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Le blog de la Pintade Rose Rainbow

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Coups de cœur, coups de bec d'une habitante de Sant Nazer (44600)


Vous n’aurez pas ma haine ou haïr c’est quoi ()()()

Publié par La pintade rose sur 21 Janvier 2019, 11:36am

Catégories : #J'aime, #Les odileries

Un petit rappel sur un événement tragique parmi tant d’autres, malheureusement ! Ne pas oublier ...

Ce vendredi 13 novembre 2015, Antoine Leiris, chroniqueur à France Info et France Bleu, est seul chez lui avec son fils Melvil, 17 mois. C'est un message sur son répondeur qui l'alerte: "Coucou, vous êtes en sécurité?" Il allume la télé, et sa vie bascule. Sa femme Hélène, 35 ans, était au concert du Bataclan et fait partie des 90 morts.

Trois jours après les attentats, alors qu'il vient d'identifier le corps de son épouse, il poste une lettre sur Facebook avec cette phrase: "Vendredi soir, vous avez volé la vie d'un être d'exception, l'amour de ma vie, la mère de mon fils mais vous n'aurez pas ma haine".

 

Maman est là.

Elle tombe sous les balles des terroristes.

Ce soir-là, Antoine Leiris a perdu sa femme, Hélène. Au lendemain des attentats, il signe une lettre qu’il titrera Vous n’aurez pas ma haine. Pour répondre aux armes, il prend la plume et livre un récit poignant. Accompagné d’une pianiste, Raphael Personnaz porte sur scène la parole du journaliste. Il raconte avec sobriété et délicatesse ce combat intérieur, le quotidien meurtri, mais tendre, d’un père et son fils. Une reconstruction. Un témoignage d’amour et d’espoir empreint de pudeur. L’amour qui terrasse la haine.

Vous n'aurez pas ma haine
Antoine Leiris 

"Nous somme deux, mon fils et moi, mais nous sommes plus forts que toutes les armées du monde. Je n'ai d'ailleurs pas plus de temps à vous consacrer, je dois rejoindre Melvil qui se réveille de sa sieste. Il a dix-sept mois à peine, il va manger son goûter comme tous les jours, puis nous allons jouer comme tous les jours, et toute sa vie ce petit garçon vous fera l'affront d'être heureux et libre. Car non, vous n'aurez pas sa haine non plus."

Vendredi soir vous avez volé la vie d’un être d’exception, l’amour de ma vie, la mère de mon fils mais vous n’aurez pas ma haine. Je ne sais pas qui vous êtes et je ne veux pas le savoir, vous êtes des âmes mortes. Si ce Dieu pour lequel vous tuez aveuglément nous a fait à son image, chaque balle dans le corps de ma femme aura été une blessure dans son coeur.

Alors non je ne vous ferai pas ce cadeau de vous haïr. Vous l’avez bien cherché pourtant mais répondre à la haine par la colère ce serait céder à la même ignorance qui a fait de vous ce que vous êtes. Vous voulez que j’ai peur, que je regarde mes concitoyens avec un oeil méfiant, que je sacrifie ma liberté pour la sécurité. Perdu. Même joueur joue encore.

Je l’ai vue ce matin. Enfin, après des nuits et des jours d’attente. Elle était aussi belle que lorsqu’elle est partie ce vendredi soir, aussi belle que lorsque j’en suis tombé éperdument amoureux il y a plus de 12 ans. Bien sûr je suis dévasté par le chagrin, je vous concède cette petite victoire, mais elle sera de courte durée. Je sais qu’elle nous accompagnera chaque jour et que nous nous retrouverons dans ce paradis des âmes libres auquel vous n’aurez jamais accès.

Nous sommes deux, mon fils et moi, mais nous sommes plus fort que toutes les armées du monde. Je n’ai d’ailleurs pas plus de temps à vous consacrer, je dois rejoindre Melvil qui se réveille de sa sieste. Il a 17 mois à peine, il va manger son goûter comme tous les jours, puis nous allons jouer comme tous les jours et toute sa vie ce petit garçon vous fera l’affront d’être heureux et libre. Car non, vous n’aurez pas sa haine non plus.

On a toujours l'impression, lorsque l'on regarde quelque chose de loin, que celui qui survit au pire est un héros. Je sais que je n'en suis pas un. La fatalité a frappé, c'est tout. Elle ne m'a pas demandé mon avis.Elle n'a pas cherché à savoir si j'étais prêt pour ça. Elle est venue chercher Hélène et m'a obligé à me réveiller sans elle. Depuis, je ne sais pas où je vais, je ne sais pas trop comment je m'y rends, et il ne faut pas trop compter sur moi.

"Mais les plus beaux moments de notre vie ne sont pas ceux que l'on colle dans les albums souvenirs. Je me souviens de tous ceux où l'on prenait juste le temps de s'aimer. Croiser un couple de petits vieux et vouloir leur ressembler. Un éclat de rire. Un matin lézarder dans le creux des draps."

Je pensais que si la lune disparaissait, la mer si retirerait pour qu'on ne la voie pas pleurer. Que les vents cesseraient de danser. Que le soleil ne voudrait plus se lever.

Il n'en est rien. Le monde continue de tourner.

On ne se soigne pas de la mort. On se contente de l'apprivoiser. L'animal est sauvage, ses crocs sont acérés. J'essaie juste de construire une cage pour l'enfermer. Elle est là, juste à côté, attend la bave aux lèvres de me dévorer. Entre elle et moi, des barreaux de papier. Lorsque l’ordinateur s'éteint, la bête est libérée.

Mais les plus beaux moments de notre vie ne sont pas ceux que l'on colle dans les albums souvenirs. Je me souviens de tous ceux où l'on prenait juste le temps de s'aimer. Croiser un couple de petits vieux et vouloir leur ressembler. Un éclat de rire. Un matin blanc à lézarder dans le creux des draps.

Ces moments les plus insignifiants, où il n'y a rien à montrer, rien à raconter, sont les plus beaux. Ce sont eux qui peuplent ma mémoire.

« Je pleure, lui parle, j'aimerais rester une heure encore, une journée au moins, une vie peut-être. Mais il faut la quitter. »

« On me demande si j'ai oublié pardonné. Je ne me pardonne rien, je n'oublie rien, je passe sur rien et surtout pas si vite. Lorsque chacun sera retourné à sa vie, nous vivrons toujours avec. Cette histoire, ce sera notre histoire. »

Melvil me tient la main, il m'arrive à peine à mi-cuisse mais il a l'air si grand. Il s'amuse d'une flaque laissée par la pluie. Ma peur se dilue peu à peu dans l'eau qu'il disperse bruyamment en tapant des pieds. Le jeu est son arme, la prochaine bêtise son horizon, un enfant ne s'encombre pas des choses de grands. Son innocence est notre sursis.

Les attentats du 13 novembre 2015 en France, revendiqués par l'organisation terroriste État islamique (Daech), sont une série de fusillades et d'attaques-suicidesislamistes perpétrées dans la soirée à Paris et dans sa périphérie par trois commandos distincts.

Une première attaque a lieu à Saint-Denis, aux abords du Stade de France, où se joue un match amical de football France-Allemagne, auquel assiste le président François Hollande. Le personnel de sécurité leur refusant de pénétrer dans l'enceinte du stade, trois terroristes se font exploser dans ce qui sont les tout premiers attentats-suicides en France. D'autres attaques ont ensuite lieu à Paris, dans plusieurs rues des 10e et 11e arrondissements, où trois individus mitraillent des terrasses de cafés et de restaurants ; deux d'entre eux prennent la fuite, le troisième se fait exploser. L'attaque la plus longue et la plus meurtrière a lieu dans la salle de spectacle du Bataclan(également dans le 11e arrondissement), où 1 500 personnes assistent au concert du groupe américain de rock Eagles of Death Metal et où trois autres djihadistes ouvrent le feu sur le public, avant qu'un assaut des forces de l'ordre n'y mette fin et ne tue les terroristes.

Un communiqué de Daech ainsi que l'enquête policière laissent supposer qu'un quatrième attentat aurait pu être commis dans le 18e arrondissement. L'enquête atteste qu'un attentat-suicide était programmé cinq jours plus tard dans le quartier d'affairesde La Défense« C'est un acte de guerre commis par une armée terroriste, Daech », déclare le Président de la République François Hollande la nuit des attentats. Le bilan officiel des victimes fait état de 130 morts et de 413 blessés hospitalisés, dont 99 en situation d’urgence absolue. Ces attentats sont les plus meurtriers perpétrés en France depuis la Seconde Guerre mondiale et les deuxièmes en Europe (hors attentats aériens), après les 191 morts des attentats de Madrid du 11 mars 2004.

La gravité de la situation est telle que le gouvernement décrète l'état d'urgence sur tout le territoire national, une première depuis le putsch d'Alger. La police effectue de nombreux contrôles dans tout le pays pour traquer les criminels en fuite et prévenir de futures attaques, tandis que le président de la République rencontre tour à tour les grands dirigeants mondiaux afin de tenter de mettre sur pied une coalition élargie pour « détruire Daech » dans ses fiefs de Syrie et d'Irak. Le Belgo-Marocain Abdelhamid Abaaoud, qui selon les autorités françaises a joué un « rôle déterminant » dans l'organisation de ces attentats, est tué en même temps que deux complices le , lors d'un assaut donné par les forces de police à Saint-Denis. À la suite de ces attentats liés à la Belgique, les autorités belges placent l'agglomération bruxelloise en état de siège du 21 au 26 novembre 2015, craignant des attaques imminentes dans la capitale belge. L'unique survivant des commandos responsables de ces attaques, Salah Abdeslam, est capturé par la police belge dans la commune bruxelloise de Molenbeek-Saint-Jean le , après quatre mois de fuite.

La même cellule terroriste franco-belge constituée autour d'Abdelhamid Abaaoud et dirigée depuis Raqqa, prépare, coordonne et commet les attentats déjoués à Verviersen janvier 2015, l'attentat du train Thalys le 21 août 2015 et les attentats du 22 mars 2016 à Bruxelles.

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