaines, qui s’expose jusqu’au 19 février 2017 au FRAC Lorraine à Metz. Depuis leur création en 1985, elles militent contre le sexisme dans le monde de l’art. Et organisent des conférences, placardent des affiches avec des slogans féministes et des statistiques dénonçant les discriminations.

Toujours avec une méthode très rodée, qui leur donne des accents de Wonder Woman. À la différence près qu’elles agissent masquées. Et pas avec n’importe quel masque, celui d’un gorille, symbole d’une force qu’on leur dénie, parce qu’elles sont des femmes. « En fait, on a pensé à plein d’accessoires possibles, au masque de ski, au sac en papier, au collant, et puis une de nos membres a fait un lapsus en confondant guérilla et gorilla », raconte celle surnommée « Frida Kahlo », l’une des fondatrices du groupe.

À la façon Superman

Quant au tour de passe-passe pour revêtir leur tenue de combat, il est moins digne de la superhéroïne de William Moulton Marston que du journaliste Clark Kent alias Superman. « On a toutes sortes de trucs, on se change dans les toilettes ou les cabines de téléphone, poursuit “Frida Kahlo”. Nos masques peuvent facilement glisser de nos visages. Le seul problème aujourd’hui, c’est qu’il y en a de moins en moins de disponibles dans les magasins de farces et attrapes, alors qu’on en trouvait autrefois des tonnes, peut-être à cause du succès du film La Planète des singes. »

Simple et efficace, le mode opératoire n’a pas non plus changé. Plutôt que l’agit-prop telle que la pratiquent aujourd’hui les Pussy Riots ou les Femen, le collectif intervient dans l’espace public avec des affiches, autocollants et prospectus. Ces posters répertorient les galeries à l’écurie exclusivement masculine, les critiques d’art sexistes, ou les musées dont les collections sont chiches en artistes femmes. « L’affiche, c’est “cheap”, ça s’imprime facilement et c’est d’une diffusion immédiate dans la rue, explique “Frida Kahlo”. On les collait au début à visage découvert le vendredi dans la nuit et, le samedi, on se baladait dans la rue, comme tout un chacun, pour écouter la réaction des gens. Certains disaient qu’il fallait analyser le monde de l’art comme n’importe quel milieu professionnel. D’autres pensaient que notre sphère jouissait d’une exception, d’autres encore que la méritocratie devait primer sur le sexe. » Des commentaires qu’on entend encore aujourd’hui, trente ans après la création des Guerrilla Girls.

LPR

Le masque de gorille est leur marque de fabrique : depuis des décennies, les Guerilla Girls nagent à contre-courant des métiers de l'art, critiquent la commercialisation des œuvres et exigent la reconnaissance du travail des minorités.

 

 

Les Guérilla girls ou les amazones américaines de l’art §§§

Des membres du collectif d'art féministe anonyme Guerrilla Girls se sont arrêtés à The Late Show pour parler de leurs 30 années passées à essayer de rendre le monde de l'art plus inclusif.

Les Guérilla girls ou les amazones américaines de l’art §§§

Aujourd’hui le collectif existe encore, même si ses membres sont peu nombreuses, une quinzaine aux Etats-Unis, il est toujours actif, et propose de réfléchir à travers des actions et des expositions à la manière dont la situation a évolué. Les Guerrilla Girls remarquent que plus personne n’ose aujourd’hui remettre en question la valeur des oeuvres produites par des femmes artistes, mais que l’inégalité perdure, et notamment au niveau des revenus. Quant à la visibilité dont elles bénéficient, elles remarquent qu’aux Etats-Unis la plupart des grandes institutions qui achètent et exposent de l’art contemporain ont un système de quotas, il y a donc nettement plus de femmes exposées qu’il y a trente ans - elles soulignent néanmoins la prolifération de musées privés, qui eux s’embarrassent souvent moins de ce type de questionnements. En Europe, et en France, on se méfie des systèmes de ce type, il n’y a donc pas de quotas. A l’occasion de la Frieze, la grande foire d’art contemporain londonienne, les Guerrilla Girls ont organisé à Londres une exposition intitulée “Est-ce encore pire en Europe?”, dans laquelle elles exposent des formulaires, des questionnaires qu’elles ont envoyés il y a quelques mois à 400 musées européens, avec des interrogations sur la diversité des artistes exposés. 100 ont répondu. Elles soulignent les efforts faits par les institutions espagnoles, ou anglaises. Elles s’étonnent notamment de ce que le Centre Pompidou n’ait pas répondu, et le classent parmi les très mauvais élèves, rappelant que depuis l’exposition “Elles” montrée en 2009, aucune exposition collective n’avait été organisée sur des femmes artistes.

LPR

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