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Le blog de la Pintade Rose Rainbow

Le blog de la Pintade Rose Rainbow

Coups de cœur, coups de bec d'une habitante de Sant Nazer (44600)


Il y a aussi des religieuses abusées par des prêtes §§§

Publié par La pintade rose sur 2 Mars 2019, 09:48am

Catégories : #Femmes Femmes..., #Je déteste

Une tempête sur l'église catholique sur les plus vieux tabous de l'institution catholique. Enfin, elles et ils parlent ...
Cela fait des décennies et peut-être plus que le vatican sait et se tait. Des Religieuses de Tous Continents ont été abusées sexuellement par des prêtres prédateurs. 
« Faire croire aux jeunes religieuses abusées que c'est dieu qui voulait cela pour elle »
« Que l'on puisse me priver de ma chasteté, cela m'était inconcevable » confie une religieuse violée pendant 25 ans par deux prêtres. Elles peinent à franchir le Mur du Silence. Il est difficile d'en connaître le nombre. Le film « grâce à dieu » n'a rien de sulfureux, ce n'est que l'histoire de nombreux témoignages poignants et terrifiants.
Quand les crimes sont avérés, les coupables sont seulement mutés par la justice cléricale. Depuis 2001, trois papes se sont succédé sans jamais remédier aux violences sexuelles perpétrées contre des religieuses, les dérives mafieuses de certaines communautés cléricales aux avortements forcés jusqu'aux méthodes employées pour étouffer le Scandale.
C'est glaçant ! 
Un reportage sur arte se verra mardi 5/03/2019

 

                                        LPR

Il a fallu trois ans de travail pour réunir témoignages et documents accablants pour l’Église. Dans le contexte des multiples affaires d'agressions sexuelles au sein de l'institution, le travail des journalistes Marie-Pierre Raimbault et Eric Quintin, auteurs d'un documentaire édifiant, et d'Eric Colomer, le producteur, apporte une dimension supplémentaire au scandale.

Les journalistes ont écouté les récits inédits de plusieurs religieuses abusées par des prêtres. Et ils en ont tiré un documentaire, Religieuses abusées, l’autre scandale de l’Église, qui sera diffusé à 20h50 le 5 mars sur Arte. Invité dimanche de l'émission C'est arrivé demain, Eric Colomer, le producteur, raconte les coulisses de la réalisation et notamment ses discussions avec le Vatican.

"Transmis au Vatican depuis près de trente ans". C'est une somme de témoignages, mais aussi des documents que le journaliste a collectés. En d'autres termes, des preuves que le Vatican savait ce qui se passait dans son institution, sans rien faire, voire en cautionnant ces actes. Ces documents, explique-t-il, sont "internes à l’Église. Ce sont des rapports de lanceuses d’alerte, des sœurs qui, à l’intérieur de l’Église, ont envoyé plusieurs fois des rapports et des missives pour dénoncer des abus sexuels sur les religieuses sur tous les continents." Des documents "transmis au Vatican déjà depuis près de trente ans", assène le journaliste.

Documentaire sur les religieuses abusées par des prêtres : "Depuis huit mois, nous étions en négociations avec le Vatican" 

Le problème de la structure même de l’Église. "Ce que les fameuses lanceuses d’alerte disent, et que d’autres témoins dans le film disent aussi, c’est que ces abus, s’ils ne sont pas quantifiables, sont systémiques. Parce que c’est lié à la structure-même de l’Eglise et à la posture du prêtre qui a une autorité complète sur les religieuses", ajoute le journaliste qui a aussi recueilli le témoignage d'un père proche du pape et qui dit "que l’Église donne aux prêtres, aux mâles, un pouvoir 'au-delà de tout ce qui est permis'. C’est le problème fondamental", souligne le journaliste.

On s’est permis d’édicter une doctrine qui s’appelait la doctrine d’amour d’amitié qui permettait de faire croire aux jeunes religieuses qui étaient abusées (...) que c’est Dieu qui voulait cela pour elles

Une doctrine et des émules. "Il y a presque une instrumentalisation de la parole de Dieu, une façon de revoir les commandements. C’est particulièrement vrai pour Marie-Dominique", père qui aurait abusé d'une religieuse dont nous avons recueilli le témoignage éclairant. "Il a fondé, après avoir abusé pendant plusieurs années de Michèle-France, une communauté Saint-Jean, à l’époque de Jean-Paul II, qui a a essaimé 800 prêtres dans le monde et sur tous les continents, qui fait partie de ce qu’on a appelé 'les nouvelles communautés' dans les années 80/90, qui participaient au renouveau de l’Église, fortement soutenues par Jean-Paul II. Le père Marie-Dominique était un proche de Jean-Paul II."

Chose terrifiante pour l'institution, "dans cette communauté-là, on s’est permis d’édicter une doctrine qui s’appelait 'la doctrine d’amour d’amitié' qui permettait de faire croire aux jeunes religieuses qui étaient abusées par le père Marie-Dominique mais aussi par de très nombreux prêtres - qui étaient les émules du père Marie-Dominique -, que c’est Dieu qui voulait cela pour elles."

Depuis huit mois, nous étions en négociations avec le Vatican (...). Nous avons livré le menu de notre film, demandé à ce que le Pape reçoive des victimes et qu’on puisse filmer. On nous a annoncé que tout cela ne serait pas filmé et resterait confidentiel.

Confidentiel. Après avoir recueilli toutes ces données, le journaliste s'est mis en relation avec le Saint-Siège. "Depuis huit mois, nous étions en négociations avec le Vatican pour que le Pape reçoive deux victimes qui témoignent dans notre film, Michèle-France et Doris, une religieuse d’origine allemande. Nous avons livré le menu de notre film, demandé à ce que le Pape les reçoive et qu’on puisse filmer. Ces négociations ont bien avancé puis nous avons fermé la porte mi-décembre quand on nous a annoncé que tout cela ne serait pas filmé et resterait confidentiel."

Puis, les sources du journaliste au Vatican lui ont indiqué "que le Vatican allait mettre en place une opération de communication pour couper l’herbe sous le pied à ce documentaire." Ce qui, aux yeux du journaliste, est une piètre défense : "Nous nous en réjouissons, finalement. Peu importe que le pape parle avant nous ou pas. Pour être modeste, nous ne sommes pas les premiers à parler de la question mais les premiers à avoir eu la chance d’avoir un financement d’une chaîne comme Arte."

Éric Colomer : Il a été extrêmement compliqué. Il nous a d’abord fallu identifier des personnes discrètes au sein de l’Église qui soutenaient ces femmes sans le faire savoir haut et fort. Il a fallu nouer de nombreux contacts pour de fil en aiguille approcher les religieuses abusées, isolées dans leur communauté, sans téléphone portable, ni mail. Après des dizaines de rencontres avec chacune d’elles, certaines ont finalement choisi de se livrer. Certaines ont accepté de témoigner parce qu’elles étaient sorties du couvent. On a notamment mis deux et demi avant de pouvoir filmer l’une d’entre elle, abusée une fois par semaine pendant 25 ans par deux frères prêtres. D’autres, toujours en communauté, se sont livrées sous couvert d’anonymat. D’autres encore n’ont pas voulu parler, ça n’était pas encore le moment pour elles. Rien n’est plus dur pour ces femmes que de rendre publique une blessure intime.

Pour ces religieuses, qui ont fait vœu d’obéissance envers Dieu et envers l’institution, témoigner revenait à trahir. Certains prêtres d’ailleurs justifiaient leurs actes auprès des sœurs en disant qu’il s’agissait là de la volonté divine.

L’institution est à ce point pesante qu’aucune de ces femmes n’a à ce jour porté plainte devant la justice civile. Seule l’une d’entre elles l’a fait mais les délais des faits étaient prescrits. Certaines se sont adressées à la justice ecclésiastique et ont reçu pour toute réponse une lettre leur conseillant de pardonner à leur bourreau. Ces affaires mettent plus largement en lumière le problème de la place des femmes dans l’Église et la toute-puissance masculine qui y règne.

Pensez-vous que votre documentaire fasse bouger les choses ?

Éric Colomer : Il l’a déjà fait d’une certaine manière. Si le pape François a évoqué le 5 février dernier devant la presse pour la toute première fois le phénomène systémique de ces viols, c’est parce que nous avions entamé des négociations secrètes avec le Vatican par l’entremise de Monseigneur Gaillot. Nous avons proposé une rencontre entre le pape et des des sœurs abusées. Mais après de nombreuses tractations, le Vatican a finalement refusé que cette rencontre soit filmée.

Sachant toutefois que le documentaire allait sortir, l’Église, plutôt que d’être mise face à des accusations, a préféré prendre les devants en reconnaissant ces viols et se mettant en position d’accusateur. Toutes nos sources au Vatican nous ont toujours indiqué que le pape avait conscience du problème. Le film lui a sans doute offert l’opportunité de se jeter à l’eau face aux prélats conservateurs de la curie romaine.

Nous avons été ravis que le pape sorte de son silence, peu importe les raisons pour lesquelles il l’a fait. Nous défendons avant tout la cause de ces femmes abusées partout dans le monde. Si le documentaire a contribué à faire bouger les choses, c’est le plus important.

Le pape François a abordé un sujet important : la question des religieuses abusées au sein de l’Église. Dans le cadre du problème de la pédophilie traité à présent par l’Église universelle à Rome, j’aimerais que le Saint-Père et les évêques trouvent un temps pour parler d’un fléau qui mine l’Église, la question des religieuses. Dans cette réflexion, j’aborderai surtout cette thématique au niveau des Églises africaines. Il est vrai que dans le continent noir et dans l’Église, ce genre de question ne s’aborde pas, on laisse faire jusqu’à l’eschaton (la fin des temps NDLR). Mais étant donné que le Saint-Père lui-même a exposé la situation publiquement, les enfants de chœurs – que nous sommes – peuvent donner leur avis devant cette réalité sans s’exposer à la vindicte populaire.

A lire <[Question du jour] : « Comment les prêtres, religieux et religieuses peuvent-ils bien vivre leur chasteté ? »

Dans la mouvance des missions d’implantation de l’Église en Afrique, les congrégations religieuses féminines ont accompagné les congrégations masculines. Les religieuses européennes, habituellement appelées « sœurs », s’engageaient dans les actions caritatives et étaient considérées comme des bras qui exprimaient de manière concrète le visage maternel de la Vierge Marie et l’amour du Christ pour les faibles. Elles étaient enseignantes, infirmières, couturières, sages-femmes et médecins. Il faut relever que ces congrégations religieuses étaient soutenues par des industriels européens, des nobles et même des États. Car il ne faut pas oublier que souvent mission, évangélisation et colonisation se confondaient.

Avec le témoignage de vie de ces religieuses européennes, plusieurs filles africaines se sont engagées dans les congrégations religieuses et nos Églises ont commencé à voir naître des sœurs africaines. Plus tard, avec les réflexions théologiques qui encourageaient l’avènement d’un christianisme africain et d’une Église africaine avec un clergé africain, nous avons vu émerger des congrégations africaines créées par des évêques africains. Aujourd’hui, nous trouvons des sœurs qui s’engagent totalement pour Dieu dans des communautés fondées par des laïcs.

Le constat que nous faisons après avoir écouté plusieurs sœurs est que les congrégations religieuses africaines et des communautés qui sont nées dans une effervescence spirituelle n’ont pas toujours les moyens qu’il faut pour soutenir financièrement leurs religieuses. De ce fait, beaucoup de religieuses subissant la loi du silence souffrent intérieurement. Souvent, elles n’ont pas le minimum pour s’entretenir comme femme. Ces religieuses subissent fréquemment le chantage de prêtres, de laïcs et même de non-catholiques lorsqu’elles ont un besoin en famille : une mère malade, un parent malade, la scolarité des frères et sœurs. Dans le but d’humilier l’Église catholique, des non catholiques bien nantis, des gourous païens font aussi du chantage à ces princesses de notre Église en brandissant des billets.

A lire aussi <[Question du jour] : Une veuve peut-elle être religieuse ?

Au moment où l’Église universelle cherche des solutions face aux abus dans l’Église, voici un problème qu’il ne faut pas oublier. Il faut que les Églises d’Afrique réfléchissent sur la question des religieuses africaines, la question des congrégations religieuses africaines. Aujourd’hui, les temps ont changé, les contextes ont évolué, le problème de la mission a aussi changé. Quelle est la place des religieuses aujourd’hui dans nos Églises africaines ? Comment faire pour que nos religieuses vivent dignement leur engagement de foi et leurs vœux ? Dans une Afrique de misère et de pauvreté, quelle réflexion mener pour qu’une religieuse soit dégagée des soucis financiers ? Avec l’apport de tous ces fidèles laïcs non consacrés dans les Églises africaines, est-ce que les congrégations féminines africaines ont encore un sens dans nos pays ?

Nous interpellons nos autorités et les responsables des religieuses africaines. Il faut une véritable réforme pour que ces filles africaines servent dignement le Christ et soient heureuses dans leur vie de religieuses. Beaucoup de religieuses pleurent, beaucoup saignent dans leurs cœurs.

Derrière ces beaux visages qui donnent l’envie de devenir chrétien, se cachent des larmes de sang qui nous interpellent. Si nous gardons le silence, si nous ne prenons pas des décisions pour sauver les sœurs africaines, nous allons être coupables d’une prostitution sacrée, nous allons livrer nos princesses à des prédateurs sexuels qui considèrent cela comme une victoire.

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