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17 Feb

Celine, l'écrivain (pour ma part) maudit. 🖋✒️📖 📚

Publié par La pintade rose  - Catégories :  #Je déteste

Publié le 01/02/2017 à 20H04

"Génie littéraire" et laudateur du nazisme, voire agent d'influence des Nazis durant la guerre. Pour le philosophe Pierre-André Taguieff et l'historienne Annick Duraffour, on ne doit plus distinguer chez Céline l'écrivain de l'"antisémite obsessionnel". Ils publient "Céline, la race, le Juif" (Fayard), à paraître lundi le 6 février prochain.

Couverture de "Céline, la race, le Juif" (Fayard)

"Plus on connaît l'homme Céline, plus on est saisi par le dégoût et le mépris"

Le débat (parfois vif) entre admirateurs et contempteurs de l'écrivain n'est pas nouveau mais ce nouvel ouvrage, fruit d'un travail entamé il y a quinze ans, entend démontrer, en s'appuyant sur un corpus impressionnant, que l'antisémitisme de Céline ne fut pas un "accident" à prendre à la légère mais se situe bien au coeur de sa pensée et de son écriture.

L'ouvrage dépeint également un Céline volontiers menteur et opportuniste

"Céline n'est pas Bardamu", l'homme du peuple, narrateur du "Voyage au bout de la nuit", affirme Annick Duraffour. La correspondance de Céline révèle que l'écrivain -contrairement à son narrateur- soutient le colonialisme et l'esclavage. "Je suis tout porté à croire que certains êtres sont naturellement prédestinés à être esclaves", écrit-il ainsi à son père.

Portrait daté de 1951 de Louis-Ferdinand Céline (Destouches) © AFP

Portrait daté de 1951 de Louis-Ferdinand Céline (Destouches) © AFP

Cyniquement, il justifie l'écriture du "Voyage" en expliquant qu'il faut "savoir ce que veut le lecteur, suivre la mode comme des midinettes (...) C'est la condition sans laquelle il n'est pas de tirage sérieux (seul aspect qui compte)".

"Lucette Destouches, épouse Céline"

Parallèlement à cet ouvrage paraît mercredi prochain chez Grasset le sixième des carnets tenus par Véronique Robert-Chovin sur "Lucette Destouches, épouse Céline". Le carnet court du 20 juillet 2012 (jour des 100 ans de Lucette) jusqu'au 19 janvier 2016. Agée aujourd'hui de 104 ans, la veuve de l'écrivain se montre pleine de vitalité (même si l'auteur nous apprend que depuis une hospitalisation en février 2016, la vieille dame n'est plus la même).

 

la pintade rose

Celine, l'écrivain  (pour ma part) maudit. 🖋✒️📖 📚

"Plus on connaît l'homme Céline, plus on est saisi par le dégoût et le mépris" (c'est mon cas)

Le débat (parfois vif) entre admirateurs et contempteurs de l'écrivain n'est pas nouveau mais ce nouvel ouvrage, fruit d'un travail entamé il y a quinze ans, entend démontrer, en s'appuyant sur un corpus impressionnant, que l'antisémitisme de Céline ne fut pas un "accident" à prendre à la légère mais se situe bien au coeur de sa pensée et de son écriture.

"Plus on connaît l'homme Céline, plus on est saisi par le dégoût et le mépris", écrivent les deux auteurs qui ne manquent pas d'égratigner plusieurs biographes et "spécialistes" de l'écrivain qu'ils jugent trop bienveillants à l'égard du "reclus" de Meudon."Face à Céline, la complaisance et l'indulgence prennent le sens d'une connivence, voire d'une complicité rétrospective", cinglent Pierre-André Taguieff et Annick Duraffour.

Pour les deux auteurs, Céline a été un collaborateur "engagé" aux côtés des Nazis durant l'Occupation et non un simple spectateur. "La thèse du 'retrait' de Céline pendant les 'années noires' est devenue insoutenable". Outre sa participation à des réunions organisées par les milieux pro-nazis, Céline a fréquenté de hauts responsables de l'appareil nazi en France, affirment le philosophe et l'historienne.

Céline n'a pas collaboré que par des mots mais aussi par des actes, pointe Annick Duraffour qui rappelle que Céline n'hésita pas, en octobre 1940, à dénoncer aux autorités "le médecin juif non naturalisé" Joseph Hogarth (en fait de nationalité haïtienne) dont il souhaitait obtenir le poste. Le livre est dédié au Dr Hogarth.

L'ouvrage dépeint également un Céline volontiers menteur et opportuniste

"Céline n'est pas Bardamu", l'homme du peuple, narrateur du "Voyage au bout de la nuit", affirme Annick Duraffour. La correspondance de Céline révèle que l'écrivain -contrairement à son narrateur- soutient le colonialisme et l'esclavage. "Je suis tout porté à croire que certains êtres sont naturellement prédestinés à être esclaves", écrit-il ainsi à son père.

Portrait daté de 1951 de Louis-Ferdinand Céline (Destouches)

Portrait daté de 1951 de Louis-Ferdinand Céline (Destouches)

 © AFP

Cyniquement, il justifie l'écriture du "Voyage" en expliquant qu'il faut "savoir ce que veut le lecteur, suivre la mode comme des midinettes (...) C'est la condition sans laquelle il n'est pas de tirage sérieux (seul aspect qui compte)".

Certes, admettent Taguieff et Duraffour, "de nombreux autres auteurs français ont professé des opinions antijuives au XXe siècle". Mais, ajoutent-ils, "en raison de son statut internationalement reconnu de 'génie littéraire' (...) Céline occupe une place déterminante dans l'histoire de l'antisémitisme à base racialiste et conspirationniste". Son antisémitisme "par sa virulence et son caractère délirant reste sans équivalent dans le monde littéraire au XXe siècle".

"Lucette Destouches, épouse Céline"

Parallèlement à cet ouvrage paraît mercredi prochain chez Grasset le sixième des carnets tenus par Véronique Robert-Chovin sur "Lucette Destouches, épouse Céline". Le carnet court du 20 juillet 2012 (jour des 100 ans de Lucette) jusqu'au 19 janvier 2016. Agée aujourd'hui de 104 ans, la veuve de l'écrivain se montre pleine de vitalité (même si l'auteur nous apprend que depuis une hospitalisation en février 2016, la vieille dame n'est plus la même).

"Avec Céline, elle ne riait jamais", confie la vieille dame à son amie de 40 ans sa cadette. Elle se souvient du Céline brisé après la guerre. Il ne lui fait plus l'amour. "Après la guerre, le sexe ça avait été terminé pour lui". Elle raconte que "pendant les dix ans passés à Meudon, il ne se lavait plus, ne se changeait plus, vivait comme un clochard". "Il était redevenu un enfant, il pleurait quand je m'absentais et je devais tout lui faire".

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esthétiqueabjection338 24/08/2018 03:31

Selon un certain Stéphane Zagdanski, dans une émission diffusée sur Arte en 2011 les pamphlets de Céline sont des « textes très drôles, étonnants de comique »,propos qu’il répète en espérant qu’ils produisent un sens.La thèse très célinienne de l’écrivain clown,paranoïaque et délirant est grotesque.Cette émission est un tissu d’erreurs,de contre-vérités,un galimatias de non-sens inspirés par un inquiétant aveuglement.Cet aveuglement,très célinien également,est délirant,débilitant,nocif,dangereux.Il porte un nom :l’antisémitisme.Les « pamphlets » de L.F. Destouches ne sont pas « stupéfiants » mais criminels.Non « Bagatelles pour un massacre » n’est pas un « traité de style » :selon LF.Destouches la littérature c’est de la merde et,pour la bien pratiquer,il conviendrait de « bien chier » (« chie pas juste qui veut »).Est-ce une position esthétique ?Non,c’est la volonté de promouvoir un projet esthétique inspiré par l’abjection.Non,l’histoire du XXème siècle n’est pas un « délire »,la littérature ne l’est pas davantage. « Un écrivain, un génie est en lutte contre son époque, il ne collabore pas avec son époque, il ne fait pas confiance à son temps »ajoute M.Z.Ce M.Z.est visiblement peu informé et se laisse aveugler par son amour pour ledit Céline qui échappa au poteau d’exécution parce qu’il prit la fuite, la « merde au cul »….Il est attesté que M.LF Destouches a été un collaborateur actif et zélé des nazis (agent du Sicherheitsdienst ou SD dirigé par Heydrich) et a même appelé au meurtre de différents écrivains parmi lesquels Robert Desnos, assassiné dans le camp de Terezin.Robert Desnos, lui, a résisté à son temps avec un courage exemplaire et l’a payé de sa vie..L’antisémitisme, indissociable de la haine de l’Occident démocratique, a été une affaire très sérieuse,la seule sans doute,pour Céline :si on l’occulte il reste bien peu de choses de son « œuvre ».Pour ma part je préfère amplement la truculence langagière de Rabelais ou celle de Clément Marot.Certains voudraient à toute force réhabiliter Céline pour des raisons peu avouables.Qu’ils se rassurent : Céline est bien parvenu à se hisser au sommet d’un seul podium, celui des plus grands écrivains racistes et antisémites de tous les temps.

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