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Le blog de la Pintade Rose Rainbow

Le blog de la Pintade Rose Rainbow

Coups de cœur, coups de bec d'une habitante de Sant Nazer (44600)


J’ai été violé, je violerais §§§

Publié par La pintade rose sur 21 Mars 2019, 10:08am

Catégories : #Je déteste

Le Monde violé est depuis la fin des temps. 

La pédophilie, même dans une communauté très fermé, a été, est et sera, malheureusement toujours d’actulité.

Quelque soit la religion ou secte, entre rites, initiations ou instincts, l’homme est un prédateur !

                           LPR

 

Viol. Quatre lettres qui reviennent souvent dans les pages 

«faits divers». Un mot qui fascine autant qu'il répugne. On plonge dans ces histoires sordides. On s'émeut devant la souffrance des victimes. Et puis on passe à autre chose. L'émotion bloque la réflexion. Or le viol n'a rien d'un fait divers : une femme sur 10 subira un viol ou une tentative au cours de sa vie«Sortons de notre logique compassionnelle, insiste Marie-France Casalis, cofondatrice du Collectif féministe contre le viol (CFCV). C'est un phénomène de société, pas une fatalité qui frappe quelques pauvres jeunes femmes.Quand on le comprendra, on pourra le combattre». Alors, remballons notre compassion l'espace d'un instant. Affronter le viol dans sa réalité globale, au-delà des tragédies individuelles, c'est garder à l'esprit qu'il s'agit d'un crime puni par des lois, évalué par des statistiques. Un crime qui frappe les femmes en très grande majorité, mais qui touche toutes les couches sociales, toutes les tranches d'âge. Un crime où, dans 8 cas sur 10, le violeur est connu de sa victime. C'est un père, un mari, un ex-amant, un patron... Et, contrairement aux stéréotypes, beaucoup plus rarement un marginal qui sévit au hasard dans une rue déserte. Un phénomène de société, donc. Aveugle, massif.

 

Environ 75 000 femmes sont violées chaque année en France, une toutes les sept minutes. Et seuls 2 % des viols sont condamnés aux assises (1) — contre 50 % des homicides. Entre les deux ? Un «chiffre noir», selon le jargon en vigueur. Un trou béant dans lequel disparaissent chaque année des dizaines de milliers de victimes. Mystérieux. Alarmant. Pourtant, le problème ne vient pas des assises : les viols y sont les crimes les plus couramment jugés, et les acquittements sont rares. C'est donc en amont que tout se joue.

Premier trou noir : le parquet. L'instruction bouclée, le procureur peut d'abord décider de classer le dossier sans suite pour éléments insuffisants. «Ces affaires sont difficiles à juger , explique Véronique Le Goaziou, chercheuse au CNRS. En général, il n'y a aucun témoin. Pas toujours de trace visible : les viols ne s'accompagnent pas forcément de violences physiques. Et si les victimes ont le réflexe de se laver, elles font malheureusement disparaître d'éventuelles traces d'ADN. Sans preuve matérielle, tout repose donc sur leur parole». De là à se dire qu'il vaut mieux enterrer le dossier... Mais, sur les classements sans suite, aucune statistique disponible. Pas de chiffres non plus sur la seconde option souvent choisie par le parquet : déqualifier le crime en délit, le viol en agression sexuelle. L'affaire est alors renvoyée en correctionnelle. «Officiellement, on veut épargner aux victimes des procédures trop longues, explique Claude Katz, avocat spécialiste des violences sexuelles. La condamnation serait par ailleurs plus sûre, parce que prononcée par un jury professionnel. Mais cela reste à prouver». Seule certitude : les peines encourues sont moins lourdes — cinq ans pour une agression, quinze ans pour un viol «simple». Et la prescription plus courte : trois ans en correctionnelle contre dix aux assises. «C'est inadmissible !, tonne l'avocat. Le viol est un crime grave, une atteinte aux droits fondamentaux. Le moins que l'on puisse faire, c'est de le reconnaître». Et de le juger aux assises.

 

Remontons encore, jusqu'au maillon policier. Les trois quarts des enquêtes sont résolues : un taux proche de celui des homicides. Si ce n'est pas à l'arrivée que ça coince, c'est donc au démarrage... Aujourd'hui encore, seulement 5 à 10 % des victimes portent plainte : le second trou noir est là. «C'est une démarche très difficile, explique Emmanuelle Piet, présidente du CFCV. Depuis la nuit des temps, on balance aux femmes que leur corps ne leur appartient pas. La société évolue, mais très lentement. Elles-mêmes ont du mal à se penser victimes». Du coup, la plupart se taisent. De l'avis général, les statistiques seraient donc très au-dessous de la réalité.

La société reste sourde, et les victimes sont muettes : le tabou muselle. Il a pris quelques coups, mais tout récemment. La première campagne contre le viol date de 1976. Quatre ans plus tard, le viol devient un crime, décrit dans le code pénal comme «tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu'il soit, commis sur la personne d'autrui, par violence, contrainte, menace ou surprise». Les mentalités bougent, les victimes commencent à sortir de leur silence. Et tout s'accélère : en 1986, l'Etat finance un numéro vert pour les victimes ; en 1992, le viol conjugal est reconnu par la loi, et en 2006 il devient une circonstance aggravante ; en 2000 arrive le fichier d'empreintes génétiques pour les délinquants sexuels ; à la même époque, une commission nationale sur les violences sexuelles voit le jour : elle permet notamment l'élaboration d'une charte pour l'accueil des victimes dans les commissariats. La liste des avancées est longue. D'après les juristes, la France est même en pointe sur le sujet, comparée à ses voisins européens (2).

Cocorico ? Certainement pas. L'époque actuelle est même inquiétante : le taux de plaintes stagne, voire recule, depuis une dizaine d'années (3). Les violences sexuelles à l'égard des femmes, elles, recommencent à augmenter (4). Les associations sont donc remontées au créneau : en novembre dernier, le CFCV, Osez le féminisme et Mix-Cité ont lancé un manifeste contre le viol et une pétition en ligne«On nous a ri au nez, raconte Caroline De Haas, porte-parole d'Osez. On nous disait : "C'est débile, évidemment que tout le monde est contre le viol !" Mais, au contraire, la société laisse faire : vous avez vu les chiffres ? Aujourd'hui encore, les violeurs sont quasiment sûrs de ne pas se faire prendre».Le crime parfait, en somme.

J’ai été violé, je violerais §§§

Le dernier documentaire de Yolande Zauberman (Moi Ivan, toi Abraham, 1992 ; Would You Have Sex With an Arab ?, 2011), M,accompagne Menahem Lang, chanteur de la liturgie juive, dans son retour à Bnei Brak. Sa ville natale, capitale de l’ultraorthodoxie religieuse dans la banlieue nord-est de Tel Aviv, où il eut à subir dans son enfance des viols répétés. Rarement un film s’était attaqué à un sujet aussi grave avec si peu de morgue, lui opposant une vitalité débordante et une tenace volonté de comprendre. Celles de Menahem qui, en discutant librement avec les habitants de Bnei Brak, soulève un problème qui dépasse de très loin son seul cas. Dans son sillon, Yolande Zauberman conduit une enquête ahurissante sur la malédiction endémique tapie dans les zones d’ombre de la sexualité.

Lire la critique de « M » : Une enfance abusée dans le milieu hassidique

Comment avez-vous rencontré Menahem Lang ?

Menahem faisait de la figuration dans les films d’Amos Gitaï. Une grande scène improvisée lui était consacrée dans Kedma (2002), où il chantait en yiddish. Son chant, sa langue m’avaient fascinée. Je l’ai revu dans le documentaire Pork and Milk (2006), de Valérie Mréjen, sur les transfuges de l’orthodoxie religieuse : il racontait son appartenance aux Neturei Karta, branche intransigeante de l’orthodoxie, et la difficulté de quitter ce milieu. Je ne concevais pas cette difficulté car, selon moi, on était croyant ou non, ça s’arrêtait là. Les Neturei Karta me faisaient peur, mais quand Menahem m’a montré des photos de famille, les sourires de ces gens m’ont éblouie et fait comprendre que les choses étaient bien plus compliquées. Un jour, j’ai tapé son nom sur Internet et vu apparaître un blog sur les enfants violés, avec un extrait en caméra cachée où il débusquait l’un de ses agresseurs. Je lui ai proposé de l’aider, de prolonger sa démarche en trouvant une production.

Menahem vous a-t-il guidée ?

Il avait une grande force d’attraction, il était l’hameçon de tout. On arrivait à Bnei Brak dans un monde où il n’y avait ni télévision, ni cinéma, ni théâtre. Le seul spectacle, c’est la rue, la synagogue et la table familiale. Menahem se mettait à chanter et les gens se groupaient immédiatement autour de lui. Mais pour moi, il fallait aussi que le film le dépasse, qu’il soit plus grand que sa propre histoire.

Il est impératif de lutter contre cette culture du viol, d’être solidaire des victimes, et d’informer sans relâche pour que les idées fausses et les stéréotypes disparaissent. Une société qui n’est plus dans le déni de la réalité des viols et de leurs conséquences sur les victimes, une société qui prend résolument fait et cause pour les victimes, envoie un signal fort aux agresseurs et aux futurs agresseurs : « vous n’avez pas le droit, c’est très grave, les conséquences sur les victimes sont énormes et vont les faire souffrir et les handicaper très longtemps, personne n’a à vivre cela, vous devez renoncer à ces privilèges indus, vous pouvez le faire et nous exigeons que vous le fassiez immédiatement ! ».

https://www.memoiretraumatique.org/assets/files/v1/Articles-Dr-MSalmona/2016article-deni-culture-du-viol.pdf

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