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Le blog de la Pintade Rose Rainbow

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Coups de cœur, coups de bec d'une habitante de Sant Nazer (44600)


L’ Art Brut §§§

Publié par La pintade rose sur 27 Janvier 2020, 10:18am

Catégories : #J'aime, #Les odileries

Pour moi, cet art évoque la simplicité et le naturel, quelque chose qui n'a pas été façonné, éduqué ... La spontanéité et l'innocence se retrouve dans toutes les oeuvres en utilisant des techniques rudimentaires. Il n'y a aucune maîtrise académique. Il s'agit d'un art qui s'insère dans un environnement populaire.
Les principaux représentants sont :
Adolf Wölfli. (Interné en asile d'aliénés)
Fleury-Joseph Crépin (plombier zingueur)
Auguste Lesage (mineur de fond)

Je vais aller plus loin sur la connaissance de cet art ...

                          Cet art que l’on connaît moins !

L’art brut, ce mouvement artistique défini par Jean Dubuffet en 1945, s’est vu récemment prendre du galon et s’institutionnaliser. Les grands musées lui font de l’œil et ses artistes ont la cote. Mais à trop en parler on voit l’art brut se perdre dans un flot de références et son sens se diluer. Trop facilement réapproprié, l’art brut est tiraillé. Que se cache derrière ce diamant brut ? La meilleure façon de le savoir reste de le demander à des spécialistes, auxquels nous avons posé les mêmes questions : que recouvre le terme d’art brut aujourd’hui ? Sa définition a-t-elle évolué depuis Dubuffet ?

Sarah Lombardi, directrice de la Collection de l’art brut de Lausanne

« Du point de vue de notre collection à Lausanne, ce terme se fonde – tel que l’a conceptualisé Jean Dubuffet – sur deux dimensions. La première est d’ordre sociologique. Elle définit l’auteur selon son contexte d’origine et un critère, celui de l’autodidacte, celui qui n’a pas appris. Il y a aussi une certaine notion de marginalité, l’artiste se situe hors du système de l’art, avec la volonté de créer mais sans nécessairement le souhait de s’inscrire dans un champ artistique, avec la reconnaissance qui va avec, et sans avoir la conscience d’être artiste ou de faire de l’art. L’art brut ce n’est jamais une motivation.

La deuxième dimension serait d’ordre artistique. Il y a la recherche d’une production forte d’un point de vue esthétique, la formation de langages nouveaux, d’inventions ou de techniques. Cette dimension est plus subjective que la première et fonctionne plus selon les goûts de chacun.

« Il y a plusieurs définitions qui s’entrecroisent, plusieurs manières de définir l’art brut. Mais la manière qui l’illustre le mieux serait de parler de ses artistes, de dire que ce sont des gens libres. Quand on dit quelqu’un de libre, c’est une personne qui n’attribue pas d’importance au regard des autres. Ça ne veut pas dire qu’un artiste d’art brut n’aime pas montrer ses œuvres, au contraire, il peut en être conscient et heureux d’exposer comme c’était le cas pour Judith Scott. Mais le principal, c’est qu’il crée pour lui-même.

La plupart de ces créateurs n’ont pas de connaissances sur l’art, sauf certains comme Louis Soutter, qui était cultivé, ou Eugène Gabritschevsky, un très grand savant, dont une exposition à la Maison rouge est en préparation, co-produite par le musée Lausanne. Mais le plus important c’est que les artistes deviennent bruts quand ils ne se soucient plus du regard des autres.

On ne peut pas devenir un artiste d’art brut en faisant l’école des Beaux-Arts. Il y a des gens qui ont une forme brute, comme Michel Nedjar qui évolue dans le milieu de l’art brut. C’est là que la nuance apportée par Michel Thevoz à Lausanne est pertinente. Il a créé une sous-famille pour accueillir tous ces artistes affiliés à l’art brut, qui s’appelait la Neuve Invention. Cette sous-famille est parallèle et complémentaire à celle de Dubuffet. Elle inclut des artistes qui étaient passionnés d’art brut, qui étaient singuliers, mais qui n’étaient pas dans l’art brut.

Ce sont des définitions très complexe, il n’y en a pas qu’une. On ne peut pas comparer un artiste médiumnique avec une artiste comme Judith Scott  qui était trisomique, sourde et muette, on ne peut pas mettre tous ces gens dans le même sac.

L’ Art Brut §§§

En ce moment il y a quelque chose d’intéressant qui émerge, de théorique : on entend parler chez Christian Berst notamment, « d’art brut contemporain ». Je n’approuve pas cette notion parce que je pense que par définition, l’art brut n’est pas contemporain. Il n’est pas du passé non plus, il a toujours existé. Au Moyen Age il y avait des gens qui correspondaient à cette définition d’art brut, mais il n’était pas identifié comme tel parce que c’est la modernité qui a permis de l’identifier comme une forme d’art. Ce n’est pas parce que l’art brut vient au grand jour qu’il en devient contemporain. Si on commence à dire qu’il y a un brut contemporain, l’art brut c’est terminé, ça n’existe plus.

L’art brut est universel. C’est l’universalité de cette forme d’art qui m’intéresse, qui m’empêche de me perdre dans les distinctions contemporaines ou autre. Tous les artistes devraient être des artistes de l’art brut, être artiste c’est déjà se marginaliser par rapport au monde, parce que c’est permettre au monde d’avoir une lecture qu’on n’aurait pas sans eux. Mais il peut y avoir des mauvais peintres qui sont marginaux, le fait d’être marginal n’est pas nécessairement lié à la qualité d’une œuvre. C’est aussi une marge intellectuelle. Et il y a une dimension sociale. La plupart du temps les artistes que Dubuffet dégotait étaient pauvres et marginaux sur un plan social.

Cette dimension est en train de changer, et c’est bien. Le fait que l’art contemporain regarde l’art brut, c’est intéressant. Et inversement, le monde de l’art brut qui était totalement politisé, militant contre l’art contemporain, s’ouvre aussi. Il y a un décloisonnement. Mais ça peut apporter des effets pervers comme le développement du marché, par exemple. »

« Ces dix dernières années, l’art brut est véritablement sorti du purgatoire où l’incurie des uns et le dogmatisme des autres l’avaient condamné durant plus d’un demi-siècle. Il rejoint non seulement les plus grandes collections, publiques ou privées, telles que le MoMA, le Centre Pompidou et la Tate Modern, mais il irrigue désormais également les expositions les plus emblématiques comme la Biennale de Venise de 2013. Les publications – près d’une cinquantaine au seul actif de la galerie -, les colloques et études qui lui sont consacrés sont exponentiels, à tel point que l’art brut, en ce tournant du XXIe siècle, est considéré par beaucoup comme le champ le plus vivifiant de l’art. Celui qui, tout en affolant les boussoles, a le plus grand potentiel de régénération. À condition que le monde de l’art soit capable de fuir ses dogmatismes et d’entreprendre une courageuse mais salutaire réécriture de l’histoire de l’art.

Il est grand temps de sortir l’art brut de l’angle mort. Tout en revendiquant notre droit d’inventaire sur la pensée de Dubuffet et de ses séides. Je reste convaincu qu’il suffit de donner l’art brut à voir, à éprouver et à penser pour ébranler les certitudes, pour élargir l’horizon, pour produire du sens nouveau. En parcourant le monde à la découverte d’art brut contemporain, j’ai surtout été frappé par le fait que celui-ci était riche dans ses formes.

L’ Art Brut §§§
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