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13 Feb

Les femmes et la révolution !

Publié par La pintade rose  - Catégories :  #Femmes Femmes..., #Les odileries, #j'adore

D’autres articles suivront après celui-ci sur les Femmes qui se sont battues pour le droit et l’égalité des femmes en passant par les Tricoteuses, les Pétroleuses, Claire Lacombe et bien d’autres qui ont marqué notre histoire et ont fait avancé notre cause ....

LPR

La femme « classique » vue par ses contemporains

En 1789, lors de l’élaboration des droits de l’homme, la question de la femme ne fut pas abordée par l’assemblée constituante. Les femmes étaient évincées du fait qu’il leur était interdit de prendre part aux affaires publiques. Elles devaient rester dans une sphère privée.
De nombreux philosophes, médecins, écrivains ont croisé leurs approches pour décrire la féminité. Les termes qui en ressortent sont : « constitution délicate », « tendresse excessive », « raison limitée », « nerfs fragiles[1] ». On considérait donc comme acquise l’infériorité de la femme intellectuellement et psychologiquement.
Les femmes ne sont pas considérées comme de vrais individus pour les hommes de 1789. Elles doivent se contenter d'une activité domestique, extérieure à la société civile. Elles sont donc considérées comme des mères ou ménagères, loin des fonctions sociales politiques que certaines désirent. La femme est restreinte à la sphère familiale et caractérisée par elle, elle perd donc toutes ses caractéristiques individuelles.

La femme Républicaine

Le modèle républicain de la femme est principalement celui de la mère. En élevant son fils de façon à ce qu’il devienne un bon citoyen, elle permet de renforcer « l’ordre civil » dans lequel elle vit. Elle est donc absente de la scène politique mais y exerce une certaine responsabilité en préparant l’avenir à travers son fils.
Elle a également un autre rôle, plus secondaire. Elle est chargée de veiller à la vertu et à la moralité qui sont les valeurs qui ont permis à la nation de gagner la révolution. Sans elles, la république ne peut pas survivre.


La femme militante

La militante féminine type a, soit moins de trente ans, soit, au contraire, plus de cinquante ans, contrairement à l'homme militant type qui est âgé d’environ quarante ans. Cela s’explique par le partage des tâches au sein de la famille.
En effet, une femme entre trente et cinquante ans a des obligations. Elle doit élever ses enfants ce qui ne lui laisse donc pas beaucoup de temps pour les pratiques révolutionnaires.
La femme militante est avant tout Parisienne et appartient à la classe populaire.
En effet, à la campagne il y n'a que très peu de rassemblement et ceux qui s’y produisent sont moins spectaculaires qu’à Paris. Quand les femmes, vivant à la campagne, veulent participer à la révolution, elles ont tendance à envoyer des dons ou encore à acheter un fusil pour la garde nationale. Les femmes de classe sociale élevée tiennent des salons privés ou publics qui sont des lieux d’échanges politiques entre les sexes. Les hommes politiques ne partageant pas les mêmes convictions peuvent donc y échanger leurs points de vue en toute sérénité. Avant les conflits opposant les Girondins et les Montagnards, Robespierre, par exemple, assistait souvent au salon tenu par Manon Roland surnommée «  l’égérie des Girondins ».

Les femmes et la politique

Prémices des Révoltes, émeutières

Gravure représentant les femmes marchant sur Versailles, 5 octobre 1789
Pendant la Révolution, certaines femmes se veulent les égales des hommes. Elles participent aux actions collectives et descendent dans la rue. Mais dès que cela est fait, elles sont rappelées à leurs obligations, à leurs devoirs.
Les femmes vont marquer leur présence et l'importance de leur rôle dès 1788. En 1788, à Grenoble, a lieu la journée des Tuiles. La population prend les armes pour empêcher le départ des parlementaires souhaité par le Roi et repousse les régiments royaux qui occupent la ville. Les témoins sont alors étonnés de l'énergie qu'elles déploient, de la détermination dont elles font preuve. Elles immobilisent les voitures au milieu des rues, elles entourent et gardent les magistrats qui sont séquestrés toute une nuit.
En 1789, elles sont les premières à se rendre à Versailles, symbole de la monarchie absolue, pour ramener de force le Roi Louis XVI et sa femme Marie-Antoinette à Paris. La garde républicaine, composée exclusivement d’hommes, ne se manifeste que dans l’après-midi. Mais cette Révolution rejette les femmes alors que celles-ci jouent un rôle moteur lors des soulèvements. Ce rejet s’explique par le fait qu’elles ne sont ni dans le peuple armé, c’est-à-dire la garde nationale, ni dans le peuple délibérant, c'est-à-dire l’assemblée sectionnaire. Mais aussi par le fait que dès que les associations révolutionnaires dirigent les évènements, elles en sont exclues.
Le 1er avril 1789, elles déclenchent également des violences dans la Sarthe à cause d'un manque d'approvisionnement en grain. Un maréchal déclare " Sans les femmes, je pense que nous aurions pu faire entendre raison aux hommes; pour cela, j'avais à écarter le sexe, amis, voyant que pendant ma harangue la voiture était déjà à portée de vue, elles ont crié et passé malgré nos menaces, et ont déterminé les hommes à les seconder"[2].
Au printemps 1795, le soulèvement commence par les manifestations des femmes. Elles « battent le tambour », dans leurs mouvements elles entraînent les gens plutôt réticents. Elles se moquent des autorités qui écrivent que celles-ci jouent « un rôle boutefeux », puis elles sont rejointes par les hommes à qui elles cèdent la place.
En mai 1795, un policier note : « c’est principalement les femmes que l’on agite, lesquelles faisant passer toute leur frénésie dans l’esprit des hommes, les échauffent par leurs propos séditieux, et excitent la plus violente effervescence. » [3] Ce rapport montre bien que les femmes jouent un rôle non négligeable dans les révolutions et qu’elles sont le moteur des soulèvements. Mais, même si le 20 mai est caractérisé par l’intervention des femmes, elles sont absentes des mouvements le 21. En Effet, elles sont dans l’obligation de s'effacer au profit de l’assemblée sectionnaire et de la garde nationale, et sont contraintes d’abandonner le devant de la scène.

1789, 1793, 1795, les femmes descendent dans la rue, elles y forment des groupes de manifestantes. (Le 23 mai 1795 les députés leur interdisent de s’attrouper à plus de cinq personnes.) Les femmes appellent les hommes à l’action, elles savent que ceux-ci vont les suivre. Avant l’insurrection de mai-juin 1793, un député déclare « les femmes commenceront le mouvement ¬ (…) les hommes viendront à l’appui des femmes. »[4] Ce mouvement n'aura pas lieu mais démontre le rôle joué par les femmes

Exclues de l’assemblée et des organisations révolutionnaires, elles les contrent

Les femmes sont, à l’époque, complètement exclues des assemblées politiques. Cela ne les empêche pas de se presser dans les tribunes ouvertes au public où elles sont en supériorité numérique et où on leur reproche leur rage à courir les assemblées. Elles crient, elles applaudissent ce qui trouble bien souvent les débats et influence les législateurs.
Leur présence dans les tribunes montre qu’elles s’immiscent concrètement dans la vie politique. En effet, même si elles ne font pas partie de l’assemblée, et donc des législateurs, elles exercent une partie de la souveraineté puisqu'elles influencent les élus en prenant place dans la tribune politique. Les femmes prenant place dans la tribune sont appelées " les tricoteuses". Ce terme était, sous l’ancien régime, considéré comme une injure. En effet il faisait référence à une position sociale misérable et peu enviable. À partir de l’an II, soit 1793, on nommera ainsi les femmes qui veulent prendre part à la politique de la nation. Mais ce terme perd sa connotation péjorative puisque ces femmes qui peut-être tricotaient dans les tribunes n'en suivaient pas moins les débats avec attention. Exclues des organisations révolutionnaires, elles se regroupent en club, dans environ 30 villes. Dans les séances qu'elles tiennent, elles lisent les lois ainsi que les journaux et animent des discussions autour de problèmes politiques locaux ou nationaux. Elles s’occupent également des tâches philanthropiques et défendent le clergé constitutionnel auprès de leurs concitoyennes. À partir de 1791 ces clubs se démocratisent et les femmes prennent une part active à la vie politique de leurs régions aux côtés des Jacobins.
À Paris, deux clubs se succèdent. Le premier se nomme la Société patriotique et de bienfaisance des Amies de la Vérité et prend place de 1791 à 1792. Ce club fut fondé par Etta Palm d'Aelders, s’intéressa à l’éducation des petites filles pauvres et réclama le droit au divorce ainsi que des droits politiques pour les femmes. Vient ensuite le Club des Citoyennes Républicaines Révolutionnaires qui fonctionna du 10 mai au 30 octobre 1793. Ce club est composé de militantes populaires, de marchandes, de couturières et d'ouvrières. Il est proche de la sans-culotterie et intervient dans le conflit Gironde-Montagne ainsi que dans le débat politique de l’été 1793. Les clubs féminins sont interdits le 30 octobre 1793.

Les femmes veulent la souveraineté et le font entendre

Les femmes, quel que soit le pays traversé par la Révolution, donnent leurs avis sur le déroulement des évènements mais leurs façons de les manifester diffèrent selon les pays.
En France, les femmes souhaitant s’exprimer ont la possibilité de le faire publiquement et ne sont pas dans l’obligation de se restreindre au cercle privé, l’expression peut avoir lieu dans un cercle ouvert, une situation plutôt large.
À partir de 1789, les femmes veulent être incluses dans la vie politique. Elles veulent apporter leur pierre à l’édifice. Pour montrer, clamer leurs espérances, leurs revendications ainsi que dans le but de présenter les réformes, les femmes s’aident de pétitions ou de brochures ce qui leur permet de sensibiliser un maximum de monde. Elles font circuler ces écrits qui ont subi une lecture préalable dans l’organisation révolutionnaire. Quand leurs revendications sont imprimées, elles sont criées dans les rues par les marchandes de journaux et achetées par les militantes qui ont pour rôle de les faire connaître. Par exemple, le 6 mars 1792, Pauline Léon lit, à la barre de l’assemblé législative, une pétition qui fut signée par plus de 300 Parisiennes demandant le droit de faire partie des gardes nationaux. Pouvoir faire partie de l’armée est l’un des fondements de la citoyenneté, et donc accepter les femmes dans la garde nationale reviendrait à leur donner la citoyenneté. Le président de l’assemblée répond donc à cette lecture par le rappel des rôles, des tâches auxquels est appelé chaque sexe. Ces moyens de se faire entendre sont les plus répandus et les plus communs mais certaines, comme Mary Wollstonecraft appelle à l’insurrection au printemps 1795, placardent leurs idées ou le message qu’elles souhaitent faire passer sur les murs des maisons où ils sont alors lus de tous.
La constitution du 24 juin 1793 fut soumise au suffrage universel masculin. Les femmes, toujours animées par leur désir de participer à la vie politique, se réunissent et font le serment de faire connaître à la nation leur adhésion à cette constitution. Pour cela, elles transforment un acte privé (leur adhésions à cette nouvelle constitutions d'où elles ont été exclues) en un acte politique dont les initiateurs s’imposent dans le corps politique. Cet acte montre leur besoin et leur désir de faire partie du peuple souverain. Elles ne veulent plus être simplement un sujet de la nation, elles veulent faire partie des acteurs de l'émancipation nationale.
 

Les Tricoteuses désignent les femmes du peuple qui, pendant la Révolution française de 1789, assistaient aux séances de la Convention nationale, des clubs populaires et du tribunal révolutionnaire tout en tricotant (en cousant). Le terme de tricoteuse apparaît à partir de 1795. Auparavant, elles sont surnommées Jacobines, habituées des tribunes.

Elles acquièrent ainsi une culture politique. Leur possibilité d'expression y est toutefois réduite. À partir de 1790, des femmes créent leur propre club. A Paris, deux clubs exclusivement féminins sont créés. La Société patriotique et de bienfaisance des Amies de la Vérité est créée en mars 1791. La Société des républicaines révolutionnaires, est créée en mai 1793. Leurs appels véhéments à la Terreur, proches des enragés, leurs participations à la chute des Girondins leur valurent les surnoms d'« enragées » ou de « Furies de la guillotine ». Le 30 octobre 1793, les clubs féminins sont dissous par La Convention.

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