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Le blog de la Pintade Rose Rainbow

Le blog de la Pintade Rose Rainbow

Coups de cœur, coups de bec d'une habitante de Sant Nazer (44600)


La Reine garçon ou roi de Suède §§§

Publié par La pintade rose sur 9 Juin 2019, 09:31am

Catégories : #J'aime, #Femmes Femmes...

Je m'intéresse à cette femme ce mois-ci. Elle était très en avance sur son temps, figure attirante de l'histoire. Peu d'humains ont été plus encensés et plus injuriés de leur vivant. 

Je suis séduite.

Description

Christine de Suède, née le 18 décembre 1626 à Stockholm, morte le 19 avril 1689 à Rome, reine de Suède de 1632 à 1654, est connue également comme la reine Christine. Son titre réel est « roi de Suède » et non « reine », conformément au souhait de son père de lui permettre ainsi de monter sur le trône.

Elle est une pionnière du FÉMINISME, amie des Savants, des Érudits, des Artistes et des hommes de lettres comme Descartes, Pascal ou Spinoza ....

Elle se convertit au catholicismeabdique en 1654, et après une série de périples à travers l'Europe, se fixe définitivement à Rome. Esprit vif et curieux, elle a correspondu avec les plus grands penseurs de son temps.

Enfant unique de Gustave II Adolphe et de Marie-Éléonore (fille de l'électeur de Brandebourg Jean III Sigismond de Hohenzollern), elle est élevée comme un garçon. Son père trouve la mort à la bataille de Lützen en 1632, alors qu'elle n'a que six ans. Sa mère névrosée la néglige au point qu'elle fait plusieurs chutes dans son enfance, lui laissant une épaule déformée.

Gustave Adolphe, qui avait perdu deux enfants en bas âge, avait réglé l'ordre de sa succession avant d'entrer en campagne. Il avait obtenu des nobles la suppression de la dévolution exclusivement masculine dès 1627. Christine monte alors sur le trône sans opposition, sous la tutelle du chancelier Axel Oxenstierna, le très compétent « Richelieu » suédois. Elle reçoit un enseignement sévère sous la direction du grand maître de la maison royale Axel Banér, le frère du maréchal, et de son précepteur, Johannès Matthiae. Aux études traditionnelles des langues et de l'histoire, s'ajoutait la pratique des arts (notamment le dessin et la peinture) et du sport (escrime et équitation).

 

Oxenstierna est retenu en Allemagne par les péripéties de la guerre de Trente Ans et ne revient en Suède qu'en 1636 après le traité passé avec la France. Son premier geste est d'éloigner la reine douairière, dont la santé mentale a été altérée par la mort de son mari, afin d'éviter son influence néfaste sur la jeune Christine qui a dix ans. C'est sa tante Catherine, comtesse des Deux-Ponts qui tint le rôle de mentor féminin.

 

Majeure en 1644, la reine Christine s'oppose rapidement au chancelier Oxenstierna, définitivement mis à l'écart après le traité de Westphalie. Favorable à la paix, elle met fin aux conflits armés avec le Danemark en 1645 par le traité de Brömsebro qui donne à la Suède les îles d'Ösel et de Gotland, le Jämtland et le Härjedalen en Norvège. La paix de Westphalie, signée en 1648, lui donne l'île de Rügen, Wismar, Verden et Brême, ainsi qu'une partie de la Poméranie et l'embouchure de l'Oder. Ces acquisitions font de la Suède la première puissance nordique.

 

Christine est couronnée en 1650, et les préoccupations de son entourage se portent sur la pérennité de la dynastie, et donc sur les projets de mariage. Le premier prétendant n'est autre que son cousin Charles-Gustave, mais Christine a une préférence pour le comte Magnus Gabriel De la Gardie qui obtient de nombreuses libéralités de la part de la reine. Celle-ci a toutefois en horreur les liens du mariage et va pousser son favori à épouser Marie-Euphrosyne, la sœur de Charles-Gustave, donc sa cousine.

 

Débarrassée des conflits, Christine peut se consacrer aux lettres et aux arts, alimentant sa propre bibliothèque d'ouvrages savants et faisant venir des œuvres de sculpture et peinture, surtout italiennes. Elle soutient l'école des Fijnschilders, ces peintres précieux hollandais, dont faisait partie Gérard Dou, qui s'efforcèrent de représenter la réalité avec le maximum de précision. Elle invite en Suède des érudits français tels Descartes qui y mourra en février 1650, Saumaise, Bochart ou Saint-Amant. Dans ses mémoires, Christine avouera l'influence de Descartes dans le mûrissement de ses pensées.

 

Malgré un essor économique certain depuis la fin de la guerre de Trente Ans, les manières de Christine, son goût pour les modes étrangères, les dépenses exorbitantes de son sacre, ses libéralités vis-à-vis de ses favoris et de ses invités, sa politique d'anoblissement en masse mettent à mal les finances royales. Refusant de se marier, s'habillant en homme et fumant la pipe, les pamphlets de l'époque lui prêtent de nombreuses aventures aussi bien féminines que masculines. Mais en femme de caractère, elle fait front aux critiques de son entourage.

 

La situation dynastique reste la question essentielle. Dès 1651, Christine envisage l'abdication. Renonçant définitivement à se marier, elle obtient de la Diète la désignation de son cousin Charles-Gustave d'abord comme successeur, puis comme prince héritier, ce qui englobe la propre descendance de ce dernier.

 

Elle annonce le 11 février 1654, son abdication, prenant effet au 6 juin 1654. Les raisons en sont certainement complexes : lassitude et dégoût du pouvoir, difficultés financières proches de la banqueroute ou cheminement spirituel qui conduira cette fille d'un des champions protestants de la guerre de Trente Ans à se convertir au catholicisme. Ce qui est certain est que le luthéranisme imposé par Gustave Ier Vasa était en Suède assez intolérant et que le culte catholique était strictement prohibé.

 

Christine négocie son abdication contre des donations : elle se fait octroyer les revenus royaux des villes de Norrköping et de Wolgast, des îles de Gotland, Öland et Ösel, et la propriété de quelques domaines de Poméranie.

 

Elle quitte immédiatement la Suède, faisant étape à Hambourg, Anvers et Bruxelles où elle se convertit secrètement au catholicisme.

 

Cette conversion d'un ancien souverain protestant représente une victoire symbolique dans la lutte de la papauté contre le protestantisme. Mais le pape Alexandre VII exige une abjuration publique avant de la recevoir, chose faite à Innsbruck. Elle est accueillie avec faste à Rome le 20 décembre 1655 et reçoit sa première communion d'Alexandre VII.

 

Elle est logée au palais Farnèse et fait connaissance du cardinal Decio Azzolino avec lequel elle entretiendra une relation sentimentale jusqu'à la fin de sa vie. Son caractère entier et sa liberté de mœurs ont tôt fait de lui aliéner ceux qui l'avaient reçue avec ferveur et Alexandre VII va prendre ses distances.

Ses revenus suédois rentrant mal, Christine décide de renégocier les accords passés avec son cousin. Elle obtient l'accord de Mazarin de traverser la France pour se rendre à Hambourg. Elle quitte Rome le 20 juillet 1656 sur la galère papale, débarque à Marseille et atteint Paris le 8 septembre. Un vague projet est négocié avec Mazarin pour lui offrir le trône de Naples, Christine s'engageant à user de son influence pour rallier le pape au projet. Elle retourne en Italie, mais reste bloquée à Pesaro en raison de l'épidémie de peste qui sévit à Rome. Inquiète des tergiversations de Mazarin, ce dernier n'hésitant pas à jouer un double jeu, elle décide de retourner en France. C'est à cette occasion que, persuadée de la trahison de son écuyer Giovanni Monaldeschi révélant à la cour espagnole son alliance avec les Français, elle le fait mettre à mort par ses gens à Fontainebleau le 10 novembre 1657.

 

Ce meurtre lui vaudra le surnom de Sémiramis suédoise. Cette affaire embarrasse le jeune Louis XIV et Mazarin, mais la cour ménage l'ex-reine de Suède. Les esprits du temps ont longuement débattu sur le fait qu'un souverain ayant abdiqué puisse se faire justice chez un souverain étranger.

 

Toutefois la cour de France est à nouveau soulagée de son départ pour l'Italie. Le 15 mai 1658 elle est de nouveau à Rome, mais elle a perdu de sa popularité.

 

Le 13 février 1660, son cousin Charles-Gustave meurt subitement laissant la couronne de Suède à son fils de cinq ans. Christine décide de retourner en Suède et quitte Rome le 20 juillet. Malgré les réticences du chancelier elle arrive à Stockholm le 12 octobre et demande le rétablissement de ses droits héréditaires en cas de disparition du jeune roi. Elle se heurte à l'opposition des nobles et du clergé luthérien et doit reprendre le chemin de Rome en 1662.

 

Elle va faire une nouvelle tentative en 1666, mais le Conseil de régence interdit à son aumônier catholique d'entrer dans le pays et elle ne dépasse pas Norrköping.

 

En 1668, Jean Casimir abdique. La monarchie polonaise est élective et Christine pose sa candidature, estimant ses chances réelles comme dernier enfant des Vasa. Ce fut un nouvel échec lorsque les Polonais décident d'élire l'un des leurs, Michel Koributh Wisniowiecki.

 

Christine se fixe définitivement à Rome en octobre 1668. Elle demeure dans le Trastevere au Riario alla Lungara (actuel palais Corsini) qu'elle transforme en musée. Elle y expose de multiples pièces (tapisseries, peintures, sculpture, dessins, objets divers de collection) qu'elle réunit à partir du fonds constitué en Suède, de donations ou d'achats plus récents. Le cabinet des médailles est particulièrement renommé. La bibliothèque comprend 5 000 volumes.

 

Elle est l'amie des artistes comme le célèbre Bernini dont elle fera écrire la biographie à ses frais, apprécie les musiciens baroques : Filippo Acciaiuoli lui dédie ses drames musicaux et Alessandro Stradella ses cantates, Alessandro Scarlatti dont elle soutient les débuts, Arcangelo Corelli qui l'initie au violon. Elle obtient l'autorisation du pape d'ouvrir le premier théâtre public romain, le Tor di Nona. Le peintre, moine bénédictin, Juan Andres Ricci dans l'entourage du pape depuis 1662, consacre une nouvelle écriture architecturale à la reine de Suède, avant de s'installer au Monastère de Montecassino.

 

En 1674, elle crée l'académie du Riario, qui deviendra l'Académie d'Arcadie, société de lettrés et d'artistes. Elle s'intéresse aux sciences (astrologie et alchimie) et aux travaux de savants tel Borelli et Ciampini.

 

Sur le plan religieux, elle fait preuve du même activisme qu'en politique en soutenant l'escadron volant du cardinal Azzolino qui lutte contre les influences aux conclaves des puissances étrangères (française et espagnole) lors des élections papales. Sa conversion la rend foncièrement tolérante. Elle s'inquiète en 1686 du sort des protestants de France, qui doivent subir la politique des conversions forcées menées par le pouvoir royal. Elle critique plus particulièrement les dragonnades (persécutions diverses, par exemple viols des paysannes protestantes pour faire abjurer les familles).

 

Vers la fin de sa vie, peut-être sous l'influence du Bernin, elle se rapproche du mysticisme et protège Miguel de Molinos jusqu'à son arrestation et sa condamnation en 1685, ce qui lui valut d'être accusée de quiétisme par l'ambassadeur de France.

 

Elle meurt à Rome en 1689 d'érysipèle, maladie dont elle souffrait depuis plusieurs années. Son corps repose au Vatican dans la crypte de la basilique Saint-Pierre.

Christine a pendant son règne et après son abdication des relations avec des hommes et des femmes. Ses premiers amants sont Magnus de la Gardie (1622-1686), Ebba Sparre (1629-1662) ; son plus grand amour est Decio Azzolino, un cardinal.

 

La reine Christine a un physique ingrat. Elle est de petite taille (1,52 m) son visage a des traits irréguliers, mais ses yeux bleus donnent à son regard un éclat métallique qui peut séduire. Élevée à la dure, comme un garçon, elle affecte une apparence négligée et s'astreint à gommer toute féminité dans la façon de s'habiller et dans son comportement. Rebutée par les liens du mariage, les chroniqueurs de son époque lui prêtent plusieurs amants, et des expériences homosexuelles.

 

Intelligente, elle est dotée d'une grande culture, elle correspond avec de nombreux savants et hommes de lettres tels Descartes, Pascal, Gassendi, Leibniz ou Spinoza. Elle parle plusieurs langues, notamment le français, langue de l'élite européenne, qu'elle maîtrise parfaitement. Elle est orgueilleuse, hardie, excentrique, faisant preuve politiquement d'une certaine duplicité. Sur le plan religieux, elle a une attitude tolérante, non dogmatique, le contraire d'une dévote. Elle est également considérée comme une pionnière du féminisme, avec ses contemporaines Madeleine de Scudéry et Madame de Maintenon.

 

Elle a laissé de nombreuses lettres et quelques écrits dont ses mémoires Ma vie dédiée à Dieu qu'elle n'acheva pas. Elle laissa aussi des maximes et pensées dans l'imitation de La Rochefoucauld. La plupart ont été recueillis dans les Mémoires de Johann Archenholz, Amsterdam, 1751.

 

La reine Christine de Suède et son chancelier Axel Oxenstierna lancèrent en 1645 le journal Post- och Inrikes Tidningar ou PoITen destiné à permettre aux dirigeants de justifier les levées de fonds alloués au financement de la guerre de Trente Ans contre la maison catholique de Habsbourg et ses alliés. Il s'agit ainsi du journal suédois le plus ancien encore diffusé ; depuis le 1er juillet 2007, il est exclusivement publié sur internet.

 

Personnalités ayant été en relation avec Christine de Suède :    Cette liste donne un aperçu de l'influence de Christine de Suède dans les domaines des sciences, des lettres et des arts, hors personnalités politiques et ecclésiastiques, sachant que de nombreux cardinaux fréquentés à Rome pouvaient être à la fois érudits et mécènes.

 

Savants, érudits, hommes de lettres et Invités à la cour de Suède

Hermann Conring, érudit et médecin personnel de Christine

René Descartes, philosophe

Gabriel Naudé fonde la bibliothèque de Christine

Johannes Schefferus, érudit

Claude Saumaise, humaniste

Samuel Bochart, érudit

Marc-Antoine Girard de Saint-Amant, poète français

Urbain Chevreau fut son secrétaire

Simon de La Vallée, architecte

Relations romaines

Giovanni Alfonso Borelli, naturaliste

Giovanni Ciampini, archéologue

Michael Dahl, jeune peintre suédois

Miguel de Molinos, mystique

Correspondants

Blaise Pascal

Pierre Gassendi

Claude Sarrau

Gilles Ménage

Gottfried Wilhelm Leibniz

Baruch Spinoza

François Malaval

 

Ninon de Lenclos : Christine lui rend visite lors de son séjour en France alors qu'elle était bannie de la cour.

   

Invités à la cour de Suède

Anne de La Barre, chanteuse et danseuse

Nathanael Schnittelbach, violoniste

Protégés à Rome

Alessandro Melani, compositeur

Filippo Acciaiuoli, compositeur

Mario Savioni, compositeur

Alessandro Scarlatti, compositeur

Arcangelo Corelli, compositeur et violoniste

Bernardo Pasquini, organiste

Alessandro Stradella, compositeur

Giacomo Carissimi, maître de chapelle

Marco Marazzoli, musicien

Autres

Giuseppe Zamponi, compositeur d'Ulysse all'isola di Circe joué à Bruxelles en l'honneur de Christine

Antonio Cesti, compositeur de l'Argia donné à Innsbruck en l'honneur de Christine. 

 

Autres artistes    

Gian Lorenzo Bernini, sculpteur et peintre

Tiberio Fiorilli, comédien.

 
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